{"id":152,"date":"2018-12-25T21:30:36","date_gmt":"2018-12-25T20:30:36","guid":{"rendered":"http:\/\/vps237263.ovh.net\/wpblog\/?p=152"},"modified":"2018-12-27T14:02:37","modified_gmt":"2018-12-27T13:02:37","slug":"chapitre-f-une-journee-de-lucien-griffoul","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/2018\/12\/25\/chapitre-f-une-journee-de-lucien-griffoul\/","title":{"rendered":"Chapitre F Une journ\u00e9e de Lucien Griffoul"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> Les journ\u00e9es de la vie de retrait\u00e9 de Lucien Griffoul auraient pu \u00eatre monotones et r\u00e9p\u00e9titives, g\u00e9n\u00e9rant l&rsquo;ennui, qui bien souvent conduit \u00e0 la d\u00e9pression et aux conduites addictives ou suicidaires comme on peut le lire chaque semaine dans la page psychologie de l&rsquo;Echo de la mode auquel la maman du petit Lucien fut longtemps abonn\u00e9e, car bien que n\u00e9e \u00e0 Eyb\u00e8ne et mari\u00e9e \u00e0 un gars d&rsquo;Eyvigues elle n&rsquo;en \u00e9tait pas moins une femme de son temps, moderne et ouverte aux id\u00e9es nouvelles, y compris en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9mancipation f\u00e9minine, m\u00eame si le coup de tonnerre de la parution du<i> Deuxi\u00e8me sexe<\/i> de Simone de Beauvoir en 1949 n&rsquo;avait eu que peu d&rsquo;\u00e9cho sur les pechs du causse d&rsquo;Eyvigues et de Simeyrol, suscitant seulement la r\u00e9probation indign\u00e9e du cur\u00e9 de Salignac dans ses pr\u00eaches dominicaux et la mise \u00e0 l&rsquo;index imm\u00e9diate de l&rsquo;ouvrage impie qui eut l&rsquo;honneur de figurer sur le panneau d&rsquo;affichage d\u00e9di\u00e9 au sein de l&rsquo;\u00e9glise bien en vue des fid\u00e8les voisinant avec des noms illustres (Voltaire, Sade, Sartre&#8230;) ou moins (Vaillant le journal de Pif, par exemple) .<\/span><\/span><!--more--><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> Lucien donc \u00e9chappa \u00e0 l&rsquo;ennui \u00e0 la d\u00e9pression et se d\u00e9prit fort ais\u00e9ment d&rsquo;une addiction au travail r\u00e9sultant de 45 ans de vie professionnelle intense. Il faut dire que Lucien avait bien pr\u00e9par\u00e9 sa retraite. Tout misogyne et misanthrope qu&rsquo;il f\u00fbt, il avait su se cr\u00e9er un r\u00e9seau de relations, sinon d&rsquo;amis, par une fr\u00e9quentation d\u00e9j\u00e0 ancienne et assidue de quelques d\u00e9bits de boisson.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> C&rsquo;est pourquoi Lucien se levait tard, vers les onze heures le matin.Il ouvrait la fen\u00eatre du studio pour dissiper l&rsquo;odeur de tabac froid oppressante et faisait r\u00e9chauffer le caf\u00e9 de la veille dans son antique cafeti\u00e8re en fer \u00e9maill\u00e9 qu&rsquo;il tenait de ses parents\u00a0. Puis s&rsquo;il avait eu la veille la pr\u00e9sence d&rsquo;esprit de se d\u00e9v\u00eatir avant que de scoucher il cherchait ses v\u00eatements et se rhabillait. Sinon c&rsquo;\u00e9tait autant de temps de gagn\u00e9. Il avalait son caf\u00e9 et sortait sans attendre pour se rendre au caf\u00e9 de la Place o\u00f9 il avait ses habitudes du matin. Il s&rsquo;installait toujours \u00e0 la m\u00eame table et on lui apportait son premier pastis avec le journal local dont il commen\u00e7ait la lecture par la rubrique n\u00e9crologique qui lui arrachait des ricanements silencieux des moues de d\u00e9go\u00fbt ou des commentaires inaudibles.Avec le deuxi\u00e8me pastis il faisait un loto ou un tierc\u00e9. A ce moment s&rsquo;il trouvait un camarade la s\u00e9quence ap\u00e9ritif tierc\u00e9 pouvait se prolonger jusqu&rsquo;\u00e0 heures.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> Apr\u00e8s quoi il fallait bien rentrer pour se sustenter un peu.L&rsquo;apr\u00e8s-midi alternait sieste et lecture ou relecture de l&rsquo;Essor Sarladais auquel il \u00e9tait abonn\u00e9. Puis il \u00e9tait temps de rejoindre le boulodrome pour une partie de p\u00e9tanque\u00a0; il faisait \u00e9quipe avec son voisin Marcello\u00a0; la suite c&rsquo;\u00e9tait ap\u00e9ro de nouveau d&rsquo;abord au club des boulistes puis au bar du Joyeux Cochonnet puis chez les uns ou les autres et cela pouvait se terminer \u00e0 une heure tardive dans son petit studio avec deux ou trois rescap\u00e9s de la tourn\u00e9e nocturne. On parlait haut et fort parfois on s&rsquo;engueulait. Les voisins protestaient notamment les deux polonais qui travaillant de jour tentaient de dormir la nuit. Mais Lucien savait comment les calmer\u00a0: il sortait la vodka et les conviait \u00e0 se joindre \u00e0 leur joyeuse bande. Enfin ce n&rsquo;\u00e9tait pas ainsi tous les soirs la plupart du temps il rentrait seul et relisait quelques po\u00e8mes du docteur Boissel dans une vieille \u00e9dition d&rsquo;avant-guerre qu&rsquo;il avait toujours vue dans la maison familiale \u00e0 Eyvigues.<\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les journ\u00e9es de la vie de retrait\u00e9 de Lucien Griffoul auraient pu \u00eatre monotones et r\u00e9p\u00e9titives, g\u00e9n\u00e9rant l&rsquo;ennui, qui bien souvent conduit \u00e0 la d\u00e9pression et aux conduites addictives ou suicidaires comme on peut le lire chaque semaine dans la page psychologie de l&rsquo;Echo de la mode auquel la maman du petit Lucien fut longtemps &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/2018\/12\/25\/chapitre-f-une-journee-de-lucien-griffoul\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Chapitre F Une journ\u00e9e de Lucien Griffoul&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[5],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152"}],"collection":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=152"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":153,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152\/revisions\/153"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=152"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=152"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=152"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}