{"id":1778,"date":"2021-01-23T14:10:18","date_gmt":"2021-01-23T13:10:18","guid":{"rendered":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.ovh\/lireecrireterrasson\/?p=1778"},"modified":"2021-01-23T14:10:18","modified_gmt":"2021-01-23T13:10:18","slug":"atelier-virtuel-de-novembre-2020-jeu-3-un-voyage-encombre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/2021\/01\/23\/atelier-virtuel-de-novembre-2020-jeu-3-un-voyage-encombre\/","title":{"rendered":"Atelier virtuel de novembre 2020, jeu 3, un voyage encombr\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Un voyage encombr\u00e9&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En s\u00e9ance nous avons propos\u00e9 chacune deux objets \u00e0 emporter (<strong>une brosse \u00e0 cheveux, une brosse \u00e0 dents, un b\u00e9ret, une cravate, deux livres, un appareil photo , un carnet, un stylo, du chocolat, une boussole, des tongs<\/strong><strong>)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons alors propos\u00e9 des destinations et nous en avons tir\u00e9 une au sort chacun.<\/p>\n\n\n\n<p>Chacun raconte un bout de voyage<\/p>\n\n\n\n<p><em><u><strong>Voyage encombr\u00e9 \u00e0 Saint-Vincent Le Paluel<\/strong><\/u><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Saint-Vincent le Paluel. Comme si j\u2019avais envie d\u2019aller \u00e0 St V le P.<\/p>\n\n\n\n<p>Quel idiot d\u2019avoir particip\u00e9 \u00e0 ce pari stupide. Il fallait tirer au sort une destination parmi celles propos\u00e9es par les copains.<\/p>\n\n\n\n<p>Tu parles d\u2019une destination de r\u00eave. J\u2019ai \u00e9videmment tir\u00e9 la plus pourrie.<\/p>\n\n\n\n<p>Aussi je vais prendre le strict n\u00e9cessaire pour partir dans ce trou.<\/p>\n\n\n\n<p>Un havre de paix me pr\u00e9dit Internet, comme si je voulais avoir la paix.<\/p>\n\n\n\n<p>Il m\u2019est aussi proposer de p\u00eacher dans l\u2019En\u00e9a. Le nom est joli.<\/p>\n\n\n\n<p>Voyons&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Ma <strong>Brosse \u00e0 cheveux, ma brosse \u00e0 dents<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand m\u00eame essayons de rester propre.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, l<strong>\u2019appareil photo&nbsp;<\/strong>? Il parait qu\u2019il y a 2 ch\u00e2teaux. Donc je le prends, au b\u00e9n\u00e9fice du doute. Un des ch\u00e2teaux aurait servi de d\u00e9cor pour le film \u00ab&nbsp;Le tatou\u00e9&nbsp;\u00bb avec Jean Gabin et Louis de Fun\u00e8s en 1968.<\/p>\n\n\n\n<p>Un <strong>cahier et un stylo&nbsp;<\/strong>: je ne pars jamais sans les mettre dans mon sac.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fond de la besace, u<strong>ne cravate<\/strong> oubli\u00e9e \u00e0 mon retour du week-end \u00e0 Neuilly va aussi m\u2019accompagner. Elle ne prend pas de place et sait-on jamais si je rencontre une dulcin\u00e9e sensible \u00e0 mon charme de dandy. R\u00eaver ne co\u00fbte rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon stylo fait aussi<strong> boussole<\/strong> si je vais chercher les champignons dans la for\u00eat, il ne faudrait pas que je m\u2019\u00e9gare. Le <strong>b\u00e9ret <\/strong>de Tonton Lucien va compl\u00e9ter l\u2019\u00e9quipement du parfait campagnard. A c\u00f4t\u00e9 de mon lit, mes <strong>tongs<\/strong> me lancent un appel d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 pour faire partie du voyage. Au point o\u00f9 j\u2019en suis, autant boire le vin jusqu\u2019\u00e0 la lie.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s tout, elles sont assorties \u00e0 ma cravate. \u00c7a en jette, vous ne croyez pas&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Encore un peu de place, quelques plaques de <strong>chocolat <\/strong>pour m\u2019aider \u00e0 supporter les soir\u00e9es. Elles viennent de chez Bovetti, notre c\u00e9l\u00e8bre chocolatier&nbsp;; je ne fais jamais dans l\u2019ordinaire ou le m\u00e9diocre.<\/p>\n\n\n\n<p>Ah&nbsp;! J\u2019allais oublier. <strong>Un livre<\/strong>&nbsp;: il me faut du consistant presque comme si je partais sur une \u00eele d\u00e9serte. Proust dans l\u2019Edition de la Pl\u00e9iade peut-\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>Je vais aussi emporter <strong>un livre <\/strong>de voyage qui me donnera l\u2019impression de partir beaucoup plus loin. J\u2019aime bien relire \u00ab&nbsp;Pieds nus \u00e0 travers la Mauritanie&nbsp;\u00bb d\u2019Odette de Puigaudeau. Comme moi, elle \u00e9tait partie presque sans bagages.<\/p>\n\n\n\n<p>Maintenant, il faut que je trouve un covoiturage pour partir l\u00e0-bas et ce n\u2019est pas gagn\u00e9. Je ne conduis pas. Pas de bus, pas de train pour aller l\u00e0-bas.<\/p>\n\n\n\n<p>Donc si \u00e7a ne marche pas, vous ne m\u2019en voudrez pas de rester chez moi avec ma besace \u00e0 mes pieds, pr\u00eat pour un voyage autour de ma chambre.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est aussi ce que vous faites en ce moment, n\u2019est-ce pas&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ddou<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Une amie m\u2019a offert un voyage en Mongolie, mais sous conditions. Emmener avec moi 12 objets que notre cercle d\u2019amis a sugg\u00e9r\u00e9 lors de pr\u00e9c\u00e9dentes retrouvailles. Ce que j\u2019ai fait. J\u2019ai racont\u00e9 mon voyage dans ce <strong>livre<\/strong> dont voici le d\u00e9but&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;La Mongolie, c\u2019est le pays situ\u00e9 juste au Nord de la Chine. D\u00e9j\u00e0, \u00e7a ne m\u2019emballait pas trop. Avec tout ce que l\u2019on vit depuis janvier 2020&#8230; Mais bon, je ne voulais pas vexer Dominique, alors j\u2019ai r\u00e9serv\u00e9 un billet d\u2019avion en plein mois d\u2019octobre 2020 (d\u2019ailleurs, ils parlent plus du Coronavirus en Asie de l\u2019Est, c\u2019est que je ne dois pas risquer grand-chose\u2026 \u00c0 peine sortie de l\u2019avion, \u00e0 Oulan-Bator, capitale du pays, j\u2019ai beaucoup moins rigol\u00e9. J\u2019\u00e9tais chauss\u00e9e de mes <strong>tongs<\/strong> et v\u00eatue de mon chemisier avec <strong>cravate<\/strong>&nbsp;; ici il faut savoir qu\u2019il r\u00e8gne un climat continental o\u00f9 il fait 8 degr\u00e9s en moyenne au mois d\u2019octobre\u2026 De plus, les habitants m\u2019ont tous regard\u00e9e de travers \u00e0 la vue de mon <strong>b\u00e9ret<\/strong>. Il y a des limites \u00e0 \u00eatre fier des couvre-chefs de sa r\u00e9gion\u2026 J\u2019ai sorti ma <strong>boussole<\/strong> pour trouver mon h\u00f4tel, o\u00f9 j\u2019avais not\u00e9 mon itin\u00e9raire sur un <strong>cahier<\/strong>. Je ne risque pas de demander de l\u2019aide, car la seule langue parl\u00e9e ici est le Mongol. Je suis nulle en Anglais, je ne sais m\u00eame pas si les gens me comprendraient. Arriv\u00e9e dans ma chambre d\u2019h\u00f4tel, j\u2019ai vite sorti ma <strong>brosse \u00e0 dents<\/strong>, car je n\u2019ai pas arr\u00eat\u00e9 de me goinfrer de <strong>chocolat<\/strong> dans l\u2019avion. En effet, les sp\u00e9cialit\u00e9s mongoles tournant autour de la viande, du riz, de la farine et des pommes de terre, j\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 faire le plein de cacao en cas de manque. J\u2019ai \u00e9galement sorti ma <strong>brosse \u00e0 cheveux<\/strong>, car je n\u2019ai pas pu me coiffer durant les 12 heures de vol, un temps interminable pour moi&nbsp;! Puis les jours suivants, je suis all\u00e9e visiter le pays, munie de mon <strong>appareil photo<\/strong> et de mon <strong>stylo<\/strong>, pour noter les destinations, car avec tous ces noms de ville rocambolesques, y\u2019a de quoi oublier&nbsp;: Arvayheer, Ondorhaan, Tsetrleg,\u2026 Le reste du temps, comme j\u2019\u00e9tais seule et que j\u2019\u00e9tais incapable de faire la conversation, je me suis plong\u00e9e dans les <strong>livres<\/strong> que j\u2019avais amen\u00e9s avec moi.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>LD<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Voyage encombr\u00e9 <\/strong><strong>en Ecosse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>T\u00f4t le matin je me pr\u00e9parai soigneusement, comme il se doit lorsqu\u2019on se lance dans une grande aventure&nbsp;: Je domptai \u00e9nergiquement mes \u00e9pis rebelles \u00e0 <strong>la brosse \u00e0 cheveux <\/strong>m\u00e9tallique, coiffai un <strong>b\u00e9ret <\/strong>basque comme un chapeau de c\u00e8pe, nouai une <strong>cravate<\/strong> de soie rouge sur ma chemise de randonn\u00e9e (un peu de dignit\u00e9 ne nuit pas, m\u00eame quand on est une fille, lorsqu\u2019on a rendez-vous avec un monstre) . Je regrettai l\u2019oubli de mes lunettes de soleil qui auraient avantageusement compl\u00e9t\u00e9 ma panoplie m\u00eame s\u2019il pleuvinait un m\u00e9chant crachin glac\u00e9. Je n\u2019avais pas non plus de parapluie, tant pis.<\/p>\n\n\n\n<p>Pleine d\u2019allant, je quittai Inverness avant le passage du laitier. J\u2019avais d\u00e9cid\u00e9 d\u2019aborder le lac par la rive oppos\u00e9e \u00e0 celle o\u00f9 le monstre est g\u00e9n\u00e9ralement attendu, par des sentiers improbables, au milieu d\u2019\u00e9tendues infinies de roches moutonn\u00e9es. Gr\u00e2ce \u00e0 ma<strong> boussole,<\/strong> je rectifiai mes errements et abr\u00e9geai enfin mes souffrances sur les berges caillouteuses du loch.<\/p>\n\n\n\n<p>De mon sac volumineux, j\u2019extirpai mon attirail, \u00e0 commencer par <strong>deux livres&nbsp;<\/strong>: une encyclop\u00e9die compl\u00e8te des fossiles pr\u00e9historiques pour identifier \u00e0 coup s\u00fbr la b\u00eate et un vieux roman, qui, dans ma jeunesse avait focalis\u00e9 mon addiction \u00e0 Nessy&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le monstre du Loch Ness&nbsp;\u00bb de Nicholas Witchell, un<strong> carnet et un stylo<\/strong> pour prendre des notes , faire quelques croquis, histoire de passer le temps qui risquait d\u2019\u00eatre long. Je pr\u00e9parai les r\u00e9glages de mon <strong>appareil photo<\/strong> que je gardai accroch\u00e9 \u00e0 mon cou pour ne pas manquer l\u2019occasion.Du fond du sac, je sortis enfin une plaque de <strong>chocolat<\/strong> que j\u2019entamai goul\u00fbment. Il fallait cependant en garder car je n\u2019avais rien pr\u00e9vu d\u2019autre pour la journ\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le commen\u00e7ai mon observation&#8230;L\u2019ennui me gagna bient\u00f4t si bien que j\u2019imaginai quelques stratag\u00e8mes pour pr\u00e9cipiter la venue de Nessy.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Comme j\u2019avais lu quelque part qu\u2019il \u00e9tait tr\u00e8s sensible \u00e0 l\u2019odeur humaine, j\u2019enfilai donc mes <strong>tongs<\/strong> pour entrer dans le lac, mais l\u2019eau \u00e9tait si froide que j\u2019en sortis aussit\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je sacrifiai alors mon dernier carr\u00e9 de chocolat. Je l\u2019\u00e9crasai sur un caillou \u00e0 l\u2019aide de <strong>ma brosse \u00e0 dents<\/strong>&nbsp;. Je le lan\u00e7ai dans le lac afin d\u2019exciter la curiosit\u00e9 et la gourmandise de l\u2019animal fabuleux.<\/p>\n\n\n\n<p>Rien ne se produisit pendant un long moment, mais soudain un souffle glac\u00e9 me saisit, fit gonfler des vagues qui emport\u00e8rent \u00e0 jamais mon roman f\u00e9tiche. Impossible d\u2019identifier l\u2019origine du ph\u00e9nom\u00e8ne car le brouillard \u00e9tait si dense que je voyais \u00e0 peine mes pieds. Je tremblais de froid, mais aussi de peur.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un ultime \u00e9clair de lucidit\u00e9, je remballai mes affaires et pris le chemin du retour, en longeant la berge et sans l\u00e2cher ma pr\u00e9cieuse <strong>boussole<\/strong> . Les formes mouvantes dans le brouillard me faisaient acc\u00e9l\u00e9rer le pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques heures plus tard, ext\u00e9nu\u00e9e mais bien au sec dans ma chambre, je regrettai ma pr\u00e9cipitation et ma poltronnerie. Plus de doute, c\u2019\u00e9tait bien Lui que j\u2019avais manqu\u00e9&nbsp;!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un voyage encombr\u00e9&nbsp;: En s\u00e9ance nous avons propos\u00e9 chacune deux objets \u00e0 emporter (une brosse \u00e0 cheveux, une brosse \u00e0 dents, un b\u00e9ret, une cravate, deux livres, un appareil photo , un carnet, un stylo, du chocolat, une boussole, des tongs) Nous avons alors propos\u00e9 des destinations et nous en avons tir\u00e9 une au sort &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/2021\/01\/23\/atelier-virtuel-de-novembre-2020-jeu-3-un-voyage-encombre\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Atelier virtuel de novembre 2020, jeu 3, un voyage encombr\u00e9&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[379,381],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1778"}],"collection":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1778"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1778\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1779,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1778\/revisions\/1779"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1778"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1778"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1778"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}