Lu en octobre : écrivains du nord Grondhal 4 jours en Mars

Jens Christian GRONDHAL, Quatre jours en mars (2003)

Un évènement fortuit fait basculer la conscience qu’on a de sa vie : c’est ce que décortique finement, méticuleusement Jens Christian Grondahl dans Quatre jours en mars comme dans la plupart de ses romans. L’héroïne, Ingrid est une architecte reconnue proche de la cinquantaine, une femme indépendante. Mise en face d’un acte de violence raciste de son fils, elle le gifle, acte inadmissible dans l’éducation danoise qui inverse la culpabilité et amène Ingrid à scruter sa vie avec une nouvelle lucidité. Le romancier entrelace, au rythme de la remontée des souvenirs et des rencontres, la vie de trois générations de femmes « fortes » (Ingrid, sa mère et sa grand-mère). Il en ressort la peinture d’une société où l’émancipation individuelle se paie par une grande solitude, une distance qui déstabilise les relations de couple ou parents enfants et fragilise les êtres.

Certains lecteurs ont beaucoup aimé accompagner cette plongée subjective non linéaire d’un être particulier alors que d’autres, aussi nombreux, l’ont rejeté fermement pour la personnalité des protagonistes ou la construction lente jugée longue et répétitive, la difficulté à avoir un point de vue objectif.

Lu en septembre 2019, Europe Nord :Fleming JENSEN – Petit traité des privilèges de l’homme mûr

Fleming JENSENPetit traité des privilèges de l’homme mûr

F JENSEN est un humoriste danois. Dans ce livre qui fait penser à des sketches, il nous livre ses réflexions nocturnes, lorsqu’il est obligé de se lever la nuit pour grignoter ou satisfaire un besoin naturel ; tous les textes ne sont pas de la même qualité, mais certains sont réellement savoureux, à rapprocher de l’humour anglo-saxon.

Dans ces courts récits, il dissèque les travers de ses contemporains, mais il pratique également l’autodérision en même temps que la satire sociale. Il y critique aussi la société occidentale et ses travers.

Les textes « Questionnement sur la pertinence de nos célébrations », « La nervosité des jours d’anniversaire (avec la multiplication des ex et des familles recomposées), ainsi que Carotte Airways (les cadeaux des petits enfants) sont particulièrement savoureux.

Des encarts présentés comme des maximes, séparent les différentes parties du livre : « Sur la perte de poids – Ne jamais manger plus qu’on ne peut soulever ».

Ce livre malicieux et ironique fait écho aux textes de Riel (son compatriote) que Jensen a adapté pour le théâtre. Si vous ne les connaissez pas, précipitez-vous aussi sur les « Racontars arctiques » dans lesquels vous découvrirez les aventures déjantées et chaleureuses d’une bande de joyeux drilles !