Jeu 3 jeu de Noël
Imaginez une façon originale de vous débarrasser d’un cadeau qui ne vous a pas plu ( sans vexer son auteur).
Noël 1968. J’ai douze ans, on ne fait pas encore ces listes au pere Noël qui font les choux gras du commerce aujourd’hui…Pas d’internet ni de plateformes de revente, je n’en aurais même pas eu l’idée! Mais quelle déception de trouver au pied de l’arbre dans un joli paquet marqué de mon prénom un petit lapin en peluche aux yeux stupides, alors que j’espérais une boîte à expériences de chimiste, une encyclopédie et quelques chouettes livres!
Difficile de dire merci en se sentant si dépitée, enfin je n’étais plus un bébé! Je me suis demandée si ce n’était pas un cadeau pour ma dernière soeur plus jeune de quatre ans, dont je savais déjà par son caractère, qu’elle ne l’aurait pas voulu!!! Erreur d’une marraine? Je n’ai jamais su le fin mot de l’histoire qui a fait tomber dans mon soulier ce pauvre lapin beige clair…Ne pouvant l’aimer, ni dormir avec lui, je l’ai négligemment laissé traîner prés de la cheminée, juste assez près pour qu’il se brûle et que catastrophe! mon frère le tire du feu méconnaissable et bon à aller à la poubelle! « Oh ma pauvre chérie, me dit ma mère, je me débrouillerai pour t’en trouver un autre ». Là, que faire? J’ai joué la peine, et me suis permis de dire qu’autre chose m’aurait plus intéressée, je n’eus pas mon petit atelier de chimiste pour n’avoir pas osé le demander, mais on m’offrit en échange un beau livre magnifiquement illustré des Contes d’Andersen!
S.D.
Qui vient au repas de Noël ? Toute la famille a dit oui même Tante Sophie qui d’habitude ne vient pas. Tout le monde s’extasie devant l’amas de cadeaux au pied du sapin joliment décoré. En prenant l’apéritif, chacun est impatient de découvrir le présent qui lui est destiné. Après les enfants et quelques invités arrive mon tour. Je découvre une magnifique boîte recouverte d’un papier brillant étoilé avec de nombreux rubans multicolores. Qu’est-ce-que c’est ? J’ouvre délicatement avec déjà un sourire de remerciements sur les lèvres. Je découvre un immense vase orange où tout de suite Tante Sophie : « ça te plaît ? Dès que je l’ai vu en vitrine, j’ai tout de suite pensé à toi » Merci Tatie dis-je en l’embrassant, il ne fallait pas c’est trop beau.
Pendant le repas je me demande où je vais pouvoir le poser chez moi. Ma première idée est de lui faire rejoindre le placard des pièces non montrables en disant si question est posée que maladroite comme je suis-je l’ai fait tomber et il s’est brisé mais avant je vais le proposer à l‘un de mes enfants. Après tout c’est un avant-goût de la transmission de mon patrimoine !
H.L.
Si vous êtes un maladroit notoire et que vous recevez un bibelot fragile, personne ne pourra vous en vouloir de voir le présent se fracasser malencontreusement au sol, dès le papier cadeau ôté. Est-ce votre faute si le sol en marbre n’a pas été accueillant pour cette figurine en biscuit représentant une femme en toilette empire ? Prenez un air navré, en expliquant que vraiment vous lui auriez trouvé une place de choix parmi votre collection Star Wars. N’en faites quand même pas trop si vous ne voulez pas en recevoir un autre comme cadeau d’anniversaire.
D.Dou
A Noël, parmi les cadeaux que j’ai reçu, dans l’un des paquets, il y avait un éléphant en verre de Murano : il était d’un bleu outremer magnifique mais « horreur » il avait la trompe en bas ! Je ne sais pas si Gisèle qui me l’a offert s’est rendu compte de ma joie contenue quand je l’ai remerciée, agrémentant même mon mensonge de qualificatifs flatteurs pour cacher mon malaise naissant : je ne comprends pas comment une personne qui sait que j’adore les éléphants ait pu occulter le fait qu’ils doivent impérativement avoir la trompe en l’air car ce sont les seuls qui portent bonheur. Il est certain que cet éléphant ne pouvait pénétrer chez moi, c’est impossible mais comment pourrais-je expliquer son absence à Gisèle qui viendrait immanquablement chez moi ! . Le cacher ? Le sortir juste quand elle viendrait ? C’était vraiment trop compliqué ! Alors ,le lendemain même , je pris mon courage à deux mains et lui téléphonais : –Bonjour Gisèle c’est Sylvie et blablabla …figure toi si je t’appelle c’est que j’ai fait une énorme bêtise…j’ai cassé le magnifique éléphant que tu m’as offert à Noel en le sortant de ma voiture et il n’est pas du tout réparable , j’en suis malade rajoutais-je sans même avoir honte de mentir si effrontément (ma mère me disait toujours que ce genre de mensonge pour ne pas vexer les gens était un mensonge pieux pour ne pas leur faire de la peine et que çà ne comptait pas ! Ouf c’est fait. –Ecoute Sylvie, rassure-toi me répondit-elle, je le trouvais tellement beau que j’ai pris le même pour moi donc çà me fait plaisir de te le donner car je sais O combien tu aimes les éléphants. – Mais non Gisèle c’est trop gentil de ta part mais garde le, c’est un souvenir pour toi ! Je vous laisse le soin d’imaginer la suite……
SM
Minuit. C’est Noël. Les cadeaux disposés au pied du sapin attendent leur destinataire.
Le mien que j’ai repéré dès mon arrivée, m’intrigue. Il est plus grand que tous les autres , je me demande ce que ça peut bien être. J’ouvre le paquet avec fébrilité et je découvre une sorbetière.
Mais qu’est-ce-que c’est que ce truc ? Une sorbetière ? A quoi ça sert ? Je n’en ai pas la moindre idée. Je simule ma joie, je vais pouvoir régaler ma famille sans savoir exactement comment je m’y prendrais. Je commence à lire avec attention la notice d’utilisation tout en élaborant un plan pour me débarrasser de cet objet encombrant et inutile sans que mes parents, qui me l’ont offert, ne s’en aperçoivent.
Comment vais-je m’y prendre ?
La revendre sur internet , trop risqué ! Ma sœur ou mon frère peut tomber sur l’annonce et je préfère éviter un drame.
La refiler à une amie qui aime les sorbets, pourquoi pas ? C’est la solution me dis-je. Je vais lui donner cette horrible sorbetière et si un jour par miracle, mes parents viennent me voir, ce qui n’arrive que rarement, j’inviterai mon amie avec la sorbetière
et j’ai régalerai tout mon petit monde en leur faisant croire que je suis devenue la reine du sorbet.
Oui j’y vois là une excellente idée. Encore faut-il que mon amie accepte. J’en fais mon affaire, elle acceptera, j’en suis sûre.
Et c’est sur cette bonne résolution que je remerciais chaleureusement mes parents pour l’excellent choix de leur cadeau.
D.L
Sous le sapin, pour moi, un seul cadeau collectif de mes proches : Une jolie enveloppe ornée d’un caribou enrubanné…Mais à l’intérieur, madre mia ! Un bon pour un saut à l’élastique, le 18 juin 2024 à 7h 45. Impossible, ça c’était impossible!Je hais le vide, je hais les descentes rapides et tout le monde le sait. C’était une farce ?
– Pas de panique tatie, lança Jeanne, c’est une expérience incroyable. Tu…
– Je ne vais rien. Tu as déjà fait ça, toi ?
– Pas encore, mais pour toi, c’est le moment ou jamais…
– C’est ça, dis en plus que je suis vieille… Vous voulez peut être ma mort, tous !
– Calme-toi, ajouta Arnaud, tu verras, après, ce sera la plénitude. Tu n’auras plus peur de rien.
J’essayai un autre angle d’attaque :
– Eh pourquoi le 18 juin ? C’est loin le 18 juin, je ne sais pas ce que je ferai à une date aussi éloignée.
– Maintenant tu sais, asséna Benoît. Pour nous c’est la seule date où on pourra tous être là pour t’accompagner.
Pas la peine d’insister, j’étais vaincue.
Je rangeais le bon, tout au fond d’un tiroir et Justine crut bon de rajouter que même si je le perdais, ils avaient gardé le double.
J’étais cernée, coincée, mais ils ne m’auraient pas si facilement. J’avais six mois pour préparer la contre-attaque.
Ils sont venus me chercher le 16 juin, ils avaient réservé un gîte, l’ambiance était fébrile . J’ai fait la docile, inquiète mais résignée. Je tenais à arriver assez tôt pour aller me rendre compte sur place de ce qui m’attendait.
Rien que de voir des gens je jeter dans le vide me soulevait l’estomac. Je restai stoïque. J’inspectai les lieux en détail et posais des questions naïves, sur la longueur du câble distendu lorsqu’on était en bout de course, la solidité de son arrimage sur le pont… Le moniteur a été patient et m’a tout montré et expliqué en détail. Les neveux m’observaient, mi-amusés, mi-admiratifs.
Au milieu de la nuit, quand j’ai eu la certitude que tout le monde dormait, je suis sortie à pas de loup, avec dans mon sac à dos la plus grosse cisaille que j’avais pu trouver. J’attaquai le câble très résistant à un endroit particulièrement visible pour ne mettre personne en danger , e assez pour qu’on le juge inopérant.
Au petit matin , j’arrivai, pas très fière sur les lieux du crime, étroitement encadrée par ma tribu. Tout se passa comme je l’avais imaginé. Les gendarmes m’attendaient . Je savais qu’il y avait des caméras de surveillance mais je préférais croupir en prison que me jeter dans le vide.
D.Dor

