Jeu n°2 : On t’a trouvé une femme / un mari
La proposition peut venir de la famille, d’amis plutôt zélés ou d’un site de rencontre sollicité .
Plusieurs possibilités au choix
– vous imaginez la première rencontre (surprises, joies, déceptions)
– Vous écrivez une lettre pour décliner l’offre en ménageant le ou la destinataire (prétextes, excuses, promesses…) et vous intégrerez au moins deux de ces formules : c’est vraiment trop gentil… ; Pas si tôt … ;ça tombe mal… ; Sincèrement, je ne crois pas.. ;. Il y a un problème…
Chère tante Pauline,
Ta lettre m’a fait très plaisir, c’est tellement rare de trouver une vraie lettre dans la boîte. Tu as de plus l’extrême gentillesse de m’inviter pour une semaine de ski dans ton chalet de Courchevel, et tu connais mon amour des sports de glisse auxquels je n’ai pas pu m’adonner depuis de nombreuses années.
Tu m’explique que Raoul, le fils de Madame Meursault du chalet d’à côté , serait très heureux de me revoir, qu’il se souvient avec nostalgie de nos jeux d’enfant. Parles-tu vraiment de Raoul ? Je n’ai pas tout à fait les mêmes souvenirs. Il avait bien dix ans de plus que moi, me regardait de haut et s’arrangeait toujours pour m’asticoter sur les pistes ou quand nos familles se rencontraient. Il n’avait d’intérêt que pour le surf, les tenues de marque et le décolleté de sa cousine Rosalie. Elle avait beau le repousser, il avait l’insistance désagréable.Tu m’écris qu’il est toujours célibataire, occupé qu’il est à faire des affaires fulgurantes… mais toujours poli, impeccable, bien mis de sa personne. Et pour bien marquer tout l’intérêt que j’aurais à accepter de tenir sa maison, tu me rappelles que mes trente ans révolus , malgré la persistance de ma fraîcheur ( c’est toi qui le dit), devraient me pousser à ne point refuser une offre aussi favorable.
C’est vraiment très gentil à toi , mais j’estime qu’il est encore trop tôt, je ne suis pas encore prête à fonder une famille, ni tout à fait convaincue de sa nécessité. Je viens de terminer mon doctorat et de passer les concours. Entres mes premiers cours au collège et ma passion du chant (je n’ai pas encore renoncé à faire carrière si l’occasion se précise), je n’ai pas beaucoup de temps et pour tout dire, n’ai pas envie de tout laisser tomber pour un parti, aussi beau qu’il soit.
Je te connais assez pour deviner le portrait dithyrambique que tu as fait de moi mais, sincèrement, je ne crois pas que la réalité de ma personne puisse lui convenir de la moindre façon. Et puis , il y a quand même un problème ma chère tatie : tu connais la force de mon militantisme contre les inégalités, ma distraction atavique, ma négligence pour tout ce qui concerne la « tenue d’une maison ». Tu ne dois pas te faire d’illusion, il n’y a aucun espoir de progrès dans ces domaines. Si tu as un tant soi peu le souci du bonheur de cet homme, je suis sûre que tu pourras dénicher parmi tes nombreuses nièces, un parti beaucoup mieux adapté.
Je suis très touchée que tu te préoccupes de mon avenir, mais tu n’as rien à craindre pour moi, je suis pour l’instant très épanouie dans mon célibat. Pour te rassurer, et sans vouloir te choquer, les occasions de rencontre ne manquent pas.
Tu comprendras que malgré mon affection pour vous et la joie que j’aurais eue à partager quelques jours avec vous, je préfère décliner ton invitation. Passez de bonnes vacances et soyez prudents sur les pistes. Je t’embrasse affectueusement ainsi que l’oncle Gaston.
Ta nièce, Coralie
DoDor

