Feuilleton 25 26 carnet de voyage , étape 7

Etape7 – abus de zeugmes et d’oxymores

Habitée par une obscure lucidité je m’ apprêtais à suivre sans réserve et sans guère de bagages Steven. Je lançais ma jambe quand la moto décolla et disparut, alors qu’au même instant j’étais cernée par trois pick-up menaçants. Des individus à l’anonymat protégé par des bas enfilés sur leur visage et la lâcheté s’emparèrent de moi en me jetèrent comme un ballot sous des torrents d’insultes et une bâche, à l’arrière de l’un des véhicules. Il démarra sur le moment et des chapeaux de roues.

Soulevant légèrement la bâche, j’ai reconnu le logo de ICE sur le dos de mon ravisseur à travers la vitre arrière. Je n’avais rien à faire avec cette police de l’émigration à la sombre réputation. J’étais en règle…. sauf que je n’avais plus de papiers ni de certitudes. Le cauchemar authentique succédait à au réel illusoire de mon trip délicieux.

On m’avait emmenée dans une pièce d’une neutralité glacée. Le sac à dos qu’on m’avait arraché répandait sur le bureau vide mes carnets et le reste de mon intimité.J’étais réduite à une intense vacuité. Je me ressaisis. Je devais les regarder en face et avec une confiance apparente car la situation empirait avec l’interrogatoire.

J’étais à nouveau cernée par par trois individus à l’haleine et aux paroles nauséabondes. L’un d’eux me tenait fermement les poignets dans le dos et me déstabilisait en repoussant les barreaux de la chaise sur laquelle j’étais assise de force et de guingois . Je devais résister à la violence des mots et des postillons.

Chacune de mes réponses exacerbait la noirceur de leur haine et de mes poignets sur lesquels la pression des doigts augmentait.

Premier écueil, j’étais une femme qui voyageait seule , sans adresse et sans vergogne.

Deuxième écueil, j’étais Française donc forcement une roulure… et sans papier pour prouver ma nationalité… mais Française … et j’ai senti l’ aggravation protectrice de mon statut.

Continuer la lecture de « Feuilleton 25 26 carnet de voyage , étape 7 »

feuilleton 25- 26 carnet de voyage étape 6

Feuilleton/Etape 6- en chanson-

Même si Mrs Dalloway était vraiment charmante et le Dr Jivago tellement séduisant, je vais maintenant beaucoup mieux et je suis donc contente de sortir de l’hôpital. Me voici de retour sur La Route, devant mon lieu de départ favori le Drugstore et que vois-je ? MON BIKER. Je suis sûrement encore victime d’une hallucination.

Cette drogue est vraiment puissante et agit longtemps me dis-je. Je le vois s’avancer vers moi et me tendre une enveloppe. C’est sûr, elle va disparaître si j’essaie de la prendre mais non, mes doigts rencontrent bien du papier et tout ne se volatilise pas.

Ce n’est pas comme tout à l’heure où j’ai bien cru reconnaître Maduro, assis sous les deux pins parasols. Un détail m’avait tout de même intriguée : il était devenu blond et a tout d’un coup disparu comme touché par une baguette magique.

Mais maintenant, je suis bien dans le réel et des paroles parviennent même à des oreilles. Je comprends que mon apparition de biker n’est pas mon biker mais son frère jumeau Steven. Mon Apollon a appris mes mésaventures et lui a remis une missive pour moi.

Voici le texte que je découvre :

Ma Jeanne,

Je suis désolé que ta découverte des paradis artificiels ait été aussi difficile et que tu aies fait un séjour à l’hôpital. Mes amis qui sont nombreux ont toujours gardé un œil sur toi car une nouvelle responsabilité au sein de ma tribu m’a obligé à quitter la région et je peux seulement être près de toi par la pensée.

Je te dédie cette chanson :

Car j’étais sur la route
Toute la sainte journée
Je n’ai pas vu le doute en toi s’immiscer
J’étais sur la route
Toute la sainte journée
Si seulement j’avais pu lire
Dans tes pensées (Gérald De Palmas)

Durant mon séjour dans le Périgord, j’avais écouté beaucoup de chansons françaises et lorsque j’ai entendu ton prénom, l’une d’elle m’est revenue en mémoire, « Jeanne » de Laurent Voulzy et je ne résiste pas au plaisir de la transformer pour toi.

Continuer la lecture de « feuilleton 25- 26 carnet de voyage étape 6 »

Feuilleton 25 26 carnet de voyage étape 5

20 septembre

Il m’est arrivé une aventure vraiment étrange et effrayante, quelque chose qui bouscule mes certitudes et mon équilibre psychique . Il me faut faire le point et pour cela reprendre où j’en étais . Dans le désert, avec ce groupe, sous le cactus hier, je m’étais mise à réfléchir : il me fallait décider de la suite de mon séjour. Je repensais à tout ce que j’avais vécu :

Biker, haribo, géocoucou, bip bip…vraiment quel voyage merveilleux ! tout ce que j’avais pu faire et voir ici dépassait mes espérances les plus folles. Il n’y avait donc pas à hésiter : j’allais poursuivre l’excursion avec ce groupe , c’était trop génial… j’en étais là de mes réflexions quand tout à coup de nouveau je me sentis comme écrasée par cette chaleur étouffante et l’ombre salvatrice du cactus ne m’en protégeait plus maintenant.Et je mourais de soif soudainement ! J’essayais de boire : ma gourde était vide!Je voulais appeler à l’aide , aucun son ne sortait de ma bouche.Mes membres étaient de plomb, mon corps pesait une tonne, la lumière éblouissante du soleil m’aveuglait…j’avais l’impression de tomber, aspirée dans un puits sans fond, dans une chute interminable…j’avais entamé mon dernier voyage,et pas n’importe quel voyage cette fois:c’était un voyage au bout de la nuit ! C’était fini ! J’allais mourir !

Lorsque j’ai repris conscience je ne sais combien de temps après ce cauchemar j’ai eu du mal à reprendre pied dans la réalité ; j’avais l’impression d’avoir passé une saison en enfer ou vécu cent ans de solitude.Quand j’ai ouvert les yeux j’ai mis un certain temps avant de comprendre où j’étais : une chambre proprette aux murs blancs, presqu’aussitôt une femme vêtue de blanc, elle aussi, est entrée sans frapper .

-Hi ! Good morning, m’a-t-elle dit avec un bon sourire, je vois que vous êtes réveillée , je suis Mrs Dalloway votre infirmière .

Elle s’est approchée et m’a demandé comment je me sentais.

-Pas très bien ai-je répondu un peu comme Madame Bovary après avoir avalé l’arsenic.

-Oh ! Vous connaissez Arsenic et vieilles dentelles ? j’ai adoré cette pièce de théâtre…

-Oui oui je connais mais dites-moi plutôt : où suis-je et que fais-je ici ?

-Oh yes indeed ! Vous êtes au meilleur hospital de Baker : Kindred hospital riverside et c’est un de nos meilleurs spécialistes qui s’occupe de vous une sommité internationale : le Docteur Jivago.

-Spécialiste de quoi ?

-Sa spécialité ? Réparer les vivants! Il travaille en équipe avec le docteur Jeckill et Mr Hyde vous pouvez être tranquille, de plus ils ont été formés par Knock, professeur à l’université Donald Trump du Minnesota, et prix Nobel de mèdecine tout de même.

Puis elle m’a raconté ce qui m’était arrivé. On m’avait retrouvée hier sous les deux pins parasols dans le petit parc charmant et paisible du drugstore, allongée, plongée dans un sommeil semi comateux, délirant, ânonnant des paroles incompréhensibles comme « haribo, géocoucou ou bipbip ou chihuahiua».Les analyses de sang ont montré que j’avais été droguée avec un produit utilisé par une bande de narcos délinquants à moto qui sévissent dans le coin et qui se font passer auprès des touristes naïfs pour des indiens authentiques …

Je l’ai interrompue sèchement : mon biker à moi n’était pas un narco, ce n’était pas possible,nous avions eu une belle histoire , comme un long dimanche de fiançailles, bien plus qu’une passion simple : il avait modifié ses projets pour rester deux jours avec moi et j’avais des preuves : j’avais cartographié son corps puis on avait été au Mexique à Chihuahua dans l’état de Chihuahua, ensuite j’avais intégré un groupe avec un guide indien et j’avais vu et photographié de merveilleux animaux en plein rut des haribos, des coyottes, des géocoucous…j’avais des cartes j’avais des photos donc et je pourrais les lui montrer!Des preuves irréfutables !

Continuer la lecture de « Feuilleton 25 26 carnet de voyage étape 5 »

Feuilleton 25 26 : étape 4

FEUILLETON

étape 4

J’ai passé 2 jours merveilleux avec mon biker indien. Il était d’une beauté fracassante, un mélange de Keanu Reeves et de Marlon Brando.

J’ai eu 1e temps de cartographier toutes les parties de son corps. Ben oui, je suis cartographe quand même ! Mon ancêtre aurait dit qu’avec mon biker, j’étais vraiment bien lotie !

Après un premier arrêt à Houston, où nous avons passé une nuit torride, nous avons traversé la frontière pour nous rendre au Mexique, à Chihuahua, qui se trouve dans l’état de … Chihuahua, où nous nous sommes adonnés à une danse typique sur un air connu de tous : …tin tin tin tin tin, chihuahua !!

Nuit magique, chaude, éclairée par la lune. Allongés dans l’herbe près du lac Arareco, nous sommes éblouis par le spectacle étincelant des étoiles filantes, lien étroit entre le peuple indien et le ciel.

Le lendemain, nous reprenons notre route, traversons de nouveau la frontière jusqu’à Phoenix, dans la réserve indienne de Gila river.

Mon biker va reprendre sa route. Nous nous séparons. le cœur tambourinant dans nos poitrines tant l’envie de rester ensemble est forte.

Mais je dois continuer mes recherches pour agrémenter mes revues et les atlas.

De Phoenix, je cherche à me rendre dans le désert de Sonora pour aller à la rencontre du monstre de gila. Quel vilain mot pour un saurien si beau ! Leurs couleurs sont aussi diverses que celles des crocodiles haribo.

C’est un lézard protégé car quasi menacé. En effet, c’est un grand allié de la médecine car son venin est composé d’une molécule qui simule la production d’insuline permettant au corps d’absorber 1e glucose quand il y en a trop dans le sang. Ça régule la glycémie. Impeccable pour les personnes atteintes de diabète de type 2 !

Cette même molécule va aussi ralentir la digestion et couper l’appétit, ce qui favorise la perte de poids. Impeccable pour les personnes en surpoids !

Dans la réserve de gila river, i1 y a un indien qui propose des excursions en 4×4 dans le désert de Sonora. C’est exactement ce que je recherche. Nous partons en petit groupe très tôt le matin pour éviter la chaleur accablante du soleil. Arrivés à destination, nous partons à pied découvrir la faune et la flore du désert. Moi je cherche activement ce cher gila.

Pas facile de trouver la bête car elle passe plus souvent ses journées sous terre. Mais comme nous sommes au printemps. et que les hormones mâles sont très agitées par les odeurs des hormones femelles, les gilas sont de sortie !

En voilà un qui convoite une belle demoiselle à la peau perlée. Mais soudain, un adversaire arrive. Pas question de laisser ce rival s’approcher de l’objet de son désir! Il doit gagner le droit de s’accoupler. Haribo rouge se prépare donc à affronter Haribo bleu. C’est un combat au corps à corps. Haribo rouge s’approche, sa langue fourchue est en action pour renifler son ennemi. Haribo bleu essaie d’éviter l’attaque, se décale sur le côté mais Haribo rouge se jette sur lui, le saisit par une patte et le projette en arrière ! Haribo bleu est un peu sonné, mais il se redresse ! Haribo rouge se jette de nouveau sur lui mais oh, quel agilité, Haribo bleu l’esquive ! La lutte est acharnée. Nous avons là deux beaux catcheurs. Quel beau combat !! Les voilà qu’ils s’enroulent maintenant tous les deux… je n’arrive même plus à savoir qui est qui dans cet amas de muscles.

Haribo rouge a pris le dessus et écrase Haribo bleu de tout son poids en lui mordant 1e cou ;Il y a étranglement !! C’est la prise de soumission ultime !

Et le vainqueur est …Haribo rouge ! !!

Il part donc avec sa belle pour profiter de ses faveurs.

Quelle chance inouïe j’ai eu de voir ça ! J’ai pris plein de notes et de clichés, ça m’aidera pour mes dessins.

Je rejoins le groupe qui m’attend près d’un immense cactus candélabre. Impressionnant ! La chaleur commence à se faire plus étouffante. L’ombre du cactus est salvatrice. Nous prenons un petit temps de repos pour nous désaltérer.

Au loin, je distingue une chose qui semble courir vers nous. Je plisse les yeux pour affiner ma vision : c’est un géocoucou !! Incroyable.!!

Il court à une vitesse impressionnante. C’est bip bip !! Je vais peut être apercevoir vil coyote sur un rocher avec un bloc de béton espérant atteindre bip bip pour le stopper et le bouffer! Pauvre coyote. I1 est l’emblème de l’équipe de hockey de Phoenix, mais même dans la réalité, il a du mal à attraper le géocoucou!

Notre bip bip se trouve soudain face à un danger :

Un crotale diamantin très dangereux se met en travers de son chemin . Il peut tuer un être humain avec son venin. Mais pas de quoi effrayer bip bip.

Un combat se prépare.

A ma droite, géocoucou et son bec puissant , à ma gauche, crotale et son venin mortel. Ils se font face; Géocoucou gonfle sa poitrine. Crotale se redresse, il siffle…ça y est, il lance l’attaque Géocoucou l’esquive: Il est plus rapide. Crotale s’élance tête la première sur Géocoucou. Géocoucou recule en bondissant- Il sait anticiper les trajectoires. Qu’il est intelligent cet oiseau ! Chacun de ses mouvements est précis, presque chorégraphié. Oh 1là là , on sent bien que Crotale est énervé ! Il s’élance de nouveau. Géocoucou l’attrape par a tête. Crotale se débat. Attention au venin ! Oh quel magnifique geste de Géocoucou : il fait claquer crotale comme un fouet contre un rocher. Encore ! Encore ! Crotale ne bouge plus: Géocoucou vainqueur par ko !

La suite :

– Jeanne poursuit son excursion avec le groupe mais le manque d’eau et la chaleur accablante les mettent en péril.

  • Jeanne rejoint la tribu du pacifique qui lui dévoilera le secret des tomawaks enterrés
  • Jeanne essaie de retrouver son biker qui lui manque terriblement

(style : commentaire sportif)

Feuilleton carnet de voyage étape 3

Carnet de voyage, étape 3 (Marc)

Je m’en vais boire mon café au drugstore du coin. Je me suis d’abord assoupie sur mon sac de baroudeuse qui reste bien pratique et suffisamment moelleux pour que je puisse m’y adosser. A l’ombre de deux pins parasols accoudés faisant office de petit parc charmant et paisible , avec ses trois tables-bancs que les familles du voyage investissent pour y grignoter des multitudes de réserves consommable de cet état et de ses proches voisins ; en bref, j’ai bien du y roupiller quasiment deux bonnes heures, car notre astre, le soleil des Indiens, a comme moi tracé son chemin.

Mon Indien à moi, fin limier pilote, va me manquer. Il m’a fait un large sourire, plein de dents chevauchantes alors qu’il est remonté sur sa bécane et un signe de la main tandis qu’il partait pour son Nevada et que nous étions à la croisée de nos chemins, à sa patte d’oie.

Mais sur qui ne retombais-je pas au sortir de mon café-crème, mon héros du moment, décidé de m’accoster illico comme si nous ne nous étions pas quittés d’une semelle depuis ma sieste interplanétaire.

« Hey, Darling, I change my plan… » garrule-t-il tel un geai qui montrerait ses propres et belles parures à une prétendante qui lui ferait de l’œil. Pas peu fier de remédier à mon attente géographique.

Charmant personnage, il est tout à fait vrai… Il s’est ravisé en partant et rapidement, s’est arrêté téléphoner. Il a un délai de deux jours pour m’orienter puis retourner définitivement vers sa famille.C’est qu’elle est si dotée de traditions , qu’elle se déplace aussi. Ses cousins (il en a deux), bikers comme lui, on le battement d’un coucher et de l’aube à partir du lendemain, pour reprendre leur route, ce qui lui laisse quasi autant de temps., alimentant (tout comme le pensaient bien avant nous les gallois) notre opportunité de poursuivre ensemble, par cette brève échéance . Nous décidons de repartir vers la région de ses origines, pour s’avancer au plus près et investir un Motel, puis un autre à sa porte.

Continuer la lecture de « Feuilleton carnet de voyage étape 3 »

feuilleton 25 26 carnet de voyage : deuxième étape

CARNET DE VOYAGE : Deuxième étape

Je décide d’aller dans le désert Mojave où malgré son appellation est rempli de vivant. Mon premier objectif est de pouvoir m’y rendre par n’importe quel transport sauf la marche à pied vu que je suis à 150kms environ et que je ne me vois pas faire cette distance avec ce soleil qui tape dur.

Une petite leçon de géographie pour vous situer cet endroit : il s’étend sur 40.000kilomètres carrés en grande partie dans le sud de la Californie mais déborde sur le Nevada au Nord et l’Arizona à l’Est. Cela me fait un bel endroit à cartographier.

En attendant un quelconque transport je commence à écrire sur mon trip-book (pour parler local) mes prévisions d’investigation. La saison propice avec ses températures plus basses (27 degrés tout de même) vont me permettre déjà de faire des excursions plus confortables. Hormis les yuccas je pense aller en premier dans la réserve nationale de Mojave où je souhaite observer les quelques sapins blancs ainsi que les genévriers et les pins pignons qui me rappellent ma Charente.

Mais quand ? Aucun transport à l’horizon même pas une voiture qui pourrait m’amener à Baker, la ville principale et rencontrer le peuple amérindien. Je ne veux pas faire plus de projets car mon premier désir est de trouver ce transport aujourd’hui. Voilà trois heures que je fais le pied de grue et soudain un nuage au loin me donne l’espoir de partir. Au fur et à mesure que le nuage se rapproche, je vois un énorme engin deux roues qui s’arrête à ma hauteur .Un homme grand, athlétique aux cheveux libres protégés par un vieux chapeau décoré de perles me salue. Je lui demande s’il est possible de m’amener vers le Parc National Mojave. Ce n’est pas sa direction car il va au Nevada mais peut me conduire sur une partie du chemin. Trop heureuse d’avancer dans mon expédition, j’accepte. Sur le trajet, il me parle il me parle de sa vie car il est lui-même indien de la tribu Mojave. Très intéressée je le questionne sur la vie du désert. Il me raconte sa jeunesse dans sa tribu où il n’avait pour horizon qu’une immensité caillouteuse avec les yuccas appelés Joshua Trees. Son père travaillait dans une mine d’argent. Je lui demande s’il existe encore des chercheurs d’or mais à son grand éclat de rire je comprends que ma question est stupide. Grâce à des touristes venus visiter la région, il est venu en Europe et a sillonné la France du Nord au Sud et d’Est en Ouest pendant plusieurs mois. Il a trouvé mon pays très beau .Il s’est arrêté en Périgord quelques semaines et a même goûté l’eau de la Vézère. Il a beaucoup aimé les grottes et les châteaux et notre langue locale l’occitan dont l’accent chantant lui a beaucoup plu et lui rappelle un peu sa langue. Chez lui, il a grandi dans sa réserve indienne de Fort Mohave située le long du fleuve Colorado où aujourd’hui toutes les terres sont louées à des producteurs de coton, de maïs et de soja. La Tribu quant à elle exploite des casinos au Nevada pour la plupart. Le peuple s’étiole de plus en plus mais une revitalisation de la langue mojave voit le jour ainsi que la pratique des chants d’oiseaux traditionnels. Le nom de son peuple est Pipa a’ha Macave qui signifie « Le Peuple qui vit près de l’eau ».Il croit au Grand Esprit » Matavilya » né de l’union Terre-Mère et Ciel-Père. Nous arrivons dans la zone Mojave quand soudain un grand coup de freins me fait sursauter. En effet, un beau crotale d’un mètre dort au milieu de la route. Je photographie cet instant formidable et mon chauffeur habitué contourne l’animal doucement et repart sans aucune émotion.

Continuer la lecture de « feuilleton 25 26 carnet de voyage : deuxième étape »

feuilleton 25 26 étape1

Procédé littéraire : insertion de titres de films

19 septembre 2025 – Perris, Californie

Perris, une destination improbable qui ne figure sur aucune carte de rêve. Le jour se lève sur une ville presque oubliée, écrasée par un Soleil rouge. Pour arriver ici, j’avais pris Le dernier bus qui m’avait déposée au Terminus, devant le Bagdad Café, un bar mexicain à l’orée du désert où je suis logée chez La Patronne, dans une Chambre avec vue sur les terres arides où virevoltent les tumbleweeds, ces boules de buissons séchés. Elle est sympa, elle m’a prêtée La Motocyclette qui dormait dans un appentis pour que je puisse aller explorer les contours du lac riche d’une faune et d’une flore dont j’ai fait de nombreux croquis.

Mais aujourd’hui je pars. J’attends en Plein Soleil un bus hypothétique qui me sortira de ce Trou où j’ai pourtant apprécié la gentillesse des familles venues du Sud, qui m’ont nourri de tamales et de récits anciens. (tiens, un zeugme !)

J’hésite entre remonter vers le Nord, traverser la Californie intérieure où Au milieu coule une rivière, noter les noms de lieux effacés des cartes modernes, retrouver la trace des anciens chemins ou bien traverser le désert des Mojaves où l’on trouve, dit-on, une concentration de spécimens aux allures d’ Aliens ce qui me rapprocherai des montagnes de la Sierra Nevada que j’aimerai aussi explorer.

Mais le bus tarde, si je ne pars pas aujourd’hui ce sera pour Le jour d’après. Enfin, j’aperçois une poussière blanche s’élever au loin sur la Route 66, il arrive ! Je saute de ma chaise mais mon enthousiasme est de courte durée, ce que je prenais pour de la poussière est en fait une énorme fumée blanche qui s’échappe du capot, en peu de temps la rue et le café se retrouve dans La brume. Le chauffeur à demi asphyxié m’explique que Le départ va être retardé de un ou plusieurs jours.

Me voici toujours à la Case départ, que faire ? Rester encore un peu ou entreprendre ma route par d’autres moyens ? Cette longue attente m’a épuisée, je crois que je viens de vivre Le jour le plus long.

Titres de films :

Le jour se lève – Marcel Carné – 1939

Soleil rouge – Terence Young – 1971

Le dernier bus – Gillies MacKinnon – 2024

Terminus – Pierre-William Glenn – 1987

Bagdad Café – Percy Adlon – 1987

La Patronne – Robert Dhéry – 1950

Chambre avec vue – James Ivory – 1985

La Motocyclette – Jack Cardiff – 1967

Plein Soleil – René Clément – 1960

Le Trou – Jacques Becker – 1959

Nord – Xavier Beauvois – 1992

Au milieu coule une rivière – Robert Redford 1992

Alien – Ridley Scott – 1979

Le jour d’après – Roland Emmerich – 2004

Route 66 – Rob Kellas – 2019

La brume – Daniel Roby – 2018

Le départ – Jerzy Skolimonwsli – 1967

Case départ – Lionel Steketee – Fabrice Eboué – Thomas Ngijol 2011

Le jour le plus long – Ken Annakin – Bernhard Wicki – Andrew Marton – Darryl F. Zanuck – Gerd Oswald 1962

Feuilleton : voyageuse

Nom : Jeanne Viaud

Age : 40 ans

Lieu de vie : Ronce-les-Bains, Charente-Maritime

Profession : Cartographe indépendante et illustratrice naturaliste

Profil de la voyageuse :

Jeanne Viaud est une femme discrète, curieuse et méthodique, passionnée de nature et de dessin. Fille unique d’un garde forestier et d’une bibliothécaire, elle a grandi près de la forêt de la Coubre, nourrie par les récits familiaux des expéditions de son arrière-grand-oncle, qu’elle n’a pas connu, mais qui a eu une vie riche en voyages qu’il consignait dans ses carnets et dont il en tirait la plupart de ses romans qu’il signait du surnom de Loti que lui avait donné une vieille reine tahitienne.

Après des études de géographie, elle s’est formée au dessin scientifique. Elle vit dans un petit appartement à Rochefort où elle travaille en freelance pour des atlas, des musées ou des revues de voyage.

Mais Jeanne n’est jamais vraiment chez elle. Elle ne voyage pas pour accumuler des destinations, mais pour documenter les formes du monde : des reliefs oubliés, des plantes endémiques ou des dialectes en voie d’extinction. Ce qu’elle aime par dessus tout ce sont les zones inexplorées ou oubliées des cartes modernes.

Ses conditions de voyage :

Jamais en avion : elle privilégie les moyens de transport lents : train, bateau, marche à pied, voire cheval si nécessaire.

Toujours seule : pour rester perméable face à un imprévu, aux rencontres locales et à ses propres pensées.

Jamais sans ses carnets : elle en emporte toujours trois, un pour les dessins, un pour les croquis de terrain et un pour les notes de voyage.

Jamais à l’hôtel : elle loge chez l’habitant, sous tente ou dans des refuges pour être au plus près des lieux et des gens.

Un impératif : partir sans date de retour fixe.

Feuilleton consignes générales

Feuilleton 2025 2026

CARNET DE VOYAGE IMAGINAIRE (à garder précieusement même si pour l’instant vous n’avez rien à faire)

Destination : tirée au sort : sur un atlas (rien ne sert d’accumuler de la vraie documentation sur le lieu)

Rédacteur/trice : c’est un voyageur ordinaire (ni un fuyard, ni un tueur en série, ni un bandit, ni un violeur, ni un pique-assiette). A définir précisément, avec un nom, un prénom, un âge, un lieu de vie, un profil qui doit donner un peu d’épaisseur ua personnage au cours du récit. Poser aussi ses conditions de voyage.

C’est Brigitte qui se charge de la création de notre voyageur/euse et du premier chapitre en septembre

Le carnet débute sur le lieu de destination : Le carnet commencera à Perris, Californie , au Sud ouest de Los Angeles, près d’un lac. A la grande époque on y a trouvé de l’or

***

Chaque intervenant est choisi par tirage au sort. Il termine son texte par trois propositions de suites. Si elle implique un changement de lieu , tirer au sort

Chaque épisode doit utiliser pour tout ou partie un procédé littéraire au choix, précisé en début d’épisode

  • haïku
  • lipogramme ( s’interdire une voyelle)
  • boule de neige
  • anagramme
  • pastiche d’auteur connu
  • pastiche de chanson
  • insertion de nombreux titres de films, de titres de romans, d’extraits de chansons, d’incipits ou d’extraits de romans existants
  • insertion d’expressions étrangères (traduites)
  • Homophonie approximative finir un texte par une homophonie approximative du début (qui s’entendent à peu près de la même façon)
  • contrepèterie finir un texte par une contrepèterie du début (Interversion des lettres ou des syllabes d’un ensemble de mots )
  • insertion de zeugmes (coordination d’éléments qui ne sont pas sur le même plan ex : vêtu de probité candide et de lin blanc)
  • recettes inattendues, inventées pouvant inclure un S+7 (remplacement des noms par le premier nom situé 7 places plus loin dans un dictionnaire)
  • objet insolite dont on développe la notice d’utilisation
  • détournement d’une image (tableau, photo de magazine, de film, dessins…) – n’a pas besoin de correspondre au lieu où se trouve le/ la voyageur/geuse
  • anaphores (chaque phrase commence de la même façon)
  • abus de digressions
  • en remplaçant les noms par une expression définitionnelle .
  • Abus d’euphémismes
  • récit épique

  • commentaire sportif
  • beau présent (utiliser des mots uniquement composés des lettres du sujet dont on parle) ou bel absent (n’utiliser aucune des lettres du sujet dont on parle)
  • abus d ‘oxymores (rapprochements de termes contradictoires)
  • abus de notes en bas de page
  • fable morale ( les instigateurs ne sont ni des hommes ni des animaux)
  • dépliant touristique (imaginaire)

feuilleton 24- 25 Chapitre 8

Où il faut bien que tout s’achève et se résolve…ou pas

Ima, le grand choix.

Je suis la seule à avoir un projet tout bouclé avant la fin du séjour… Mais plus les gens enthousiasment autour de moi, plus je doute… Certes Prudence et Gabriella s’épanouissent ici, mais, même si elle ne le dit pas, je sens la tristesse de Gabriella de s’éloigner de son amie Ada et ça me fait de la peine.

La mairie m’a proposé un appartement social dans une maison de la vieille ville qu’ils finissent juste de restaurer… Ils m’ont dit qu’ils m’aideraient à avoir les aides pour payer le loyer, et que ça commençait par deux mois gratuits, le temps de m’installer et de recevoir mon premier salaire. Je ne peux pas rêver mieux, au rez de chaussée, deux chambres, une grande douche aussi belle que celle de Marlène, une belle cuisine toute équipée, tout , très clair, et en plus, une petite cour avec un arbre. Je n’ai rien à y mettre dedans (Gabriella leur a dit, la honte!) . Irine, Mamadou, Faustine, Solange, Anne , Marlène, Benoît mes hôtes et leurs parents me pressent de ne pas regarder en arrière, d’accepter, le temps ferait le reste.

Pauline a décidé d’aller chercher mes affaires à Marseille avec sa camionnette… Ça m’a fait rire, parce qu’un coffre de voiture suffit bien . Julia s’est imposée pour nous accompagner…Drôle de gamine. Elle est à la fois heureuse et triste de retourner à Paris : elle a découvert avec moi une chaleur affective qui nous fait du bien et elle ne parle que de retours pour les vacances … Nous voilà parties et revenues avec mes trois sacs qui ballottent dans le vide et ma machine à coudre. J’ai le cœur serré. On est rentré tard. Je suis épuisée… mais pas moyen de dormir.

Vendredi après midi à cinq heures, après ma journée de travail à l’atelier, tout se précipite : je signe tous les papiers et récupère les clés. Gabriella m’accompagne jusqu’à la mairie et s’éclipse, m’expliquant avec son sérieux habituel, qu’elle a à faire.

Presque une heure en démarches et explications pratiques dont je me souviens à peine, et nous voilà enfin parties pour ma première vraie adresse.

J’ai d’abord vu de la lumière puis entendu des bruits de voix qui sortaient de « chez moi ». A la porte, Gabriella, radieuse m’attend et j’ai vu ! J’ai vu une table et quatre chaises dépareillées, un vieux buffet en bois très joli, une autre table avec ma machine à coudre posée dessus… Pas le temps de réaliser, il me semble voir un canapé gris avec des coussins… mais Gabriella me tire vers les chambres un grand lit fait, avec des barreaux de fers dans une, deux petits lits dans l’autre et quelques jouets. « C’est pas un rêve maman, c’est vrai ! Hier, avec Cyril on a fait tout le tour du village et récupéré des affaires dont les gens ne se servaient pas. On a tout nettoyé pour que ce soit beau quand tu arrives !… Et puis bientôt , on aura un chien, c’est Marlène qui me l’a promis. »

Je n’arrive pas à réaliser, je suis sans voix. Je tombe dans le canapé, c’est vrai qu’il y en a un, un peu défoncé mais il paraît que c’est « mon canapé ». Le poêle que l’on vient de poser ronronne et je ne sais pas d’où sortent les bûches (saurai-je le faire marcher?).

Cyril me sourit et affirme que ce n’est pas le moments de poser des questions, de dire que ce n’est pas possible puisque ça l’est, que je dirai merci plus tard, qu’il est temps de fêter ça.
C’est seulement à ce moment là que je réalise que tous les amis sont là, même Ursula la mine triste mais avec un bouquet de fleurs, vraisemblablement cueillies dans les parterres municipaux. Cyril a sorti du pain des fromages, des pâtés, du vin et des jus de fruits. Chacun a amené son couvert qu’il me laissera pour me « monter en ménage »… Je ne connais pas l’expression. Je finis par sortir de ma sidération et participer à la fête, gagnée par la chaleur naturelle de l’ambiance. Ils ont raison ; on réfléchira plus tard.

La soirée se termine très tard, on rentre encore dormir chez Marlène et Benoît, épuisées de tant d’émotions.Demain matin, avant la fête, on s’installera.

Adieu Ursula, bonjour Marianne.

Ursula était très bouleversée après sa rencontre avec Laurent qu’elle avait imaginé bien autrement. Lorsqu’il était arrivé, face à elle, au beau milieu du village, son cœur s’était mis battre très fort, mais elle avait vite déchanté devant son regard furieux. Tout ça à cause de cette vieille bagnole qui maintenant était en panne. Après l’avoir houspillé en public, il avait tourné les talons sans qu’elle eût le temps de répondre. Elle était restée plantée là, figée, sans voix. Se sentant observée, elle avait regardé autour d’elle et vu Karine Viguier, la Maire, au côté de Solange Gardien, son invitée, qui avaient toutes deux assisté à la scène. Solange était accompagnée de ses animaux, son rat perché sur son épaule, elle baissa la tête, sans doute parce qu’elle savait que c’était son rat dégoûtant qui avait saccagé la voiture. Même le rat détourna son regard rouge. De l’autre côté de la rue c’était la jeune congolaise, Ima, qui l’observait d’un air compatissant et qui avait esquissé un petit geste de la main en signe d’amitié en faisant un pas hésitant en avant comme pour venir à sa rencontre mais avait renoncé, sans doute par timidité. Les larmes lui étaient montées aux yeux et elle s’était senti soudainement lasse, elle avait choisi de rentrer au plus vite chez Pauline et Jean.

Le lendemain matin, Pauline fit venir un jeune homme, qu’Ursula avait déjà croisé au village. Il se présenta : « Bonjour, je m’appelle Mamadou, je vis chez Bastien et Cyril. Je pense pouvoir intervenir sur votre voiture, ce n’est pas mon métier mais j’ai toujours été passionné de mécanique et à mes heures perdues je retape de vieilles voitures. » Ursula le trouva sympathique et fut conquise par son grand sourire éclatant de blancheur, elle accepta et une heure plus tard elle put ramener l’auto au village. Malgré tout, elle était soucieuse car en sortant du bois une voiture était passée devant elle et il lui semblait avoir reconnu Antoine Coustou sur le siège passager. Cet Antoine qu’elle était allée voir un jour, cela ne s’était pas très bien passé. Il n’avait pas l’air de comprendre les questions qu’elle lui posaient et en même temps il avait l’air effrayé de ce qu’il pourrait apprendre. Il avait préféré fuir. Et maintenant il revenait mais qui conduisait ?

Non, Antoine n’avait pas fui, les questions d’Ursula à propos de son père et son grand-père était trop précises. Ce qu’il avait pu apprendre en enquêtant de son côté lui donnait à penser qu’il y avait un secret de famille. Il avait donc pris la route très tôt pour aller voir son père Vincent. Ce père qui ne parlait jamais de la famille et qui n’avait revu son propre père qu’une fois en cinquante ans. Ça en plus des ragots du village sur le grand-père, il était temps d’en finir. Il fallait qu’il sache.

Vincent Coustou était veuf depuis quelques années déjà lorsqu’il s’est retrouvé à la retraite. Il s’ennuyait et la solitude aidant il s’était mis à repenser à sa jeunesse et son premier amour Marianne. Marianne Beauregard, la bien-nommée, avec ses grands yeux verts qui attiraient comme un aimant. Qu’était-elle devenue ? Depuis que son père l’avait sommé de partir faire ses études à plus de cent kilomètres du village, il ne l’avait jamais revue. Il avait accepté sans broncher, à l’époque quand le vieux donnait un ordre personne n’osait se rebeller. Il avait été faible et s’en voulait encore. Et encore plus après que sa grand-mère très malade avait demandé à le voir, il était revenu et les révélations qu’elle avait faites le hantait encore. Car il n’avait rien fait, jeune marié, son épouse attendait leur enfant et il avait eu peur des conséquences que cette histoire aurait pu avoir sur leur vie.

Lorsque son fils Antoine avait surgi sans prévenir et lui avait raconté ce qu’il se passait à Castelvielh, en lui montrant le journal où figurait l’avis de recherche avec une photo, il l’avait reconnue tout de suite, ses yeux verts étaient toujours les mêmes, profonds et magnétiques. Et toutes ces questions posées par Marianne, qui se faisait appeler Ursula, le décidèrent enfin à parler à son fils. Il ouvrit un tiroir et en sortit une boîte en fer où se trouvaient quelques vieilles photos dont une qu’il posa sur la table devant son fils. Antoine observa la photo et reconnu la jeune fille brune aux yeux verts aux côtés de son père qui l’enlaçait. Alors Vincent lui raconta toute l’histoire, sa jeunesse, son grand amour, ce bébé volé, son père autoritaire et les complicités au village. Enfin tout ce qu’il savait déjà et ce qu’il avait appris plus tard, bien trop tard. Dès le lendemain ils prirent tous deux la route pour Castelvielh.

Mariette Tollis était inquiète, elle marchait précipitamment et arriva essoufflée chez son amie Marie-Ange Cassou. « J’ai reçu un coup de fil d’Antoine Coustou, il me demande de l’héberger aujourd’hui avec son père Vincent » lui dit-elle. « Ça ne me dit rien qui vaille, justement aujourd’hui, le jour de la grande fête, tout le village et les alentours seront là. Ah ma pauvre Marie-Ange ! Après tout ce temps, comment cela va t-il finir ? Enfin surtout pour toi ! ». Marie-Ange faisait grise mine, elle savait que cette histoire la rattraperait un jour mais tout n’était pas perdu. Après cinquante ans il y a prescription, elle décide d’aller voir la madame maire, Karine.

Karine Vigier avait le journal en main, elle fixait cette photo, depuis que Solange lui avait fait part de ses soupçons, elle pensait que le doute n’était plus permis, il fallait qu’elle prévienne la gendarmerie, mais était-ce le bon moment ? En pleine fête, la première depuis de début de l’année, l’arrivée des gendarmes va tout gâcher, non décidément ce serait donner du grain à moudre à mes opposants déjà qu’ils avaient tordu le nez lorsque j’avais accepté la venue de cette « Marianne/Ursula » sans leur en parler. C’est vrai que j’ai été un peu légère sur ce coup mais trop tard pour me flageller, pensa t-elle. Déjà une idée germa et sa décision fut prise.

Lorsque Vincent et Antoine arrivèrent chez Mariette, un comité d’accueil les attendait. Karine et Marie-Ange étaient là, bien décidées à les persuader de ne pas faire de vague au beau milieu de la fête ! C’est alors que Pauline arriva avec Ursula à la demande de Karine. Et ce fût l’heure des grandes explications. En fin de matinée tous sortirent de chez Mariette, les mines défaites et les yeux rougis. Ce fut très pénible, tout ce grand déballage, le grand-père Coustou, à l’origine de ce drame en avait pris plein le dos : les absents ont toujours torts ! Laurent devait-il savoir qu’on lui avait menti toute sa vie ? Les Marty qui l’avaient adopté, tous deux décédés maintenant, s’en étaient bien occupé, il n’y a pas à dire. Comment aborder la chose ?

Continuer la lecture de « feuilleton 24- 25 Chapitre 8 »