Ecrit en janvier 2026 jeu 2 Suite automatique

Jeu 2 Pour dérouiller sa plume suite automatique

Ecrire un texte ou chaque premier mot d’une phrase reprend le dernier de la précédente (possibilité d’ajouter un déterminant)

______________________________________________________________________

Le commissaire Janvier accompagné de son adjoint le lieutenant Durand arrivèrent

rapidement sur les lieux du crime et découvrirent le corps inanimé d’une jeune

femme allongée sur le dos, le crâne fracassé, baignant dans une mare de sang. Le

sang afflua à la tête du lieutenant qui chancela et s’adossa à la voiture, blême et

pétrifié d’horreur. L’horreur s’incrusta dans ses yeux fixés sur le cadavre qu’il

venait de reconnaître. Reconnaître sa voisine de palier, étendue à même le sol, dans

cette ruelle sombre d’un quartier louche de la ville haute fut un choc pour lui. Lui qui

tous les matins la croisait dans les escaliers sans jamais avoir eu le courage de

l’aborder sentit un froid glacial l’envelopper et il eut du mal à cacher ses émotions.

Ses émotions parlaient d’elles mêmes et il savait dès le premier jour qu’il était

tombé amoureux d’elle. Elle n’en saurait jamais rien et il garderait son secret bien

caché au fond de son coeur. Son coeur battait à tout rompre dans sa poitrine devant

ce spectacle effroyable et il avait du mal à respirer. Respirer, je dois respirer,

reprendre mes esprits, se dit-il, et enquêter pour découvrir la vérité. La vérité , il la

lui devait et il lui en fit la promesse

D.L.

Bonne Année.

Année de foin, année de rien.

Rien à espérer ?

Espérer toujours sinon l’amertume gagne.

Gagne : du temps, son pain, de l’argent…

Argent : sale, blanchi, maudit.

Maudit mais néanmoins nécessaire.

D DOU

Le chat lape le lait.

Le lait coule en gouttelettes sur ses moustaches.

Ses moustaches frétillent et les perles lactées tombent sur le sol .

Le sol poreux les absorbe , seule subsiste une auréole .

L’ auréole se dessine , imprévisible ,capricieuse , à l’instar de mon chat .

H.G.T.

Jean M était parti à pied jusqu’au Nord. Le Nord, c’est loin, surtout quand on arrive au bout. Le bout de la terre ronde, est-ce possible ? Possible, cela s’appelle la banquise. La banquise était solide, parcourue de traîneaux poussés par de petits hommes emmitouflés qui chassaient et pêchaient en paix. La paix millénaire que traversaient ces hommes courageux allait bientôt disparaître ; il arrivait trop tard notre jean M. Jean M. ne se remit jamais d’avoir assisté à la mort de cette civilisation dérivant sur la banquise ramollie. Ramolli, lui aussi jean M repartit d’où il était venu, le cœur fatigué, désespéré. Désespéré, l’envahisseur ne l’était pas, il se frottait les paluches pleines de pétrole et de dollars. Le lard des phoques ne nourrit plus personne sur la banquise vide.

S.R.

Je voulais vous dire que ce jour là ce sera difficile pour moi de venir. Venir, en plus, depuis tant d’années passées loin de vous . Vous n’imaginez pas combien de souvenirs m’ont assaillie à cette seule pensée. Pensée aussitôt imagée, frémissante de tous les jeux, de toutes les discussions que nous avons partagés. Partager trente ans après, une nouvelle rencontre, me remplit à la fois de crainte et de joie. Joie de nous retrouver dans la lumineuse atmosphère de la tonnelle de votre maison, environnée de verdure et d’oiseaux comme autrefois. Autrefois au temps béni où nous étions en pleine jeunesse remplis de projets, vous démarriez des études de piano et je voulais me consacrer à l’écriture…L’écriture m’attend malheureusement toujours, là est ma crainte de vous décevoir car hormis les rapports scientifiques que je transmets à la revue Nature sur le comportement des grands mammifères marins, ma vie de voyages et de recherches n’est pas assez stable pour écrire. Ecrire, cela viendra peut-être plus tard lorsque je devrai quitter ce métier. Métier bien éloigné de ce que j’envisageais, alors que je sais quelle constance dans vos études de musique vous ont conduit à être un si merveilleux concertiste dont j’ai tous les disques aujourd’hui qui m’accompagnent presque partout.

S.D.

L’hiver est passé dans le jardin.

Jardin sans fleurs ni décoration.

Décoration ? Si, il y a quelque chose.

Quelque chose de discret, regard figé plus loin.

Plus loin où se trouvent ses frères.

Ses frères éparpillés dans le jardin.

Jardin sans fleur mais habité par les sept nains !

B.D.

A pas feutrés, Midi s’empare de la ville (Fargus). Ville fourmilière, tentaculaire, soudain réduite au silence et où on entend ses pas. Pas dont le bruit envahit l’espace, comme extérieur à nous, pas lent posé du promeneur ou pas vif et claquant de celui qui sait où il va à cette heure. Heure du retour au logis ou du rendez-vous amoureux. Amoureux d’une femme, d’un homme ou d’une ville. Une ville qui en ce moment se tait et fait naître l’angoisse multiforme due à l’a soudaine absence de vie , à la certitude criante de la solitude. Solitude des villes qui vaut bien celle des champs. Champs désertés par les hommes et même les oiseaux et les insectes, quant à pas feutrés, Midi s’en empare.

  1. Dor

Comment je commence à lire

Lire les onomatopées et les rires

Rires qui sont beau, c’est vraisemblable

Vraisemblable de conjonctures athées

Athées comme le flot des horizons défaits

Défaits entre fées et faits amoureux

Amoureux qui tous se côtoient en voisins

Voisins d’un tel concours parfait

Parfait d’être une circonstance d’embruns

Embruns teints à toutes sortes de ciels

Ciels de jade ou d’opale tournés vers l’ambre

Ambre qui écoute ce qu’elles doivent penser

Penser à l’origine de leur nature opaque

Opaque mais imprenable d’une sagesse

Sagesse au long cours, abnégation des cils

Cils qui brassent l’air

l’air qui les conduit

Conduit vers l’éternel aussi vide que l’oubli

oubli qui se précise, convoit son rapprochement

Rapprochement imprécis, fluctuant , novateur

Novateurs car seuls les petits l’appréhendent

l’appréhendent et lui font place nette

Nette et pure, assise des éléments petits

Petits et grands encore une fois

Fois de renard, de chacals de demi-diables

Demi-diables encore de syrphes ceinturés

Ceinturés au milieu des cils et des vents

Vents riant honnêtement vers l’hyspe noire

Noire qui mangeait les microbes velus

Velus et qui chantaient

Chantaient l’ordre des choses

Choses qui partaient si besoin

Besoins qui eux aussi velus tentaient

Tentaient d’étiqueter ou d’éditer

Éditer les premiers émois

Emois comme une suite à inventer

Inventer à nouveau des couleurs

Couleurs éteintes et rallumées

Rallumées et éteintes

Eteintes et rallumées
Rallumées pour toujours

Toujours et jamais

Jamais peut-être

Peut-être par là

Là et Ici

Ici et là

M.L.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *