Jeu 2 : Un avant et un après
Choisir un des trois tableaux suivants pour inventer une histoire : Développer ce qui s’est passé avant et annoncer ce qui se passera après
Tableau de Renoir, La balançoire

Son père le lui avait promis. Cet après-midi, ils allaient au parc faire de la balançoire. La compagnie de Guillaume, le copain du père ajoutait à la fête. Elle avait calé ses mains dans leurs deux paumes et ils s’amusaient à la faire courir sauter par dessus les flaques, tout en devisant gaiement entre eux. Leurs trois chapeaux de paille dansaient au rythme de leur course.
Soudain, la balançoire était là, bien accrochée à sa branche de tilleul centenaire… Au même moment une femme est apparue, sortie on ne sait d’où. Juliette l’a trouvée particulièrement belle, surtout sa robe de mousseline blanche attachée par de grands nœuds de soie bleue. Quand elle serait grande, elle aurait la même. Cependant les deux hommes semblaient l’avoir complètement oubliée, fascinés par la jeune femme qu’ils invitèrent à se balancer. Elle se se fit pas prier. Sa robe volait et découvrait ses jambes au milieu des rires et des cris. Dépitée, Juliette se mit à sangloter.
Les trois adultes se retournèrent d’un bloc.
– Elle est à vous la chialeuse ! éructa la dame d’un ton gouailleur.
La petite fille fut si choquée que ses pleurs cessèrent et elle voua à la jeune femme une haine comparable à son admiration précédente. Son père, le rouge aux oreilles, avait froncé les sourcils et décrété qu’il était temps de rentrer
– Mais, la balançoire…
Il n’écoutait pas et la tirait vivement par la main, abandonnant Guillaume à la robe blanche. Un peu plus loin, il se détendit et lui offrit une énorme barbe à papa d’un rose de princesse , avec un tel sourire qu’elle n’osa pas lui dire que ça l’écœurait un peu et qu’elle aurait préféré la balançoire. Ils chantèrent le reste du chemin.
A la maison la situation se corsa. La mère de Juliette entra dans une colère noire contre son mari auquel, décidément elle ne pouvait pas faire confiance. Il ne savait pas résister aux caprices de sa fille alors qu’elle lui interdisait formellement de manger des sucreries… Du sucre, elle en avait partout, autour de la bouche, sur le robe neuve et même dans les cheveux. Au bain, immédiatement ! Juliette comprit que ce n’était pas le moment de parler de la balançoire… que ça ne le serait jamais. Les adultes sont bien étranges.
DDor

