L’île des oubliés (2012), Victoria Hislop

Victoria Hislop est diplômée de littérature anglaise et a d’abord travaillé dans l’édition avant de poursuivre sa carrière vers l’écriture. Elle vit entre l’Angleterre et la Crète. Son premier roman, L’île des oubliés s’est vendu à trois millions d’exemplaire dans le monde et a été traduit dans 25 pays. Il fut traduit en France en 2012 aux éditions Les Escales et a reçu deux prix : « Newcomer of the year » en 2007 ainsi que le prix des lecteurs du livre de poche en 2013.
L’île des oubliés est un roman historique qui nous invite à nous évader au large de la Crète près d’une île au passé troublant. On y suit l’histoire d’Alexis, une jeune archéologue anglaise qui est en pleine quête identitaire et souhaite découvrir la raison qui a poussé sa mère à quitter son pays d’origine : la Grèce. Afin de percer ce secret de famille, Alexis part dans le village natal de sa mère en Crète, nommé Plaka. Là-bas, elle rencontre des personnalités locales qui lui apprennent son histoire familiale et découvre l’existence de l’île de Spinalonga. Cette île aurait servi autrefois de refuge pour une colonie lépreux entre les années 1900 et 1960. L’arrière-grand-mère d’Alexis y aurait péri. C’est ainsi que nous sommes plongés dans le passé familial de cette jeune femme à travers différentes époques tantôt dans les années 2000 mais aussi au XXème siècle.
C’est un livre prenant, émouvant où le thème de l’amour (qu’il soit amoureux, maternel, fraternel) prédomine. En plus, d’une incitation à découvrir les paysages enchanteurs de la Crète, c’est aussi une œuvre engagée. A travers la quête d’Alexis, l’écrivaine dresse un bouleversant plaidoyer contre l’exclusion des lépreux par le reste de la population grecque. La lèpre, une maladie qui reste encore trop méconnue de nos jours est ainsi mise en lumière avec de nombreuses descriptions physiques et psychologiques de ses effets sur les corps meurtris. Ici, une femme atteinte de la lèpre vit ses derniers moments : « Les lésions sur les jambes, le dos, le cou et le visage s’étant à présent multipliées, la douleur l’assaillait de toutes parts, et aucune position ne lui laissait de répit ».
Cette œuvre nous encourage donc à reconsidérer l’acceptation de la différence de l’autre et à toujours croire en un monde meilleur quelques soit les circonstances.

