Ecrit en Septembre 2024 jeu 2: moi aussi j’ai fait du sport

Moi aussi j’ai fait du sport :

Prenez un personnage célèbre, réel ou de fiction dont on n’attend pas de prouesse sportive  et racontez à la première personne sa pratique d’un sport à un moment de sa vie.

Depuis mon arrivée en France pour mes épousailles avec le futur roi Henri II, je joue au jeu de paume.

J’adore épater la galerie dans le tripot de La Sphère rue vieille du Temple à Paris.

J’ai commencé à pratiquer ce sport avec pour seul accessoire un gant de cuir. J’en ai toute une collection !

Au début, je jouais à la longue paume, en extérieur. Mais ça, c’est pour les gueux !

Désormais je joue à la courte paume, c’est à dire en intérieur et sur un terrain plus petit.

De plus, la raquette a fait son apparition. Je frappe donc dans l’esteuf sans douleur et avec bien plus d’élégance.

Seuls les paysans jouent avec la paume : jeu de main, jeu de vilain !!

Mes longues robes enveloppant mon vertugadin entravent mes pas et réduisent ma course, mais je reste redoutable ! D’ailleurs, mon hérétique gendre qui a eu l’outrecuidance de me défier a tâté de mes revers puissants et a paumé la partie.

Je suis reine de France, et reine du jeu de paume !

QUI ? Catherine de Médicis

C .

Plus connu pour mon catogan et mes excentricités, j’ai pourtant fait du sport durant ma jeunesse.

J’adorais parcourir à cheval notre vaste domaine de Bissenmoor. J’ai aussi fait de la voile lorsque nous habitions Hambourg. Hélas, lorsque nous sommes venus habiter Paris dans les années 50, je n’ai plus trouvé ni le temps ni l’envie de pratiquer ces activités. Mais je me suis toujours contraint à un certain nombre d’exercices journaliers afin d’assurer une certaine rigueur à ma silhouette. J’ai ainsi perdu 40 kg afin de pouvoir porter les tenues crées par mon ami Edi Slimane pour Dior.

Avez-vous trouvé mon nom ? Ma chatte Choupette est aussi connue que moi.

QUI ? Karl Lagarfeld

Dodou

Les jeux Olympiques !Toutes ces médailles! Cela me donne le tournis !Il faut se montrer à la hauteur !Demain ,je commence la gym…une demi-heure tous les matins et le soir le tour du pâté des maisons au pas de course .Etirer le dos ,lever les bras le plus haut possible ,tourner la tête à droite , à gauche ,faire quelques paires de  ciseaux pour garder le ventre plat (heureusement ,quand je présente le JT ,je suis derrière un bureau ,rien ne se voit…)Ouf !Seulement un quart d’heure de ce « cinéma » et je suis épuisé! Demain ,je reçois la médaille d’or du surf ,je vais devoir me montrer à la hauteur ,comme si je glissais divinement sur les vagues, en plus il est magnifique avec ses yeux d’un bleu polynésien ,et moi qui maintenant doit teindre mes cheveux pour garder mon poste…

QUI ? Laurent Delahousse ?

B.H.V.

Quand j’étais petit, j’adorais être dehors, jouer, courir, nager, faire du tennis, jouer au ping-pong.
Bien sûr, je n’avais pas de coach, et je n’ai pas été découvert pour mes temps records. Mais quelle importance ! Et ça a été sûrement une chance pour moi. J’ai fait du sport pour mon plaisir..

j’avais ma propre discipline, bien sûr, je ne tuais pas à la tâche , mais j’étais passionné.

Ce que je préférais, c’était marcher sur de longues distances avec mon chien., mais je n’aurais jamais pensé courir un marathon.

Tout ça était bon pour les jeux olympiques. Et je n’ai jamais eu la moindre idée de battre le moindre record.

Et en marchant, me venaient des idées pour écrire. Et en rentrant, j’écrivais comme un forcené. J’étais un bourreau de travail et c’est ainsi que je suis devenu célèbre, que j’ai écrit de nombreux romans et que j’ai gagné de nombreux prix.

QUI : J.J. Rousseau ? Stevenson ?

N.C.

Moi aussi j’ai eu fait du sport et voilà comment .

Je range mon stylo, mon carnet dans mon veston, je chausse mes espadrilles et je pars le long de la rivière. Je marche à petits pas, à petits pas puis à grands pas ; quand la sueur colle la chemise satinée au nombril, je m’arrête, j’effectue quelques mouvements de torse et de bras. Je fais demi-tour en respirant à fond. Fier d’avoir parcouru mes 350 mètres, je remonte au village, je m’arrête au café descendre une petite pinte de bière-ou deux- et je rentre chez moi reprendre le carnet et le stylo pour y poser mes pensées créatrices. Moi aussi j’ai fait du sport, et puis je me suis arrêté parce que ça ne servait à rien. Les idées ne venaient plus pendant la marche. Je me suis mis au tricot car c’est bien pour la dextérité manuelle et le vagabondage cérébral. Là aussi mes idées se sont raréfiées, j’ai arrêté le tricot.

Je vais peut être essayer le saut à l’élastique et le ski extrême pour me booster. Faut voir.

QUI ?

S.R.

Lui aussi , il a fait du sport

Nicolas si petit et si frêle dans son beau costume tout neuf, en ce premier jour de rentrée scolaire, regardait avec appréhension le collège et ses tourments se rapprocher inéluctablement de lui. Il se demandait s’il allait survivre à cette journée si particulière. Il allait retrouver Jean, Henri, Pierre mais aussi le gros Louis qui le terrorisait et une boule se forma dans sa gorge l’empêchant de respirer. Ils l’appelaient « le minus » et il encaissait les coups et les brimades, jour après jour, stoïque en rêvant de vengeance et de gloire.

Nicolas se voyait champion du monde de boxe à l’image de son idole Mohamed Ali qu’il découvrit à la télévision lors d’un championnat en 1967, Il avait 12 ans et il s’imagina en haut de l’affiche. Il s’inscrivit dans une salle de sport et tous les soirs après les cours il allait s’entraîner. Il tapait comme un fou sur le sac de ses petits poings rageurs et il rentrait chez lui couvert de sueur, tremblant de la tête aux pieds et se répétait inlassablement  tout en visionnant les matchs de ses idoles « j’y arriverai, j’y arriverai. Un jour je serai champion du monde de boxe poids lourds ». Son entraîneur croyait en lui, en ses capacités sportives et ne doutait pas qu’il ferait de lui un champion. Nicolas apprit très vite les techniques de la boxe. Il progressa rapidement dans ses déplacements et ses coups et il obtint au fil des mois un assez bon niveau. Il s’inscrivit à plusieurs compétitions. Hélas ! La saison fut catastrophique. Il perdit tous les tournois durant lesquels il fut blessé , le nez cassé, le corps couvert de bleus, le visage tuméfié. Grâce à son père et son entraîneur qui l’encourageaient malgré ses défaites il gardait bon espoir de réussir un jour et remontait avec toujours plus de détermination sur le ring. Au collège il était la risée d’un groupe de garçons désireux d’en découdre avec lui. Des bagarres éclataient qui se terminaient dans le bureau du directeur. Mais malgré ses échecs et les difficultés qu’il rencontrait il n’abandonna pas la boxe. Il aimait la compétition. Il aimait se battre et il aimait gagner. Il se voyait en héro, vainqueur et non vaincu. Sa mère épouvantée par la tournure que prenait les évènements l’exhorta à arrêter ce sport si violent et à se consacrer à une activité plus pacifique. Il lui dit alors d’un ton assuré « Maman, ne t’inquiète pas, quand je serai grand, je serai boxeur professionnel et je me hisserai sur la plus haute marche du podium ou bien je serai président de la république ».

QUI ? Nicolas Sarkozy

D.L.

Alors que je visitais un quartier dévasté dans la zone nord de Londres, à nouveau une alarme stridente perça mes tympans. Une escadrille de stukas piquait droit sur notre groupe. Cent mètres nous séparait d’un bunker souterrain.

Pas le temps de traîner

Mon corps s’adapta et je devins une gazelle.

Ce fut mon seul et unique exploit sportif, en octobre 40 lors du Blitz.

Et je crois ne pas m’être trahi en affirmant lors d’un interview « No Sport »

QUI ? Winston Churchill

H.G.T

Extrait d’une interview donnée par Winston Churchill au Time Magazine le 18 juillet 1960 :

« -So, sir Winston , « no sport » really ?

-Le sport c’est nous les britanniques qui l’avons inventé pour ainsi dire : football, rugby, cricket, polo etc. .. Mais le sport moi ça n’est pas ma tasse de thé ou du moins ça ne l’est plus. D’autant que ma tasse de thé à moi c’est plutôt le whisky… Mais en réalité j’ai été sportif dans ma jeunesse j’ai même été capitaine de l’équipe de polo de mon régiment aux Indes , et on a gagné pas mal de tournois à l’époque. Malheureusement les sous hommes qui peuplaient l’empire de sa gracieuse majesté ayant des réticences à reconnaître les bienfaits et la supériorité  de la civilisation britannique j’ai dû me consacrer à des tâches qui m’éloignèrent des terrains de polo ; comme par exemple le massacre systématique village par village des populations pachtounes révoltées, puis plus tard des kurdes d’Irak au moyen de gaz toxiques et pendant la seconde guerre mondiale il fallut beaucoup insister auprès des Bengalis pour qu’ils acceptent de fournir l’approvisionnement de nos troupes d’extrême orient ça n’a pas été sans pleurnicheries et mauvaise volonté de leur part soi disant parce que cet effort de solidarité avait causé chez eux une famine et trois millions de morts…

Donc vous voyez je peux dire malgré tout que moi aussi j’ai fait du sport et si lorsqu’on me demande le secret de ma longévité je réponds par cette formule maintenant célèbre « Whisky, cigars and no sport » c’est que j’ai le goût de la provocation et le sens de l’humour anglais…

Qui ? Winston Churchill

F.V

Lui aussi, il a fait du sport

Journal de la princesse Constanza Colona, décembre 1606

Il a fallu qu’en toute hâte je mette mon protégé,en sécurité, loin de Rome.

Il est pourchassé par la police et condamné à l’Exil pour une rixe qui aurait mal tourné selon la vindicte de la rumeur romaine : un meurtre, celui de Ranuccio Tomassoni, pour de sombres questions de dette de jeu ou de femme.

L’affaire est ailleurs, mais mes solidarités familiales m ‘interdisent de parler. Mon cousin , le prince Gonzalo Albaricci, avide de reconnaissance et de gloire, voulait briller à l’occasion des jeux Olympiques de 1608, organisés à Rome par son oncle, le Prince Amerigo Borgia.

En grand secret il avait rassemblé une équipe disparate de fines lames, jeunes nobles de sang ou hommes des bas-fonds. Tous impétueux, rusés, prompts à sortir leur épée mais aussi orgueilleux et jaloux . Une troupe difficile à mener, en particulier Michelangelo Mérisi, un vrai cheval sauvage : le plus impulsif, le plus imprévisible,le plus violent, une sourde colère brillant toujours au fond de sa pupille, mais aussi le plus fier, mais aussi le plus audacieux, affûté, le plus précis, aussi talentueux dans le maniement des armes que dans celui du pinceau .

Persuadé de le dompter, mon cousin voyait en lui la médaille d’or qui ferait briller son blason. Patiemment, il leur inculquait les règles du sabre et du respect de l’adversaire ; il organisait entre eux des tournois, veillant à arrêter l’affrontement à la première goutte de sang. Ce sport est d’autant plus dangereux qu’il n’existe aucune protection, hormis une cuirasse légère qui protège le torse.

Comme tous les jours, l’entraînement sa déroulait à l’abri des regards derrière l’église San Lorenzo ; Les hommes joutaient depuis plusieurs heures. C’était au tour des meilleurs poulains de s’affronter, Merisi contre Tomassoni. Jamais Michelangelo n’avait été aussi tendu, dominant son adversaire en initiative et en attaque . Plus Ranuccio Tomassoni avait du mal à placer ses parades , plus il devenait nerveux, furieux et maladroit. C’est ainsi que, après une parade manquée, le sabre de Michelangelo atteint la cuisse de son adversaire et lui infligea une blessure mortelle. Rien de volontaire d’après Gonzalo qui arbitrait. La règle veut que celui qui a l’initiative et qui attaque a toujours raison.

Ainsi l’entendait-il, mais pas les frères Tomassini qui faisaient aussi partie de l’équipe.

Comme il était inconcevable pour mon cousin de voir salir son nom. Il abandonna l’affaire et ses projets sportifs et l’histoire tourna en sordide fait-divers. Champion olympique ou pas, meurtrier ou pas,  Merisi reste mon protégé .

Qui ? Le Caravage

dodor

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *