Jeu d’écriture en période de confinement -26- en hommage à Sepulveda

17 04 2020

Jeu d’écriture par temps de confinement – 26 – En hommage à Sepulveda

L’écrivain Chilien Sepulveda est mort hier et nous laisse orphelins

Dans la liste qui suit des titres d’une grande partie de ses romans, je vous propose de relever sans trop réfléchir, dix à vingt mots que vous utiliserez dans un texte personnel :

Le neveu d’Amérique, Un nom de torero, Journal d’un tueur sentimental, Hot Line, Les roses d’Atacama, La folie de Pinochet, Une sale histoire, Les pires contes des frères Grimm, L’ombre de ce que nous avons été, La Lampe d’Aladino et autres histoires pour vaincre l’oubli, Dernières nouvelles du Sud, Histoires d’ici et d’ailleurs, Ingrédients pour une vie de passions formidables,Monde du bout du monde , le vieux qui lisait des romans d’amour, l’histoire d’un chien Mapuche, l’histoire du chat qui apprit à la mouette à voler, Rendez-vous d’amour dans un pays en guerre, l’Ouzbek muet et autres histoires clandestines


Sous ses airs de chien mapuche , il portait un nom de torero mais ce n’était pas un tueur juste un sentimental.Pourtant à l’époque de la folie Pinochet, il vécut plus d’une sale histoire, il connut les rendez-vous d’amour dans un pays en guerre, et d’autres histoires clandestines plus terrifiantes que les pires contes des frères Grimm. Hélas les dernières nouvelles du sud, d’ici et d’ailleurs et même du monde du bout du monde nous le confirment : l’Ouzbek est définitivement muet. Définitivement ? Voire, à nous qui sommes ou serons bientôt l’ombre de ce que nous avons été, il laisse en partage sa Lampe d’Aladino :des histoires pour vaincre l’oubli, ingrédients pour une vie de passions formidables.

Ni fleurs ni couronne, pour la sépulture de Sépulveda un bouquet de roses d’Atacama suffira.


FV

in memoriam

journal sentimental

de toute une vie

du bout du monde

de ce pays mapuche

où les passions

sont l’ombre

d’un pays en guerre

où l’oubli

de l’histoire

rendent muets

les contes

et les romans d’amour

et clandestines

les roses

MS

Tout jeune, déjà, il aimait les histoires, par quoi le monde s’ouvre, livre ouvert, révélant ses lignes de crête et ses failles, ses univers les plus intimes et non moins infinis qu’à l’horizon, les pays plus lointains. Prodigue voyageur, à l’écoute des maux, de la folie des hommes dont il eut à souffrir sans jamais renoncer, c’est toujours au vivant et à ce qui le sauve qu’il était attentif. Merci cher écrivain de nous avoir appris à l’ombre de vos pages, quelle lumière naît de la tendresse, de l’intelligence d’un chat, combien de soins demande le fin métier d’être homme, et la beauté des roses… , de quelle flamme encore la lampe de l’amour brûle la sale guerre, ou comment un vieux chien peut être un si grand sage que pâlissent nos vies de passions formidables…Nous n’oublierons pas Le vieux qui lisait des romans d’amour  et celui, pas assez vieux pour nous quitter, qui écrivait  tant d’autres histoires pour vaincre l’oubli …

SD

Nous étions le 17 décembre 1974, la folie de Pinochet prenait place dans mon doux pays chilien, une sale histoire, le pire conte des frères Grimm qui durera plus de 16 ans, que l’on penserait créé par le pire d’un journal d’un tueur sentimental, faisant pleurer les roses d’Atacama, contredisant l’histoire d’un chien Mapuche.

Un neveu d’Amérique, un nom de torero célèbre dans mon tendre et cher pays, me contait l’histoire du chat qui apprit à la mouette à voler, me redonnant espoir d’un possible rendez-vous d’amour dans un pays en guerre !

L’ombre de ce que nous avons été disparaissait peu à peu, la résistance devenant nécessaire face à cette dictature, le vieux qui lisait des romans d’amour m’inspirant en moi une lueur d’espoir dans un pays divisé.

Dernières nouvelles du Sud, ma nation se retrouve libérée.  Histoires d’ici et d’ailleurs, après ce référendum de 1988 rendant notre démocratie, mon espoir renaissait de nouveau après tant d’années de lutte.

TD

« La lutte contre les ennemis de l’humanité se livre sur toute la planète,elle ne demande ni héros,ni messies et elle fait partie de la défense du plus fondamental des droits:le Droit à la vie »L Sepulveda

L’HISTOIRE de ce BOUT DU MONDE fait partie de notre jeunesse,quand les TUEURS ont VOLE la liberté d’un peuple par leur FOLIE,quand Pinochet a mis son PAYS EN GUERRE ,vouant les ardents défenseurs d’Allende à des vies CLANDESTINES,ne leur laissant que le choix de rester dans l’OMBRE. Mais n’allez pas croire que tous se sont résignés,que tous ont baissé la tête:il était de ceux-là ,à parler dans ses ROMANS d’AMOUR,de luttes traversées par des PASSIONS,se tenant debout comme le guérillero TORERO,sans oublier le parfum. des ROSES,à conseiller aussi le chat à couver l’œuf de la MOUETTE.Avec lui,nous respirions l’air de la Cordillère des Andes,nous errions dans le désert chilien,sans oublier la lutte pour son peuple,cet attachement SENTIMENTAL qu’il avait  gardé pour les MAPUCHES. En mélangeant les INGREDIENTS du combat et de la création ,il nous a offert ce qu’il y a de plus intègre chez un homme.

BH

Au bout du bout du monde, au désert d’Atacama , pour vaincre l’oubli des insurgés , la nuit , des roses sont écloses , s’épanouissant sous les étoiles , dans un ciel pur , profond , scintillant . Témoins reconnaissants des passions formidables et rebelles qui animaient  Sépulvéda .

HG

Que le Sud (de la Nouvelle-Aquitaine !) me manque.

Cela va paraître un peu sentimental, mais cette sale actualité me donne des envies d’ailleurs. Mais ces envies sont clandestines, pas question de se déplacer dans un pays en guerre. Un tueur régit notre monde dans l’ombre. Alors je lis des romans ou bien je mélange de nouveaux ingrédients, faute de pouvoir jouer avec le chat ou le chien de mes parents. Je me suis promis de ne pas sombrer dans la folie. Les toréros ne seront sans doute pas dans les arènes cet été, mais nous retrouverons ce que nous avons été, mes proches et moi, et vivrons des passions formidables.

 LD

Un jour, mon neveu d’Amérique m’a raconté une sale histoire d’un tueur sentimental qui n’avait pas pu  tuer le chien d’un Mapuche car il avait vu en lui l’ombre de ce que nous avons été. Il se posa alors la question de savoir si le tueur  croyait  à la métempsycose et avait vu -au travers des yeux du chien– son vieux père qui lisait des romans d’amour et des histoires d’ici et d’ailleurs …Ou peut-être  venait-il  de prendre conscience  qu’il  tuait  pour vaincre l’ennui  et qu’il était temps d’arrêter cette folie  pour  simplement apporter un peu d’amour dans les pays en guerre.

SM

L’oncle d’Amérique.

Quand on parlait de lui, c’était plus pour évoquer sa folie que pour parler de son chat ou de son chien.

Ce Vieux qui lisait des romans d’amour mais cherchait vainement les ingrédients pour une vie de passions formidables, écrivait aussi pour vaincre l’oubli. Il n’avait jamais eu de rendez-vous d’amour,  vivait seul en Floride dans une de ces résidences pour seniors ultra-sécurisées qui abondent dans ces contrée ; il n’avait pas d’enfants.

A 95 ans, il s’éteignit paisiblement. C’est Marita sa femme de ménage mexicaine qui l’accompagnait déjà depuis plusieurs années, qui lui tint la main.

Tout d’abord fermé à toute familiarité, le vieil homme avait accepté l’affection de la jeune femme. Celle-ci qui n’en attendait aucune gratification fut à la fois surprise et heureuse de découvrir que Victor lui avait légué ses économies.

DDou

 

C’était un grand torero,mais c’était, il ne le savait pas lui même un tueur sentimental.Lorsqu’il croisa le regard d’un fier taureau de Grenade, il ne put porter l’estocade, la bête, elle ne le manqua pas. Réfugié au bout du monde, au bord du désert d’Atacama, il s’appliquait à observer les mouettes pour vaincre l’oubli. Par un fragment de journal qui servait d’emballage, il apprit la folie de Pinochet. Il fut au rendez-vous des luttes clandestines, sous le nom de « Chien Mapuche », renouant avec des passions formidables, mais aussi le camp des vaincus à l’ombre de la vie. Il ne regrettait rien.

DDor

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