Atelier virtuel de Décembre 2020, jeu 1 la critique perdue

Jeu 1 critique perdue

Au moment de boucler son journal le rédacteur découvre que le texte de la critique littéraire du jour est illisible, mis à part quelques bouts de phrases. Il lui faut absolument un texte pour cette rubrique que vous êtes chargé d’écrire

tisse son intrigue …

…Sur le fond, il pose d’une façon claire et plutôt astucieuse deux questions qui nous occupent depuis un bon moment…

… il convient de souligner les solides bases…

… le récit suit une logique complexe…

Le Procès, roman posthume de Franz Kafka est un étrange roman où l’auteur tisse son intrigue lentement, avec une précision d’horloger, donnant aux portes qui s’ouvrent et se ferment et à l’ordre temporel des démarches qui suivent l’arrestation de K plus de présence et fonctions dans l’architecture du roman, qu’aux personnages invisibles avec lesquels il a affaire, vidant le monde judiciaire de toute réalité humaine jusqu’à l’étouffement…

Sur le fond, il pose d’une façon claire et plutôt astucieuse deux questions qui nous occupent depuis un bon moment : comment la loi peut-elle servir l’oppression alors qu’elle est censée protéger la liberté humaine ? Pourquoi l’institution judiciaire non seulement n’est pas à l’abri de mécanismes pervers, mais peut s’avérer la pire des machines à nier les voies de la justice en passant par celles du sens et de la vérité ?

On ne saurait parler davantage ici des effets produits par l’écriture de Kafka, il faut le lire, mais il convient de souligner les solides bases psychologiques et même psychiatriques qui étayent la construction de l’enfermement de plus en plus irrespirable qui emprisonne K , dans une permanente mise en relief de l’aliénation secrétée par la machine juridique dont on attend au contraire reconnaissance et libération. C’est pourquoi le récit suit une logique complexe. Il doit en effet inscrire dans le personnage de K, à travers la succession des portes ouvertes et fermées, la monstrueuse surdité d’une institution aussi perverse qu’impersonnelle, capable de déstructurer l’identité du sujet à la manière de la psychose paranoïaque ou schyzophrénique. Plus profondément, il y a dans cette œuvre magistrale un pressentiment de l’autorité absurde d’un univers concentrationnaire.

SD

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