La poignée .
Avant cette terrible annonce , la vie était belle. Mon existence me convenait .
Mais maintenant, je sombre dans l’ennui: oubliée , délaissée . Avant , j’étais calinée , pressée, entourée, effleurée , appuyée , empoignée … et de ce fait , je devenais glissante , poudrée , transpirante, parfumée … Que d’émotions en une seule journée ! Aujourd’hui , je suis froide , immobile , sans intérêt . Tous les passagers sont confinés , plus d’allers -retours dans les coursives . Ma porte reste calée contre le mur et seule , la capitaine , qui arpente les couloirs pour s’assurer que personne ne rompe la solitude imposée , me frôle :unique plaisir de ces heures pesantes qui s’éternisent .

