{"id":2573,"date":"2023-03-06T12:14:41","date_gmt":"2023-03-06T11:14:41","guid":{"rendered":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.ovh\/lireecrireterrasson\/?p=2573"},"modified":"2023-03-06T12:14:41","modified_gmt":"2023-03-06T11:14:41","slug":"ecrit-en-fevrier-2023-jeu-3-dans-la-peau-dun-autre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/2023\/03\/06\/ecrit-en-fevrier-2023-jeu-3-dans-la-peau-dun-autre\/","title":{"rendered":"Ecrit en f\u00e9vrier 2023, jeu 3, dans la peau d&rsquo;un autre"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>0<\/strong><strong>J<\/strong><strong>eu 3 dans la peau d\u2019un autre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-vivid-cyan-blue-color has-text-color\">D\u00e9crire un humain \u00e0 hauteur de fourmi, d\u2019araign\u00e9e , de fleur ou bien d\u2019arbre<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A hauteur de fourmi..<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sol tremble, un truc monstrueux avance, \u00e7a fait un bruit d&rsquo;enfer, un d\u00f4me de cuir brun, sa chaussure de marche pied gauche et l&rsquo;autre au pied droit propulsent le g\u00e9ant tout habill\u00e9 d&rsquo;un jean et d&rsquo;un blouson de cuir&#8230;Il sifflote, une herbe entre les dents , ce doit \u00eatre sa t\u00eate l\u00e0 haut, coiff\u00e9e d&rsquo;un bonnet de laine sombre&#8230;Garez-vous c&rsquo;est un \u00e9craseur! Danger il vient vers nous, toutes aux abris, pourvu qu&rsquo;il n&rsquo;explose pas notre fourmili\u00e8re d&rsquo;un coup de pied, tenez-vous au fond, soutenez les galeries pleines d\u2019\u0153ufs!<\/p>\n\n\n\n<p>S.D.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>pour l\u2019\u00e9tourdie de service&nbsp;: \u00e0 hauteur de chat<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une ombre vient occulter le soleil qui chauffe d\u00e9licieusement ma croupe&nbsp;. Elle a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d\u2019un bruit sourd et r\u00e9p\u00e9titif qui m\u2019a mise en alerte. Une masse noire couronn\u00e9e de rouge, presque aussi grosse que moi me fr\u00f4le dangereusement. Au dessus, des piquets g\u00e9ants et un ballon qui se prom\u00e8ne autour en larges vagues qui assombrissent mon espace. L\u2019ombre s\u2019\u00e9largit et une main d\u00e9mesur\u00e9e aux allures de pieuvre s\u2019approche de moi. Je bande mes muscles et m\u2019aplatis au sol pour \u00e9chapper \u00e0 son emprise. A l\u2019odeur, j\u2019ai bien reconnu ma ma\u00eetresse&nbsp;, la plupart du temps inoffensive, m\u00eame s\u2019il lui est arriv\u00e9 de m\u2019\u00e9craser sauvagement la queue. Quand elle est d\u00e9ploy\u00e9e, elle m\u2019inqui\u00e8te m\u00eame si je l\u2019accompagne maintenant pour qu\u2019elle remplisse ma gamelle de croquettes fra\u00eeches. \u00c7a me contrarie profond\u00e9ment d\u2019avoir \u00e0 mendier ma nourriture, mais elle ne laisse pas de paquets \u00e0 ma libre-discr\u00e9tion et chasser est beaucoup trop fatiguant. Je pr\u00e9f\u00e8re ma ma\u00eetresse assise, ou m\u00eame couch\u00e9e. Alors ses proportions deviennent tol\u00e9rables&nbsp;, son visage est \u00e0 hauteur de ma truffe ; c\u2019est moi qui d\u00e9cide, j\u2019occupe ses genoux, son ventre, j\u2019\u00e9carte son livre, je sollicite la caresse de la main g\u00e9ante mais douce\u2026 Malgr\u00e9 tout, je reste vigilant&nbsp;; le moindre geste brusque me met en alerte, un changement de position peut menacer mon espace vital. Je suis pr\u00eat \u00e0 bondir.<\/p>\n\n\n\n<p>DDor<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans l&rsquo;\u00e9corce d&rsquo;un autre : un ch\u00eane<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La petite fille a trouv\u00e9 mon fruit, qui avait commenc\u00e9 \u00e0 germer et \u00e0 faire fleurir de jolies petites feuilles vertes, dans la pente de la propri\u00e9t\u00e9 de sa famille. C&rsquo;\u00e9tait en Mai 2000, elle allait faire 7 ans le mois d&rsquo;apr\u00e8s. Sa grand-m\u00e8re \u00e9tait avec elle, et l&rsquo;a aid\u00e9e, arm\u00e9e d&rsquo;un pic, \u00e0 faire un trou dans la terre un peu sablonneuse. La petite fille m&rsquo;a d\u00e9pos\u00e9 dans le trou, avec toutes les pr\u00e9cautions dont elle \u00e9tait capable.&nbsp;Elle devait faire 1m20 de plus que moi et me contemplait de toute sa hauteur, mais je n&rsquo;avais pas peur.&nbsp;Sa grand-m\u00e8re est all\u00e9e remplir l&rsquo;arrosoir au jardin, puis l&rsquo;a tendu \u00e0 la petite. Elle m&rsquo;a arros\u00e9 pour la premi\u00e8re fois. Par la suite, je l&rsquo;ai vue inqui\u00e8te. Elle m&rsquo;a parl\u00e9. Les chiens de sa famille l&rsquo;inqui\u00e9taient : ils avaient la mauvaise habitude de faire des trous dans la terre pour d\u00e9busquer des taupes&#8230; Ils risquaient de me d\u00e9terrer, je risquais de mourir, sans racines ancr\u00e9es dans la terre. Elle a eu une id\u00e9e : installer un grillage tout autour de moi, bien enterr\u00e9 dans la terre lui aussi. Et j&rsquo;ai grandi. La petite fille est devenue une adolescente, sa grand-m\u00e8re vieillissait, mais elle \u00e9tait charg\u00e9e de venir prendre soin de moi pendant l&rsquo;\u00e9cole. Le 1er mai est devenu mon anniversaire : ainsi, la jeune fille serait toujours l\u00e0 pour venir me rendre visite et c\u00e9l\u00e9brer notre rencontre. Le mois d&rsquo;apr\u00e8s, elle venait et \u00e0 mon tour je lui souhaitais, \u00e0 ma mani\u00e8re, son anniversaire. Cela a dur\u00e9 des ann\u00e9es. Je grandissais \u00e0 vue d\u2019\u0153il. Le plus beau moment a \u00e9t\u00e9 celui o\u00f9 j&rsquo;ai atteint sa taille. J&rsquo;ai vu la fiert\u00e9 dans ses yeux, et la joie de me voir m&rsquo;\u00e9panouir \u00e0 l&rsquo;endroit o\u00f9 elle avait choisi de me planter : notre endroit, qui surplombait la campagne Landaise, les champs de ma\u00efs et les for\u00eats en contrebas. Chaque ann\u00e9e, mon tronc s&rsquo;\u00e9paississait, je prenais encore plus racine. Elle a pris l&rsquo;habitude de m&rsquo;enserrer dans ses bras pour constater les centim\u00e8tres gagn\u00e9s dans le temps. Jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 ses doigts n&rsquo;ont plus pu se rejoindre : j&rsquo;\u00e9tais devenu trop gros pour ses petits bras. Ca ne l&#8217;emp\u00eachait pas de venir se blottir contre mon \u00e9corce, j&rsquo;\u00e9tais devenu son refuge, elle \u00e9tait mon rep\u00e8re. Elle est devenue une jeune femme, elle venait toujours me confier ses secrets, moins souvent mais notre lien \u00e9tait toujours l\u00e0. Mes branches lui ont ensuite apport\u00e9 de l&rsquo;ombre, je la dominais de toute ma hauteur mais toujours dans une extr\u00eame bienveillance. Sa grand-m\u00e8re s&rsquo;\u00e9mouvait de ce tel lien, et elles ont souvent parl\u00e9 de moi, de mon \u00e9volution et de ma vigueur. Un jour, j&rsquo;ai produit mes premiers glands. Toutes les deux en ont ramass\u00e9 et se sont regard\u00e9es : j&rsquo;\u00e9tais devenu un adulte \u00e0 mon tour, elles avaient accompli leur mission. Je les en remercie encore aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n\n\n\n<p>L.D.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p><strong>A hauteur d\u2019arbre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je suis ce qu\u2019ils nomment un arbre v\u00e9n\u00e9rable. Je suis un if presque mill\u00e9naire.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019en ai vu passer des Rois et des Pr\u00e9sidents. J\u2019habite en P\u00e9rigord, dans le parc d\u2019une maison toute jeunette, puisqu\u2019elle n\u2019a que 300 ans. H\u00e9las me voil\u00e0 maintenant vieux et fragile, pas encore promis \u00e0 la mort certes. Mais ayant d\u00e9j\u00e0 subi quelques imputations, je sais que mon temps est compt\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces petits humains que je c\u00f4toie me surprennent toujours. Ils vivent comme s\u2019ils avaient la m\u00eame dur\u00e9e de vie que moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils s\u2019agitent jusqu\u2019\u00e0 s\u2019\u00e9puiser, se querellent, maltraitent la nature. Tout se d\u00e9traque autour de moi. Je vois moins d\u2019oiseaux et d\u2019insectes. Certaines plantes comme le lierre envahissent le jardin pr\u00e8s de moi et d\u2019autres disparaissent. Du reste, les hommes connaissent mal les plantes et leurs vertus. C\u2019est un savoir qui se perd.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces hommes, je les aime pourtant, je les mets \u00e0 l\u2019abri du soleil et de la pluie. Ils sont si fragiles et si inconscients. J\u2019essaie de leur envoyer des messages lorsque le vent agite mes branches. J\u2019aime aussi voir des couples d\u2019amoureux se blottir \u00e0 mon pied.<\/p>\n\n\n\n<p>DDou<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A hauteur d&rsquo;arbre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est bien agit\u00e9 ce jeune homme, voit-il seulement mon fa\u00eete? Il ne l\u00e8ve jamais le nez, je voudrais qu&rsquo;il sente le parfum de mes fleurs, qu&rsquo;il entende le fr\u00e9missement de mes branches et de mes feuilles \u00e9paisses, moi le grand magnolia&#8230;D\u00e9cid\u00e9ment il bouge beaucoup ce bip\u00e8de, oh l\u00e0 l\u00e0, je crois que c&rsquo;est un chasseur il vient de sortir de son sac un fusil et voil\u00e0 qu&rsquo;il vise mes branches&#8230;A\u00efe il ne va pas tuer le merle au bec jaune qui chante si bien au moindre rayon de soleil? Il n&rsquo;a pas l&rsquo;air gentil et c&rsquo;est fou ce qu&rsquo;il bouge et marmonne&#8230;Dr\u00f4le d&rsquo;individu\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>S.D.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une rose<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le matin, j&rsquo;ai mis mes habits du dimanche ,d\u00e9froiss\u00e9 chaque \u00e9tale ,je ressemble \u00e0 une corolle amidonn\u00e9e ,les perles de ros\u00e9e me servent de collier ,la tige un peu pench\u00e9e en guise de bienvenue ,les \u00e9pines me prot\u00e8gent de la gent peu \u00e9l\u00e9gante ,me voil\u00e0 par\u00e9e pour la visite de la roseraie ,nul doute que j&rsquo;en serai la princesse !<\/p>\n\n\n\n<p>B.H.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>0Jeu 3 dans la peau d\u2019un autre D\u00e9crire un humain \u00e0 hauteur de fourmi, d\u2019araign\u00e9e , de fleur ou bien d\u2019arbre A hauteur de fourmi&#8230; Le sol tremble, un truc monstrueux avance, \u00e7a fait un bruit d&rsquo;enfer, un d\u00f4me de cuir brun, sa chaussure de marche pied gauche et l&rsquo;autre au pied droit propulsent le &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/2023\/03\/06\/ecrit-en-fevrier-2023-jeu-3-dans-la-peau-dun-autre\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Ecrit en f\u00e9vrier 2023, jeu 3, dans la peau d&rsquo;un autre&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[707,765],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2573"}],"collection":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2573"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2573\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2574,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2573\/revisions\/2574"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2573"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2573"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2573"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}