{"id":2876,"date":"2025-11-15T14:17:50","date_gmt":"2025-11-15T13:17:50","guid":{"rendered":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.ovh\/lireecrireterrasson\/?p=2876"},"modified":"2025-11-15T14:17:50","modified_gmt":"2025-11-15T13:17:50","slug":"ecrit-en-octobre-2025-parole-aux-victimes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/2025\/11\/15\/ecrit-en-octobre-2025-parole-aux-victimes\/","title":{"rendered":"Ecrit en octobre 2025: parole aux victimes"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Jeu 3 Parole de victime<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Celle que vous faites parler est un objet parmi les suivants&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul><li>une cl\u00e9 de maison perdue<\/li><li>une chaussure \u00e9gar\u00e9e<\/li><li>une th\u00e9i\u00e8re poussi\u00e9reuse<\/li><li>une cl\u00e9 USB cass\u00e9e<\/li><li>un t\u00e9l\u00e9phone portable enfoui<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Une cl\u00e9 de maison perdue<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Me voil\u00e0 arriv\u00e9e dans une nouvelle main, grande, jeune, chaude, un peu moite, f\u00e9brile&nbsp;: c&rsquo;est le jour de l&#8217;emm\u00e9nagement&nbsp;! L&rsquo;excitation est \u00e0 son comble. Je suis regard\u00e9e, \u00e9tudi\u00e9e, encens\u00e9e&nbsp;: je repr\u00e9sente une sorte de victoire, d&rsquo;accomplissement. Mon jeune compagnon est fier de me tenir, de me montrer, comme un troph\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s&#8217;empresse de m&rsquo;accrocher \u00e0 un anneau sur lequel pendent d\u00e9j\u00e0 mes nouveaux amis&nbsp;: une photo de famille, un souvenir de voyage, une autre cl\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous quittons l&rsquo;appartement. Je m&rsquo;enfonce d\u00e9licatement dans le p\u00eane de la porte, \u00e9pousant ses formes, et l&rsquo;entra\u00eene avec moi dans un tendre tourbillon jusqu&rsquo;au clic de fermeture.<\/p>\n\n\n\n<p>Mes acolytes sont un peu ballott\u00e9s et se cognent les uns aux autres en riant.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre collaboration devrait \u00eatre agr\u00e9able.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, j&rsquo;atterris au fond d&rsquo;une poche dans laquelle il fait bien chaud.<\/p>\n\n\n\n<p>Tiens, il y a du monde l\u00e0 dedans&nbsp;: un briquet, un sifflet, des pi\u00e8ces de monnaie, un gros boulon et un post-it.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes quand m\u00eame un peu serr\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Au premier arr\u00eat de mon jeune compagnon, le voil\u00e0 qu&rsquo;il fouille dans sa poche.<\/p>\n\n\n\n<p>Ses longs doigts t\u00e2tonnent, attrapent, rel\u00e2chent, refouillent&#8230;et me voil\u00e0 embarqu\u00e9e avec mes amis, coll\u00e9s au post-it qui tombe au sol \u00e9touffant le bruit de notre chute.<\/p>\n\n\n\n<p>Il va s&rsquo;en rendre compte, il va me ramasser, je suis trop indispensable pour lui, il ne peut pas partir sans moi&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Naaaannnnnnn, il s&rsquo;en va&nbsp;!!! Je vois ses pieds s&rsquo;\u00e9loigner de moi, franchir la porte &#8230;je le perds de vue.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis d\u00e9sempar\u00e9e. Que vais-je devenir&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Comment retrouver P\u00eane&nbsp;? Nous sommes tellement compl\u00e9mentaires, je ne suis rien sans lui, et il n&rsquo;est rien sans moi&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Que je crois&nbsp;!!! Mes amis m&rsquo;apprennent que j&rsquo;ai une s\u0153ur jumelle qui \u00e9pouse aussi parfaitement les formes de P\u00eane.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis an\u00e9antie, gisant sur le sol, coll\u00e9e \u00e0 un vulgaire bout de papier jaune affreux et griffonn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, qu&rsquo;y a t-il d&rsquo;\u00e9crit dessus&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Des chiffres, une adresse \u2026&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>C.F.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019en suis encore toute remu\u00e9e. Je ne comprends pas bien comment c\u2019est arriv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019\u00e9tais accroch\u00e9e \u00e0 une peluche toute douce avec qui je voyageais depuis longtemps et soudain, la chute mais une chute vertigineuse sur les pav\u00e9s. Je reste l\u00e0 pendant plusieurs heures \u00e0 m\u2019interroger sur mon avenir. La nuit est tomb\u00e9e. Personne ne s\u2019est pench\u00e9 sur mon sort. Tout d\u2019un coup, un orage et une pluie diluvienne se sont abattus sur le village et m\u2019ont entra\u00een\u00e9e dans le ruisseau. Celui-ci a d\u00e9bord\u00e9 et m\u2019a d\u00e9pos\u00e9e en bordure du parc. Le lendemain matin, un gar\u00e7onnet qui \u00e9tait venu jouer au ballon a \u00e9t\u00e9 attir\u00e9 par mon \u00e9clat (eh&nbsp;! oui, je brillais encore\u2026). Il m\u2019a d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 la mairie du village et miracle, ma propri\u00e9taire est venue me chercher.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis maintenant solidement fix\u00e9e \u00e0 un crochet bien au chaud \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de son sac \u00e0 main. A moins qu\u2019elle n\u2019\u00e9gare son sac, je devrais \u00eatre \u00e0 l\u2019abri d\u2019une autre m\u00e9saventure&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>D.Dou<\/p>\n\n\n\n<p>Peu m&rsquo;importent les soupirs, les \u00e9nervements, les cris, je suis planqu\u00e9e derri\u00e8re la collection des 45 volumes du Larousse, \u00e9dition 1961. C&rsquo;est son petit fils qui l&rsquo;a jet\u00e9e l\u00e0 pour punir sa m\u00e9chante maman, qui maintenant hurle comme une d\u00e9mente&nbsp;; elle devra laisser la maison sans l&rsquo;avoir ferm\u00e9e \u00e0 clef. Bien fait pour elle. Moi je resterai planqu\u00e9e l\u00e0 jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;un curieux s&#8217;empare d&rsquo;un volume du Larousse, et \u00e7a ce n&rsquo;est pas demain la veille dans cette maison d&rsquo;incultes.<\/p>\n\n\n\n<p>S.R.<\/p>\n\n\n\n<p>Une seconde de distraction de ma propri\u00e9taire ( elle en a souvent) et voici son sac \u00e0 main r\u00e9pandu au pied de la porti\u00e8re. Elle est press\u00e9e, comme toujours. Elle rassemble les objets dispers\u00e9s sur le gravier \u00e0 la va-vite et les jette sans m\u00e9nagement dans sa besace&#8230;.sauf moi, la cl\u00e9 de la maison.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne reste que moi sur le lit de gravillons qui grattent d\u00e9sagr\u00e9ablement mon dos. La journ\u00e9e est longue. De temps \u00e0 autre, je joue avec le soleil. Il est encore haut quand j&rsquo;entends le moteur&nbsp;: je concentre tous les feux des rayons pour attirer son attention. Mais, aie, un pneu roule sur mon dos, m&rsquo;enfonce un peu plus dans le sol&#8230; C&rsquo;est la nuit. Aucun moyen de me manifester. Je n&rsquo;arrive pas \u00e0 m&rsquo;agripper aux crans du pneu (une crevaison aurait \u00e9t\u00e9 la bienvenue pour me retrouver m\u00eame si je soup\u00e7onne qu&rsquo;elle n&rsquo;aurait pas \u00e9t\u00e9 bien accueillie).<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;entends ma propri\u00e9taire qui revient \u00e0 son v\u00e9hicule, chercher en pestant&#8230; Enfin, je retiens son attention. Elle fouille l&rsquo;habitacle, peste contre moi. Il ne manquait plus que \u00e7a! \u00c7a ne dure pas longtemps . Les pas s&rsquo;\u00e9loigne. Elle a d\u00fb se rappeler une possibilit\u00e9 d&rsquo;entrer autrement. Damned&nbsp;! Elle va prendre mon double et pour moi tout est fini&nbsp;! J&rsquo;aimais bien la caresse de sa main \u2026 je vais petit \u00e0 petit \u00eatre ensevelie vivante sous les gravillons. On me retrouvera dans 100 ans et on ne se souviendra pas \u00e0 quoi je servais.<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre journ\u00e9e commence. La lumi\u00e8re ne me rend pas le moral pour autant. Je rumine \u2026 quand je sens un objet pointu qui le pique , me saisit et m&#8217;emporte dans les airs avec une telle vivacit\u00e9 que j&rsquo;en ai le vertige. Si je pouvais crier&nbsp;!.. la maison est toute petite, j&rsquo;aper\u00e7ois la voiture qui file vers des lieux inconnus. Avant que je n&rsquo;aie pu m&rsquo;en remettre, me voici d\u00e9pos\u00e9e dans un espace douillet de feuilles , d&rsquo;herbes et de brindilles en compagnie d&rsquo;autres objets h\u00e9t\u00e9roclites et brillants avec qui faire la causette pour passer le temps. Une nouvelle ma\u00eetresse noire et blanche me couve des yeux. Ai-je vraiment \u00e0 y perdre&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>D.Dor<\/p>\n\n\n\n<p><strong>la chaussure \u00e9gar\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>O\u00f9 suis-je dans ce Noir \u00e0 couper au couteau&nbsp;? Je ne connais pas cet endroit et en plus je n\u2019ai pas ma jumelle. Qu\u2019est-ce qu\u2019il lui a pris de me balancer dans cet endroit o\u00f9 j\u2019\u00e9touffe. En plus lacet sur la chaussure (cerise sur le g\u00e2teau pour ceux qui n\u2019ont pas compris), le vieux pull puant qu\u2019il met toujours m\u2019est tomb\u00e9 dessus me recouvrant compl\u00e8tement. Je ne peux ni appeler, ni bouger vu qu\u2019il ne comprend pas mon langage. Que vais-je devenir&nbsp;? Il ne va tout de m\u00eame pas remplacer ma jumelle ou nous utiliser s\u00e9par\u00e9ment. D\u2019ailleurs on nous appelle des chaussures et non une chaussure. Ah&nbsp;! La porte s\u2019ouvre j\u2019ai peut-\u00eatre un espoir d\u2019\u00eatre \u00e0 nouveau \u00e0 l\u2019air libre.<\/p>\n\n\n\n<p>H.L.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>J\u2019ai beau me rem\u00e9morer ce jour funeste, je ne comprends toujours pas comment cela a pu se produire. J\u2019\u00e9tais pourtant une bonne marcheuse, aucun sentier caillouteux, aucun bitume ne me rebutait, avec moi le pied \u00e9tait toujours en s\u00e9curit\u00e9. Et puis voil\u00e0, ce maudit jour o\u00f9 ma semelle a failli ! Apr\u00e8s une longue marche dans les sous-bois, j\u2019\u00e9tais \u00e9puis\u00e9e, tout \u00e9chauff\u00e9e, mon lacet desserr\u00e9 ne faisait plus son office, le pied flottait, bringuebalait dans son logement. Je sentais la catastrophe arriver&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Cela s\u2019est pass\u00e9 sur le trottoir, \u00e0 deux pas de la maison, quand cette chose inf\u00e2me, glissante et puante est venue \u00e0 ma rencontre. J\u2019ai voulu esquiver mais le pied mal chauss\u00e9 ne m\u2019a pas suivie et l\u2019\u00e9vitement a \u00e9t\u00e9 impossible. J\u2019ai su qu\u2019il \u00e9tait trop tard lorsque j\u2019ai entendu un grondement de col\u00e8re et de rage dans les hauteurs. Le pied a tr\u00e9pign\u00e9, tap\u00e9, frott\u00e9 le bord du trottoir mais sans grand r\u00e9sultat&nbsp;: j\u2019\u00e9tais souill\u00e9e et honteuse&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Et depuis ce jour, je croupis au fond d\u2019un seau remplie d\u2019eau javellis\u00e9e, moi qui ne sait pas nager\u00a0! J\u2019ai froid, je me sens toute gonfl\u00e9e, mes lacets se d\u00e9litent, mes couleurs s\u2019effacent si \u00e7a continue je vais devenir une blonde peroxyd\u00e9e\u00a0! Mais qui viendra me d\u00e9livrer\u00a0?<\/p>\n\n\n\n<p>Ah, ce pied est un ingrat&nbsp;! Il m\u2019appr\u00e9ciait bien pourtant, nous en avons fait des balades tous les deux, je le suivais partout, forc\u00e9ment. A chaque retour il me bichonnait, me brossait d\u00e9licatement, m\u2019\u00e9poussetait et me rangeait bien \u00e0 plat sur l\u2019\u00e9tag\u00e8re \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ma moiti\u00e9. Mais il m\u2019a oubli\u00e9, moi, qui a tout fait pour r\u00e9sister au d\u00e9rapage, que sans moi la chute aurait \u00e9t\u00e9 rude voire pire encore&nbsp;: une entorse, une fracture&nbsp;! Mais non, il m\u2019a jet\u00e9e l\u00e0, sans aucune forme de proc\u00e8s alors que logiquement il aurait d\u00fb me remercier pour le bonheur de s\u2019en \u00eatre sorti indemne, car ce n\u2019est pas par hasard si je lui ai \u00e9vit\u00e9 des blessures terribles, je ne suis pas son pied gauche pour rien&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>B.D.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis une super chaussure de sport type \u00ab&nbsp;Jordan&nbsp;\u00bb. Je suis us\u00e9e bien s\u00fbr car mon propri\u00e9taire est un sportif professionnel. Je suis sa chaussure droite. Du coup, il jouait tous les jours, impossible de me reposer. Il m&rsquo;adorait. Il sautait comme un cabri avec moi. Il disait qu&rsquo;il \u00e9tait mont\u00e9 sur ressorts avec ces super-chaussures.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s&rsquo;occupait bien de moi, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Toujours propre, \u00e9tincelante. J&rsquo;entendais dire qu&rsquo;il ne se s\u00e9parerait jamais de moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Et voil\u00e0, un soir, je me suis retrouv\u00e9e seule sur la route.<br>Je n&rsquo;ai rien compris, c&rsquo;\u00e9tait sur le chemin du retour, il faisait froid, il courait vire pour rentrer. Il ne m&rsquo;a pas entendue tomber. Je me sens abandonn\u00e9e, mal aim\u00e9e, triste. Va-t-il partir \u00e0 ma recherche ou va-t-il jeter mon autre moiti\u00e9 \u00e0 la poubelle&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>N.C.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La th\u00e9i\u00e8re poussi\u00e9reuse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans des combles encombr\u00e9es , au fond d&rsquo;un carton d\u00e9chir\u00e9 , sommeille une th\u00e9i\u00e8re poussi\u00e9reuse . Son ventre rond est constell\u00e9 de taches brunes , son couvercle bancal , sa anse \u00e9br\u00e9ch\u00e9e et une fine pellicule de poussi\u00e8re l&rsquo; enveloppe d&rsquo;oubli .<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois , la nuit , r\u00e9veill\u00e9e par les lattes chantantes du parquet , elle r\u00eave de vapeur parfum\u00e9e au jasmin , \u00e0 la menthe , \u00e0 la bergamote . Elle r\u00eave de mains pr\u00e9cautionneuses qui la soul\u00e8vent avec douceur et qui la font chanter : chant m\u00e9lodieux qui tombe en cascade dans un bol \u00e9vas\u00e9 . Mais plus encore , elle r\u00eave d&rsquo; h\u00e9berger un g\u00e9nie au rire tonitruant qui s&rsquo;envolerait comme un nuage d&rsquo;or de son bec et qui exaucerait le v\u0153u d&rsquo;un enfant malicieux , \u00e9merveill\u00e9 par la magie du djinn.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais , pour l&rsquo;instant , elle attend dans le silence feutr\u00e9 du grenier comme une braise attend le souffle pour s&rsquo; embraser .<\/p>\n\n\n\n<p>H.T.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le portable enfoui<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Elle n\u2019est pas en avance ce matin&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Cela fait bien 10 minutes qu\u2019elle est \u00e0 ma recherche, elle passe et repasse tout pr\u00e8s de moi sans me voir. Elle a bien retourn\u00e9 tous les coussins sur le canap\u00e9 mais ce n\u2019est pas suffisant, il va falloir qu\u2019elle pense \u00e0 plonger la main entre les si\u00e8ges sinon je suis bon pour rester l\u00e0 toute la journ\u00e9e&nbsp;! Ah si ma batterie n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 aussi faible j\u2019aurais bien tent\u00e9 quelque chose mais je suis dans le rouge, il faudrait que quelqu\u2019un l\u2019appelle pour qu\u2019elle me rep\u00e8re mais je crois bien que je suis en mode silencieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle va \u00eatre en retard&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Je sens qu\u2019elle commence \u00e0 s\u2019\u00e9nerver, c\u2019est pas bon signe dans deux secondes elle va \u00eatre en PLS (d\u00e9go\u00fbt\u00e9e)&nbsp;! Comme hier, o\u00f9 elle a pass\u00e9 sa soir\u00e9e \u00e0 liker (aimer) son nouveau crush (coup de coeur), qui entre nous soit dit, l\u2019a salement ghoster (ignorer). Elle lui a envoy\u00e9 tellement de posts (messages) qu\u2019elle \u00e9tait \u00e0 deux doigts de le stalker (harceler). De d\u00e9pit, elle s\u2019est mise \u00e0 scroller (faire d\u00e9fil\u00e9 les messages sur l\u2019\u00e9cran) comme une folle. Son swipe (swiper&nbsp;: d\u00e9placer son doigt sur l\u2019\u00e9cran tactile) habituellement d\u00e9licat \u00e9tait plut\u00f4t rageux, j\u2019avais mal \u00e0 mon \u00e9cran tactile et jai fris\u00e9 la surchauffe.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle est en retard&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Je sens qu\u2019elle a le seum (la rage ou tristesse), sinon elle m\u2019aurait d\u00e9j\u00e0 retrouv\u00e9. Elle repense \u00e0 la photo de profil de son bae (Before Anyone Else&nbsp;: avant tout le monde # amoureux) qu\u2019elle a screen\u00e9 (capture d\u2019\u00e9cran) pour l\u2019avoir dans ma galerie, elle aurait pu l\u2019admirer \u00e0 loisir et m\u00eame la mettre en fond d\u2019\u00e9cran. De d\u00e9pit, elle avait voulu changer sa photo de profil, alors l\u00e0 elle a fait cinquante selfies de tous les c\u00f4t\u00e9s&nbsp;: assise, debout, allong\u00e9e, en pleine lumi\u00e8re, en contre-jour, avec sourires, sans sourires, des petites moues, m\u00eame le chat r\u00e9veill\u00e9 en plein r\u00eave de souris bien grasses et juteuses a d\u00fb prendre la pose, mais rien ne lui allait. Pourtant je suis au top des FPP (Pixel Par Pouce)&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Elle est tr\u00e8s en retard&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Cette fois, elle bade (tristesse, angoisse, inqui\u00e9tude, m\u00e9lancolie) \u00e0 mort. Elle enfile son manteau, fouille son sac pour la \u00e9ni\u00e8me fois, jette un dernier coup d\u2019\u0153il d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 dans la pi\u00e8ce et puis, \u00e0 regret, se d\u00e9cide \u00e0 partir. La journ\u00e9e va \u00eatre dure pour elle\u00a0! La porte se referme et tout-\u00e0-coup je me sens vibrer. H\u00e9, h\u00e9, je suis l\u00e0, reviens\u00a0! Trop tard, elle ne m\u2019entends pas. Mais qui \u00e7a peut bien \u00eatre\u00a0? Une notification de sa nouvelle milli\u00e8me amie\u00a0de son r\u00e9seau pr\u00e9f\u00e9r\u00e9\u00a0? Un sms, un spam\u00a0? Bon, peu importe, je suis \u00e0 2\u00a0%, bient\u00f4t la d\u00e9charge totale. Je sens que je vais passer une journ\u00e9e p\u00e9p\u00e8re pour une fois\u00a0!<\/p>\n\n\n\n<p>B.D.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jeu 3 Parole de victime Celle que vous faites parler est un objet parmi les suivants&nbsp;: une cl\u00e9 de maison perdue une chaussure \u00e9gar\u00e9e une th\u00e9i\u00e8re poussi\u00e9reuse une cl\u00e9 USB cass\u00e9e un t\u00e9l\u00e9phone portable enfoui Une cl\u00e9 de maison perdue Me voil\u00e0 arriv\u00e9e dans une nouvelle main, grande, jeune, chaude, un peu moite, f\u00e9brile&nbsp;: c&rsquo;est &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/2025\/11\/15\/ecrit-en-octobre-2025-parole-aux-victimes\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Ecrit en octobre 2025: parole aux victimes&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[6],"tags":[910,912],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2876"}],"collection":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2876"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2876\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2877,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2876\/revisions\/2877"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2876"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2876"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2876"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}