Jeu d’écriture en période de confinement -5-texte mité

27 03 2020

Jeu d’écriture par temps de confinement- 5- Texte mité

 

 

« ……. question…………………….. vos épaules… ………………….. vertu………………………. sur l’herbe verte d’un fossé …………………. demandez……………………n’être pas les esclaves…….. »

Voici ce qu’il reste d’un texte que vous allez vous empresser de combler par le seul biais de votre imagination.

A la fin , après vos textes, vous découvrirez l’original…

De si loin, proche cependant, je viens reporter sur votre vie et il me reste une question, essentielle pour moi qui, photographie après photographie, vous suis depuis ces longues journées de 1930.

Porter sur vos épaules le poids de cet univers qui est en train de basculer, n’est pas la moindre des vertus que tout un monde a encore tant de mal à vous reconnaître. Vous, assis sur l’herbe verte d’un fossé qui bien souvent n’est qu’une simple fosse, et demandez un juste regard de solidarité, et moi pris dans la distance et l’empathie de mon objectif, comment transmettre cette humanité qui nous réunit, la seule qui permette de n’être pas les esclaves à jamais sacrifiés de cette crise ?

 

signé Walker Evans (MS)

Quelle question… ! Me demander si je peux sauter directement sur  vos épaulesMa plus grande qualité n’est pas d’être sportive mais la moindre des…vertus serait de votre part …de vous asseoir sagement …sur l’herbe verte d’un fossé en attendant mon exploit. Vous vous demandez avec anxiété si plus tard vous serez accusé de folie…Acceptez de n’être pas les esclaves de ma fantaisie mais plutôt ceux de mon profond désœuvrement lié au confinement.

DDou

Pas question de porter sur vos épaules,

en vertu de je ne sais quelle culpabilité, toute la misère du monde.

Asseyez-vous sur l’herbe verte d’un fossé,

réfléchissez et demandez-vous, une fois de plus,

pourquoi les gens du peuple n’ont toujours pas décidé,

de n’être pas les esclaves d’une poignée d’exploiteurs,

de se lever et de vivre enfin debout !

J.B

Pas question de tout porter sur vos épaules en vertu des ordres de celui qui se repose sur l’herbe verte d’un fossé nettoyé par vous mêmes,demandez-vous plutôt comment faire pour ne pas être des esclaves

BH

« Mon amie votre question en haussant vos épaules sur l’éloge de la vertu, alanguie sur l’herbe verte d’un fossé me trouble et vous me demandez comment n’être pas les esclaves d’une société dite bonne »

Mmpou

What is the question qui pèse sur vos épaules . Quelle importance accorder aux principes de la vertu : fricoter, consentante , sur l’herbe verte d’un fossé , choque-t-il votre morale ? 

Demandez , osez , agissez !

N’être pas les esclaves de la décadence  nous rapproche sûrement de la bienséance …. Mais s’accorder quelques délices , évite que l’on s’assoupisse !

H God.

Pas question que vous restiez confinée toute la journée dans ce minuscule appartement. Jetez un gilet sur vos épaules et allez faire un tour dans la nature où le printemps exulte ! Cela n’entachera en rien votre vertu. Regardez autour de vous, vous verrez les premières orchidées pointer sur l’herbe verte d’un fossé. Vous me demandez si ce n’est pas un risque exagéré, au vu des circonstances. Il ne faut pas être l’esclave des parangons de la morale culpabilisante. Voyez, il n’y a personne que vous, le ciel, la terre et les oiseaux

DDor

texte original

« Enivrez-vous
Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront : « Il est l’heure de s’enivrer ! Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

Charles Baudelaire – Le Spleen de Paris, XXXIII

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