{"id":654,"date":"2019-09-10T21:20:49","date_gmt":"2019-09-10T19:20:49","guid":{"rendered":"http:\/\/lire-ecrire-terrasson.ovh\/?p=654"},"modified":"2019-09-10T21:26:33","modified_gmt":"2019-09-10T19:26:33","slug":"jeux-de-septembre-2019-texte-corsete-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/2019\/09\/10\/jeux-de-septembre-2019-texte-corsete-1\/","title":{"rendered":"jeux de septembre 2019 : texte corset\u00e9 1"},"content":{"rendered":"<p class=\"western\"><span style=\"font-family: Jokerman, Gabriola, fantasy;\"><span style=\"font-size: x-large;\"><b><span style=\"color: #c9211e;\"><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Jeu n\u00b01\u00a0: <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #c9211e;\"><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">texte corset\u00e9<\/span><\/span><\/span><\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\"><span style=\"color: #111111;\"><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">En s\u00e9ances nous avons d\u00e9termin\u00e9 des contraintes multiples \u00e0 partir de propositions diverses et d\u2019un choix al\u00e9atoire de divers participants. <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\"><span style=\"color: #111111;\"><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>Moment\u00a0: <span style=\"color: #c9211e;\">le soir du r\u00e9veillon<\/span><\/b><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\"><span style=\"color: #111111;\"><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>m\u00e9t\u00e9o\u00a0: <\/b><span style=\"color: #c9211e;\"><b>vent du sud <\/b><\/span>( celui qui rend fou, amoureux, ou po\u00e8te)<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\"><span style=\"color: #111111;\"><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>lieu\u00a0: <span style=\"color: #c9211e;\">la terrasse d\u2019un caf\u00e9<\/span><\/b><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\"><span style=\"color: #111111;\"><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>personnage, \u00e9tat\u00a0: <span style=\"color: #c9211e;\">SDF<\/span><\/b><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\"><span style=\"color: #111111;\"><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>situation \/ \u00e9v\u00e8nement\u00a0: v<span style=\"color: #c9211e;\">a participer au \u00ab\u00a0 jeu\u00a0\u00bbde t\u00e9l\u00e9 r\u00e9alit\u00e9: \u00ab\u00a0mari\u00e9 au premier regard\u00a0\u00bb*<\/span><\/b><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\"><span style=\"color: #111111;\"><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>\u00e9crire une histoire ouverte,<span style=\"color: #c9211e;\"> au pr\u00e9sent et \u00e0 la premi\u00e8re personne<\/span> (cr\u00e9er une ambiance en utilisant tous les \u00e9l\u00e9ments)<\/b><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p>texte1<\/p>\n<p>Une nuit particuli\u00e8re<\/p>\n<p>Des pluies de lumi\u00e8res d\u00e9goulinent des arbres du boulevard et baignent les passants press\u00e9s, les bras charg\u00e9s de cadeaux. Je fredonne, port\u00e9 par une brise l\u00e9g\u00e8re, particuli\u00e8rement douce. On pourrait se croire au printemps\u2026 pourtant c\u2019est bien la nuit de la saint-Sylvestre, la troisi\u00e8me que je passe \u00e0 la rue. Moi, Anton Stobovic, promis \u00e0 un grand avenir, fils d\u2019Andrej et de Milena Stobovic qui croient que leur fils est le roi du monde depuis qu\u2019il a d\u00e9barqu\u00e9 en France il y a cinq ans. Je ne sais pas si j\u2019oserai leur t\u00e9l\u00e9phoner demain pour le nouvel an. Maman a l\u2019oreille trop fine\u2026<!--more--><\/p>\n<p>Je suis fatigu\u00e9. Je me demande comment ne rien faire peut fatiguer autant. Epuis\u00e9, mais mes jambes me d\u00e9mangent. j\u2019ai besoin de marcher. Il fait si doux, la vie s\u2019\u00e9coule bon-enfant, \u00e0 c\u00f4t\u00e9. J\u2019aime les ponctuations de lumi\u00e8res color\u00e9es sur les fa\u00e7ades sombres des immeubles, les \u00e9clats de f\u00eates qui s\u2019\u00e9chappent par les fen\u00eatres. Je suis dans la rue, \u00e0 ma place. Personne ne me remarque, je suis mon chemin. Depuis la Seine, je remonte vers le Nord. Rue Quinquempoix, un immeuble moderne, tr\u00e8s \u00e9troit a pouss\u00e9 dans mon dernier chantier de d\u00e9molition.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait en 2017, le 5 novembre, j\u2019ai donn\u00e9 un coup de masse dans une cloison et tous les gravats me sont tomb\u00e9s dessus. Ma jambe et mon pied sont rest\u00e9s coinc\u00e9s. Les copains, alert\u00e9s par le bruit se sont pr\u00e9cipit\u00e9s, m\u2019ont d\u00e9gag\u00e9. Je pouvais bouger ma jambe mais mon pied avait doubl\u00e9 de volume et \u00e9tait barr\u00e9 d\u2019une profonde entaille. Boris essayait d\u2019\u00e9tancher le sang avec un bandage de fortune quand le chef a d\u00e9boul\u00e9, gueul\u00e9, renvoy\u00e9 tout le monde \u00e0 son poste\u00a0, \u00ab\u00a0Quant \u00e0 toi, tu n\u2019as plus rien \u00e0 faire ici, d\u00e9campe. Tu auras ton solde sur ton compte. Je n\u2019ai pas besoin d\u2019un \u00e9clop\u00e9. Tu n\u2019es plus bon \u00e0 rien\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Comme j\u2019ai pu, j\u2019ai regagn\u00e9 la chambre de bonne que je partage avec Milan, mon compagnon d\u2019exil, qui travaille le jour alors que je bosse la nuit. Lena, son amie est l\u00e0. J\u2019ai compris depuis plusieurs semaines qu\u2019il aurait bien aim\u00e9 garder l\u2019appartement pour eux seuls, mais qu\u2019il n\u2019osait pas m\u2019en parler. Le plus discr\u00e8tement possible, j\u2019ai entass\u00e9 quelques affaires dans mon sac \u00e0 dos rouge marqu\u00e9 \u00ab\u00a0Stobo\u00a0\u00bb au feutre noir et j\u2019ai referm\u00e9 doucement la porte sans les r\u00e9veiller. Je me suis effondr\u00e9 sur le premier banc.Il faisait froid. La douleur m\u2019a emp\u00each\u00e9 de m\u2019endormir, je suis reparti pour que Milan ne me trouve pas quelques heures plus tard en partant au boulot.Apr\u00e8s je ne me souviens pas de tout\u2026 Un visage couronn\u00e9 de cheveux gris pench\u00e9 sur moi, un camion o\u00f9 on m\u2019a donn\u00e9 un bol de soupe chaude et deux tr\u00e9sors, un sac de couchage et un poste de radio, pour que je trouve les places d\u2019h\u00e9bergement. Je n\u2019ai pas tr\u00e8s bien compris sue le moment. Et puis les pompiers, \u00ab\u00a0on ne peut pas vous laisser avec un pied dans un tel \u00e9tat\u00a0\u00bb, l\u2019h\u00f4pital. J\u2019ai attendu accroch\u00e9 \u00e0 mon duvet et \u00e0 ma radio qu\u2019une infirmi\u00e8re a eu du mal \u00e0 me convaincre de ranger dans mon sac avant de me le prendre. Malgr\u00e9 ses mots rassurants, j\u2019\u00e9tais tr\u00e8s inquiet et puis \u00e0 nouveau je ne me souviens plus jusqu\u2019au moment o\u00f9 j\u2019ai retrouv\u00e9 la rue, le pied et la jambe enturbann\u00e9s de blanc, l\u2019adresse d\u2019un dispensaire tenu par des religieuses . \u00ab\u00a0 j\u2019esp\u00e8re que \u00e7a ne vous d\u00e9range\u00a0 pas\u00a0\u00bb avait dit l\u2019infirmi\u00e8re en me tendant mon cher sac avec un sourire encourageant.. Je v\u00e9rifiai le contenu de \u00ab\u00a0Stobo\u00a0\u00bb avant de m\u2019enfoncer en claudiquant dans la ville..<\/p>\n<p>L\u2019engrenage a commenc\u00e9, les abris \u00e0 trouver pour la nuit, le sac \u00e0 d\u00e9fendre, les combines \u00e0 trouver pour manger, se laver, nettoyer les v\u00eatements, trouver du rechange\u2026 le solde qui n\u2019est jamais tomb\u00e9, les petits boulots qui permettent \u00e0 peine de survivre et acheter des piles pour la radio. Je n\u2019ai rien de plus pr\u00e9cieux que cette radio. Je l\u2019\u00e9coute d\u00e8s que je suis seul, c\u2019est \u00e0 dire presque tout le temps. j\u2019\u00e9coute tout ce qui parle, quel que soit le sujet\u2026 J\u2019aime apprendre, surtout le fran\u00e7ais . Je discute avec ma radio, me f\u00e2che et pr\u00e9f\u00e8re parfois l\u2019\u00e9teindre pour ne pas la r\u00e9duire en miettes. Ce soir, je n\u2019ai pas besoin de l\u2019\u00e9couter. La rumeur de la ville et la ti\u00e9deur de l\u2019air me suffisent.<\/p>\n<p>Des notes me parviennent depuis la terrasse d\u2019un caf\u00e9 o\u00f9 des gens parlent et rient fort. Goran Br\u00e9govic&#8230;mon Pays. Je frissonne. Je m\u2019installe \u00e0 l\u2019\u00e9cart et sors mon harmonica. Je l\u2019accompagne en sourdine, dans ma bulle de souvenirs<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00ab\u00a0 Eh, Stobo, tiens \u00e7a\u00a0!<\/p>\n<p>Je me recroqueville, pr\u00eat \u00e0 recevoir des coups mais je m\u2019insurge<\/p>\n<p>&#8211; Comment connais tu mon nom\u00a0? Laisse moi tranquille.<\/p>\n<p>Un rire me r\u00e9pond<\/p>\n<p>&#8211; Fastoche\u00a0! c\u2019est \u00e9crit sur ton sac. Allez bois \u00e7a\u2026 et viens avec nous, tu vas pas rester tout seul un soir de r\u00e9veillon\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>J\u2019ose jeter un \u0153il. Une main me tend un verre de vin blanc. Ils sont trois. Ils rient mais leur rire n\u2019est pas m\u00e9chant. Le vin est bon et me grise aussit\u00f4t. Je les suis.<\/p>\n<p>A la terrasse, ils me font une place au milieu de leur bande. Heureusement, je me suis douch\u00e9 ce matin.Ils sont quatre couples, un peu plus \u00e2g\u00e9s que moi et deux gamines, des ados de 13, 14 ans qui ont beaucoup \u00e0 se raconter. Le vin coule tout seul .Je participe aux conversations avec la grande assurance de mes heures d\u2019\u00e9coute de radio\u2026 je parle trop, je suis intarissable. C\u2019est si rare\u2026 mais \u00e7a devient dangereux, je commence \u00e0 parler de moi. Ils s\u2019exclament, comment je fais pour parler si bien fran\u00e7ais, ils ne m\u2019auraient jamais pris pour un \u00e9tranger, tout juste, un mec du sud&#8230;Je ne vais pas leur raconter l\u2019histoire de la radio. Cet interm\u00e8de m\u2019a permis de me reprendre.<\/p>\n<p>Le temps s\u2019\u00e9coule doucement, comme le vent jusqu\u2019aux premiers feux d\u2019artifices qui marquent le nouvel an. On s\u2019embrasse comme de vieilles connaissances. Alors, mon voisin de droite a la malheureuse initiative d\u2019exiger un v\u0153u de chacun de nous\u2026 Qui \u00e9voque un voyage, un enfant \u00e0 venir, un patron \u00e0 dompter, des choses bien banales mais quand vient mon tour, je n\u2019ai rien \u00e0 dire. Le silence se fait. Les regards sont tourn\u00e9s vers moi. Je dois trouver quelque chose\u00a0. Je bredouille: \u00ab\u00a0Une vie normale, un boulot, un toit, une femme&#8230;\u00a0\u00bb La tension se rel\u00e2che, on passe au suivant. Je suis soulag\u00e9, ce que je pouvais dire n\u2019avait aucune importance\u2026 Mais une heure ou deux plus tard, la plus brune des petites, p\u00e9remptoire, s\u2019impose dans la conversation\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0 Stobo, T\u2019as qu\u2019une solution. Aller \u00e0 \u00ab\u00a0Fianc\u00e9 au premier regard\u00a0.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est quoi encore cette idiotie\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0 c\u2019est une \u00e9mission de t\u00e9l\u00e9. Tu arrives \u00e0 la mairie avec ta famille et tes amis. L\u00e0 il y a une autre famille pour la fille. Vous sous regardez et si \u00e7a marche vous \u00eates mari\u00e9s. Un vrai mariage\u00a0! Au moins Six mois\u00a0; apr\u00e8s si \u00e7a va pas, vous pouvez divorcer\u2026 Il y a des supers mecs et de supers nanas\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et toi sa m\u00e8re, tu la laisses voir des \u00e2neries comme \u00e7a\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Chacun vocif\u00e8re avec passion sur les \u00e9missions de t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9 que je ne connais pas, leur insanit\u00e9, l\u2019ab\u00eatissement des foules. Je reste en dehors. Je me d\u00e9tache. j\u2019ai envie de partir mais aussi d\u2019\u00e9couter les gamines, dans leur coin, qui sont dans le dur .<\/p>\n<p>Et comment on va m\u2019habiller\u00a0: elles puisent dans les v\u00eatements de leurs p\u00e8res respectifs pour ma tenue de mariage. L\u2019accord est vite trouv\u00e9. Pour ma coiffure, la discussion, \u00e2pre, reste en suspens entre une coupe r\u00e9glementaire \u00e0 la mode et celle qui laisserait de la place \u00e0 son indiscipline naturelle. Quant \u00e0 la m\u00e8che blanche qui barrait mon front, il \u00e9tait \u00e9ventuellement question de la masquer.Il fallait en parler \u00e0 Clotilde.<\/p>\n<p>Et comment on va me pr\u00e9senter, pour que je chope une chouette nana. La brune se l\u00e2che dans un portrait \u00ab\u00a0id\u00e9al\u00a0\u00bb mais la blonde la ram\u00e8ne \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. On pourrait me faire passer pour un aventurier dans une passe difficile\u2026 rester pr\u00e8s de la v\u00e9rit\u00e9. Clotilde trouverait quelque chose.<\/p>\n<p>L\u00e0, il faut vraiment que je parte. Je remercie pour la belle nuit et salue la compagnie. Le cercle se referme aussit\u00f4t mais la brune me rattrape<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0 Ton num\u00e9ro de portable\u00a0?<\/p>\n<p>&#8211; c\u2019est la premi\u00e8re chose qu\u2019on m\u2019a piqu\u00e9e dans la rue<\/p>\n<p>&#8211; T\u2019en fais pas, on te retrouvera quand on sera au point\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Je ne r\u00e9ponds pas. Je suis tranquille. Je vais me dissoudre dans la ville. Dans quelques minutes elles auront oubli\u00e9 mon visage et moi aussi. Je marche rapidement vers un de mes repaires. Il fait encore ti\u00e8de, je peux rester dehors. Toutefois, les mots des filles continuent \u00e0 me trotter dans la t\u00eate, je les prolonge malgr\u00e9 moi. Il est vraiment temps que je dorme.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">dodor<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jeu n\u00b01\u00a0: texte corset\u00e9 En s\u00e9ances nous avons d\u00e9termin\u00e9 des contraintes multiples \u00e0 partir de propositions diverses et d\u2019un choix al\u00e9atoire de divers participants. 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