Jens Christian GRONDHAL, Quatre jours en mars (2003)
Un évènement fortuit fait basculer la conscience qu’on a de sa vie : c’est ce que décortique finement, méticuleusement Jens Christian Grondahl dans Quatre jours en mars comme dans la plupart de ses romans. L’héroïne, Ingrid est une architecte reconnue proche de la cinquantaine, une femme indépendante. Mise en face d’un acte de violence raciste de son fils, elle le gifle, acte inadmissible dans l’éducation danoise qui inverse la culpabilité et amène Ingrid à scruter sa vie avec une nouvelle lucidité. Le romancier entrelace, au rythme de la remontée des souvenirs et des rencontres, la vie de trois générations de femmes « fortes » (Ingrid, sa mère et sa grand-mère). Il en ressort la peinture d’une société où l’émancipation individuelle se paie par une grande solitude, une distance qui déstabilise les relations de couple ou parents enfants et fragilise les êtres.
Certains lecteurs ont beaucoup aimé accompagner cette plongée subjective non linéaire d’un être particulier alors que d’autres, aussi nombreux, l’ont rejeté fermement pour la personnalité des protagonistes ou la construction lente jugée longue et répétitive, la difficulté à avoir un point de vue objectif.


F JENSEN est un humoriste danois. Dans ce livre qui fait penser à des sketches, il nous livre ses réflexions nocturnes, lorsqu’il est obligé de se lever la nuit pour grignoter ou satisfaire un besoin naturel ; tous les textes ne sont pas de la même qualité, mais certains sont réellement savoureux, à rapprocher de l’humour anglo-saxon.