{"id":1519,"date":"2020-05-11T17:54:57","date_gmt":"2020-05-11T15:54:57","guid":{"rendered":"http:\/\/lire-ecrire-terrasson.ovh\/?p=1519"},"modified":"2020-05-11T17:54:57","modified_gmt":"2020-05-11T15:54:57","slug":"lu-en-mars-2020-journaux-et-memoires-saint-simon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/2020\/05\/11\/lu-en-mars-2020-journaux-et-memoires-saint-simon\/","title":{"rendered":"Lu en Mars 2020 &#8211; journaux et m\u00e9moires &#8211; Saint Simon"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\"><span class=\"sd-abs-pos\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-1520 alignleft\" src=\"http:\/\/lire-ecrire-terrasson.ovh\/lireecrireterrasson\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/st-simon-181x300.jpg\" alt=\"\" width=\"181\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/st-simon-181x300.jpg 181w, https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/st-simon.jpg 195w\" sizes=\"(max-width: 181px) 100vw, 181px\" \/>\u00a0<\/span><span style=\"color: #ed7d31;\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><span style=\"font-size: large;\"><b>Saint-Simon, <\/b><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #ed7d31;\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><span style=\"font-size: large;\"><i><b>M\u00e9moires<\/b><\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #ed7d31;\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><span style=\"font-size: large;\"><b> (1829)<\/b><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #1b1b1b;\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Louis de\u00a0Rouvroy, duc de\u00a0Saint-Simon, fut l&rsquo;un des favoris de la cour de Louis\u00a0XIV. Grand seigneur, il eut le privil\u00e8ge de loger \u00e0 Versailles et d&rsquo;y observer les intrigues de palais. Durant plus de trente ans, Saint-Simon va \u00eatre l&rsquo;historiographe du roi et de la cour. Ses M\u00e9moires, \u0153uvre colossale de plusieurs milliers de pages, ne sont pas une entreprise autobiographique, il s&rsquo;agit en fait d&rsquo;une gigantesque fresque historiographique. Le titre des M\u00e9moires est trompeur. Saint-Simon en avertit son lecteur : \u00ab\u00a0Je ne parle pas du c\u0153ur, dont ce n&rsquo;est pas ici le lieu. (&#8230;) Ces M\u00e9moires ne sont pas faits pour y parler de moi\u00a0\u00bb. Il pr\u00e9cise\u00a0: \u00ab\u00a0J&rsquo;\u00e9cris une histoire particuli\u00e8re (&#8230;) celle du temps et du pays o\u00f9 on vit\u00a0\u00bb. Une histoire donc et non une autobiographie\u00a0: les <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #1b1b1b;\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>M\u00e9moires<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #1b1b1b;\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> sont r\u00e9dig\u00e9s \u00e0 la premi\u00e8re personne, mais une personne se postant discr\u00e8te et anonyme, comme une cam\u00e9ra cach\u00e9e, dans les couloirs de Versailles et les all\u00e9es de son jardin. De l\u00e0, on assiste, spectateur combl\u00e9, voyeur patent\u00e9, au d\u00e9fil\u00e9 impressionnant des courtisans int\u00e9ress\u00e9s et aux tableaux vivants des gens de cour. \u00c0 la mort du Grand Dauphin en 1712, Saint-Simon se pla\u00eet \u00e0 \u00ab\u00a0croquer\u00a0\u00bb tout ce beau monde qui \u00ab\u00a0m\u00e9ditait profond\u00e9ment aux suites d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement si peu attendu, et bien davantage sur eux-m\u00eames\u00a0\u00bb. Tels sont les <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #1b1b1b;\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>M\u00e9moires<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #1b1b1b;\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> de Saint-Simon, dr\u00f4les, vivants, scrutateurs, une somme incomparable sur les m\u0153urs politiques de son temps.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #1b1b1b;\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Un style spontan\u00e9, vivant, piquant, m\u00ealant grande et petite histoire. Pourtant, Saint-Simon lui-m\u00eame disait \u00ab\u00a0ne pas savoir \u00e9crire\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/span><!--more--><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #1b1b1b;\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">En tout cas, il aimait \u00e9crire et excellait dans l\u2019art des portraits m\u00eame s\u2019il perd le lecteur dans des complexit\u00e9s g\u00e9n\u00e9alogiques ou historiques.<\/span><\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span style=\"color: #201f1e;\"> C\u2019est un livre dans lequel il faut piocher, picorer. Le langage est d\u2019aucune \u00e9poque, archa\u00efque et ultramoderne, d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui. Il d\u00e9monte la m\u00e9canique de la cour, o\u00f9 l\u2019on s\u2019\u00e9pie beaucoup et le regard per\u00e7ant de Saint-Simon est toujours en \u00e9veil. Il nous offre du r\u00e8gne de Louis XIV un tableau saisissant par son r\u00e9alisme mais aussi d\u00e9primant, il d\u00e9crit une suite de basses intrigues, de complots criminels, avec des \u00eatres grossiers, p\u00e9dants ou fats. Saint-Simon a ses partis pris. Il ne pardonne pas au souverain Louis XIV d\u2019avoir r\u00e9duit la haute noblesse \u00e0 la brillante servitude de Versailles, en appelant au pouvoir de simples bourgeois. Saint-Simon est nostalgique du temps pass\u00e9, il voudrait que la haute noblesse retrouve les privil\u00e8ges du temps de la f\u00e9odalit\u00e9. Saint-Simon a des raccourcis fulgurants, une s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 implacable dans ses jugements. Il est acerbe, fait preuve de cynisme et d\u2019ironie mordante. Il est extr\u00eame, car grand nostalgique du temps pass\u00e9 mais il peut faire rire et avoir de la tendresse. Son texte est vivant et on peut sourire en le lisant. Chateaubriand dira de lui : \u00ab Il avait un tour \u00e0 lui, il \u00e9crivait \u00e0 la diable pour l\u2019immortalit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #1b1b1b;\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>Portrait de F\u00e9nelon<\/b><\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #1b1b1b;\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>M. de Bryas, archev\u00eaque de Cambrai, \u00e9tait mort, et le Roi avait donn\u00e9 ce grand morceau \u00e0 l&rsquo;abb\u00e9 de F\u00e9nelon, pr\u00e9cepteur des enfants de France. &#8230;<\/i><\/span><\/span><\/span><i> <\/i><span style=\"color: #1b1b1b;\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i>F\u00e9nelon \u00e9tait un homme de qualit\u00e9, qui n&rsquo;avait rien et qui, se sentant beaucoup d&rsquo;esprit, et de cette sorte d&rsquo;esprit insinuant et enchanteur, avec beaucoup de talents, de gr\u00e2ces et du savoir, avait aussi beaucoup d&rsquo;ambition. Il avait frapp\u00e9 longtemps \u00e0 toutes les portes, sans se les pouvoir faire ouvrir. Piqu\u00e9 contre les j\u00e9suites, o\u00f9 il s&rsquo;\u00e9tait adress\u00e9 d&rsquo;abord, comme aux ma\u00eetres des gr\u00e2ces de son \u00e9tat, et rebut\u00e9 de ne pouvoir prendre avec eux, il se tourna aux jans\u00e9nistes, pour se d\u00e9piquer, par l&rsquo;esprit et la r\u00e9putation qu&rsquo;il se flattait de tirer d&rsquo;eux, des dons de la Fortune, qui l&rsquo;avait m\u00e9pris\u00e9. Il fut un temps consid\u00e9rable \u00e0 s&rsquo;initier, et parvint apr\u00e8s \u00e0 \u00eatre des repas particuliers que quelques importants d&rsquo;entre eux faisaient alors, une ou deux fois la semaine, chez la duchesse de Brancas. Je ne sais s&rsquo;il leur parut trop fin, ou s&rsquo;il esp\u00e9ra mieux ailleurs qu&rsquo;avec gens avec qui il n&rsquo;y avait \u00e0 partager que des plaies ; mais peu \u00e0 peu, sa liaison avec eux se refroidit, et, \u00e0 force de tourner autour de Saint-Sulpice, il parvient \u00e0 y en former une dont il esp\u00e9ra mieux.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\"><span style=\"color: #1b1b1b;\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>Mme de Castries<\/b><\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #1b1b1b;\"><span style=\"font-family: Arial, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i> \u00e9tait un quart de femme, une esp\u00e8ce de biscuit manqu\u00e9, extr\u00eamement petite, mais bien prise, et aurait pass\u00e9 dans un m\u00e9diocre anneau : ni derri\u00e8re, ni gorge, ni menton ; fort laide, l&rsquo;air toujours en peine et \u00e9tonn\u00e9 ; avec cela une physionomie qui \u00e9clatait d&rsquo;esprit et qui tenait encore plus parole. Elle savait tout\u00a0: histoire, philosophie, math\u00e9matiques, langues savantes, et jamais il ne paraissait qu&rsquo;elle s\u00fbt mieux que parler fran\u00e7ais ; mais son parler avait une justesse, une \u00e9nergie, une \u00e9loquence, une gr\u00e2ce jusque dans les choses les plus communes, avec ce tour unique qui n&rsquo;est propre qu&rsquo;aux Mortemarts.<\/i><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"justify\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0Saint-Simon, M\u00e9moires (1829) Louis de\u00a0Rouvroy, duc de\u00a0Saint-Simon, fut l&rsquo;un des favoris de la cour de Louis\u00a0XIV. Grand seigneur, il eut le privil\u00e8ge de loger \u00e0 Versailles et d&rsquo;y observer les intrigues de palais. Durant plus de trente ans, Saint-Simon va \u00eatre l&rsquo;historiographe du roi et de la cour. 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