Jeu d’écriture par temps de confinement 3 04 2020-12- Mélanges dans la bibliothèque

3 04 2020

jeu par temps de confinement – 12 – Mélanges dans la bibliothèque

  1. sélectionner deux titres de romans avec leurs auteurs
  2. Mélangez des éléments des titres pour en créer un nouveau et faites de même pour l’auteur
  3. Imaginez la quatrième de couverture

exemple :

Les souris et des hommes de John Steinbeck et Bonjour Tristesse de Françoise Sagan

 : TRISTESSE DES SOURIS DE FRANÇOIS SABECK

A vous…

jeu de confinement 11 lipogramme, suite

Ruban d’asphalte  (disparition du « o « )

 

Telles une défaite tiède et un exil bleu , les heures qui s’égrènent battent en retraite 

Les arbres s’allient , défilent puis disparaissent dans l’infini du ciel

Les hameaux passent , les mêmes cicatrices périphériques

Les bigarrés étals de pastèques alanguies distraient l’air ambiant .

H God.

jeu par temps de confinement -11- lipogramme

2 04 2020

Jeu par temps de confinement 11 : Lipogramme

Le lipogramme consiste à réécrire un texte en s’interdisant l’utilisation d’une voyelle. Cette fois -ci vous avez le choix que vous préciserez d’entrée

exemple

Tout surgit du reflet éphémère

D’un grand miroir

sans e :

Tout surgit d’un vis à vis fugitif

sur un grand miroir

Voici un extrait de poème de Pedro Mairal (Argentine) que vous aurez à réécrire

ROUTE NATIONALE

Comme une défaite tiède

et une désertion bleue, le mouvement

de la journée bat en retraite,

les arbres se rapprochent, défilent puis disparaissent dans le souvenir,

les hameaux passent, les mêmes cicatrices périphériques,

les nouveaux étals de pastèques roses,

colorent l’horizon


lipogramme en 0

Chaussée essentielle.

Ainsi qu’une défaite tiède

et un lâchage bleu,l’effervescence

diurne bute en retraite,

les arbres s’embrassent,défilent puis disparaissent

dans un mirage,

les hameaux passent,les mêmes cicatrices périphériques,

les étals neufs de pastèques couleur chair,

teintent l’infini.

BH

Lipogramme en A

RN

Comme une déroute tiède

et une désertion bleue, le mouvement

du jour est sur le repli,

Les fûts viennent vers nous, défilent puis s’éclipsent du souvenir,

les lieux-dits filent, les mêmes meurtrissures périphériques,

les nouvelles échoppes de melons roses

colorent l’horizon.

Ddor

lipogramme en A

Route non cosmopolite

Comme un échec tiède
et une désertion bleue, le mouvement
de cette journée se replie
les entités feuillues qui bordent le chemin, défilent puis se dissolvent
éliminées du souvenir
les petits bourgs se succèdent, les mêmes blessures périphériques,
les nouvelles expositions de melons roses
colorent l’horizon.

FV Continuer la lecture de « jeu par temps de confinement -11- lipogramme »

Jeu en temps de confinement -9 – texte borné – nouveau

Il semblait venir de très loin car il portait sur tout le corps de fortes traces d’aventures mais il avançait d’un pas déterminé dans ma direction. Arrivé devant notre portail, il s’arrêta et de toute évidence ne voulait pas passer son chemin. Intriguée, je m’approchai de lui.

«Bonjour monsieur, vous cherchez quelque chose ?

Alors, vous ne me reconnaissez pas…»

Prise de panique, comme à chaque fois que je me suis retrouvée dans cette situation de reconnaissance à sens unique, je me demandai ce qu’il ressentait à ce moment précis… de la déception? de la tristesse ? de l’aigreur ?

Je compris qu’il avait été élève à l’école du village, qu’il avait été mon élève. J’invoquais la fuite du temps, la métamorphose d’un enfant en adulte… Comment retrouver la gueule d’ange dans cette carcasse de vieux baroudeur?

Je l’invitai à se désaltérer tout en profitant de l’ombre du gros chêne.

Il me raconta sa vie depuis qu’on s’était perdus de vue. 

Il avait traversé des terres et des mers, des pays, des océans et des continents. Il était parti pour rencontrer l’autre et l’ailleurs, cette envie qui le tenait depuis qu’il avait été élève dans notre école ouverte sur le monde. J’avoue que j’ai souri intérieurement, flattée !

Il avait croisé au cours de son périple, des gens d’une générosité sans borne, il avait été témoin de traditions culturelles étonnantes comme cette pratique culinaire du four tahitien ou cette vie en osmose avec la forêt primaire, il s’était laissé aller à des modes de vie différents, à une autre conception du temps et de l’espace mais il avait aussi eu peur dans des contrées inhospitalières où la liberté n’avait plus droit de cité, où le sort réservé aux femmes était tout simplement inadmissible, où une éducation n’était pas offerte aux enfants.

 Il avait fini par être rassasié, suffisamment nourri de ces voyages, de ces rencontres, de ces épreuves. Il avait voulu renouer avec ses racines, il était revenu.

Les années ont continué à s’écouler. Quel regard porte-t-il sur le monde actuel ? Comment ressent-il son évolution ?

En ce temps là,(…) le monde n’était ni meilleur, ni pire qu’aujourd’hui, il était seulement différent.

JB

Jeu par temps de confinement 2 04 2020- 11- Lipogramme

2 04 2020

Jeu par temps de confinement 11 : Lipogramme

Le lipogramme consiste à réécrire un texte en s’interdisant l’utilisation d’une voyelle. Cette fois -ci vous avez le choix que vous préciserez d’entrée

exemple

Tout surgit du reflet éphémère

D’un grand miroir

sans e :

Tout surgit d’un vis à vis fugitif

sur un grand miroir

Voici un extrait de poème de Pedro Mairal (Argentine) que vous aurez à réécrire

ROUTE NATIONALE

Comme une défaite tiède

et une désertion bleue, le mouvement

de la journée bat en retraite,

les arbres se rapprochent, défilent puis disparaissent dans le souvenir,

les hameaux passent, les mêmes cicatrices périphériques,

les nouveaux étals de pastèques roses,

colorent l’horizon.

jeu par temps de confinement 1 04 2020 – 10- les objets parlent

1 04 2020

Jeu par temps de confinement– 10 – la parole est à un objet

Le confinement vu par les yeux d’un objet de la rue, de la maison ou d’un magasin

Comme c’est le premier avril, les objets peuvent tout faire


Feuille de lierre

feuille de lierre

agrippée au mur

printanière exacte

puissamment accrochée

à mes prérogatives de pierre

je mets à profit leur effroi

qui pour me surveiller qui pour me veiller

couvrant de profils étranges

de rhizomes fiers

ce plan bientôt disparu

plage encore grise

avant de verdir

sous ma percée

MS

Mes patrons l’avaient décidé ainsi: »On ne sortira qu’à pied,c’est trop dangereux de prendre le vélo! »

Voilà plus d’une semaine que je reste confiné dans le couloir,les pédales au repos,la selle recouverte d’une housse fleurie ridicule.Protégé de quoi?Puisque  ce virus s’infiltre partout!On me prend finement pour un con!(hi!hi!hi!)

Bon,pendant qu’ils discutent inlassablement de la progression du coco-navirus (c’est navirus pour tout le monde…),je me décide à prendre mon autonomie:j’enfile les gans sur le guidon,j’accroche le masque au phare avant,et mon autorisation de sortie,je la mets ou?En éventail sur les rayons de la roue arrière,ça va faire un joli petit bruit!Et me voilà parti!

Que c’est agréable!Toute la chaussée rien que pour moi et je fais des zig-zag,et je fais des figures d’équilibriste…quand j’aperçois un vélo à remorque ,genre « bobo » des grandes villes,je ne vous dis pas combien ça coûte!Moi, je viens de chez Emaus, mais ce n’est pas une raison pour  prendre toute la place!Nous avons tout de même une discussion franche: »On circule à plus d’un mètre l’un de l’autre! »Dans la vraie vie ,c’est pareil,on ne mélange pas les torchons et les serviettes.

Puis,il repart vers son confinement chic tandis que moi je hume l’air moins pollué,j’entends les moineaux,les mésanges,les merles…pourvu que ça dure …le confinement !

BH Continuer la lecture de « jeu par temps de confinement 1 04 2020 – 10- les objets parlent »

Jeu par temps de confinement – 9 – texte borné, un de plus

Je préfèrerais pas , ces temps-ci il vaut mieux reporter le scrabble… ». C’était un jour avant l’officielle mesure de confinement pour cause de pandémie. Ses amies n’avaient pas compris, elles avaient été suffoquées de voir Suzanne sur le recul, leur hôte passionnée de scrabble et avec laquelle elles passaient tous les lundis après-midi à jouer moultes parties ponctuées par le thé vers 18 heures… Puis le confinement est venu, il a fallu apprendre à jouer seule, à ne plus partager le jeu ni compter les points, à ne prendre le thé qu’avec ses chats et le téléphone, qui sonnait plus souvent…Certains jours même, le scrabble en solo devenait si déprimant que c’est le piano qui gagnait la partie…Du Mozart, du Haydn en déchiffrage et le salon de nouveau reprenait son souffle, l’air vivant…La chatte même avait l’air de se régaler dans le fauteuil et jouait parfaitement son rôle d’amateur éclairé, public à quatre pattes devenu précieux et à qui Suzanne parlait affectueusement en quittant piano et salon . « Tu as aimé Maillou chérie? » La chatte cherchait caresse et semblait tendrement répondre…Qu’est-ce qui avait changé ? Presque rien, les échanges humains souvent superficiels et qui manquaient tant à ces amies de scrabble, avaient disparu ainsi que les rituels de leurs lundis au profit d’autres rituels, plus intimes, de nouvelles communications subtiles, infinitésimales, qui étaient venues s’inventer avec plantes et fleurs, avec la chaleur du feu et les gestes des chats… En ce temps là, le monde n’était ni meilleur, ni pire qu’aujourd’hui, il était seulement différent »

SD