{"id":2690,"date":"2024-02-20T14:01:05","date_gmt":"2024-02-20T13:01:05","guid":{"rendered":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.ovh\/lireecrireterrasson\/?p=2690"},"modified":"2024-02-20T14:01:05","modified_gmt":"2024-02-20T13:01:05","slug":"ecrit-en-fevrier-2024-jeu-1-epuisement-dun-lieu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/2024\/02\/20\/ecrit-en-fevrier-2024-jeu-1-epuisement-dun-lieu\/","title":{"rendered":"Ecrit en f\u00e9vrier 2024: jeu 1 \u00e9puisement d&rsquo;un lieu"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>jeu 1&nbsp;: <\/strong><strong>\u00c9puisement d\u2019un lieu<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Choisissez un lieu (pi\u00e8ce, maison, jardin, rue\u2026) . D\u00e9crivez le de fa\u00e7on pr\u00e9cise (mais pas trop longue) , partiale, selon deux points de vue diff\u00e9rents, sous forme de monologues int\u00e9rieurs<\/p>\n\n\n\n<p>1) La table de la cuisine e matin apr\u00e8s le petit d\u00e9jeuner c\u2019est un peu paysage apr\u00e8s le bataille pour moi, je circule entre les \u00e9normes tasses ou bols qui font cercle autour d\u2019une th\u00e9i\u00e8re ventrue (de la porcelaine de Chine tout de m\u00eame), des cuill\u00e8res abandonn\u00e9es gisant en d\u00e9sordre macul\u00e9es de confitures de groseille ou d\u2019abricot, un verre renvers\u00e9 qui a d\u00fb contenir du jus d\u2019orange, et partout des miettes de pain ou de biscottes&nbsp;; je me faufile dans ce capharna\u00fcm et rep\u00e8re un morceau de sucre \u00e0 moit\u00e9 dissous dans une flaque de caf\u00e9. Je me rue sur cette friandise dardant ma trompe aspirante lorsque mes yeux \u00e0 facettes dot\u00e9s d\u2019une vision \u00e0 360 degr\u00e9s m\u2019averissent de l\u2019approche \u00e0 grande vitesse d\u2019un objet contondant que j\u2019identifie aussit\u00f4t comme \u00e9tant la tapette \u00e0 mouches qu\u2019affectionnent les haineux qui habitent dans mon appartement. Aussit\u00f4t dans un bourdonnement suraig\u00fc de mes \u00e9lytres je d\u00e9colle prenant tr\u00e8s rapidement de l\u2019altitude tout en observant de fa\u00e7on tr\u00e8s nette et comme au ralenti( oui je peux distinguer 600 images par secondes ) le d\u00e9placement de la tapette qui finit sa parabole en bousculant violemment la th\u00e9i\u00e8re en porcelaine de Chine qui, d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e, ne peut \u00e9viter une chute fatale sur le carreau de la cuisine o\u00f9 elle explose en mille morceaux. Ma vision \u00e0 360 degr\u00e9s me permet en m\u00eame temps de voir que je me suis rapproch\u00e9 du plafond&nbsp;: il me reste \u00e0 trouver un endroit tranquille o\u00f9 je vais pouvoir finir d\u2019avaler les trois grains de sucre imbib\u00e9s caf\u00e9 que j\u2019ai r\u00e9ussi \u00e0 chiper. Pas si \u00e9vident car comme chacun sait je suis tr\u00e8s myope et ne distingue gu\u00e8re les couleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>2) J\u2019ai \u00e9t\u00e9 r\u00e9veill\u00e9 t\u00f4t ce matin par les deux arachnophobes qui m\u2019h\u00e9bergent . Mais ils n\u2019en avaient pas apr\u00e8s moi, ils semblaient press\u00e9s et ont d\u00e9jeun\u00e9 en vitesse avant de filer \u00e0 la salle de bain sans faire le m\u00e9nage. J\u2019ai donc eu tout loisir depuis mon poste d\u2019observation \u00e9lev\u00e9 de contempler le d\u00e9sastre pictural d\u2019une table rectangulaire offrant \u00e0 mes quatre paires d\u2019yeux experts un spectacle qui me fit penser \u00e0 une toile de Miro (qu\u2019on ne s\u2019\u00e9tonne pas de cette \u00ab&nbsp;expertise&nbsp;\u00bb&nbsp;: j\u2019ai acquis une certaine culture artistique ayant s\u00e9journ\u00e9 plusieurs mois dans une des salles d\u2019art moderne du mus\u00e9e Beaubourg avant d\u2019int\u00e9grer ce pavillon de banlieue). Une toile de Miro donc avec sur le fond jaune de la table des formes circulaires inscrites de ci de l\u00e0 par la th\u00e9i\u00e8re, les tasses, les pots de confitures puis des formes allong\u00e9es comme des filaments de caf\u00e9 noir, de lait, des taches \u00e9parses de confitures diverses et des constellations de miettes et d\u00e9bris divers le tout r\u00e9parti de fa\u00e7on al\u00e9atoire&#8230;Je m\u2019amusais pendant quelques instants en louchant de mes quatre paires d\u2019yeux \u00e0 cr\u00e9er des effets kal\u00e9idoscopiques tr\u00e8s spectaculaires (j\u2019utilise cette facult\u00e9 que j\u2019ai pour cr\u00e9er mes propres toiles en m\u2019inspirant de Paul Klee voire de Vasarely ce qui ne manque pas de susciter \u00e9tonnement, admiration et jalousie chez mes nouvelles copines banlieusardes et se r\u00e9v\u00e8le tr\u00e8s efficace pour pi\u00e9ger les proies, de plus en plus nombreuses, amatrices d\u2019art moderne).Mais mes exp\u00e9rimentations esth\u00e9tiques furent interrompues par le retour inopin\u00e9 d\u2019un de mes deux nazis qui voulant occire une mouche provoqua une catastrophe porcelaini\u00e8re . La mouche s\u2019\u00e9chappa et tout aussit\u00f4t je per\u00e7us un l\u00e9ger fr\u00e9missement dans ma toile:mon petit d\u00e9jeuner \u00e9tait servi. Sucr\u00e9, mais pas trop il avait une subtile saveur de caf\u00e9 .<\/p>\n\n\n\n<p>F.V.<\/p>\n\n\n\n<p>Tu parles d\u2019un jardin zen&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>1)J\u2019avais fait le choix d\u2019une visite guid\u00e9e. Feng shui, ce mot revenait toutes les 2 mn.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai vu beaucoup d\u2019arbres rabougris dans des teintes tristes, une fontaine en fausse pierre qui crachait une eau saum\u00e2tre. Ah&nbsp;! des cailloux, des petits, des gros, partout, align\u00e9s, polic\u00e9s. Quel ennui, quelle tristesse&nbsp;! Les propri\u00e9taires des lieux, je voudrais bien les rencontrer, ils doivent ressembler \u00e0 des souris grises, longeant les murs.<\/p>\n\n\n\n<p>2)Je n\u2019avais qu\u2019une h\u00e2te, fuir cet endroit qui me donnait le cafard.<\/p>\n\n\n\n<p>Heureusement, la prochaine visite se d\u00e9roulera dans un jardin \u00e0 l\u2019anglaise, enfin un peu de fantaisie.<\/p>\n\n\n\n<p>DDou<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Un immeuble de 3 \u00e9tages<\/p>\n\n\n\n<p>1)Paul, petit gar\u00e7on de 4 ans, observe la rue. Sa maman lui a dit que la neige<\/p>\n\n\n\n<p>Allait sans doute tomber. Il attend et soudain, il voit des papillons blancs qui tourbillonnent dans l\u2019air avant de se diriger vers le sol sur lequel ils font rapidement un joli tapis blanc sur lequel il a envie de se jeter. Il appelle sa m\u00e8re&nbsp;: Viens voir, il neige. Paul \u00e9bloui va passer toute l\u2019heure suivante \u00e0 s\u2019\u00e9merveiller et \u00e0 esp\u00e9rer qu\u2019elle tienne assez longtemps pour aller faire des boules de neige demain avec ses copains dans la cour de l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n\n\n\n<p>2)A l\u2019\u00e9tage au &#8211; dessous, Am\u00e9lie voit elle aussi la neige tomber mais elle se dit que demain elle devra faire bien attention pour traverser et aller chercher son pain. En ville les flocons se transforment vite en gadoue noir\u00e2tre et glissante, traite pour les pas des vieilles dames. La neige, c\u2019est beau quand on est jeune ou quand il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de l\u2019affronter, songe t\u2019elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Vision A&nbsp;: Cette petite maison cach\u00e9e dans la verdure avec ses fen\u00eatres minuscules et sa porte pleine et basse est magnifique. La toiture recouverte de mousse, les primev\u00e8res perdus dans la pelouse et les branches de noisetier rasant le sol donnent du romantisme \u00e0 cet endroit. On imagine que tout \u00e0 coup une vieille dame ouvre sa porte, nous sourit et nous dit dans sa langue&nbsp;: \u00ab&nbsp; chabatz d\u2019entrar\u2019<\/p>\n\n\n\n<p>Vision B&nbsp;: Cette maison toute petite, mal entretenue au milieu de nulle part doit \u00eatre inhabit\u00e9e depuis bien longtemps. Le lierre couvre la toiture sur laquelle des tuiles manquent. Le devant ressemble \u00e0 un pr\u00e9 plus qu\u2019\u00e0 une pelouse avec de multiples herbes sauvages et des arbres dont les branches cass\u00e9es jonchent le sol. On ne peut pas imaginer une vie dans cet endroit isol\u00e9 paraissant n\u2019avoir comme unique animation, le hululement de la chouette.<\/p>\n\n\n\n<p>H.L<\/p>\n\n\n\n<p>1) Sur tous les murs, tableaux, photos, posters cartes postales, guirlandes intemporelles, \u00e9tag\u00e8res d\u00e9bordant de livres bien rang\u00e9s&nbsp;; au milieu, sur le plancher lustr\u00e9, un grand espace o\u00f9 on peut danser, sur un c\u00f4t\u00e9 une immense table massive \u00e0 l\u2019ancienne, un petit buffet anglais avec quatre assiettes, quelques boites de conserves \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Pas de rideaux, quelque \u00e9toffe transparente seulement et un po\u00eale finlandais qui ronfle par moments.<\/p>\n\n\n\n<p>2) C\u2019est un salon aux proportions d\u00e9mesur\u00e9es, aux fen\u00eatres mal prot\u00e9g\u00e9es, aux d\u00e9corations foutraques penchant de travers, pleines de poussi\u00e8re et aux couleurs moches, des \u00e9tag\u00e8res aux bouquins empil\u00e9s n\u2019importe comment, et surtout, horreur&nbsp;! Ce grand vide au milieu qu\u2019on n\u2019ose traverser sans glisser, un buffet bancal ma ponc\u00e9, une table boiteuse et ce po\u00eale qui consomme quatre brasses de bois \u00e0 l\u2019ann\u00e9e sans nous r\u00e9chauffer.<br>S.R.<\/p>\n\n\n\n<p>3) C\u2019est un petit lieu clos dans enveloppe de peau souple et douce, d\u2019un vieux rose de lis martagon. Sur une de ses faces ext\u00e9rieures s\u2019ouvre, par une fermeture \u00e9clair verticale, une poche qui contient les cl\u00e9s de mes paradis personnels&#8230;en principe. On acc\u00e8de \u00e0 l\u2019essentiel du pays par la grande ouverture sup\u00e9rieure, b\u00e9ante, la plupart du temps. Elle donne sur un espace gris perle compartiment\u00e9 en poches de tailles diff\u00e9rentes soigneusement bord\u00e9es de filets de cuir assortis \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Le monde qu\u2019il contient est infini &#8230; porte-feuille, papiers, argent, carnets divers, stylos et crayons, t\u00e9l\u00e9phone, gants et bonnet l\u2019hiver, cl\u00e9s du v\u00e9hicule, mouchoirs, rouge \u00e0 l\u00e8vre, pince \u00e0 \u00e9piler, programme du cin\u00e9ma, parfois un livre&#8230; Bref, il est capable, \u00e0 tous moments, de r\u00e9pondre \u00e0 tous les besoins. En principe chaque objet a sa place mais l\u2019objet est fac\u00e9tieux et voyage \u00e0 l\u2019occasion. Il suffit d\u2019un peu de patience\u2026. Sans compter que toute recherche permet d\u2019exfiltrer un intrus oubli\u00e9 et consid\u00e9r\u00e9 d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment comme perdu. Ce sac est une de mes prolongations.<\/p>\n\n\n\n<p>2) Ce sac, il est invraisemblable\u00a0! Une grande besace informe et avachie qui tra\u00eene partout o\u00f9 on ne l\u2019attend pas et regorge de choses inutiles . Y trouver un objet rel\u00e8ve de l\u2019exploit et toute recherche implique une prise de risque\u00a0: j\u2019ai toujours l\u2019impression qu\u2019une \u00e9norme bouche pleine de dents est cach\u00e9e sous ce fatras, pr\u00eate \u00e0 engloutir ma main.<\/p>\n\n\n\n<p>DDor<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>jeu 1&nbsp;: \u00c9puisement d\u2019un lieu Choisissez un lieu (pi\u00e8ce, maison, jardin, rue\u2026) . D\u00e9crivez le de fa\u00e7on pr\u00e9cise (mais pas trop longue) , partiale, selon deux points de vue diff\u00e9rents, sous forme de monologues int\u00e9rieurs 1) La table de la cuisine e matin apr\u00e8s le petit d\u00e9jeuner c\u2019est un peu paysage apr\u00e8s le bataille pour &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/2024\/02\/20\/ecrit-en-fevrier-2024-jeu-1-epuisement-dun-lieu\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Ecrit en f\u00e9vrier 2024: jeu 1 \u00e9puisement d&rsquo;un lieu&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[820,821,307],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2690"}],"collection":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2690"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2690\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2691,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2690\/revisions\/2691"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2690"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2690"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2690"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}