Etape7 – abus de zeugmes et d’oxymores –
Habitée par une obscure lucidité je m’ apprêtais à suivre sans réserve et sans guère de bagages Steven. Je lançais ma jambe quand la moto décolla et disparut, alors qu’au même instant j’étais cernée par trois pick-up menaçants. Des individus à l’anonymat protégé par des bas enfilés sur leur visage et la lâcheté s’emparèrent de moi en me jetèrent comme un ballot sous des torrents d’insultes et une bâche, à l’arrière de l’un des véhicules. Il démarra sur le moment et des chapeaux de roues.
Soulevant légèrement la bâche, j’ai reconnu le logo de ICE sur le dos de mon ravisseur à travers la vitre arrière. Je n’avais rien à faire avec cette police de l’émigration à la sombre réputation. J’étais en règle…. sauf que je n’avais plus de papiers ni de certitudes. Le cauchemar authentique succédait à au réel illusoire de mon trip délicieux.
On m’avait emmenée dans une pièce d’une neutralité glacée. Le sac à dos qu’on m’avait arraché répandait sur le bureau vide mes carnets et le reste de mon intimité.J’étais réduite à une intense vacuité. Je me ressaisis. Je devais les regarder en face et avec une confiance apparente car la situation empirait avec l’interrogatoire.
J’étais à nouveau cernée par par trois individus à l’haleine et aux paroles nauséabondes. L’un d’eux me tenait fermement les poignets dans le dos et me déstabilisait en repoussant les barreaux de la chaise sur laquelle j’étais assise de force et de guingois . Je devais résister à la violence des mots et des postillons.
Chacune de mes réponses exacerbait la noirceur de leur haine et de mes poignets sur lesquels la pression des doigts augmentait.
Premier écueil, j’étais une femme qui voyageait seule , sans adresse et sans vergogne.
Deuxième écueil, j’étais Française donc forcement une roulure… et sans papier pour prouver ma nationalité… mais Française … et j’ai senti l’ aggravation protectrice de mon statut.
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