Jeu 2 texte au début et la fin imposés 3
Voici quelques phrases parmi lesquelles vous choisirez un début et une fin à votre histoire
– Quand elle marche, on croirait qu’elle danse (Baudelaire)
– Aujourd’hui, ce qui ne vaut pas la peine d’être dit, on le chante (Beaumarchais)
– A quatre pas d’ici, je te le fais savoir (Corneille)
– les Héros ne sentent pas bon (Flaubert)
– Familles, je vous hais ! Volets clos, portes fermées (Gide)
– Donne lui tout de même à boire (Hugo)
– Il faut être poli avec la Terre et avec l’Océan (Prévert)
-Tu causes, tu causes, c’est tout c’que tu sais faire (Queneau)
phrase de début : – Familles, je vous hais ! Volets clos, portes fermées (Gide)
« Familles, je vous hais, volets clos, portes fermées« , ainsi déclamait mon cher ami Charles, fin lettré, lorsqu’il était ivre mort, affalé sur le comptoir du bar. Certes, son enfer quotidien avec une femme mégère et une fille qui le méprisait n’était pas des plus réjouissant. Au lieu de fuir sa maison, il avait fui dans l’alcool.Nous l’aimions tous dans le village et nous voulions le sortir de sa malédiction. Mais parmi nous, au bar, il y avait toujours un abruti pour crier au patron : »Donne lui tout de même à boire!«
S.R
Familles, je vous hais ! Volets clos, portes fermées (Gide)
Familles, je vous hais! ce cri je l’ai souvent poussé, etouffée dans la cocotte minute de ces entre soi irrespirables où porter le même nom que les siens vous ordonne d’être conforme à un moule de comportements, de culture, de dépendances affectives d’où il est interdit de sortir . Il faut beaucoup de force pour oser s’attaquer à ces modèles familiaux mythifiés et le pire est encore que l’on consent intégralement, plus même que l’on désire se plier au moule, comme si c’était la seule voie pour ne pas être abandonné, pour ne pas se perdre, se sentir dignes d’exister face à eux… Quelle supercherie! Un jour il faut dire stop, il faut écrire ce qui n’a pu se dire, quelle aliénation a grandi au creux du doux espace de la famille, quelle violence secrète a dessiné votre courbure d’âme, et tous les monstres qui l’habitent, volets clos, portes fermées.
S.D.
« Familles, je vous hais ! Volets clos, portes fermées » (Gide), vous qui nous avez enfantés pour être l’idéal de vos conventions et de vos convenances sans chercher à savoir ce qu’on aime et qui on est. Vous nous avez inscrit d’emblée dans la roue de la concurrence. A l’école il fallait être le premier et on ne devait s’engager que dans des études reconnues, monétisables. Dans le sport, il fallait briller pour mettre en valeur un corps parfait. Dans la société, vous vouliez nous insérer dans la caste des « gens de bien » , quitte à marcher sur la tête des autres, position confortée par un mariage bien apparié dans le beau mode et trois ou quatre enfants bien élevés, qu’on entend pas et qui suivront votre trace.
Vous vouliez faire de nous vos héros à tout prix, mais ça ne nous disait rien : « les héros ne sentent pas bon »(Flaubert)

