Jeu 2 Expansion
Voici trois extraits de poèmes. Vous en choisissez un et créez votre propre poème de la façon suivante
– trois vers personnels, puis le 1er vers du poème
- trois vers personnels , puis le 2eme vers du poème
- etc…
Extrait 1 (Jules Romains, la vie unanime)
Qu’est-ce qui transfigure ainsi le boulevard ?
L’allure des passants n’est presque pas physique
Ce ne sont plus des mouvements ce sont des rythmes
je n’ai plus besoin de mes yeux pour les voir
Extrait 2 (Guillaume Apollinaire, la chanson du mal aimé)
Mon beau navire ô ma mémoire
Avons-nous assez navigué
Dans une onde mauvaise à boire
Avons-nous assez divagué
De la belle aube au triste soir
extrait 3 (Emile Verhaeren , La multiple splendeur)
Toi qui t’en vas là-bas,
Par toutes les routes de la terre,
Homme tenace et solitaire,
Vers où vas-tu, toi qui t’en vas ?
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extrait 3 (Emile Verhaeren , La multiple splendeur)
Toi qui t’en vas là-bas,
Par toutes les routes de la terre,
Homme tenace et solitaire,
Vers où vas-tu, toi qui t’en vas ?
Nous en étions là de nos discussions
Nous faisions tous ensemble des projets
les Uns voulaient partir
les autres voulaient rester
Toi qui t’en vas là-bas
Tu as décidé de partir sans nous
Tu veux rester seul
tu veux réfléchir à la fragilité de l’Homme
Par toutes les routes de la terre
Et pourtant nous voulions faire quelque chose ensemble
Tu en as assez de toutes ces hésitations
Tu en as assez de tergiverser
Homme tenace et solitaire
Tu n’as besoin de personne
C’est ce que tu veux nous faire comprendre
Tu veux être tout seul
Où vas-tu toi qui t’en vas
N.C.
L’ombre s’allonge
Au fur et à mesure que tu avances
Sous le feuillage piqueté d’or.
Toi qui t’en vas là-bas,
Tu continues ta route
Sans te retourner
Tu files au clair de lune
Par toutes les routes de la terre,
Incompris et maudit
Tu allonges le pas
Quand soudain tu t’arrêtes.
Homme tenace et solitaire,
Tu as compris que ton destin
Se jouait à cet instant précis
Où tu allais choisir cette direction.
Vers où vas-tu toi qui t’en vas ?
Tu n’as plus le choix maintenant
Tu dois accélérer ton allure
Pour arriver à l’heure au rendez-vous.
D.L.
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Extrait 2 (Guillaume Apollinaire, la chanson du mal aimé)
Mon beau navire ô ma mémoire
Avons-nous assez navigué
Dans une onde mauvaise à boire
Avons-nous assez divagué
De la belle aube au triste soir
Ça commence à se déglinguer
J’ai le cerveau comme une passoire
Avons nous assez zigzagué
Mon beau navire ô ma mémoire
Je me sens bien trop fatigué
Pour poursuivre cette triste histoire
Il me faut poser la pagaie
Avons nous assez navigué
Plus percé qu’une passoire
Mon rafiot coule,c’est pas gai
ô pas dans du nectar millésimé mais
Dans une onde mauvaise à boire
j’ai tenté de tout larguer
mais je n’ai eu que des déboires
je boirai donc de l’eau salée ô gai
De la belle aube au triste soir
F.V
Je suis au bord de l’océan
Qui roule ses vagues indéfiniment
Et moi j’ai le spleen…
Mon beau navire ô ma mémoire
je t’ai perdu au milieu des courants
Et moi aussi j’ai failli me perdre
j’ai été secouru par miracle
Nous avons assez navigué
Nous avons fait le tour du monde
Fait des escales dans tous les pays
Traversé toutes les mers , mais
Dans une onde mauvaise à boire
Nous avons trébuché, nous avons coulé
à pic, il faut le dire
les brisants étaient là
Nous avons assez divagué
je nous revois accrochés au radeau
De fortune transformé
mourant de faim et de soif
De la belle aube au triste soir
N.C
=-=-=-=
Extrait 1 (Jules Romains, la vie unanime)
Qu’est-ce qui transfigure ainsi le boulevard ?
L’allure des passants n’est presque pas physique
Ce ne sont plus des mouvements ce sont des rythmes
je n’ai plus besoin de mes yeux pour les voir
La ville, si proche et si lointaine,
Une gare, un train qui s’étire,
La nuit, le brouillard,
Qu’est-ce qui transfigure ainsi le boulevard ?
Les néons colorés, les vitrines illuminées
Réchauffent la nuée
Les phares effleurent le trottoir
L’allure des passants n’est presque pas physique.
Leurs silhouettes floues
Évoluent dans l’air
Au son d’un orchestre invisible.
Ce ne sont plus des mouvements, ce sont des rythmes
Qui les bercent doucement,
Je les imagine, je les devine,
Ils dansent, se balancent
Je n’ai plus besoin de mes yeux pour les voir.
D.Dou
j’ai eu de la fièvre ces jours-ci
je suis restée chez moi bien au chaud
mais bon, il faut reprendre contact avec le monde
Qu’est-ce qui transfigure ainsi le boulevard ?
Je ne reconnais plus rien
Est-ce l’air du printemps
Qu’est ce qu’il y a comme vent
L’allure des passants n’est presque pas physique
Il n’y a quasiment personne dehors aujourd’hui
le vent souffle terriblement et il pleut
Mon parapluie s’est retourné, vite rentrons
Ce ne sont plus des mouvements ce sont des rythmes
Tout es saccadé, on dirait un tambour lointain
le vent, la pluie, mais non
C’est le tonnerre les éclairs et la foudre
je n’ai plus besoin de mes yeux pour les voir
Les éclairs traversent mes paupières
Et je dois me boucher les oreilles pour les protéger
N.C.
C’est en hiver, au matin blême, mon regard
va, par la vitre de l’autocar, hagard,
Dans un floutage de vieux binoclard.
Qu’est-ce qui transfigure ainsi le boulevard ?
Eveillé soudain d’un état léthargique,
je vois des silhouettes au dessin empirique
Qui se croisent au hasard de lignes mélodiques
L’allure des passants n’est presque pas physique
De quelle mutation est elle le paradigme ?
Joués par le ressort d’un puissant algorithme
Dont l’origine reste une troublante énigme
Ce ne sont plus des mouvements ce sont des rythmes
A travers le brouillard et c’est à n’y pas croire
je n’ai à leur ballet aucun échappatoire.
IL pénètre mon corps en étrange miroir
je n’ai plus besoin de mes yeux pour les voir
D.Dor
Ils ne se croient plus en retard
Ne refusent plus de tirer au renard
Ils ont changé de regard
Qu’est-ce qui transfigure ainsi le boulevard ?
Ils marchent doux et flegmatiques
dans leur diversité cosmopolite
et un désordre de sybarites
L’allure des passants n’est presque pas physique
Leur harmonie est une énigme
dont on ne connaît l’algorithme
C’est pas le moindre paradigme
Ce ne sont plus des mouvements ce sont des rythmes
De la matinée jusqu’au soir
Un cœur bat sur le trottoir
Pour un monde plein d’espoir
je n’ai plus besoin de mes yeux pour les voir
D.Dor

