Lu en février 2023, écrits par des chanteurs et des comédiens, Petit pays (2016), Gaël Faye

Petit pays (2016), Gaël Faye

  Gaël Faye est né en 1982, d’abord connu comme chanteur, auteur-compositeur interprète, est reconnu aujourd’hui comme écrivain. Petit Pays est son premier roman, largement autobiographique, d’une très belle écriture.

Son protagoniste est un enfant de dix ans Gabriel qui vit au Burundi dans une famille mixte, aisée. Il a une vie agréable, protégée, jusqu’au moment où il est pris dans la tourmente de l’Histoire qui envahit sa vie, par vagues de violence successives, de plus en plus rapprochées et qui va le pousser comme des milliers d’autre à l’exil.

C’est un livre qui parle donc de l’exil : celui du narrateur, Gabriel du Burundi en France et celui de sa mère et de sa famille du Rwanda au Burundi :

« Je n’habite nulle part. Habiter signifie se fondre charnellement à la topographie d’un lieu, l’anfractuosité de l’environnement. Ici, rien de tout ça. Je ne fais que passer. Je loge ? Je crèche. Je squatte. »

Dans la famille de sa mère, il y a la grand-mère qui a la nostalgie du pays perdu qu’elle raconte sans cesse et il y a le petit fils Pacifique qui rêve du pays à venir, réuni et qui sera pris par la tourmente.

C’est un livre de l’horreur des massacres Hutus et Tutsis dans les deux pays. Le narrateur cherche subtilement des failles dans la vie d’avant, au Burundi, où régnait l’illusion d’une vie commune possible dans ce pays cosmopolite.

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Lu en février 2023, romans de chanteurs et de comédiens: Monstre (2017), Gérard Depardieu

Monstre (2017), Gérard Depardieu

Ce livre Monstre, est un hymne à la vie, la vraie, à l’authenticité : « Ces jours où l’âme se fait lourde, ces soirs où l’on est fatigué de vivre et effrayé de mourir.On en oublierait presque qu’on a un cœur qui bat, du sang chaud dans les veines, qu’on est fait pour être et désirer.C’est dans ces moments-là qu’il faut savoir faire le vide, le propre. »
Ce qu’il aime c’est « ressentir », pas la superficialité d’un monde qui va trop vite et laisse beaucoup d’hommes en chemin.

Gérard Depardieu nous propose sa vision de la vie, avec des chapitres courts. Il prône son amour pour les gens de peu, les artisans, se lance dans une ode aux cinéastes italiens qu’il a pu côtoyer (Marco Ferreri, Bernardo Bertolucci…) et proclame son amour pour Stefan Zweig.

C’est un homme d’instinct qui aime ressentir, dans la vie comme au cinéma, avec ses contradictions et ses failles.

« Quand on aime, on n’a pas besoin de mettre un mot sur chaque sensation. Le désir suffit. Il faut le faire résonner. »

Il y assume son côté anticonformiste accusant la société d’être trop normative et trop corsetée.

Ce texte n’a pas été lu par beaucoup de participants et a été jugé un peu binaire par une lectrice.

Dominique Dou. et Yolande