Ecrit en septembre 2023: jeu 1 : Détective ou espion, des personnages pour le feuilleton et leur mission

Septembre 2023 : jeu 1 et 2 : détectives ou espi.ons.onnes et leur mission

préparation du feuilleton 23/34

PORTRAIT D’UN DETECTIVE

Physique : brun, grand et mince. Beau ténébreux aux yeux bleus, aimant danser le tango. Il ressemble comme un frère à Nestor Burma-Guy Marchand, avec peut-être un peu plus de cheveux.

Il porte un costume sombre, un chapeau mou et un revolver. Il est cynique, désabusé et solitaire.

La quarantaine, gouailleur, un vrai titi parisien aimant les jeux de mots et les femmes, végétarien par goût de la provocation, gaffeur et parfois maladroit dans la séduction, donc attendrissant pour les dames et énervants pour les hommes.

Il est indépendant, courageux et loyal. Il n’hésite pas à se battre ou à se mettre en danger pour élucider les mystères.

Un peu vantard, il n’aime guère la police, bien qu’il ait sympathisé avec certains enquêteurs, précieux auxiliaires de ses propres recherches. Il apprécie la vie nocturne et fréquente des bars ou des boîtes un peu louches où il consomme notamment du whisky ou des cocktails.

Il a aussi beaucoup de flair et analyse rapidement la personnalité de la personne en face de lui. Il vient de monter sa propre agence de détective EUREKA avec des fonds d’origine pas très claire (selon ses confrères qui n’aiment pas ses méthodes pas toujours orthodoxes mais efficaces). Après avoir exercé divers métiers dont figurant pour le cinéma ce qui lui est souvent utile pour se travestir, il a aussi travaillé dans une agence de détectives dont le patron est décédé de façon non totalement élucidée, ce qui le tracasse encore car il soupçonne un trafic d’armes ce qui n’est pas du tout son domaine. Alors tant pis, il se contente de déposer des fleurs chaque année, sur la tombe d’Auguste au Père Lachaise.

Il est attiré par les femmes, mais il n’a pas de relation stable.

Il aune maîtresse et une secrétaire un peu amoureuse de lui, une Togolaise plantureuse prénommée Scholastique. Deux comparses l’aident parfois dans ses enquêtes : un certain Dimitri Bonnard et Bertrand Duchemin.

Voici donc, Adrien Archibel, détective de son état.

2/Sa mission

Il s’occupe surtout de recherches de disparitions pour des familles. Ses fins de mois sont difficiles. Il aime enquêter dans des villes en France ou à l’étranger. La campagne lui est totalement étrangère ; il ne la connait pas car il n’y a jamais vécu et il ne l’aime pas. C’est un pur citadin.

Une jeune femme vient de lui envoyer une photo sur laquelle apparait son père et d’autres personnes qu’elle ne connait pas car son père a mystérieusement disparu, il y a maintenant plusieurs années. En triant des papiers dans la maison de famille dans laquelle vit toujours sa mère, elle a trouvé ce tirage intrigant. Le doute l’assaille est-il décédé ou a-t-il décidé de changer de vie ? Elle a chargé Adrien Archibel de mener l’enquête

D.Dou

PORTRAIT D’UN DETECTIVE

Émile a 38 ans. Il est petit, trop petit au goût des femmes. Il n’a jamais pu rester en couple au-delà de 6 mois… Brun, des lunettes, une silhouette mince dont il n’a jamais pu se défaire, même en voulant se lancer dans la gonflette, lorsqu’il avait encore un peu confiance en lui. Mais à vrai dire, il n’a jamais été trop confiant. À 38 ans, il peut dire qu’il a raté sa vie. Il enchaîne les jobs pourris, dignes d’un étudiant fauché qu’il a lui-même été : distributeur trop lent de pubs dans les boîtes aux lettres, piètre cuisiner de frites dans la restauration rapide, caissier ultra-surpassé dans les supermarchés… Des jobs utiles en soi, mais beaucoup trop compliqués pour Émile, qui n’est ni rapide, ni sociable, incapable de gérer son stress. Il a conscience que travailler est utile, mais il lui manque les compétences essentielles. Surtout, pas de travail en équipe, ni dans un bureau où il tourne en rond. Lui, il lui faut être sur le terrain, mais sans le stress de devoir accomplir l’impossible en trop peu de temps.

C’est pourquoi un matin, devant son bol de céréales au chocolat, il a eu la révélation… Il allait devenir détective privé ! Avec sa physionomie banale et innocente, il est le candidat idéal pour enquêter tout en passant inaperçu. En plus, il excelle dans l’art de guetter les allées et venues de ses voisins de palier ! Ah le judas, quelle merveilleuse invention… Il peut passer des heures à faire ça, à analyser tout ce qui se passe, quelle nouvelle tête se pointe dans le couloir, connaître les habitudes de chacun. Alors, se faire rémunérer pour ça dans le but de résoudre des enquêtes… Il en a des étoiles plein les yeux. Après quelques mois de recherches et de gros mensonges, le voilà fin prêt à s’établir dans ce nouveau métier passionnant…

Jeu 2 Mission

Je n’ai pas encore de mission précise en tête pour le protagoniste, mais je le vois bien se faire confier quelque chose dans un univers où il n’y connaît rien / un univers qui le stresse.

Par exemple les supermarchés, banques, ressources humaines. Ou bien être au contact des femmes, où il devrait jouer un rôle de séducteur.

L.D.

Détective

Physique : la cinquantaine ,rondouillard,dégarni, barbe de trois jours.

Célibataire qui malgré un physique peu avenant et une hygiène douteuse est très sollicité par la gent féminine .Voire harcelé.

Amateur de cuisine du sud ouest, lui même cuisine et fréquente les bons restos, connaisseur en bons vins du sud ouest également.

Goûts et habitudes : amateur de rugby supporter du CAB et de l’USCT, amateur de truffes et trufficulteur.

Mission : une enquête dans le milieu fermé de la trufficulture :

-sur un gigantesque trafic de truffes international auquel seraient mêlés la mafia et les cartels de la drogue mexicains

ou

-disparition/ enlèvement contre rançon/ assassinat de Rosalie et de son maître/ Rosalie étant la truie chercheuse de truffes gagnante de tous les concours depuis des années

F.V

PORTRAIT D’UNE DETECTIVE

Dalia est une jeune femme peu ordinaire rien qu’à son apparence physique. De taille et de corpulence moyenne, elle se distingue par sa chevelure bicolore. Ainsi, depuis son adolescence, elle porte les cheveux aux épaules. Mais ce qui la démarque c’est qu’elle a une coupe à la cruella d’enfer. En effet, la moitié gauche de ses cheveux est noir comme le mazout et la partie droite blonde comme les blés. Cet effet bicolore est renforcé par sa frange qu’elle porte au milieu du front. La coiffure de la jeune femme, qui a désormais une petite quarantaine d’années, a toujours été l’illustration d’une personnalité hors norme assumée. Ainsi, Dalia n’a jamais manqué de confiance en elle et sans prétention, a toujours assumé ses opinions et son style. Entêtée et déterminée, une fois qu’elle s’est mise une idée en tête, il est difficile de lui faire changer d’avis. Bien évidemment son entêtement l’a parfois mise en situation périlleuse, mais elle a toujours assumé, et surtout s’est toujours débrouillée seule pour se sortir des mauvais pas. Dalia a pour principe de vie qu’il vaut mieux vivre seule que mal accompagnée. Ainsi, même quand elle a décidé d’arrêter ses études de droit pour devenir détective privé, alors que tous ses proches la traitait de folle, elle n’a rien lâché. Vous l’aurez compris Dalia est une jeune femme indépendante. Toutefois, si vous arrivez à avoir sa confiance, elle vous sera fidèle. Mais attention à ne pas vous jouer d’elle, car la jeune femme n’accorde pas de seconde chance. Pouvant se montrer rancunière parfois. Cependant, malgré son entêtement et son allure peu commune, Dalia a une routine de vie qu’elle respecte quasiment chaque jour. Quand elle se lève, elle commence toujours par parler à ses deux chats, s’occuper de les nourrir avant de boire son café du matin en lisant les nouvelles sur son téléphone. Un bon détective est un détective informé pour la jeune femme. Puis, elle fait une heure de sport dans son salon afin d’entretenir son corps. Une fois sa douche prise et sa maison en ordre, elle se plonge dans ses dossiers. L’après midi, elle gère les affaires en cours tout en restant joignable sur son portable pour les potentiels futures clients. En fin de journée, après son repas du soir, elle aime se lover dans son canapé entourée de ses chats et lire. Dalia est une jeune femme mordue de lecture et elle n’hésite pas à prendre sa plume et son cahier pour développer les idées qu’elle a en tête car elle ne manque pas d’imagination et de créativité.

Jeu 2

Missions si vous l’acceptiez : Retrouver un grimoire ancien volé chez une jeune femme qui l’a retrouvé parmi les affaires de sa grand mère dont elle a hérité la maison.

Julia vient de perdre sa grand mère et d’hériter de sa maison. Alors qu’elle vient juste d’y emménager, elle fait le tri des affaires de sa mamie décédée. Ainsi, un jour, en faisant le tri au grenier, elle a trouvé un vieux grimoire ancien et assez étrange. Mais elle n’a eu que quelques jours pour le regarder car un jour, alors qu’elle rentre du travail, elle voit que sa porte a été fracturée. Sa maison et sans dessus dessous. Mais étrangement sa télé et ses bijoux sont toujours là. Toutefois, il est une chose qui a disparu, c’est le fameux livre mystérieux de mamie. Alors qui a bien pu le voler ? Pourquoi ? Julia veut le récupérer car visiblement il était précieux pour son ancêtre qui lui avait laissé une lettre avec ce dernier, lui demandant d’en prendre soin et de ne le montrer à personne.

L.N.

Eric Matou , un détective pas comme les autres

A la différence d’Hercule Poirot, Eric Matou n’avait rien de prétentieux, et contrairement à notre héros belge, il n’arborait qu’une fine moustache qui le faisait plutôt ressembler à Clark Gable : celle-ci lui donnait l’air sérieux qu’exige le métier de détective mais aussi la pointe d’élégance du parfait dandy des années 40.

Eric Matou portait quelquefois un chapeau feutre qui rappelait le chapeau melon de John Steed car il ne supportait pas les casquettes deerstalker dont s’affublaient certains détectives pour se donner l’air d’un Skerlock Holmes . Par temps de pluie il portait un élégant imperméable Burberry, et on ne pouvait guère non plus le confondre avec le lieutenant Colombo . Non, il ne ressemblait à personne , c’était Eric Matou, un point c’est tout.…

Sans aucune excentricité !

Rien qui aurait pu le différencier du commun des mortels, il ressemblait plutôt à l’image que l’on se fait d’un comptable derrière des tas de papiers amoncelés sur un bureau mais son incuriosité hors pair avait séduit une certaine clientèle confiante qui saluait sa discrétion absolue.

C’est donc lui que choisit l’Agence des chasseurs de têtes pour trouver les perles rares qui pourraient sauver le monde face à la lente dégénérescence des biens naturels de notre terre.

Eric Matou se mit à penser à Steve McQueen en s’identifiant au personnage antihéros qu’il incarnait dans « au nom de la loi »

A l’instar de Josh Randall, il avait pour but de traquer, de « chasser » des hommes recherchés non pas par la justice mais pour la sauvegarde de notre chère planète. Et pour ses nouveaux employeurs .Il devait « chasser  »  des nouveaux profils sans qu’ils soient placardés dans chaque ville autrement dit plus efficaces que démonstratifs….

Eric Matou n’avait pas de winchester mais un simple ordinateur : une arme encore plus dangereuse qu’un fusil car, mal utilisée, elle pouvait, d’un seul jet d’encre mensonger, réduire à néant la vie de quelqu’un en lui attirant la honte et l’opprobre.

Mais là n’était pas, heureusement, l’objet de sa nouvelle mission.

Cette nouvelle mission, même si elle était, comme à son habitude de traquer les faits et gestes de ses congénères, elle n’avait pas le même but : Ramener des génies sauveurs de la planète ! Quel honneur pour lui …et de surcroit, on pourrait lui en attribuer le mérite …après tout, ne serait-il pas en quelque sorte le géniteur de cette nouvelle race de surhommes »

Oui cette mission lui plaisait de plus en plus et s’apparentait plus à celle d’un agent secret voire même d’un ange gardien qu’à un détective…

« Eric Matou ange gardien ! » Oh oui, cela sonne bien …et bien mieux que Joséphine pensa-t-il.

« Et d’ailleurs, qui dit mission dit missionnaire…oui, c’est cela, cette mission est divine ! Je vais être le sauveur de l’humanité ! »

C’est dans cet esprit fébrile que notre détective, que dis-je, notre agent divin salvateur commença à coucher sur son calepin les premières réflexions de son plan d’attaque pour réussir pleinement sa mission.

1/Chercher ceux qui ont une fonction en rapport direct avec la nature

Et pour chacun d’eux

– Etudier son mode de vie

-Vérifier sa moralité,

-Vérifier son travail : est-il en accord avec ses convictions

-Vérifier l’éducation de ses enfants : respectent-ils les autres

-Vérifier ses lectures

-Quel rapport entretient-il avec l’écologie

– Est-il membre d’un groupe écologistes ?

-Fait-il partie d’une association de protection des animaux

-Son attitude face à la propreté de son environnement

-Sa façon de manger, de s’habiller etc.…

– Est-il végan ? végétalien ? flexitarien ? etc…

– Respecte-t-il le recyclage ?

-A-t-il un composteur dans son jardin

2/ Chercher ceux qui n’ont pas de travail en rapport avec la nature

• Enquête de voisinage

• Enquête de moralité

• Euh….

Il s’assoupissait sur son calepin : il y avait tant de choses à vérifier qu’il n’alla pas plus loin ce soir là et s’endormit en rêvant de Josh Randall son nouvel héros qui chassait les brutes et les méchants : il s’identifiait à lui sachant bien que ce serait une plus longue mission que d’habitude avec pour but une seule prime mais une prime tellement gratifiante …. il en serait très fier et qui sait , pourrait-elle sans doute l’amener à recevoir la Légion d’honneur….et …et…et finalement il s’endormit….

…. dans un lit de lauriers  assurément !

S.M.

  1. PORTRAIT D’UN DETECTIVE :
  • Costume gris de petite facture,
  • Passe inaperçu dans les rues tristes,
  • A des goûts simples dus à ses origines,
  • A des habitudes bien installées : lever à 7h, toilette méticuleuse, petit déjeuner copieux puis se rend à son bureau situé à l’opposé de son domicile,
  • Reçoit des RDV jusqu’à midi,
  • Commence son travail de filature en début d’AM.
  • Peut passer des nuits blanches pour conclure une affaire ?
  • Son nom : LE CHINEUR.
  1. LA MISSION :
  • Préfère les affaires matrimoniales ou les affaires bancaires.

H.L

PORTRAIT D’UN ESPION

Portrait large physique, psychologique, goûts, habitudes, fonctionnement…

Tout d’abord je ne l’ai pas reconnue: « Bonjour Estelle, Hugues, enfin tu connaissais Elisa, « tu te rappelles? Elisa? », les années à Bellevue, Toulouse?

« ça alors, oui! mais comment? »… Plus que perplexe, j’ai vu s’egrener quelques secondes avant de réaliser… J’avais devant moi un homme dont le visage fin est venu se superposer à celui de la grande blonde dégingandée que j’ai connue au temps où on faisait maths spe, encore un peu boutonneuse au sortir de l’adolescence, et que j’ai perdue de vue pendant quinze ans…

Désarçonnée, moi qui me souvenais d’une copine assez fantasque, à la fois timide et aimant surprendre, pleine d’esprit et hyperdouée pour le piano et pour tout ce qui relevait des maths et des jeux de logique, j’attendais qu’il/elle ironise, trouve un biais pour m’aider à comprendre ce qui l’avait poussé(e) à se transformer à ce point…

Mais loin d’alléger mon désarroi, la facon d’être d’Hugues n’a fait qu’ajouter à mon trouble, on aurait dit qu’il n’avait ni le désir ni le temps de s’occuper de ma surprise, qu’il la méprisait plutôt, et qu’il était comme aux aguets, s’arrangeant pour faire un quart de tour qui semblait étudié à chaque petit four qu’il venait chercher au Buffet du Salon de l’IA et des Hautes Technologies de Information. Tellement que j’ai osé lui dire » tu attends quelqu’un? » Et là au lieu de me répondre il s’est détourné d’un geste négatif de la tête… Pas vraiment chaleureux ni curieux à mon égard…

Je ne savais rien de ce qu’il était devenu au plan professionnel, mais son costume cravate bleu-gris m’a fait penser qu’il était peut-être pdg d’une entreprise de haute technologie ou bien envoyé par une firme en quête d’informations sensibles, l’espionnage industrriel pouvait aussi lui aller bien…

SD

Pour le Feuilleton :

Détective : Physique : la cinquantaine ,rondouillard,dégarni, barbe de trois jours.

Célibataire qui malgré un physique peu avenant et une hygiène douteuse est très sollicité par la gent féminine .Voire harcelé.

Amateur de cuisine du sud ouest, lui même cuisine et fréquente les bons restos, connaisseur en bons vins du sud ouest également.

Goûts et habitudes : amateur de rugby supporter du CAB et de l’USCT, amateur de truffes et trufficulteur.

Mission : une enquête dans le milieu fermé de la trufficulture :

-sur un gigantesque trafic de truffes international auquel seraient mêlés la mafia et les cartels de la drogue mexicains

ou

-disparition/ enlèvement contre rançon/ assassinat de Rosalie et de son maître/ Rosalie étant la truie chercheuse de truffes gagnante de tous les concours depuis des années

Joséphine Brason, détective

1 La petite trentaine, grande, toute en rondeurs sans être grosse, les cheveux bouclés, auburn, voltigeant autour de son visage, des lunettes grandes mais discrètes sur des yeux de couleur indéfinissable, elle attire l’attention. Joséphine aime les couleurs, les vêtements amples, les bijoux fantaisies dont elle fait grand usage. Elle travaille dans une médiathèque de quartier où elle tranche parmi ses collègues au look plus sévère. Avenante et chaleureuse, elle est disponible et sait écouter. Elle aime parler livres, cinéma, actualité ou phénomènes de société, mais qui pourrait se targuer de la connaître ?

Elle ne parle, en fait, que quand on la sollicite,livre quelques informations au compte goutte : on lui sait un compagnon toulousain, vendeur dans une boite informatique. C’est en allant faire réparer son portable qu’elle l’aurait rencontré . Ils se voient assez régulièrement. On croit détenir des informations mais elles sont bien maigres. Personne ne sait où elle habite. Elle fréquente peu ses collègues ou les habitués de la médiathèque sans que sa rareté ne se remarque, tant sa présence est naturelle et son absence inaperçue par des gens centrés sur leurs problèmes. On l’apprécie mais la distance qu’elle maintient écarte les relations approfondies.

Nul ne se doute qu’elle est aussi la Joe Nisson, détective de l’agence COSMA,rue des trois bouquets, dont la notoriété dépasse le département.A l’Agence non plus, personne n’a fait le rapprochement avec la médiathécaire. Elle s’y est présentée une fois , les cheveux bonds cendrés, la coupe stricte, des lunettes à large monture d’écaille sur des yeux d’un vert électrique et froid, dérangeant et dans un tailleur taupe. Le chef d’agence l’a reçue immédiatement et, très vite, elle a fait ses preuves ; il la considère comme sa recrue la plus efficace et lui confie des affaires délicates . Ça ne le dérange pas de ne savoir rien d’elle.

Comment Joséphine en est elle arrivée là, nous dirons que c’est au départ pour des raisons pécuniaires : son salaire d’aide-bibliothécaire à trois quart temps ne lui garantit pas son indépendance. Les débuts n’ont pas été évidents ; discrète, timide, elle avait du mal à s’immiscer dans la vie des autres, mais ses scrupules ont vite été balayés. Ils ont fait resurgir des passions inavouées : celui du travestissement dont elle use et abuse, sa curiosité fondamentale et son goût des énigmes compliquées. Elle a le goût du secret et aime ne jamais être vraiment celle que l’on croit. Son sentiment d’appartenir à l’univers de la fiction lui donne la distance suffisante pour ne pas sombrer dans la compassion. D’ailleurs, pour mener ses enquêtes, elle puise souvent ses astuces dans les romans de détectives qu’elle affectionne.

2 Voici une nouvelle mission qui devrait la mettre dans l’embarras. Le responsable de la médiathèque a sollicité très discrètement l’Agence COSMA pour résoudre une étrange énigme : il s’est aperçu (et s’est bien gardé d’en parler au reste du personnel) que les pages 105 de 105 ouvrages de la section adulte avaient été soigneusement découpées. Revenons en arrière : la première découverte d’arrachage, par hasard, l’avait surpris et offusqué, mais il n’avait pas poussé l’exploration. Quelques temps plus tard, un curieux opuscule intitulé « 105 », non répertorié a attiré son attention dans les rayonnages. En le feuilletant il lui donna l’impression d’être composé de bouts de textes déjà lus… Un extrait d’une de ses lectures récentes confirma ses soupçons : « Nous nous asseyons ici et là, y compris les diplomates qui consentent à poser leurs augustes derrières dans la même herbe que nous, car on n’a,hélas, pas prévu de gazon diplomatique »… Il y a reconnu l’ironie de Bernard Ollivier dont il venait de lire le périple sur les routes de la soie

. Il consulta les trois tomes  ; il n’y trouva ni la phrase qu’il cherchait, ni la page 105du tome 3. Dans une librairie voisine, il renouvela sa recherche : l’extrait figurait bien page 105 .Dans le plus grand secret il vérifia tous les ouvrages de la section adulte de la médiathèque et constata la disparition de la page 105 dans 105 livres dont il pouvait fournir les références exhaustives aux détectives pour leur épargner un travail fastidieux. A partir de là, il s’était senti dépassé et préférait confier l’affaire à des professionnels pour , à la fois décortiquer le texte pour retrouver les caviardages, essayer de trouver le message, s’il y en avait un et tenter d’identifier l’auteur, sans nul doute, un habitué des lieux.

Sans hésiter le chef d’agence appelle Joe et lui confie l’affaire . Elle a un instant de colère de n’avoir rien vu, puis de panique que, dans un sursaut de maîtrise, elle fait passer pour un moment de réflexion . Son besoin insatiable d’un peu d’argent, sa curiosité de découvrir le vrai visage de ses collègues et des habitués de la bibliothèque, le défi littéraire ont vite raison de ses inquiétudes. Elle éprouve en outre une joie insoupçonnée à l’idée de mener une enquête sur un fil où elle ne devra en aucun cas être démasquée .

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