{"id":2104,"date":"2021-11-25T20:36:04","date_gmt":"2021-11-25T19:36:04","guid":{"rendered":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.ovh\/lireecrireterrasson\/?p=2104"},"modified":"2021-11-25T20:36:04","modified_gmt":"2021-11-25T19:36:04","slug":"ecrit-en-novembre-2021-il-elle-me-parle-de-toi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/2021\/11\/25\/ecrit-en-novembre-2021-il-elle-me-parle-de-toi\/","title":{"rendered":"Ecrit en novembre 2021, il( elle) me parle de toi"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Jeu 1 <\/strong><strong>Il <\/strong><strong>(elle)<\/strong><strong> me parle de toi (ou de vous)<\/strong><strong>:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un objet, une trace \u00e9voque quelqu\u2019un qui en a fait usage et que vous retrouvez<\/p>\n\n\n\n<p><em>exemple&nbsp;:un vieux fauteuil qui porte l\u2019empreinte de celui ou celle qui y a pass\u00e9 de longues heures<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La trace d&rsquo;un pied nu sur la plage.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00c0 qui appartient cette empreinte ? Qu&rsquo;a pens\u00e9 la personne qui est pass\u00e9e par l\u00e0 avant moi ? Je me surprends encore \u00e0 poser mon pied sur l&#8217;empreinte, pour voir si elle est \u00e0 ma pointure. Souvent, elle est plus petite. Un enfant ! Plus grande, c&rsquo;est celle d&rsquo;un homme. Le premier a la vie devant lui et n&rsquo;a pas connu de drame, peut-\u00eatre pas encore. Tout est insouciance, jeux et r\u00eaveries ! Le deuxi\u00e8me est adulte et vient faire un point sur sa vie. A-t-il une femme, des enfants, un travail int\u00e9ressant ? A-t-il gard\u00e9 cette insouciance, l&rsquo;a-t-il \u00e0 jamais perdue ? On n&rsquo;imagine pas tout ce que disent ces empreintes. Si elles sont r\u00e9guli\u00e8res ou au contraire plus ou moins espac\u00e9es en fonction des pens\u00e9es, de ce que voit ou entend la personne \u00e0 l&rsquo;instant o\u00f9 ses orteils se posent sur le sable fin. Parfois elles continuent \u00e0 l&rsquo;infini ou bien elles s&rsquo;arr\u00eatent subitement, effac\u00e9es par l&rsquo;oc\u00e9an. Et pourtant toutes ces vies continuent.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>LD<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque je rends visite \u00e0 ma cousine, dans sa vieille maison de campagne, je suis toujours attendrie par la pierre du seuil, qui raconte les pieds d\u2019enfants et d\u2019adultes qui l\u2019ont franchie jusqu\u2019\u00e0 la creuser, sur tant de g\u00e9n\u00e9rations. L\u2019\u00e9vier en pierre lui aussi garde les traces des activit\u00e9s m\u00e9nag\u00e8res qui l\u2019ont us\u00e9, teint\u00e9, rainur\u00e9, lorsque l\u2019eau courante n\u2019\u00e9tait pas encore arriv\u00e9e et qu\u2019il fallait aller chercher l\u2019eau \u00e0 la fontaine \u00e0 200 m de la maison, jusque dans les ann\u00e9es 60.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0, j\u2019entends le rire tonitruant de mon p\u00e8re, \u00e9voquant avec ses cousines leurs souvenirs d\u2019enfance, comme le trajet entre les deux familles qui se faisait pendant la guerre avec une carriole attel\u00e9e \u00e0 un cheval dont les sonnailles pr\u00e9venaient le village de l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019\u00e9quipage.<\/p>\n\n\n\n<p><em>C\u2019est le dernier lieu vivant qui me relie encore aux anciens.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Ddou<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Amical&nbsp;: mais il doit tremper dans votre tasse&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Pour boire faites-vous fabriquer un hanap&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Je suis une pi\u00e8ce unique fabriqu\u00e9e sur mesure pour mon propri\u00e9taire qui ne pouvait pas boire dans une tasse \u00e0 cause d\u2019une infirmit\u00e9, une disgr\u00e2ce physique qui lui attirait bien des quolibets , mais il savait clouer leur bec aux mauvais plaisants et m\u00eame parfois de fa\u00e7on d\u00e9finitive&#8230;C\u2019\u00e9tait un militaire, po\u00e8te \u00e0 ses heures maniant fort savamment la rime et capable de vous composer une ballade comme \u00e7a au d\u00e9bott\u00e9. Malheureux en amour il chercha consolation dans la boisson, aussi dans ces moments difficiles je lui fus d\u2019une grande utilit\u00e9 et une grande complicit\u00e9 naquit entre nous \u00e0 cette occasion, il se prit d\u2019affection pour moi et une fois au moins il fit allusion \u00e0 mon existence dans une de ses plus c\u00e9l\u00e8bres tirades. Il finit par se persuader qu\u2019il ne pourrait plus se passer de moi et de mes services y compris dans l\u2019au-del\u00e0 c\u2019est pourquoi il exigea qu\u2019on me m\u00eet dans son cercueil \u00e0 l\u2019heure de son tr\u00e9pas.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>F.V.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>l me parle de vous \u00ab&nbsp;Mon \u00e9l\u00e9phant&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis la mort de mes parents il ne m\u2019a pas quitt\u00e9, il est pos\u00e9 sur mon buffet et regarde la fen\u00eatre&nbsp;: C\u2019est devenu \u00ab&nbsp;mon \u00e9l\u00e9phant&nbsp;\u00bb et tous les jours je le regarde et je pense \u00e0 mes parents&nbsp;: C \u00e9tait un cadeau qu\u2019ils avaient eu pour leur mariage on leur avait dit qu\u2019un \u00e9l\u00e9phant dans une maison cela porte bonheur \u00e0 condition qu\u2019il ait la trompe en l\u2019air. C\u2019est s\u00fbrement vrai car ils ont v\u00e9cu 63 ans d\u2019amour, de joie et de prosp\u00e9rit\u00e9. Quand ils sont partis, c\u2019est la seule chose que je voulais car cet \u00e9l\u00e9phant a accompagn\u00e9 toute ma jeunesse et surtout les dix premi\u00e8res ann\u00e9es d\u2019enfant unique&nbsp;pass\u00e9es en Alg\u00e9rie: je l\u2019ai toujours vu, jour apr\u00e8s jour sur le buffet de leur salle \u00e0 manger, toujours pr\u00e9sent malgr\u00e9 de nombreux d\u00e9m\u00e9nagements.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a donc 1 an de plus que moi et si lui n\u2019a pas pris de rides, il a cependant quelques \u00e9br\u00e9chures peut-\u00eatre d\u2019ailleurs repr\u00e9sentent- elles les blessures laiss\u00e9es par la perte d\u2019un \u00eatre cher, ce en quoi il me ressemble. J\u2019ai d\u00fb un peu lui ravaler la fa\u00e7ade\u2026.mais qu\u2019\u2019importe je l\u2019aime tel qu\u2019il est et il tr\u00f4ne dans ma propre salle \u00e0 manger me rappelant \u00e0 chaque instant mes parents. Vous trouverez peut-\u00eatre cela idiot mais je lui parle quelquefois. Il a particip\u00e9 \u00e0 tant de repas de famille, de r\u00e9veillons de f\u00eates c\u2019est le t\u00e9moin infaillible du bonheur que j\u2019ai connu avec mes parents et il poursuit son r\u00f4le d\u2019observateur de ma propre vie.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019esp\u00e8re de tout c\u0153ur que lorsque je ne serais plus l\u00e0, ma fille le prendra avec elle et lui gardera une place de choix chez elle car je suis s\u00fbre qu\u2019il lui apportera la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 dans sa maison.<\/p>\n\n\n\n<p><em><u>S.M.<\/u><\/em><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Le petit couteau de papa\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Son manche s\u2019est cass\u00e9 et on a d\u00fb le r\u00e9parer en y glissant un manchon de bambou, mais c\u2019est toujours le couteau le plus fin, id\u00e9al pour peler pommes et poires et chaque fois que je le prends je revois ma grand-m\u00e8re qui nettoyait toutes les poires tomb\u00e9es de nos vieux poiriers avec une dext\u00e9rit\u00e9 de chirurgienne\u2026La lame us\u00e9e, incurv\u00e9e mais ultra fine, se glisse sous la peau des fruits comme un scalpel\u2026Une fois \u00f4t\u00e9es les parties m\u00e2ch\u00e9es ou pourries, Alice d\u00e9coupait d\u2019excellents petits cubes de poire, qu\u2019elle mettait au frais apr\u00e8s qu\u2019une douce cuisson les ait rosis en exprimant leur jus. On se d\u00e9lectait de son grand saladier de compote rempli de petits morceaux de poires au sirop sans sucre ajout\u00e9 et id\u00e9alement sucr\u00e9es\u2026Par contre je n\u2019ai jamais vu mon p\u00e8re s\u2019en servir sauf dans la sinistre obligation de saigner un poulet, sc\u00e8ne que je fuyais et dont je ne voulais rien savoir, tellement elle me r\u00e9pugnait\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>SD<\/p>\n\n\n\n<p>Tu l&rsquo;avais choisie avec soin ,cette bo\u00eete \u00e0&nbsp; bijoux hexagonale, en bois d&rsquo;olivier ,avec ces pierreries incrust\u00e9es qui rappellent la pr\u00e9ciosit\u00e9 de l&rsquo;Orient ,tu l&rsquo;avais bien rang\u00e9e au fond de ton sac de soldat ,dans ce pays \u00e0 des milliers de kms de chez toi ,ou&nbsp; tu faisais ton service militaire ,et tu avais dit :\u00a0\u00bbC&rsquo;est pour ma promise ,celle que j&rsquo;\u00e9pouserai plus tard!\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>BH<\/p>\n\n\n\n<p>Une dalle presque lisse, dense, gris perle, une lumi\u00e8re rasante, et soudain on les voit, des traces de pas , multiples, bien d\u00e9coup\u00e9es. La vie est l\u00e0, sous nos yeux \u00e9bahis&nbsp;; on se retournerait pour la surprendre. Une plage se d\u00e9couvre dans la br\u00fblure d\u2019un \u00e9t\u00e9 qui fait s\u00e9cher la vase d\u00e9couverte par la mar\u00e9e descendante.Elle grouille d\u2019animaux venus chercher pitance. Un th\u00e9ropode carnassier entre- m\u00eale ses pas \u00e0 ceux plus lourds d\u2019un sauropode qui tente de le semer. Indiff\u00e9rente, passe une tortue , lentement, laissant tra\u00eener sa carapace dans le sable humide . Plus d\u00e9licates encore se dessinent les traces t\u00e9nues d\u2019un petit petit pt\u00e9rosaure, celle des pieds palm\u00e9s arm\u00e9s de griffes courtes accompagn\u00e9es des y maladroits des pattes avant . Il avance vers l\u2019eau, gauche, encombr\u00e9 de ses ailes immenses repli\u00e9es comme la toile d\u2019un parasol. Regardez, il s\u2019envole, toutes voiles d\u00e9ploy\u00e9es, tourne au dessus de nos t\u00eates pour nous saluer, avant de dispara\u00eetre, loin dans le pass\u00e9 et nous laisser, \u00e9mus, sur la dalle de calcaire.<\/p>\n\n\n\n<p>DDor<\/p>\n\n\n\n<p>Il me parle de toi<\/p>\n\n\n\n<p>Je venais souvent en touriste \u00e0 Terrasson.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis un jour je me suis dit que c\u2019est l\u00e0 que je poserais mes valises. Avant, quand m\u00eame, j\u2019ai r\u00e9fl\u00e9chi et je me suis dit&nbsp;:&nbsp; \u00ab&nbsp; Apr\u00e8s tout, qu\u2019est-ce que tu risques&nbsp;de d\u00e9m\u00e9nager?&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, le jour arrive. J\u2019avais retenu un petit appartement. Le propri\u00e9taire me le fait visiter, je le prends. Il me remet les cl\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Me voil\u00e0 calculer comment organiser pour les meubles&nbsp;: la chambre, la salle de s\u00e9jour, la cuisine.Enfin, je me suis dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Coco, tu as eu un coup de c\u0153ur, organise-toi&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Tout \u00e0 coup, mes yeux se portent sur le carrelage. Une feuille de ch\u00eane en bois est l\u00e0. Je la prends dans mes mains, je la tourne d\u2019un c\u00f4t\u00e9, de l\u2019autre, vraiment, la personne qui a d\u00e9coup\u00e9 cette feuille, chapeau&nbsp;! Je la regarde \u00e0 nouveau et je lui dis&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Pour un dessous de plat, le chaud et le froid ne t\u2019ont jamais recroquevill\u00e9e&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>C.T.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jeu 1 Il (elle) me parle de toi (ou de vous): Un objet, une trace \u00e9voque quelqu\u2019un qui en a fait usage et que vous retrouvez exemple&nbsp;:un vieux fauteuil qui porte l\u2019empreinte de celui ou celle qui y a pass\u00e9 de longues heures La trace d&rsquo;un pied nu sur la plage. \u00c0 qui appartient cette &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/2021\/11\/25\/ecrit-en-novembre-2021-il-elle-me-parle-de-toi\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Ecrit en novembre 2021, il( elle) me parle de toi&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[503,504],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2104"}],"collection":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2104"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2104\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2105,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2104\/revisions\/2105"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2104"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2104"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2104"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}