28 04 2020
Jeu d’écriture par temps de confinement -37- Contribution à un abécédaire personnel
Pour chaque lettre de votre prénom (ou de son diminutif si vous préférez) choisissez un mot évocateur accompagné d’un court texte qui peut être écrit sous une des formes fixes que nous avons déjà vues (tautogramme, haïku, lipogramme…)
Si seulement il, ou elle,
Y venait boire, source vive
La mesure, la note juste
Vouée à vivre d’abandon
Ile promise à l’horizon
Elle resterait sourire…
Sans rancune jamais, la petite sirène revoyait son passé, couchée sur les rochers, les vagues s’écrasaient dans le cri des mouettes, elle ne savait plus devant tant de beauté si toutes ses alarmes et ses passions d’hier valaient une seconde de ce présent si clair
Il y eut dans le ciel, un tournoi de nuages gris et blancs d’un côté, de l’autre noir profond, et les flots en reflets devenaient plutôt sombres, les vagues grossissaient et ouvraient de grands creux
D‘où vint alors l’orage ? Il fut violent et bref, une grêle têtue piquait le littoral et l’on ne voyait plus de la plage étirée que des rideaux blanchâtres qui se tordaient en rythme sous les gifles du vent.
Oubliant leurs amarres, les bateaux dans le port dansaient en cliquetant, soudain tout s’arrêta et la mer lessivée vit revivre son bleu sous un ciel pacifique, cessa toutes ses plaintes et ses mugissements, sa colère effacée elle était un bain d’huile…
SD
Modeste Moussorgski : c’est ma première rencontre, petite, avec mon prénom, en dehors de… ma pomme. Pour m’apercevoir qu’il s’agissait d’un homme et que ce n’était pas tout à fait mon prénom. Surprise et déconvenue. Ma première « Modesta », en dehors de … ma pomme donc, était cubaine et j’avais déjà plus de trente ans ; c’était une collègue de l’université de Santiago à la retraite depuis longtemps, preuve s’il en était que j’étais bien reliée au XIXème siècle. J’essaie d’avancer dans le XXIème…
ouvrir les bras, la porte, son cœur, ouvrir l’œil, les yeux, sa gueule, ouvrir, s’ouvrir, ouvroir
dentelle. histoire de famille. dentellière ou couseuse. faire dans la dentelle, pas vraiment toujours. tisser les fils de soie : écriture d’une histoire de vers. écriture ajourée, souvent ajournée et travail à façon
exil. père puis mère. exils. car abandonner sa terre et sa langue ont fait de ma mère une exilée malgré elle. le tiers d’une vie ailleurs, pour cause de là-bas impossible à deux. à son corps défendant pour lui. à corps perdu pour elle.
strophe. haïku horizontal : à coupler avec le vers à soie. les mûriers en feuilles douces. cocon de printemps coronaviré.
tendre. hypertendue, pas encore. en tension ou sur la corde raide autant que carte à jouer. manque de souplesse auquel le yoga remédie doucement.
amériques. ailleurs, pour éviter l’exil parental. articulées avec d’autres langues, d’autres longues lianes amicales et ici aussi nouées. grands espaces. espèces d’épices rares pour pimenter toute une vie…
MS
Belle bruyère buissonnante,
Epanouie,éclatante,
Rampante,résistante,
N’ayant nulle nocivité,
Assurément aromatique
Durant des décades,
Elégance éphémère,
Toute tremblante,
Toute troublante,
Estivale espérance.
BH
ACROSTICHE DE : MONIQUE
Malice dans le regard
Oscille au gré du vent
Navigue confiante sur les flots de la vie
Intimement aux autres ; intimidée
Quoique pleine d’
Elan
Mpou
D comme dilettante, et aussi, dépassée, démolie ou démoralisée selon les jours,
O comme ombrelle. Jolie et romantique,
M comme midinette et mimosa, l’une de mes fleurs préférées,
I comme instinctive.
Je voudrais être une demoiselle diaphane et douée dans sa demeure défendue par des douves,
Avec une ombrelle olive et faire des omelettes en offrande à un bel oligarque,
Je me mettrais sous mon mimosa et méditerais, malgré les mésanges.
Initiant mon invité, j’installerais mes instruments parmi les iris et invoquerais Isis.
Ddou
Sylvie
Souriante d’après la rumeur
Yéyé ou gaga selon l’humeur
Larmoyante si je m’ennuie
Voilà telle que je suis !
Insoumise très souvent
Equilibrée ? Oui je pense !
SM
Dunes, vagues blondes, sable coulant sous les pas, tout en bas la mer.
Océan, parfum puissant,musique lancinante, teintes qui varient avec les nuages et le lumière à l’infini, spectacle addictif du ressac, élément vivant capable de furies terrifiantes.
Mélusine, chienne rousse, joyeuse et joueuse, câline et douce résumant en elle tous mes chiens aimants et aimés.
Imagination : pour être au monde et s’en échapper : pour s’extraire de soi et voir les autres, pour créer, pour s’égarer quand la vie est sans sève.
Nautile : tentacules dansantes, coquille blanche striée d’orange, issu du fond des âges.
Île : territoire fini, isolé, protecteur, refuge imaginaire pour fuir les laideurs du monde.
Quarante, les Landes : nostalgie, espace originel, parents et amis, étendues infinies d’eaux et de pins odorants
Usine à bois où j’ai grandi : vacarme des scies, parfum du bois, travail dur, vaste terrain de jeux pour les enfants et gens bienveillants
Etangs, senteurs de menthe poivrée, surface lisse insondable, reflet des pins, silence des matins calmes, un canoë qui dérive
DDor

