20 04 2020
Jeu d’écriture par temps de confinement – 29 – poème mille-feuilles
Vous allez écrire un poème de 14 vers où vous allez intégrer ces quatre vers du début de
Kaléidoscope de Paul Verlaine, dans l’ordre du quatrain, comme troisième, sixième, neuvième et douzième vers
Dans une rue, au cœur d’une ville de rêve
Ce sera comme quand on a déjà vécu :
Un instant à la fois très vague et très aigu…
Ô ce soleil parmi la brume qui se lève !
O temps perdu de ma jeunesse folle
Je te cherchais partout d’un cœur qui caracole
Dans une rue, au cœur d’une ville de rêve
Amour imaginé, tant espéré, sans trêve
Je me disais surtout pas de déconvenue
Ce sera comme quand on a déjà vécu :
Je ressentais déjà de tes mains la caresse
Qui vient d’un cœur ouvert exprimer la tendresse
Un instant à la fois très vague et très aigu
Où le souffle frémit, où la vie suspendue
Rejoint l’éternité, la féminité d’Eve
O ce soleil parmi la brume qui se lève !
Et combien la ferveur de cette évocation
Me comblait de plaisir et de sensations !
SD
Je sens en moi un sentiment de révolte
Marre de voir toutes ces attitudes désinvoltes
Dans une rue, au cœur d’une ville de rêve
Fini la dictature, on prend la relève
De nouveau la solidarité, plus de superflu
Ce sera comme quand on a déjà vécu :
Ensemble, unis, pour une vie nouvelle
On est des humains, pas des rebelles
Un instant à la fois très vague et très aigu…
Assez de mensonges, laissons s’exprimer nos vertus
Notre pays n’a connu qu’une trop longue trêve
Ô ce soleil parmi la brume qui se lève !
Le printemps est maintenant présent
Soyons conscients, allons de nouveau de l’avant
TD
Faut-il qu’il m’en souvienne
il n’y aura donc pas de trêve ni
dans une rue, au cœur d’une ville de rêve,
ni dans ces espaces aux confins
la vie y est encore d’une infinie douceur
ce sera comme quand on a déjà vécu :
entre torpeur et mélancolie
sans effroi et sans heurts ?
un instant à la fois très vague et très aigu…
une mer étale et sombre
un ciel pale pour un horizon sous les décombres
ô ce soleil parmi la brume qui se lève !
soudain ces mots, ces cris à peine retenus
sable sous les pavés
MS
Dans un sous bois au petit matin
Ce sera comme quand on a signé une trêve
Dans une rue, au cœur d’une ville de rêve
Ce sera comme quand on a un gros chagrin
Dans une histoire de passions brèves
Ce sera comme quand on a déjà vécu :
Un chant, une balade, de la sève,
Des mots murmurés, cris échoués sur la grève
Un instant à la fois très vague et très aigu …
Dans cet aujourd’hui écrasé
C’est comme quand on ne peut pas danser
Ô ce soleil parmi la brume qui se lève,
Parmi les sons furtifs et feutrés,
Colore demain , les rires et les baisers
Mpou
On devinait une silhouette légère,
Presqu’un nuage paré de dentelle,
Dans une rue,au coeur d’une ville de rêve
A ma vue elle lança un regard rebelle,
J’eus juste le temps d’admirer sa beauté,
Ce sera comme quand on a déjà vécu.
Ces instants de grâce très vite avortés
Alors que l’on offrait tout son moi éperdu
Un instant à la fois très vague et très aigu
Qui nous fait redouter que la vie s’achève.
Mais gardons-nous de sombrer dans la tristesse
Ô ce soleil parmi la brume qui se lève
A nouveau la clarté se fendra d’ivresse
Et une autre belle viendra me charmer.
BH
Je me promenais au hasard, le nez au vent,
Là je rencontrai la belle Geneviève
Dans une rue, au cœur d’une ville de rêve
Elle déambulait fière au milieu des estivants
Elle me vit et soudain simplement déclara
Ce sera comme quand on a déjà vécu :
Chancelant, me sentant presque vaincu,
Je la suivis jusqu’à la Place de l’Opéra
Un instant à la fois très vague et très aigu…
Tous les sons près de moi s’éteignirent
Priant, levant les yeux vers le ciel qui attire
Ô ce soleil parmi la brume qui se lève !
Pur miracle de la nature consolatrice,
Veillant sur moi comme une bienfaitrice
Ddou
Nous déambulions éblouis main dans la main
Cheveux au vent devisant sur un ton badin
Dans une rue au coeur d’une ville de rêve
Promesse de liberté et d’amour sans trêve
Il ne s’agit nullement d’un monde inconnu
Ce sera comme on a déjà vécu
Tu fermeras les yeux et tu soupireras
Je me blottirai confiante dans tes bras
Un instant à la fois très vague et très aigu
Le temps instable vécu n’existera plus
Quelques secondes et le monde se sera tu
O ce soleil parmi la brume qui se lève
Ressuscite notre âme débordant de sève
Pour que cette lune de miel se parachève .
H God .
Enfin libres !
Quand arrivera la fin du confinement
Lorsque ce jour viendra, nous serons tous contents
Dans une rue, au cœur d’une ville de rêve
Nous irons profiter de ces moments de trêve
Et nous ferons tout ce que nous avions prévu
Ce sera comme quand on a déjà vécu
Terminé les contraintes et fini d’être seul
Nous pourrons sortir enfin de notre linceul
Un instant à la fois très vague et très aigu
Vivons à fond de ce qui semblait superflu
Respirons l’air puisque la privation s’achève
Ô ce soleil parmi la brume qui se lève !
Lui qui ne brillait qu’au-travers de nos vitres
Il revit dans nos vies… Que c’est bon d’être libre !
SM
On entend seulement le bruit de quelques pas,
Le silence est froid comme lame d’un glaive
Dans la rue, au cœur d’une ville de rêve
Tout à coup pétrifiée par Sieur le Corona.
Un jour viendra pourtant où on l’aura vaincu
Ce sera comme quand on aura déjà vécu :
Une naissance par un matin d’espoir incarnat.
Au moment où le monde s’ouvrira, ambigu
Un instant à la fois vague et très aigu
Nous nous regarderons, nous unirons nos pas
afin qu’à notre gré la ville se relève
Ô ce soleil parmi la brume qui se lève !
Le nous sera-t-il ce lui qui nous libère
de l’égoïsme vain qui nous met des œillères ?
DDor

