Ecrit en février 2026, jeu 2, comme son nom l’indique

Jeu 2 Comme son nom l’indique

Imaginez l’apparence, le caractère, la fonction d’un individu, d’une ville en fonction de son nom

exemple:Florence est ville et fleur et femme, elle est ville-fleur et ville-femme et fille -fleur tout à la fois ( J.P.Sartre, qu’est-ce que la littérature?)

Des noms de Personnes

Le charpentier. Il fabrique des charpentes. Il est grand fort et bien charpenté.

C.F

Des villes

Angoisse situé à côté de l’Hépital est un petit bourg loin de tout , 20kms de ST YRIEIX, 80kms de LIMOGES. Pas de services, pas de boulangerie, une école maternelle jumelée avec Sarlande. Traversé par la D704 c’est un bourg dortoir et ….angoissant.

H.L.

C’est un village qui ressemble à tous les autres ; sa rue principale avec un magasin fermé sur deux, sa place goudronnée derrière l’église, un bar-tabac-presse-dépot de pain, il ne ressemble donc à rien… et pourtant la vie y fourmille de mille petites horreurs. Les enfants semblent tristes et éteints dans la cour de l’école, les gens se croisent , la mine toujours défaite, le groupe médical ( il y en a un, si)regorge de patients moroses et déprimés, les joueurs de cartes (il y en a , si) tirent une tête d’enterrement. Plus de mariages, très peu de naissances non plus. Les voyageurs traversent ce village à toute vitesse, en retenant leur souffle et en croisant les doigts dès que le panneau apparaît . C’est ANGOISSE

S.R.

Le Fion est une petite commune de Haute-Savoie coincée entre deux collines rondes.

Ambiance lourde, humour gras, rancunes qui fermentent depuis des générations, rien n’est jamais vraiment discret. C’est l’étape que l’on traverse à contre cœur… mais dont tout le monde se souvient. Sa devise : On y entre par hasard. On en sort changé.

Jumelage en cours avec la commune de Fourqueux dans les Yvelines.

B.D.

Terrasson = Terre à sons

Avez-vous remarqué comme notre ville porte bien son nom ?

Les fontaines chantonnent ; les clochettes des Jardins de l’Imaginaire

du haut de leurs mâts, sonnent au gré du vent. Y répondent les cloches de

Saint-Sour et l’antique sonnaille de Lavilledieu. Chaque quartier a sa couleur et sa

musique. La Vézère alanguie en été murmure et gronde lors des hautes eaux.

Ecoutez bien, et la ville vous parlera !

Terrasson Lavilledieu

Moi, j’ai toujours aimé regarder le monde qui m’entoure de haut, de nature plutôt frileuse j’ai d’emblée mis une certaine distance avec la capricieuse Vézère trop encline à sortir de son lit au premier dérèglement climatique et puis les effluves nauséabonds émanant des étendues marécageuses engendrées dans la plaine par cette rivière fangeuse venue des montagnes sauvages et schisteuses du Massif Central, ces effluves donc, dis-je, arrivaient parfois jusqu’à mes délicates et élégantes toitures d’ardoises. Tout ça c’était bon pour les manants goitreux et paludiques de Lavilledieu dont j’avais tout loisir d’observer la vie misérable et laborieuse qu’ils menaient depuis les hauteurs majestueuses de mon Malpas. Mon nom ne pouvait que refléter ma nature hautaine et évidemment dominatrice qui est ma marque de fabrique.

Certains cul-bénis ont cru malin de faire courir le bruit , une légende, une fake news comme on dit aujourd’hui, selon laquelle ce serait à partir d’un lâcher de pigeon, de colombe, de palombe peut-être que l’on décida de ma naissance, de ma localisation et de mon nom ! En se posant les stupides volatiles suscitèrent l’enthousiasme du bon peuple gallo romain qui s’écriaient : A terra sunt ! A terra sunt ! Tout fiers de montrer par la même occasion qu’ils avaient été aux écoles et savaient le latin. Non, tout ça c’est des contes pour amuser les enfants ou les touristes. La vérité c’est que me suis appelé Genouillacum ou Genouillac quand je n’étais encore qu’une villa gallo romaine mais ça n’a duré que quelques siècles et dès le XIème , je me suis étalé sur ces hauteurs où vous me voyez aujourd’hui et qui forment une terrasse d’où l’on observe et surveille la vallée de la Vézère. On dit parfois que Terrasson serait un diminutif de terrasse, c’est totalement faux bien sûr, une pure calomnie répandue par les voisins envieux de Cublac ou Lavilledieu ; non, en réalité terrasson ou terrassenc c’est nom que l’on donnait à mes habitants en occitan. Ben oui parce que ma langue maternelle, celle que l’on entendait encore il y a peu résonner dans les ruelles, les charreyrous de la Nicle, c’est l’occitan, la langue d’oc des troubadours qui inventèrent la fin’amor et la poésie courtoise faisant l’admiration de toutes les cours princières de l’Europe. Et oui j’ai aussi été partie prenante de l’épanouissement de cette brillante civilisation que continue de perpétuer avec talent l’atelier d’occitan sous la houlette de Mme Lasternas, sans oublier Charles Feytaud, le médecin érudit, qui fut mon maire de 1903 à 1909 et qui sous l’effet de la passion amoureuse qu’il me vouait recueillit précieusement et exclusivement tous les mots de mon patois terrassonnais. Quand j’y repense j’en ai séduit des hommes et pas des moindres, tenez prenez par exemple ce M.Delmon, grand capitaine d’industrie, qui fut mon maire lui aussi pendanrt 30 ans durant lesquels il ne cessa de me tresser des louanges et de m’accabler de déclarations enflammées.Pour s’attirer mes faveurs il me couvrit de cadeaux : des jardins magnifiques qui coûtaient une fortune et ces lustres du grand hôtel le Royal Monceau qu’il fit venir à grand frais de Paris pour orner mon église et la salle des délibérations de l’hôtel de ville ; si c’est pas de la passion ! et jaloux avec ça il saisissait la moindre occasion pour dénigrer son prédécesseur affirmant qu’il m’avait ruinée et défaisant ce qu’il avait fait en effaçant par exemple la fresque qui ornait la façade de mon centre culturel…Enfin bref pour en revenir à mon nom, les savants en étymologie ont bien noté que les notions de hauteur et de domination y sont bien présentes, en effet, font-ils observer, la racine « ter » qu’on retrouve dans « tertre » signifie « petite montagne » quant au suffixe « asson » c’est un adverbe signifiant « au sommet ». Voilà qui explique la grande hauteur de vue à tous les sens du terme dont j’ai fait preuve durant mon histoire. Les jaloux et les envieux disent que je me la pète du haut de ma colline mais je peux faire preuve d’ouverture et de générosité vis à vis du petit peuple, tenez par exemple,

il y a quelque temps les évolutions sociales et économiques m’ont amenée à descendre de mon perchoir pour aller voir un peu ce qui se passait dans le bas monde enveloppé de brumes et de miasmes marécageux ; je me suis donc étalé sur la rive droite de la Vézère jusqu ’à absorber les goitreux de Lavilledieu qui furent bien heureux en 1963 de se fondre dans la grande métropole que je suis devenue et qui accueille depuis des populations venues des quatre coins du monde.

Mais nous en resterons là pour aujourd’hui et terminons par la formule rituelle :

Vive moi ! Vive la république ! Vive la France !

F.V.

Vatan est une petite commune agricole de l’Indre, sur une morne plaine battue par les vents, hors du temps. La majorité de ses habitants fait peu de cas de ses voisins et ne fait que passer à Vatan, aspirée par l’A 20 qui la conduit vers des lieux plus enchanteurs.

Anne Laure y est née comme tous les Vasy, depuis la nuit des temps. Elle n’en était pas stable pour autant. Elle tombait amoureuse des hommes de passage, se mariait et sitôt après les épousailles , elle se lassait. D’un « Va-t-en »péremptoire , elle les chassait. Ils disparaissaient dans un courant d’air, une bourrasque ou une bonne bise hivernale.

Edmond était le dernier et on sentait qu’il ne s’en laisserait pas conter. Avec son profil acéré, son regard d’acier, il était d’une autre trempe.

Lorsqu ‘Anne laure lança son « Va-t-en ! » à Edmond Surin , il planta son regard dans le sien et affirma froidement : « A Vatan je suis, A Vatan je reste ! », et comme elle restait interloquée, il ajouta «  Anne Laure Vasy, toi, hors de Vatan ! je t’aide , moi »

Edmond Surin la planta de son couteau qui ne le quittait jamais. Une petite voix lui conseilla :  « Va-t-en , loin de Vatan , avant qu’on ne te rattrape ». Et il disparut à jamais avec une mini-tornade qui coucha les blés prêts à être moissonnés.

D.Dor

Aux balcons des villes

Emilia Camilia Nancy Mantes la Jolie

font surtout des kilomètres à vol d’oiseau

Nancy, opposée à Grasse

Pourtant ville-fleur

Quand elle est aussi

Cette aussi

cette si jolie plume de

Prénom très ancien

Et souvent d’Iles

Normandes ou Danoises, ou Islandaises

où chantent tant

De poètes entourés de

Violoncellistes et de

joueurs de flûtes Les fleurs

sont aux balcons des villes

leur mousse imbibe

les pluies descendant

Des Tonnerres et tout peut

reprendre tout en bas, tout en haut.

M.L.

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