{"id":66,"date":"2018-12-25T23:50:05","date_gmt":"2018-12-25T22:50:05","guid":{"rendered":"http:\/\/vps237263.ovh.net\/wpblog\/?p=66"},"modified":"2018-12-26T18:55:45","modified_gmt":"2018-12-26T17:55:45","slug":"residence-au-long-cours-et-la-grande-maison","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/2018\/12\/25\/residence-au-long-cours-et-la-grande-maison\/","title":{"rendered":"R\u00c9SIDENCE AU LONG COURS ET LA GRANDE MAISON"},"content":{"rendered":"<p align=\"center\"><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b><img loading=\"lazy\" class=\" wp-image-70 alignright\" src=\"http:\/\/vps237263.ovh.net\/wpblog\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/fa\u00e7ades-exterieur-immeuble-195x300.jpg\" alt=\"\" width=\"283\" height=\"435\" srcset=\"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/fa\u00e7ades-exterieur-immeuble-195x300.jpg 195w, https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/fa\u00e7ades-exterieur-immeuble-768x1184.jpg 768w, https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/fa\u00e7ades-exterieur-immeuble-664x1024.jpg 664w, https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/fa\u00e7ades-exterieur-immeuble.jpg 827w\" sizes=\"(max-width: 283px) 100vw, 283px\" \/>La R\u00e9sidence <i>AU LONG COURS<\/i><\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"center\"><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><i><b>Son histoire<\/b><\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> La R\u00e9sidence \u00ab\u00a0AU LONG COURS\u00a0\u00bb, c\u2019est toute une histoire, indissociable de celle de l\u2019imposante maison voisine, la \u00ab\u00a0MAISON DE LA TOUR\u00a0\u00bb, occup\u00e9e par cette grande famille depuis 1875.<\/span><\/span><!--more--><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> Comment trois g\u00e9n\u00e9rations auparavant Gontrand De La Tour est tomb\u00e9 amoureux de cette b\u00e2tisse m\u00e9rite qu\u2019on s\u2019y arr\u00eate. Depuis son enfance, il \u00e9tait fascin\u00e9 par un tableau du port de Bordeaux, accroch\u00e9 juste en face de la place qui lui \u00e9tait assign\u00e9e et qui \u00e9tait sign\u00e9 <i>Gabriel Bouquier. <\/i>Plus tard, il s\u2019int\u00e9ressa au peintre. Offusqu\u00e9 par sa p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire anti-royaliste, il se r\u00e9concilia avec lui gr\u00e2ce \u00e0 ses \u00e9crits et aux tableaux inspir\u00e9s du christianisme de la fin de sa vie. Il en vint \u00e0 visiter sa ville natale, Terrasson et, en musardant dans la ville, il tomba en arr\u00eat devant une grande b\u00e2tisse de pierre blonde coiff\u00e9e d\u2019un toit d\u2019ardoise au milieu d\u2019un grand parc arbor\u00e9 et remua ciel et terre pour l\u2019acqu\u00e9rir en 1875, il avait trente huit ans . Avec l\u2019arriv\u00e9e du chemin de fer, puis des automobiles la famille se rendit de plus en plus souvent \u00e0 Terrasson et la passion du lieu se transmit de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration au m\u00eame titre qu\u2019Arcachon leur troisi\u00e8me ancrage. Gontrand De La Tour et sa femme Rosalie s\u2019y repli\u00e8rent avec leurs deux enfants Guibert et Eug\u00e8ne en 1940 et y rest\u00e8rent durant toute la guerre.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> Leurs enfants \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb mari\u00e9s continu\u00e8rent \u00e0 s\u2019y retrouver avec joie et leurs filles s\u2019entendaient \u00e0 merveille. En 1960, ils durent se partager le confortable h\u00e9ritage qui permettait encore \u00e0 la famille de tenir son rang en vivant de ses rentes\u00a0: Guibert l\u2019a\u00een\u00e9 eut l\u2019h\u00f4tel particulier de Bordeaux et Eug\u00e8ne Terrasson. <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> L\u2019entente familiale n\u2019y surv\u00e9cut pas, Marie Eug\u00e9nie, l\u2019\u00e9pouse et bient\u00f4t veuve d\u2019Eug\u00e8ne consid\u00e9rant la rel\u00e9gation \u00e0 Terrasson comme une humiliation . Pour garder la face , elle cr\u00e9a le mythe du lien imm\u00e9morial avec la commune. En r\u00e9alit\u00e9 elle vivait confin\u00e9e dans la Grande maison avec sa fille dont le mariage avait \u00e9t\u00e9 rompu \u00e0 la veille de sa c\u00e9l\u00e9bration .<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> A la m\u00eame \u00e9poque, la famille de Guibert semblait vivre en parfaite harmonie. En 1969,la fille Marie Charlotte, brillante \u00e9l\u00e8ve \u00e0 la prestigieuse \u00e9cole priv\u00e9e Tivoli allait passer le bac. La m\u00e8re fondait de grandes esp\u00e9rances sur son entr\u00e9e dans le \u00ab\u00a0Monde\u00a0\u00bb et la r\u00e9alisation prochaine d\u2019un beau mariage. Le p\u00e8re, pour sa part avait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s perturb\u00e9 par \u00ab\u00a0mai 68\u00a0\u00bb qui pour lui signait la perte des traditions aristocratiques. Il convoqua sa fille dans son bureau avec une solennit\u00e9 inhabituelle qui fit craindre le pire (un mariage arrang\u00e9) \u00e0 Marie Charlotte\u00a0:<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab\u00a0 Ma fille, les temps ne seront plus ce qu\u2019ils \u00e9taient pour nous. Tu ne passeras pas ton temps entre th\u00e9s, salons , soins du foyer et gestion d\u2019un portefeuille. Tu dois avoir un m\u00e9tier respectable et pour cela poursuivre des \u00e9tudes s\u00e9rieuses. Tu en es capable. Je te laisse r\u00e9fl\u00e9chir.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Architecte\u2026 parvint elle \u00e0 articuler d\u2019une voix blanche, tellement elle \u00e9tait surprise de la proposition de son p\u00e8re<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; je n\u2019en attendais pas moins de toi. Voici un beau d\u00e9fi. Nous allons faire les d\u00e9marches. Il est pour l\u2019instant inutile d\u2019en parler \u00e0 ta m\u00e8re\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> Ainsi fut fait et les relations avec la m\u00e8re ne tard\u00e8rent pas \u00e0 se d\u00e9grader au fur et \u00e0 mesure que Marie Charlotte se passionnait pour ses \u00e9tudes et d\u00e9daignait les bals et autres sorties mondaines qu\u2019elle lui proposait. Encore se serait-elle int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 la d\u00e9coration d\u2019int\u00e9rieur\u2026 mais elle voulait \u00ab\u00a0bien loger les gens\u00a0\u00bb. <\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> Cinq ans apr\u00e8s son entr\u00e9e, Marie Charlotte sortait major de sa promotion et depuis sa majorit\u00e9, elle avait obtenu de son p\u00e8re un logement ind\u00e9pendant dans le vieux Bordeaux. En septembre 1974 elle trouva un emploi dans le cabinet d\u2019un jeune architecte talentueux de 34 ans , d\u2019origine andalouse, Rodrigo Rosas. Il \u00e9tait aussi son amant depuis le premier stage effectu\u00e9 en premi\u00e8re ann\u00e9e, mais cela personne ne le savait. Tr\u00e8s fier de sa fille, Guibert lui donna acc\u00e8s \u00e0 un compte tr\u00e8s confortable qu\u2019il avait ouvert pour elle pendant qu\u2019elle faisait ses \u00e9tudes afin qu\u2019elle puisse, le moment venu, voler de ses propres ailes.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> A quelque temps de l\u00e0, plong\u00e9e dans le miroitement parfait du bassin d\u2019Arcachon \u00e0 la pointe de l\u2019Aiguillon, elle se souvint de Terrasson, des courses dans le parc avec sa cousine , de son rire mutin, de la ferveur qu\u2019elle vouait \u00e0 cette a\u00een\u00e9e de 4 ans. Quinze ans avaient pass\u00e9 depuis le partage fatidique. Peut-\u00eatre suffisait-il de faire le premier pas. Le lendemain elle prenait le train pour le fin fond de la Dordogne. Elle reconnut la gare, le centre , l\u2019\u00e9glise au clocher mur dentel\u00e9 un peu trop grise qui dominait fi\u00e8rement du haut de la colline. Tout \u00e9tait naturellement plus petit mais chaque image, chaque odeur ramenait des effluves anciennes. Pour ne pas arriver trop t\u00f4t chez sa tante qu\u2019elle n\u2019avait pas pr\u00e9venue, elle prit un sandwich dans un caf\u00e9 et s\u2019attarda \u00e0 observer les mouvements de la rue\u00a0. Terrasson \u00e9tait alors une ville ouvri\u00e8re et commer\u00e7ante qui fourmillait de monde. Elle eut un peu de mal \u00e0 retrouver la \u00ab\u00a0grande maison\u00a0\u00bb car le quartier entre le pont neuf et la gare s\u2019\u00e9tait \u00e9toff\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> L\u2019accueil ne fut pas \u00e0 la hauteur des esp\u00e9rances. A peine sa tante Marie Eug\u00e9nie, la fit-elle asseoir dans un salon perdu dans la p\u00e9nombre. Sa cousine se tenait en retrait, insondable et muette. La conversation languit un moment avant que l\u2019annonce de l\u2019exercice d\u2019un m\u00e9tier et du c\u00e9libat prolong\u00e9 de Marie Charlotte ne d\u00e9cha\u00eene une bouff\u00e9e de r\u00e9volte de Marie Eug\u00e9nie suivi d\u2019une le\u00e7on de morale en bonne et due forme. Marie Charlotte se leva et fut raccompagn\u00e9e \u00e0 la grille. En chemin, la tante se lamenta sur les charges attenantes \u00e0 l\u2019entretien du parc et glissa qu\u2019elle s\u2019appr\u00eatait \u00e0 en c\u00e9der la plus grande part \u00e0 un agent immobilier, m\u00eame s\u2019il lui en offrait une mis\u00e8re. Ce fut l\u2019\u00e9tincelle. La jeune fille lan\u00e7a<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; \u00ab\u00a0Si je vous en offre le double, ma tante, cash, vous me le vendez\u00a0?<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">&#8211; Je ne suis pas dispos\u00e9e \u00e0 me laisser plumer par la fille de Guibert. Je n\u2019attends pas l\u2019aum\u00f4ne.\u00a0\u00bb<br \/>\nMarie Charlotte partit, sans oublier de laisser sa carte.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> Une semaine plus tard, seulement, un notaire de Terrasson appelait Marie Charlotte\u00a0: il la convoquait le mardi suivant \u00e0 16 heures , chez Madame De La Tour pour n\u00e9gocier les termes du contrat.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> Une tasse de th\u00e9 conventionnelle et des petits g\u00e2teaux accompagn\u00e8rent cette fois la rencontre. La discussion fut serr\u00e9e. On traita de la cession du terrain, de la totale libert\u00e9 laiss\u00e9e \u00e0 Marie Charlotte pour y b\u00e2tir un immeuble d\u2019habitation. Pour amadouer sa tante Marie Charlotte proposa 5\u00a0% sur la vente de chaque appartement \u00e0 sa tante. Celle-ci en exigea 10, on trancha \u00e0 7 \u00e0 condition que la jeune architecte r\u00e9alise quelques plans d\u2019am\u00e9nagement pour la maison\u00a0: r\u00e9alisation d\u2019un studio dans les combles et r\u00e9am\u00e9nagement du rez de chauss\u00e9e pour y loger un gardien qui veillerait \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 des deux femmes isol\u00e9es.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> \u00c0 5 heures, Marie Charlotte \u00e9tait dans la rue, tendue \u00e0 l\u2019extr\u00eame, \u00e9cartel\u00e9e entre la joie de r\u00e9aliser le projet qu\u2019elle \u00e9chafaudait depuis les premi\u00e8res retrouvailles et exasp\u00e9ration contre le comportement et les exigences de sa tante. Elle en cassa un talon de chaussure et dut se r\u00e9fugier dans l\u2019antre \u00e9troite d\u2019un cordonnier que l\u2019on devinait \u00e0 peine derri\u00e8re son \u00e9tabli, dans ses v\u00eatements noirs et sa pilosit\u00e9 sombre. Le bruit r\u00e9gulier des outils ne suffisait pas \u00e0 rompre le silence. Le cordonnier murmura\u00a0: \u00ab\u00a0Le ciel est par dessus le toit, si bleu, si calme&#8230;\u00a0\u00bb Elle leva les yeux sur le regard gris et bienveillant qui l\u2019observait. Elle l\u00e2cha tout, son r\u00eave de loger les gens dans le plus bel immeuble qui soit, les probl\u00e8mes avec sa tante, sa m\u00e8re, dans un flot intarissable. Le cordonnier l\u2019\u00e9coutait, trouvait les mots pour qu\u2019elle reprenne pied et lui rendit son soulier r\u00e9par\u00e9. A chacun de ses nombreux d\u00e9placements post\u00e9rieurs \u00e0 Terrasson, Marie Charlotte rendait visite au cordonnier philosophe qu\u2019elle appela bient\u00f4t Victor. Elle lui promit un vrai atelier dans sa r\u00e9sidence qu\u2019il accueillit d\u2019un l\u00e9ger haussement d\u2019\u00e9paule.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> Marie Charlotte ne se sentait pas de contrainte d\u2019avenir , \u00eatre en cabinet avec Rodrigo lui convenait parfaitement. L\u2019argent de son p\u00e8re allait lui permettre de r\u00e9aliser son \u00ab\u00a0chef d\u2019\u0153uvre\u00a0\u00bb, sans aucune contrainte de commande. Mettre en \u0153uvre, \u00e0 sa mani\u00e8re, les pr\u00e9ceptes qu\u2019elle avait retenus de Fernand Pouillon\u00a0: mettre \u00e0 la disposition de tous tous le meilleur et le plus beau. Pour elle il s\u2019agissait d\u2019offrir de la place, de la lumi\u00e8re, du confort , de la beaut\u00e9, tant dans le choix des mat\u00e9riaux, des \u00e9quipements que dans l\u2019environnement et pourquoi pas, un peu de fantaisie\u2026<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> Elle monta son dossier avec la plus grande m\u00e9ticulosit\u00e9, optant pour un ensemble de trois \u00e9tages seulement , largement \u00e9tal\u00e9 qui \u00e9tait le plus conforme \u00e0 la nature des sols et \u00e0 l\u2019environnement. Elle le d\u00e9fendit avec une telle passion aupr\u00e8s des autorit\u00e9s locales, de l\u2019\u00c9quipement qu\u2019elle franchit toutes les barri\u00e8re et obtint le permis de construire d\u2019autant plus rapidement que la demande locale \u00e9tait forte. Elle s\u2019obstina \u00e0 trouver des entreprises de b\u00e2timent locales. Au d\u00e9but son statut de \u00ab\u00a0femme architecte\u00a0\u00bb laissa entrevoir \u00e0 certains un espace propre \u00e0 r\u00e9aliser quelques affaires. Ils d\u00e9chant\u00e8rent vite. La rigueur avec laquelle la jeune femme suivait le chantier for\u00e7a leur respect . Tous ceux qui rest\u00e8rent jou\u00e8rent le jeu pour r\u00e9aliser au mieux le projet et trouv\u00e8rent des solutions aux propositions parfois improbables de leur enthousiaste chef de chantier qui manquait n\u00e9anmoins d\u2019exp\u00e9rience. Le chantier s\u2019acheva avec seulement quinze jours de retard.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> Au final, avec ses hublots de salles de bains qui ponctuaient la fa\u00e7ade donnant sur la rue, l\u2019immeuble de quinze appartements avait l\u2019allure d\u2019un bateau de croisi\u00e8re dans une mer de verdure\u00a0: on le baptisa \u00ab <i>r\u00e9sidence \u00a0Au long cours<\/i>\u00a0\u00bb. L\u2019ocre des fa\u00e7ades avait la chaleur de la pierre locale. Le verre fum\u00e9 bleut\u00e9 des balcons et le gris des huisseries r\u00e9pondaient aux toits d\u2019ardoise mais pouvaient aussi \u00e9voquer la mer.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> La fa\u00e7ade principale \u00e9tait orient\u00e9e \u00e0 l\u2019ouest afin que tous les appartements re\u00e7oivent le soleil \u00e0 un moment de la journ\u00e9e.L\u2019entr\u00e9e \u00e9tait prot\u00e9g\u00e9e par un digicode. On acc\u00e9dait aux appartements par un vaste hall unique et de larges escaliers \u00e9clair\u00e9s par des fen\u00eatres de formes g\u00e9om\u00e9triques diff\u00e9rentes\u00a0: ainsi tous les habitants de l\u2019immeuble \u00e9taient amen\u00e9s \u00e0 se croiser. C\u2019est pour contribuer \u00e0 ce lien que Marie Charlotte avait pr\u00e9vu un gardien, dont la loge et l\u2019appartement aussi soign\u00e9 que tous les autres, \u00e9taient situ\u00e9s \u00e0 gauche en entrant.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> La fa\u00e7ade de l\u2019immeuble n\u2019\u00e9tait \u00e9cart\u00e9e de la rue passante que d\u2019une dizaine de m\u00e8tres de pelouse o\u00f9 tr\u00f4naient encore un vieux pommier, un cerisier et un tilleul sous les quels des bancs avaient \u00e9t\u00e9 dispos\u00e9s en triangle. L\u2019essentiel du parc, et en particulier son verger s\u2019\u00e9tendait c\u00f4t\u00e9 est et Marie Charlotte avait d\u00e9cid\u00e9 que les habitants de l\u2019immeuble se partageraient les fruits sous l\u2019\u0153il scrupuleux de la gardienne ou du gardien<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> Durant la construction , les relations avec la tante s\u2019\u00e9taient encore d\u00e9grad\u00e9es. Passons sur les r\u00e9flexions acides sur le tenue de chantier que rev\u00eatait souvent Marie Charlotte. Lorsque Marie Eug\u00e9nie exigea de sa ni\u00e8ce qu\u2019elle m\u00eet \u00e0 sa disposition ses \u00e9quipes pour les am\u00e9nagements de sa maison et en f\u00eet porter la charge au budget de l\u2019immeuble, Marie Charlotte opposa un refus cinglant. Par mesure de repr\u00e9sailles, elle installa les places de stationnement, c\u00f4t\u00e9 sud, le long de la propri\u00e9t\u00e9 de sa tante , mais fit planter une haie de charme pour limiter les d\u00e9g\u00e2ts.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> Fin 1979, les appartement s \u00e9taient ouverts \u00e0 la vente \u00e0 destination d\u2019habitation principale . Marie Charlotte loua directement ceux qui n\u2019avaient pas trouv\u00e9 preneurs dans les six premiers mois en choisissant de moduler les loyers en fonction des revenus des candidats, son but \u00e9tant une grande diversit\u00e9 sociale. Le premier \u00e0 s\u2019installer fut Victor qui ne pouvait r\u00e9sister \u00e0 la pression amicale de Marie Charlotte, mais il lui fallut bien peu de temps pour reconstituer son antre<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Georgia, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Quarante ans plus tard le mod\u00e8le fonctionnait toujours. La jeune architecte avait men\u00e9 ne brillante carri\u00e8re, remport\u00e9 plusieurs concours internationaux, et ses projets \u00e9taient maintenant beaucoup plus aboutis, mais elle gardait une tendresse particuli\u00e8re pour cet \u00ab\u00a0Au long cours\u00a0\u00bb o\u00f9 elle avait investi tout son c\u0153ur et toutes ses convictions<\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La R\u00e9sidence AU LONG COURS Son histoire La R\u00e9sidence \u00ab\u00a0AU LONG COURS\u00a0\u00bb, c\u2019est toute une histoire, indissociable de celle de l\u2019imposante maison voisine, la \u00ab\u00a0MAISON DE LA TOUR\u00a0\u00bb, occup\u00e9e par cette grande famille depuis 1875.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[5],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66"}],"collection":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=66"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":78,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66\/revisions\/78"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=66"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=66"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecrire-terrasson.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=66"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}