Lu en janvier 2023, coups de coeur: la peur: La chatte (1933), Colette

La chatte (1933), Colette

  Ce court texte est d’abord paru, d’avril à juin 1933, sous la forme d’un feuilleton dans le journal Marianne. Le livre est sorti en septembre de la même année. Les critiques furent divisées. 

Deux amis d’enfance, Camille et Alain se marient (mariage arrangé par leurs familles). Un petit appartement triangulaire, leur « nid » comme l’appelle Camille, est le décor de ce huis clos étouffant. Alain n’est pas vraiment adulte ; il se plait à prolonger son adolescence insouciante, ses jeux, dans la demeure familiale, et à continuer à rêver, accompagné de sa chatte Saha, « sa chimère » comme le dit sa mère. Camille au contraire, va de l’avant, très énergique et en attente du bonheur avec Alain, rien qu’avec lui. Lui ne parait pas vraiment amoureux. Sa chatte, c’est son enfance, sa vie avant son mariage, une adoration : « cette petite créature sans reproche, bleue comme les meilleurs rêves ». Camille en est jalouse et se sent « sacrifiée à une bête ». Elle tente de la tuer. Quand Alain découvre cet « attentat, cet assassinat », il voit Camille comme un monstre et la quitte.

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Lu en janvier 2023, coups de cœur, la peur: La peur (1925), Stefan Zweig

La peur (1925), Stefan Zweig

Stefan Sweig est né en 1881 dans la bourgeoisie viennoise, en Autriche. Il a écrit des nouvelles (Deux heures dans la vie d’une femme, Le joueur d’échecs, La pitié dangereuse…), des essais, des romans des biographies et une abondante correspondance, notamment avec Romain Rolland et Emile Véhraeren.

Son expérience de journaliste sur le front en 1914-1918 a fait de lui un écrivain réaliste et un pacifiste inconditionnel. Il refuse de s’engager pendant la montée du nazisme mais fuit en Angleterre en 1934 car il est pourchassé en tant que Juif, puis au Brésil où il se suicide en 1942 avec son épouse par refus du nazisme.

La peur, est un recueil de nouvelles dont la première s’intitule « La peur » et se lit comme un thriller. Le lecteur partage, dès la première ligne la peur de l’héroïne, Irène qui a une vie bourgeoise mais qui terrorisée à l’idée que son mari apprenne qu’elle le trompe, par désœuvrement avec un jeune musicien.

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Lu en janvier 2023, coups de coeur, la peur: Poil de carotte (1894), Jules Renard

Poil de carotte (1894), Jules Renard

Dominique C. nous a lu un extrait d’un des plus grands classiques de la littérature : Poil de Carotte.

Jules Renard est né en 1864 et mort en 1910. Une vie brève, où il a eu le temps d’écrire des livres laissés à la postérité : son Journal, Poil de carotte, Histoires Naturelles entre autres.

Ce célèbre roman de l’enfance de Jules Renard est largement autobiographique. Poil de Carotte est le petit dernier de la famille Lepic. C’est un jeune garçon de 10 ans, roux, plein de fantaisie, attachant mais mal aimé. Il est le souffre-douleur de sa mère qui le déteste et lui a donné son surnom, de son frère qui se dérobe toujours et de sa sœur aussi méchante que la mère (le père est peu présent).

Le passage choisi retrace un moment de terreur où le jeune garçon est contraint par le bloc familial à aller fermer les poules dans le noir complet. Il fait face. Jules Renard nous fait en quelques lignes sublimées par l’humour partager sa peur, sa solitude d’autant plus fortement qu’elles se raccrochent à des sensations vécues par chacun.

Dominique Dor.

lu en janvier 2023 coup de cœur, la peur : Zombillénium (2009), Arthur de Pins

Zombillénium (2009), Arthur de Pins

Zombillénium est une bande dessinée conçue par l’auteur français Arthur de Pins et éditée chez Dupuis depuis 2009. Elle est composée de 6 tomes :

Tome 1 Gretchen

Tome 2 Ressources humaines

Tome 3 Controls Freak

Tome 4 La fille de l’air

Tome 5 Vendredi noir

Tome 6 Sabbath Grand Derby

L’ensemble des tomes sont disponibles au rayon BD adulte de la médiathèque.

L’histoire nous immerge dans un parc d’attraction, situé sur la Route du Marais Putride, à Verchain-Maugré (en pleine campagne dans le département du Nord). Celui-ci emploie des morts pour effrayer les visiteurs. En signant leur contrat de travail, les employés ont tous vendu leur âme au diable à leur insu.

Sensés nous faire peur, zombies, loups-garous, sorcières et monstres en tout genre s’avèrent en perte de vitesse et ne répondent plus aux attentes des visiteurs et par conséquent des actionnaires.

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lu en janvier 2023, coups de coeur, la peur : Seule en sa demeure (2021), Cécile Coulon

Seule en sa demeure (2021), Cécile Coulon

Au XIXme siècle, Aimée subit un mariage arrangé, chose fréquente à l’époque. Elle est mariée avec un riche propriétaire du Jura, veuf. Elle vit dans un domaine austère, le domaine Marchère, avec Henria la servante et son fils muet.

Le domaine Marchère lui apparaîtrait nettement, comme un paysage après la brume. Une fois le brouillard des sapins levé sur la colline, Aimée retiendrait dans sa gorge un hoquet de surprise : jamais elle n’aurait vu un lieu pareil, jamais elle n’aurait pensé y vivre.Une bâtisse de pierre et de bois, aussi large qu’un couvent, aussi haute qu’une église, trônait au cœur du paysage.(Page 35)

Son mari, doux et prévenant avec elle, mais taiseux dénote avec l’époque et l’environnement. Cependant, la jeune femme se renferme et se ternit. Ses parents lui manquent. L’atmosphère se détend avec l’arrivée d’une professeure de musique qui éveille Aimée à de nouvelles sensations. Mais elle sera vite évincée. Les non-dits et les secrets qui l’entourent font planer sur elle une menace insidieuse. Tout cela conduit à une atmosphère suffocante qui provoque le malaise. L’inquiétude et le suspens sont omniprésents et font écho à plusieurs auteurs du 19me siècle comme les sœurs Brontë.

Dominique Dou.

Aimée, une jeune fille de 18 ans est mariée par arrangement à Candre, par ailleurs veuf.

Il vit dans un domaine austère au milieu de la forêt jurassienne avec sa fidèle servant Henria qui s’est occupée de lui depuis son plus jeune âge suite au décès de sa mère.

Angelin, fils d’Henria, personnage à la marge, intrigant, vit également sur le domaine.

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Lu en janvier 2023, coups de cœur, la peur: Captive (2022), Sarah Rivens

Captive (2022), Sarah Rivens

Captive est une série composée de 3 tomes (le dernier est paru le 25/01 dernier) et qui s’inscrit dans le genre de la Dark romance où généralement les personnages sont sombres et tourmentés. Sarah Rivens, l’autrice l’a écrit sur le réseau social Wattpad, déjà évoqué dans un précédent compte-rendu ; avant d’être publié par les éditions Hachette.

On y suit l’histoire d’Ella, « captive » au sein de la dynastie Scott est prisonnière d’un homme qui la bat et la confie à d’autres hommes qui la violent. Un jour elle est vendue au dénommé Asher, dirigeant d’un réseau criminel et autre homme brutal et sadique qui ne cesse de la violenter tant physiquement que psychologiquement. Malgré, les sévices exercés sur elle, la jeune femme ne peut s’empêcher d’être attiré par son bourreau. Le syndrome de Stockholm y est prépondérant.

C’est un livre sombre et violent.

Amandine

Lu en janvier 2023, coups de cœur, la peur:Rebecca (1938), Daphné du Maurier

Rebecca (1938), Daphné du Maurier

Adapté en 1940 au cinéma par Alfred Hitchcock, il a été lu par plus de 30 millions de personnes.

Comme dans le roman de Cécile Coulon, le domaine de Manderley est un personnage à part entière et les démons du passé hantent les personnages. Autre point commun un veuf, Maxim de Winter dont la première épouse est morte noyée, quelques mois auparavant. Tout cela contribue à créer une ambiance de thriller où la nature, comme chez Cécile Coulon occupe une place de premier plan.

A noter selon une lectrice, la peur varie avec l’âge et l’état d’esprit.

Dominique Dou.

Lu en janvier 2023, coups de cœur, la peur: Le horla (1887), Guy de Maupassant

Le horla (1887), Guy de Maupassant

La plus connue des nouveaux fantastiques écrits par Maupassant, un maître du genre au XIXème siècle. Il en a écrit trois versions, la troisième la plus aboutie se présente sous la forme d’un journal relatant à la première personne des évènements étranges sur une période allant de mai à fin août.

Le narrateur vit seul avec ses domestiques dans une belle demeure en Normandie en bord de Seine.

Un jour il observe sur le fleuve le passage de magnifiques navires dont un trois-mâts brésilien tout blanc. Peu de temps après il éprouve une sorte de malaise, d’angoisse puis de terreur dont il ne comprend pas l’origine et qui fait de sa vie un cauchemar. Il lui semble qu’une présence invisible est la cause de ces troubles. Il décide de s’absenter et va visiter le Mont Saint Michel il revient guéri et rasséréné même si une discussion avec un curé féru de légendes locales qui lui dit croire à l’existence de forces mystérieuses dans la nature ne le rassure pas. Mais au retour ses terreurs reviennent très vite avec la certitude d’une présence qu’il met en évidence par un dispositif quasi scientifique. Il fuit de nouveau à Paris où il sera témoin d’une expérience d’hypnose qui le bouleverse. De retour chez lui l’existence de l’être invisible qui le tourmente est de plus en plus évidente au point qu’il affirme l’avoir vu il décide d’engager une lutte à mort avec lui : « C’est lui, lui, le Horla qui me hante ! Il est en moi, il devient mon âme ; je le tuerai ! ».

Francis

Lu en janvier 2023, coups de coeur, la peur :Le fantôme de Canterville (1887), Oscar Wilde

Le fantôme de Canterville (1887), Oscar Wilde

Un ministre américain et sa famille achètent à Lord Canterville son château et tout ce qu’il contient… fantôme compris. Mais la famille Otis n’a vraiment pas peur des fantômes. Alors, lorsqu’un spectre qui a l’habitude de terroriser tout le monde se trouve confronté à deux jumeaux qui ne pensent qu’à lui jouer de mauvais tours, il est plus que déconcerté.

Ici la peur change de camp.

Humour anglais au programme ! Oscar Wilde s’en donne à coeur joie en décrivant les malheurs d’un spectre qui ne sait que faire pour effrayer une famille qui lui offre de l’huile pour lubrifier ses chaînes : le bruit empêche tout le monde de dormir ! 

Dominique Dou.

lu en janvier 2023, coups de cœur, la peur:Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (1952), Stig Dagerman

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (1952), Stig Dagerman

Stig Dagerman, écrivain suédois est fils d’une famille modeste et abandonnée par sa mère très jeune. Il commence sa carrière littéraire en 1941 d’abord comme journaliste. En 1943, il épouse Annemarie Götze, fille de réfugiés allemands.

En 1945, paraît son premier roman Le serpent où le thème du suicide est prépondérant et devient le porte-drapeau de la nouvelle vague littéraire suédoise. Mais en 1949, Dagerman se trouve dans l’incapacité d’écrire. Il divorce d’Annemarie en 1950 et se remarie en 1953. Pourtant, Dagerman plonge peu à peu dans la folie et la dépression, persuadé de ne pas être à la hauteur des espoirs que le public avait mis sur lui. Dans la plupart de ses œuvres on retrouve les thèmes suivants : la moralité et la conscience, la sexualité, la philosophie sociale, l’amour, la compassion et la justice. Il décèdera à 31 ans en se suicidant en 1954 dans le garage de sa résidence en banlieue de Stockholm.

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, paraît en 1952 dans un magazine suédois. C’est un court essai où l’auteur y développe ses réflexions sur le sens de l’existence, la mort, le suicide (précurseur de son propre suicide ?). Le ton est maitrisé, grave et souriant à la fois, alternativement sombre et lumineux, mais ne verse jamais dans l’excès. Le style d’écriture crépusculaire, témoigne de l’état des réflexions de l’auteur peu avant son suicide. Ses pensées se débarrassent du superflu pour se restreindre à l’équation essentielle de la vie et de la mort. Ayant peur de la vie, Dagerman choisit la mort.

« Je peux m’apercevoir que cette terre est une fosse commune où le roi Salomon, Ophélie et Himmler reposent côte à côte. Je peux en conclure que le bourreau et la malheureuse jouissent de la même mort que le sage, et que la mort peut nous faire l’effet d’une consolation pour une vie manquée. Mais quelle atroce consolation pour celui qui voudrait voir dans la vie une consolation pour la mort ! ».