Lu en février 2022, écrits de chanteurs et de comédiens, Les rêveurs (2018), Isabelle Carré

Les rêveurs (2018), Isabelle Carré

Comédienne et actrice, Isabelle Carré est née en 1971 à Paris.

Les Rêveurs est son premier roman. Dans une interview, elle écrit :

A dix ans, j’ai commencé à écrire un journal intime. Mais j’ai mis longtemps à m’autoriser à écrire l’histoire de ma famille. Je crois que j’avais peur de ne pas avoir les mots justes. C’est ça aussi qui m’a poussée à l’écrire comme un roman : je voulais être dans mon ressenti, pas dans un récit factuel. Je n’ai mené aucune enquête ! J’ai travaillé à partir de mes souvenirs et de mon imaginaire enfantin. J’ai inventé certains faits et j’en ai mélangé d’autres : disons que tout est vrai, mais seulement pour moi. Ce livre repose beaucoup sur le temps qu’il faut pour que les souvenirs s’éclaircissent.

J’ai grandi dans une famille romanesque. Mes parents venaient d’univers très différents : des aristocrates désargentés d’un côté et des cheminots de l’autre. Ma mère a tenu tête à sa famille qui voulait qu’elle abandonne son premier enfant à des religieuses (grossesse hors mariage). Très jeune, j’ai eu conscience de la singularité de leurs personnalités et de leurs parcours. Mon enfance en a été profondément marquée”.

Continuer la lecture de « Lu en février 2022, écrits de chanteurs et de comédiens, Les rêveurs (2018), Isabelle Carré »

Lu en février 2023, écrits de chanteurs et de comédiens, Y revenir (2012), Dominique Ané

Y revenir (2012), Dominique Ané

Y revenir est un livre autobiographique du musicien et chanteur Dominique Ané qui conte sa relation avec la ville de Provins. Un excellent chanteur mais aussi une excellente plume. Il raconte sa ville natale qu’il décrit alors qu’il n’y est pas retourné et a fait sa carrière à Nantes. C’est une sorte d’appel, une nostalgie, il la raconte avec tous ses souvenirs pas toujours chaleureux mais le récit est très poétique et très intimiste.

Il explique sans trop comprendre pourquoi ce lieu ne cesse de le hanter alors qu’il a une répulsion pour cette ville « imbue de son passé » « entourée de champs de betteraves » « la plaine désole et isole » qui lui provoquait l’ennui. La ville reste hors de la modernité : elle « refuse de lâcher la bride au présent » et se caractérise par « à peine un peu de vie » et de l’humidité (« une allée conduit à une pente terreuse où je m’embourbe quand il pleut et il pleut souvent »). C’est une ville de province étouffante où ni l’auteur ni ses parents ne se sentent à leur place.

Le premier lieu est « la Bretonnière », le bout du monde : « Trois kilomètres qui nous séparent de la ville. Cette courte distance suffit à nous couper de ce que j’imagine être la vie normale ».

Provins, la ville où la famille s’installe peu après n’a pas plus d’attrait. Ce livre est un voyage à rebours il ausculte les lieux, les êtres rencontrés, il évoque les sentiments qu’il a éprouvés d’ailleurs il a consacré deux de ses chansons à Provins (Seine-et-Marne) : « Rue des marais » et « les terres brunes. » où règne une certaine mélancolie.

Continuer la lecture de « Lu en février 2023, écrits de chanteurs et de comédiens, Y revenir (2012), Dominique Ané »

Lu en février 2023, écrits de chanteurs et de comédiens: Le moabi cinéma (2016), Blick Bassy

Le moabi cinéma (2016), Blick Bassy

Blick Bassy est né en 1974. C’est un auteur, compositeur interprète originaire du Cameroun et qui vit en France ; Moabi Cinéma est son premier roman.

L’auteur Camerounais nous raconte une jeunesse camerounaise dans les quartiers périphériques de Yaoundé, dans un milieu plutôt favorisé. Boum Bidoum, dit Mingri (petit Homme) a un père commissaire de police, catholique très rigoriste et néanmoins bigame, et 15 frères et sœurs. Il impose à ses enfants une vie très stricte : ils doivent se lever tôt et commencer leur journée par la prière et réussir à l’école ou dans leur travail. Néanmoins, comme il est la plupart du temps hors de la concession, ce sont les femmes et le grand-père, un homme haut en couleur qui a participé à l’indépendance du pays qui règnent sur la maisonnée.

Boum Bidoum est plutôt rebelle et le père a du fil à retordre avec son éducation (il le confiera même à son oncle). Il a cependant une jeunesse heureuse, où il fait partie d’une bande, « la bande des cinq ». Ce sont des jeunes aux personnalités bien tranchées qui font les quatre cent coups. Ils n’ont qu’une idée en tête : l’émigration en occident. Ce désir obsessionnel de partir cause des ravages et des drames parmi la jeunesse, prête à tout pour obtenir un visa, et donc aussi dans les familles.

Continuer la lecture de « Lu en février 2023, écrits de chanteurs et de comédiens: Le moabi cinéma (2016), Blick Bassy »