Ecrit en septembre 2020 Si on me demandait…je répondrais 2

Jeu 1 Si on me demandait… je répondrais

– Soit vous proposez une réponse à une des questions existentielles du professeur Froeppel puisées dans le texte de Tardieu et « les œuvres posthumes du professeur Froeppel » (1978, Gallimard)

2 Prolongez une ligne droite à l’infinie : qu’est-ce que vous trouverez au bout ?


LD

Que trouverais-je si je prolongeais une ligne droite à l’infini ?

Cette question m’a pris, un jour que je regardais attentivement mon globe terrestre, faisant office de lampe. Comme il n’était pas assez précis, j’ai décidé d’investir dans un planisphère. Mon point de départ serait Terrasson. Plus précisément la Départementale 6089, depuis le parking de la Place de la Libération. J’irai en direction de l’Ouest, toujours. J’ai ensuite pensé que j’aurai besoin des cartes IGN de tous les endroits où je passerai. Celles du Monde entier. Car il est absolument certain que je rencontrerai des obstacles : immeubles, étendues d’eau, terrains privés, autoroutes et j’en passe. À 13€ la carte IGN, j’ai pensé qu’il était préférable d’économiser, le plus tôt possible. Comment j’irai, me demanderez-vous ? À pied, à vélo ou en voiture, tous les moyens sont bons, du moment que je ne m’éloigne pas trop de cette ligne droite à l’infini. J’expliquerai mon projet aux personnes que je croiserai sur mon chemin, et elles auront la gentillesse de me prêter ces moyens de locomotion lorsque j’en aurai besoin. Jusque-là, aucune difficulté. Cela va se corser lorsque j’arriverai en Gironde, dans la ville de Blaye, d’après mon tracé. Il va me falloir d’abord franchir l’estuaire de la Gironde avant d’atteindre la ville de Saint-Laurent-Médoc, puis traverser encore de l’eau : le Lac d’Hourtin. Arrivé au bord de l’Atlantique, ma ligne imaginaire doit me mener en Nouvelle-Écosse. Moi qui étais persuadé d’atterrir aux États-Unis ! Je réalise que Terrasson est sur la même ligne que le Canada, quelle aventure ! Mais il y a un couac : les grands bateaux reliant l’Europe à l’Amérique n’ont pas des tracés qui me permettent de respecter les consignes de mon défi… J’ai pensé louer un canoë, ou un pédalo ? Mais je risque de me fatiguer, un bateau à moteur me semble plus judicieux ; je ferai des réserves de carburant. Je m’arrête là pour la réflexion sur mon parcours : je vous raconterai la suite lorsque je serai en Nouvelle-Écosse !

SR

Rien, juste ma tête qui tourne et mon poignet qui attrape une tendinite à tracer cette ligne. Continuer la lecture de « Ecrit en septembre 2020 Si on me demandait…je répondrais 2 »

Ecrit en septembre 2020 Si on me demandait..je répondrais 1

Jeu 1 Si on me demandait… je répondrais

– Soit vous proposez une réponse à une des questions existentielles du professeur Froeppel puisées dans le texte de Tardieu et « les œuvres posthumes du professeur Froeppel » (1978, Gallimard)

1 Étant donné un mur, que se passe-t-il derrière ?


JZ:

Voilà une question bien banale, sans grand intérêt car derrière un mur il ne se passe rien, ou pas grand-chose .Pourtant, à la réflexion au cours des millénaires les hommes ont élevé d’innombrables murs et les innombrables riens ont formé un tout, une sorte de puzzle dont les facettes permettent de suivre l’évolution de notre humanité.

Lorsque  » homo sapiens  » a remplacé la chasse et la cueillette par l’élevage et l’agriculture il s’est sédentarisé .Pour protéger les membres de son clan des bêtes sauvages extérieures il s’est enfermé avec son bétail dans des enclos, c’est-à-dire qu’il a élevé des palissades puis des murs.

Peu à peu ces murs ont séparé les clans, les villages et les villes, puis les régions, des territoires.et enfin des nations. De chaque côté de ces murs les hommes se sont posé la même question : que se passe-t-il de l’autre côté ?

C’est à coup de trompettes que selon Josué les prêtres avaient résolu ce problème à Jéricho. Mais en général les murs étaient défensifs et plus résistants. Celui d’Hadrien interdisait l’accès des Bri gantes (anglais actuels) sur le territoire romain de l’époque qui s’étendait jusqu’au nord de l’Angleterre. La grande muraille interdisait l’avancée des barbares (mongols) en Chine, partout dans le monde des châteaux forts s’élevaient sur des pics rocheux, et partout des hommes cherchaient des moyens pour savoir ce qui se passait à l’intérieur de l’autre côté des murs et vice versa ceux qui de l’intérieur cherchaient à s’échapper et voulaient savoir ce qui se passait à l’extérieur de leurs murs.

Ces recherches sont toujours d’actualité. Nous avons connu le mur de l’Atlantique, le mur de Berlin, le mur d’Israël et tout récemment le mur de Trump entre les Etats – Unis et le Mexique et de chaque côté de ces murs chacun surveillait l’autre en se posant toujours la même question.

Un jour ou l’autre tous ces murs sont tombés ou tomberont, seuls deux résistent encore aux recherches des hommes : le mur du le bing bang (ce qui s’est passé avant le point zéro de l’espace-temps) et le mur de Planck (ce qui se passe en deçà de l’infiniment petit dans l’espace-temps quantique) Deux murs qu’il est aujourd’hui impossible de traverser afin de connaitre ce qui se passe de l’autre côté.

FV

 Derrière le mur, on croit toujours que de l’autre coté ce sera mieux, que l’herbe y est plus verte : on sera libre, en démocratie, on boira du Coca Cola, ou bien on échappera à la vie misérable sans espoir dans laquelle ceux qui ont construit le mur veulent nous maintenir. Alors on tente de faire le mur ou on attend la chute du mur ou bien on affrète à prix d’or une coquille de noix sur laquelle on s’embarque pour traverser le mur méditerranée par exemple. Derrière le mur, cette balafre sur le visage autrefois avenant d’une planète de moins en moins bleue, beaucoup s’indignent,s’inquiètent, alertent, disant qu’on est au pied du mur cette fois, quand d’autres, toutes trompes hurlantes, accélèrent et foncent droit dans le mur !

SR

Rien, une immense plage de sable blanc s’étire jusqu’à l’horizon, battue par les roulis des vagues océanes