Ecrit en septembre 2023, jeu2, fable, la calebasse et la carcasse

fable

En séance chacun a proposé sur un ou plusieurs papiers un mot. Les mots désignant des choses ont été associés, au hasard par deux :

la calebasse et la carcasse

la tendresse et le lilas

le doudou et la libellule

la croquette et le karcher

le bonbon et le loup (masque ou animal)

Choisir un de ces couples pour une fable, s’achevant par une morale, comme toutes les fables

la calebasse et la carcasse

La calebasse et la carcasse

« A moi, [Calebasse], deux mots

Ôte moi d’un doute »

Es-tu gourde ou musicienne ?

Chantant à tue-tête

Tu as batifolé dans les champs

Parcouru la campagne

Rivalisant avec le rossignol

Et la nuit tombant

Aveugle, tu as atterri dans un poulailler

Et toutes ces bestioles,

Hargneuses et sans pitié

Qui ne voulaient pas y passer la nuit

Se sont ruées sur ta carcasse

Qu’elles mirent en mille morceaux

Et Baudelaire aurait pu dire :

« Et le ciel regardait La carcasse superbe

Comme une fleur s’épanouir »

Voici comment d’une calebasse

On devient une carcasse

F.G.

La carcasse et la calebasse

Une carcasse décharnée gisait dans une poubelle

Près d’une calebasse qui, arrivée la veille

Couinait sans arrêt depuis tôt le matin

Et ne se souciait guère du confort des voisins

La carcasse agacée s’adressa à la belle :

« Quand arrêteras-tu de nous casser les oreilles ?

Tu ne sers plus à rien mets toi bien çà dans la tête

Ici tu n’es plus qu’une gourde alors pourquoi faire la fête !

-Comment cela ? s’exclama la calebasse choquée

Je ne fus jamais gourde, et ne le serais jamais

Aujourd’hui quoique cassée je veux encore chanter

Ma carrière ne s’arrêtera pas là je vous le dis

Et je peux même ici enchanter vos amis

Alors que vous Carcasse vous n’avez d’autre à faire

Que vous pavaner et vous faire ronger la chair !

-Méchante Calebasse, vos propos sont blessants

Et pourquoi voulez-vous me réduire à néant ?,

-Excuse-moi Carcasse, là n’était pas mon intention

Je voulais tout simplement adoucir les tensions

Et toi tu te mets en colère et m’agresse

Alors que je voulais t’apporter l’allégresse

-Pardon chère Calebasse je dois le reconnaitre

Tu nous donnes ta joie et nous notre mal- être

C’est si inattendu dans ce monde en tristesse

Qu’une personne compatisse à notre détresse !

Alors on est souvent maladroit dans nos propos

Pardon et merci d’adoucir notre monde de chaos.

Morale

Depuis la nuit des temps,

Des palais aux bas-fonds,

Du jour où l’on apparait

A celui où l’on disparait,

Que ce soit ici ou ailleurs,

La musique adoucit les mœurs.

S. M.

la calebasse et la carcasse

Sonner creux, tout un art

murmurait doucement la carcasse

aux oreilles sensibles de la calebasse…

L’une et l’autre enchâssées

fortuitement, s’étaient trouvées

des atomes crochus

et riaient à bâtons rompus

en produisant une musique

qui amusait toute la clique

des pensionnaires du couvent.

Rats et souris loirs et gerbilles,

primesautiers et plein d’entrain

vinrent leur dire ô les filles

apprenez-nous votre refrain.

Ah répondit la calebasse

Faudrait plus d’air dans vos carcasses

Comment donc y mettre du vent?

Le loir reprit, j’ai une idée

Le soufflet de la cheminée

Bien embouché fera l’affaire

Et de gonfler jusqu’à se faire

Claquer la panse en cinq lambeaux.

Horrifiés tous ses confrères

Souris et rats, nez ras de terre

Du loir couvrent les oripeaux,

Et plus personne ne s’égaie

Moralité:

A vouloir faire comme l’autre

On risque fort de se blesser

Mieux vaut ne pas trop forcer

le naturel usé des nôtres.

S.D.

Une carcasse qui vivait dans une calebasse, un jour en eu marre.

Elle se dit : ma vie est un vrai cauchemar

Alors elle dit tout haut ma liberté j’aimerais bien prendre

La calebasse l’entendit et lui répondit

Si tu prends ta liberté, il vaudrait mieux te pendre

La carcasse demanda, pourquoi dis tu cela pardi

Cette dernière lui répondit « Ne sais tu pas les dangers qui rôde dehors ? »

Offusquée, la carcasse répliqua : tu te trompes je sais que tu as tord.

Sans écouter, déterminée, la carcasse se décida à partir

enfin libre elle était et pouvait aller partout où elle voulait

La calebasse était certaine qu’elle finirait par revenir

Elle attendit attendit mais rien ne se passait

Après de longs jours, la calebasse se dit que son amie ne reviendrait jamais

Sans elle, la calebasse se sentit alors seule et abandonnée

Elle comprit alors que l’amitié c’est bien et qu’il faut la cultiver mais

Rien ne vaut le goût de la liberté.

L.N.

La calebasse et la carcasse.

Vois-tu, disait cette vieille carcasse

D’autobus à son amie la calebasse,

On m’admirait j’étais la reine de la casse

Aussi je n’y ai pas fait de vieux os :

On m’a rachetée, retapée et remise au boulot ;

Partout je vais par monts et par vaux.

Certes, lui répartit l’ex-courgette c’est bien,

Mais songe quel fut mon destin !

Née cucurbitacée au fond d’un pauvre jardin,

Cueillie puis cuisinée pour un fastueux festin,

Au cours duquel mes talents artistiques

Furent remarqués.Je fus récurée et, séchée,

J’entamai une carrière dans la musique.

Pour preuve de ses dires elle voulut jouer un morceau

De sa composition, elle y alla allegro ma non troppo.

Emportée par la mélodie la carcasse esquissa

Quelques pas sur un air de cha cha cha…

Ce lui fut fatal : elle se rompit les deux essieux.

Déséquilibrée, la calebasse chuta sa corde basse se cassa !

Dés lors plus de musique après un tel fracas.

Moralité :

Quand la basse cale et que le car casse

Le concert cesse.

F.V

LA CALEBASSE ET LA CARCASSE

Une Calebasse juchée servait

Aux portes du Désert de réserves à rince-doigt

Des messages l’en remerciaient bien

Ils y trempaient leur plume dans le fiel

En passagers nombreux à l’évoquer au Ciel

Et elle se contentait de leur contiguïté

Hurluberlus , ou Touaregs nappés

Abandonnés de fatigues à ses pieds

D’une possibilité offerte , même à humer

Lorsque au hasard d’une blonde

Elle adossée , adorable et humble

‘ Je me vois soucieuse , et jamais asséchée

Je suis aidée , par une voie conséquente

Pour être assez régulièrement approvisionnée

Dans cette fournaise , parfois brûlante

Parfois ventée des sables Sahariens ! ‘

Méditait-elle , en ne pensant qu’en liens

Là , et c’est bien utile , lorsque l’on se lance

A un régime , qui pouvait contredire le hasard

Par un mulet portant des jarres

Remplies depuis ce profond , et salvateur abysse

Qu’était un puits posé au fond d’une Oasis

Et masqué , par au dessus , de dattiers , de joncs

Et de broussailles tournant séchées en ronds

Mais auquel on savait , avec de ta patience , l’accès

Et d’y remonter son seau oxygéné

Mais elle de ci , de là , d’un autre acabit

Qui pavanait , devait à tout égal se consacrer

‘ Est-on si bien aimé avec tant de soucis

A revivre chaque instant tel qu’une première fois

Les humains couverts sermonnant tant de Lois

D’Aventures qui permettent les cadences certaines

Au pôle de suintantes mirabelles vivaient bien les passants

Et je ne les jugerais à m’en rendre hautaine .. ‘

Se disait-elle tout de go

Restant simplette , sans médire te nouvel arrivant

Oh que non ; en constatant le lieu de paroles fluettes

De remarques puériles , futiles , ou d’anodines bluettes

Perçues , chantées , crachotantes , hélées selon l’inspiration

Notant à tous adages les bruits des avions

Et de cela , être recommandée à servir à dessein

Revêt en son travail un louable entretien

Qu’on y soit entre miches , ou miettes de pain

‘ Là où tout à la chance de retarder

Nous puisons à nos bières les serments

Faits pour nos cuissons de partages ! ‘

S’entêtaient quelques uns de passages

Et bien à lui conter fleurette

Discutant bout de gras , ou y faire ses emplettes

On la caressait , la soulevait

Parfois un peu vigoureusement

Afin de lui ôter tout son précieux breuvage

Qui restait , même ici , délicat à boire

Un jour on la chargea , quand elle sentit l’Espoir

A dos de Dromadaire pour un périple

A s’enfoncer vers une zone , et la traverser

Plus sèche et plus aride , pauvre de toute vie

Ou d’un cycle humide

Elle partit se vouer à une équipe de chercheurs

‘Des Archéologues..’comme elle les nomma sans espièglerie

‘ Seront-ils utiles , s’il se faut , au moins

Je saurais les économiser , en bains de transvasement

Vers les coupelles sœurs , pour des Pierres vieilles en lavement

De toutes nous pouvons prendre soin !

‘ En effet , désirable , elle s’acclimatait

Plafonnement historique à pouvoir les bénir

Sans ni les contrarier , ni les contester

De les observer , à la suite , ressurgir

Mettant son aide pour chacune en esprit

Du fond de l’Âge de notre Galaxie

Un jour nouveau , au terme des labeurs

A force au sol compact d’une ancienne terre

D’y mâchonner ; une découverte Grandiose muée

Fut faite , et s’illumina tôt le matin des rayons rosés

Un être aussi petit , qu’un puisement sur les Casares

Déraciné de son Andin miroir

Et comme localement imprimé

De son moule qui l’avait conservé

Intact et si longtemps éteint

‘ Tiens , ça alors , me voici donc renaître ?

‘ Dit cette tête surprise à tout nouveau venu

‘Je ne suis que Carcasse , mais au départ un être ..’

Tous demeuraient livides et interloqués

De sa présence sage qui royalement se foutait

Des on-dit , des précipitations , de tous ces pâtres à nu

Et de la crainte successive de nécessités

On l’avait posée sur une couverture Bédoin

‘ Connaissant vos attentes à nous déraciner

Vous me mettrez sous le boisseau

Car il y en a de moins en moins

Ma volonté à ce cerceau ! ‘

Avait-elle encore observé , quand elle remarqua

De biais la généreuse Calebasse

Avec un teint d’Albâtre subitement frais

Et qui semblait vouloir l’aider indubitablement

‘ Bonjour , et merci de votre part , mais non , c’est très gentil ! ‘

Lui répondit-elle , dès

Qu’elle eut manifesté un moindre : ‘ Puis-je ? ‘

‘ Et nous pourrons aussi nous renvoyer de tige

A toute notre topique , en l’Utopie Humaine

Je vous fais don spatial ici de mes bontés saines

Elles sont joyeuses , mais toutes aussi prudentes des récits

Lui concéda-t-elle encore , envieuse et aguicheuse

En s’exprimant , entièrement dévouée

Dans une parité non flagorneuse

Et donc parfaite à son encontre

La Calebasse sans trépigner vint contre

Se pelota , et pleinement comprit

Toute heureuse de cet apport de considération

Dont elle bénéficia , de sa véritable attention

D’acquise comme sereine , d’imprimée , de voyageuse

Mais venant surtout de ce visage épris

Qui si intensément sincère l’avait déplacée

Sans une névrose cristallisée , sans théorie

De l’horloge qui nous eut pour un tour dévoilés

Ou d’un vaste présent émis pouvoir dorénavant

Qui nous dépêchait la discorde , et s’offrait à séant

Là où pourtant , toutes vies s’établissaient d’Apôtres

Qui comptaient bien sur tous d’éponger le médiocre

Où , ne faire de mal à personne était plaisir , et vœu

Et pour ceux de restant qui pensaient s’allier mieux

Et où , toute moralité de cette histoire enfantine

Se révélait à un vain passé , toujours à anoblir

Que nous pouvions déjà , et de la sainte Elvire

Lire , ou écrire , depuis une Fable sous bassine

Que nous vivions sereins , et quel qu’en soit l’épeautre

Nous savions bon de recevoir , ou d’acquiescer réjouis

Que , lorsqu’on s’apprécie

Tout parait simplifié

La notoriété de l’un et l’autre

N’empêche une sensibilité

M.L.

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