La cantatrice chauve (1950), Eugène Ionesco

Pour ma première participation au club de lecture, j’ai décidé de présenter La Cantatrice Chauve. Il s’agit d’une pièce de théâtre. J’avais lu pour la première fois cette pièce au lycée pour mon bac littéraire. Je suis tombée dessus par hasard dans ma bibliothèque et j’ai décidé de le relire. J’en avais déjà gardé un super souvenir, me souvenant du comique de répétition et de l’absurde.
Image 1 : Couverture disponible sur ORB Eugène Ionesco, est né en 1909 en Roumanie et mort en 1994 en France. Il voyage beaucoup entre ces deux pays et est le principal représentant du théâtre de l’absurde notamment à travers diverses œuvres : Les chaises (1952), Rhinocéros (1959) ou encore Le roi se meurt (1962).
La Cantatrice chauve est la première pièce qu’écrit l’auteur. La première représentation a lieu en 1950 au théâtre des Noctambules et est mis en scène par Nicolas Bataille. Cette pièce est jouée depuis 1957 au théâtre de la Huchette à Paris.
C’est l’histoire d’un couple londonien MR ET ME SMITH qui invitent chez eux des amis. Mr et Me MARTIN. Ces derniers sont en retard puis finissent par arriver. Après les avoir fait patienter, se produit un événement. Par trois fois on sonne à la porte d’entrée. Mme Smith va ouvrir, mais il n’y a personne. Elle en arrive à cette conclusion paradoxale : « L’expérience nous apprend que lorsqu’on entend sonner à la porte, c’est qu’il n’y a jamais personne ». Cette affirmation déclenche une vive polémique. Un quatrième coup de sonnette retentit. M. Smith va ouvrir. Paraît cette fois le capitaine des pompiers. Il n’y a pas franchement d’intrigue ni de réelle histoire. C’est la rencontre absurde entre des personnages tout aussi absurdes. Je me souvenais de cette absurdité qui repose surtout sur la répétition des mots. C’est ce qui m’avait le plus marquée étant plus jeune comme par exemple dans l’extrait suivant : dans la scène 1, réplique de Me SMITH à son mari.
« Ce serait naturel. Et la tante de Bobby Watson, la vieille Bobby Watson pourrait très bien, à son tour, se charger de l’éducation de Bobby Watson, la fille de Bobby Watson. Comme ça, la maman de Bobby Watson, Bobby, pourrait se remarier. Elle a quelqu’un en vue ?
Mr SMITH : Oui, un cousin de Bobby Watson
Me SMITH : Qui ? Bobby Watson ?
Mr Smith : De quel Bobby Watson parles-tu ?
Me SMITH : De Bobby Watson, le fils du vieux Bobby Watson l’autre oncle de Bobby Watson, le mort. »
J’ai eu plaisir à le relire, même si je ne me souvenais plus de la fin. (Sans spoiler c’est un éternel recommencement). Il est vrai qu’à voir la pièce on rit davantage qu’à la lire. L’auteur a fait le choix de placer l’absurde au sein de son œuvre. Donc pour moi, Ionesco, soit tu adore, soit tu détestes. En tout cas quand on lit la Cantatrice Chauve on ne peut pas l’oublier, même 20 ans après….
Lucia

