Jeu par temps de confinement – 28 – photos souvenirs

19 04 2020

Jeu par temps de confinement – 28 – Photos souvenirs

Je vais vous proposer des photos banales, parfois un peu floues, avec des gens que vous ne connaissez pas. Il vous sera plus facile ainsi d’en choisir une ou plusieurs (vous noterez les numéros) pour inventer des souvenirs d’un des personnages sur la ou les photos


Photo numéro 1/

Oh, cette photo ! C’est toi et moi, Annabelle, dans le verger du Pouyol chez tante Marguerite ! Tu étais venue la voir un dimanche de Mai, et toi la grande, tu avais dû voir que j’étais un peu triste de rester seule avec elle toute la semaine pendant que mes parents étaient en Italie. Tu m’avais dit : « Tu sais jouer à chat perché? » Et avant que je te réponde, tu avais déjà grimpé dans les branches du vieux pommier. J’étais sidérée, pour moi ce n’était pas ça chat perché…Bouche bée devant ta souplesse, je n’avais rien dit. Tu étais  la liberté même qui rayonnait de tes 20 ans et je me promettais de grandir comme toi… « Allez viens !, on va se raconter des histoires dans l’arbre… ». Je n’étais pas bien sûre de pouvoir y monter, m’y suis souvent reprise, un peu égratignée contre l’écorce dure, mais tu m’as vite aidée et me voilà sur l’autre branche, heureuse d’y être arrivée. Tu te souviens, je crois qu’on y a passé toute la matinée, et tante Marguerite avait grondé qu’on ne soit pas venues l’aider, et qu’elle ait appelé en vain pour mettre la table jusqu’à ce qu’elle nous ait trouvées … Je sais encore la plus jolie histoire que tu m’avais racontée, celle du petit Poucet arrangée à ta guise, que j’ai transmise à ma petite Louise telle que tu l’avais imaginée, avec ce petit Poucet voyageur qui passait les frontières… Je crois que c’est oncle Henri qui était allé chercher son appareil photo pour nous prendre, quand Marguerite criait qu’on était folles, et comment on allait descendre ??

SD


photo n°7

J’ai toujours aimé la nature et la solitude. C’est pourquoi, dans mon adolescence, je partais souvent à l’aventure. Durant cette période pas toujours facile à vivre en compagnie de ma famille très aimante bien qu’étouffante, un jour je suis partie dans la forêt qui entourait notre maison. Munie d’une bâche et d’outils récupérés dans l’atelier de Papa, je me suis rendue dans un endroit que j’avais repéré. Presque en haut d’une colline et sous de nombreux chênes, j’ai visualisé la tente que je pourrais construire, à la fois à l’abri du vent et surtout des regards. J’ai ramassé des bouts de bois plus ou moins épais, et j’ai construit ma petite tente à l’aide d’un marteau et de clous (j’en avais pris plus que prévu, d’ailleurs je me rappelle que mon père s’était longuement questionné sur leur disparition, sans penser nullement à moi !). Ma tente était bien modeste, mais elle faisait l’affaire : elle m’abritait de la pluie et en hiver une douce tiédeur y régnait. Ma mère me demandait souvent où je disparaissais, de longues heures dans l’après-midi. Avec mon père ils n’étaient pas inquiets, ils connaissaient mon amour pour la nature. J’ai fait de nombreuses siestes dans mon petit abri, j’y ai lu beaucoup de livres, et ai longuement réfléchi, au milieu des bruits de la forêt. Mais un jour, mon secret a été découvert par mon père, qui se promenait par là. Il a vite appelé ma mère pour qu’elle apporte l’appareil photo, d’habitude utilisé pour les jours de fête. Ils ont ainsi immortalisé le moment, en me promettant qu’ils me laisseraient ensuite tranquille dans ma cachette. Ils ont tenu parole. Et grâce à eux, la simple vue de cette photo me permet de m’évader à nouveau, et de repenser à cette douce période faite de liberté, d’insouciance et de petits bonheurs simples

LD

Photos 1 3 7

Jamais je n’ai vu les yeux de ma mère pétiller autant que lorsqu’elle me racontait sa fugue avec sa meilleure amie . Elle avait 18 ans et ses parents la croyaient chez les Sœurs Marie Marguerite du Calvaire . Déjà obtenir de partir deux jours et de passer une nuit dans un dortoir de filles même ( surtout ?) chez les Sœurs n’avait pas été simple.

Avec la complicité de son frère, elle avait organisé ce week-end mémorable. Il avait prêté sa tente , tout le matériel de camping et même son appareil de photos , là elle avait dû beaucoup négocier !! Mon oncle est toujours resté généreux mais un peu maniaque .

Deux jours ! Deux jours de liberté totale ! En vélos , en shorts, dans les arbres, sans plus aucune contrainte  ! Non, elle ne se souvenait pas d’avoir vécu de moments plus intenses que ce premier week-end de liberté entre filles.

ML

Photo 1

germaines

arbre

généalogique

pour le coup je suis au ras du sol

la petite dernière

elles prennent la pose

et je prends la photo

deux branches de la famille

deux cousines

issues de germains

comme on ne dit plus

doublement germaines

allègres

respirant la vie

en cet été trente neuf

avant que l’arbre ne soit foudroyé

frappé par la hache

de l’Histoire

MS

Photo4

C’était un quatorze août, 1946 ou 1947, je ne sais plus exactement. Martha, sa sœur Louise et moi étions parties sur la route de Canenx rejoindre Pablo qui travaillait dans les bois. C’était l’amour fou de Martha, pas bien vu des parents qui n’appréciaient pas qu’un étranger entre dans leur maison. Ils s’y feraient, affirmait Martha : elle était aussi farouche et volontaire que sa sœur était douce et soumise (en apparence). C’était une journée torride. Le silence de la forêt était percé par les stridulations des cigales et l’éclatement des pignes. Nous étions bien. Nous nous étions assis au bord de la route pour bavarder, mais aussi pour attendre le passage de Martial qui était parti chercher une automobile à Bordeaux. La première du village ! Ça valait bien quelques heures de patience sous le soleil au bord de la route déserte. Nous espérions bien qu’en nous croisant il nous proposerait de nous ramener jusqu’au bourg. Il s’est contenté d’un petit signe , sans même prendre la peine de ralentir. Désormais, nous n’étions plus du même monde.

Ddor

Photo 5 

Oh ! Cette réunion de famille. Je m’en souviens comme si c’était hier.

C’était un dimanche de juin. Tout le monde avait accepté notre invitation avec plaisir. Le repas avait duré longtemps et avait été bien arrosé. L’oncle Antonin avait apporté du vin qu’il produit lui-même sur les coteaux de Beaulieu.

Toute la famille ne s’était pas retrouvée depuis longtemps. Certains avaient été brouillés durant des années pour des raisons d’héritage. Ce furent de belles retrouvailles. Même la grand-tante, que j’ai toujours connue vêtue de noir, est venue avec sa fille.

Nous sommes devant le moulin, qui est ma maison natale. Aujourd’hui, c’est devenu un restaurant. Tout a changé ; la roue et le canal ont disparu. Je ne reconnais plus rien. 

La photo a été prise en fin d’après-midi. Je suis assise à côté de ma cousine Angèle. Derrière nous, Jean et Adeline.  

A côté, René, si fier sur son vélo qu’il a acheté depuis peu. Ce vélo, il s’en servira longtemps : tout d’abord, pour aller travailler au garage où il est employé et puis ensuite pour aller voir Denise, qu’il a rencontrée lors d’un mariage et avec qui il se mariera ensuite. Elle habitait à 30 km ; il fallait passer près des Tours de Merle et continuer longtemps ensuite après avoir quitté la Maronne. Il me l’a souvent raconté. René, c’est mon petit frère et j’ai une grande affection pour lui.

Je me suis beaucoup occupé de lui car notre mère est morte à sa naissance et nous sommes toujours restés très proches. J’avais oublié l’existence de cette photo que je viens de retrouver en rangeant un tiroir. Quelle plongée dans le passé!

 

Ddou

 photo 2

Je devine sur vos visages , vous imaginant lire ces quelques lignes , LA SURPRISE ;

Il y a si longtemps…..

Le temps passe si vite …..

Jean et moi déménageons …. Aussi , les cartons , le tri habituel et indispensable m’ont fait retrouver , glissée , lovée entre les pages d’un livre , cette photo de jeunesse : bande joyeuse et insouciante , multipliant les escapades …. bravant les interdits avec une insolence juvénile .

Chacun y retrouvera ses souvenirs , ses joies , ses regrets ……

 » Ce vestige  » témoigne juste d’une trace  qui reste gravée dans un petit coin de ma tête  et que je n’ai jamais oubliée et qui réapparaît par moments .

Cette photo ne fait qu’actualiser cette période mais les marques  , de ce temps révolu , ancrées dans mon esprit sont elles indélébiles .

 Il n’est pas forcément nécessaire de chercher à se recontacter mais les temps partagés avec vous , jamais je ne les ai oubliés , jamais je ne les oublierai .

 Les souvenirs chantent et m’enchantent et je les chéris mais sans nostalgie .

 Joséphine , l’ingénue .

 H God .

Et voilà,je l’attendais ce jour là ou enfin toute la famille allait être réunie.Ça devient rare maintenant,ils sont tous éparpillés et ils ont tous leurs occupations.Mes belles-filles travaillent,mes fils ne rentrent pas à la maison tous les soirs,l’un est chauffeur et l’autre travaille sur les bateaux.Alors ,elles se débrouillent seules pendant la semaine.Il faut s’occuper des gosses,surtout le grand qui donne du fil à retordre.Les petites,qu’est-ce qu’elles sont mignonnes,et elles réussissent bien à l’école,elles veulent devenir institutrices,de nos jours c’est respectable et elles seront indépendantes.
Je viens d’avoir 75 ans.La vie passe vite ,des joies,des galères…Le premier est né avant la guerre,le second à la démobilisation.Il a fallu se débrouiller avec les tickets de rationnement,heureusement que mon Albert était rude à la tâche,le pauvre,il n’a pas pu profiter de grand chose,il est parti avec le « mal » quand est-ce qu’on va trouver le remède pour cette saleté?
Maintenant,je suis seule,j’ai pu garder la maison,Albert l’avait si bien arrangée!J’espère y rester le plus longtemps possible ,ça ne me dit rien de terminer à st Joseph,la maison de retraite la plus proche.J’ai encore de bonnes jambes,je fais le tour du village tous les jours avec Marguerite,je vais au marché le samedi,le docteur me rend visite une fois par mois,celui-là,il ne m’oublie pas,les cachets pour la tension,les bas de contention,etc.
Pourtant,je dois dire que c’est dur d’être seule!On a le temps de faire tourner mille choses dans la tête et pas seulement que des bons souvenirs:quand mon père ne m’a pas parlé pendant des mois parce qu’il ne trouvait pas Albert assez bien pour notre famille,quand mon premier est tombé du haut de la grange et qu’il a fait des semaines d’hôpital.Et le pauvre Albert ,quand son patron l’a licencié parce qu’il réclamait le paiement des heures supplémentaires.
N’y pensons plus,ils sont tous là,pourvu que tout se passe bien pour eux,qu’ils n’aient pas trop de tracas,c’est la seule chose que je demande.

BH

Ah ! Oui ! Ça c’est l’album souvenir du Tour 2020 l’année du Grand Confinement. Là c’est moi et Kevin au départ de la 6 éme étape : Ognoas- La Bastide d’Armagnac. On était les seuls rescapés du peloton et l’organisation nous avait imposé 3 infirmières accompagnatrices en cas d’urgence coronavirale sur le parcours ; on était contents malgré tout : on était sûrs qu’on serait sur le podium à l’arrivée. Et le public était bien présent, n’hésitant pas à patienter des heures durant assis au bord des routes ces bons soirs de septembre où les gouttes de sueur à nos fronts perlaient comme un vin de vigueur sur les interminables lignes droites des Landes, certaines de nos groupies parmi les plus fanatiques se perchaient sur les arbres pour mieux voir(et mieux se faire voir), d’autres manifestaient leur enthousiasme par des bonds extraordinaires à notre passage, pour beaucoup leur auberge était à la Grande Ourse campant depuis des jours sous les pins pour ne pas manquer l’événement… Dans les villes la foule se massait sur les trottoirs toutes générations confondues ( sans respecter la distanciation sociale ) et exigeait que l’on posât avec eux pour la photo souvenir. La magie du Tour opérait donc comme d’habitude . Évidemment -décroissance oblige- on avait complètement revu l’organisation de la caravane : fini la débauche consumériste on se contentait d’humbles tracteurs paysans tractant sur de modestes remorques d’humbles chaumières en paille du pays dans lesquelles nous étions logés et prenions notre repos après la course.

Voilà c’était le Tour d’Après un très bon souvenir en plus j’ai fini deuxième sur les Champs Élysées !

FV

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