J ean-Marie-Amédée Paroutaud, Parpaillote et autres contes cruels (1944)

Étant à Limoges, il y a deux semaines, j’ai découvert, lors d’une journée consacrée aux éditeurs limousins, un auteur. Jean-Marie-Amédée Paroutaud (1912-1978) et son livre Parpaillote et autres contes cruels (éd. « On verra bien »).
J.-M.-A. Paroutaud était un avocat et professeur de Droit à Limoges. Il fut également un écrivain rare dont la concise et sardonique noirceur fut saluée en son temps par André Breton et fait de lui l’un des meilleurs artisans de la littérature fantastique d’après -guerre. Il est l’héritier de cette double tradition, celle du conte cruel et celle de l’humour noir. C’est l’humour d’un Lautréamont, Kafka, Buzzati.
Dans cette édition « On verra bien », il faut apprécier une très bonne préface de Yann Fastier, que j’ai rencontré lors de cette journée et qui m’a fait découvrir cet auteur que je citerai pour finir mes propos : « La cruauté s’y manifeste non pas par une intrusion du surnaturel, mais au contraire par l’irruption inattendue d’une nature modifiée, d’une nouvelle modalité du réel, très concrète et sans échappatoire pour qui s’y trouve pris au piège. Dans tous les cas, la cruauté y relève d’une même inquiétude. Le réel, chez Paroutaud, est une falaise dont le bord s’effrite : un gouffre s’ouvre alors sous nos pieds, qui menace de nous engloutir. Mieux : s’y dévoile une sorte de méchanceté des choses où la morale n’a pas de part, qui n’est jamais qu’un poli de surface dissimulant une réalité de proie. »

