Ecrit en mars 2024 jeu 3: il est passée par ici…

Jeu 3 : « Il est passé par ici…

… il repassera par là », ou peut être pas… En tous cas, il ou elle a laissé des traces dans un univers familier . Il s’agit de les relever pour identifier l’être de passage et élucider ce qu’il a fait pendant ce temps-là.

Il est passé par ici

  • Une porte entr’ouverte, des feuilles mortes, des traces de terre, des brins d’herbe. Qui est passé par ici ? Le chat Finette, son maître, ou les deux, tous deux de retour du jardin ?
  • Une porte d’entrée fracassée, (il est passé par ici) des tiroirs détournés, une télé envolée, un canapé massacré. C’est sûr, il est aussi passé par là. Ce qu’il a fait ? Il m’a cambriolée, ça c’est certain mais qui est-il ? Pas d’empreintes digitales, pas d’indices donc peu d’espoir d’élucider ce mystère. Et j’espère que comme le furet, il ne repassera pas par là.

D.Dou

Il est passé par ici…

Deux bottines sales négligemment laissées sur le tapis du salon, de la terre dans l’entrée, des épluchures de carottes et trois oeufs sur la table de la cuisine, c’est sûr il y a une femme qui est passée par là, elle revenait sans doute de son jardin et s’apprêtait à faire un plat de légumes pour le déjeuner après avoir trouvé trois oeufs au poulailler…Combien de pas, de gestes quotidiens qui dissolvent tant d’heures chaque jour, passées à rien, passées tout court et qui pourtant auraient leur intérêt si l’on devait faire une enquête et tenter de comprendre ce qu’il s’est passé ce jour là, qui était cette personne, être sauvé du néant par une attention nouvelle, inattendue…

SD

Il est passé par ici…

Quatre peluches roulent sous la table, le placard est grand ouvert, la boîte de biscuits vidée, la plaque de chocolat grignotée, un catalogue abimé .
Il est passé par ici, il repassera par là, mais quand j’y serai !

De toutes petites crottes, d’autres minuscules dans le frigo…Si, si, c’est possible.

Elle est passée par là, elle ne repassera pas…

grâce à la tapette LUCIFER

S.R.

Il est passé par ici…

La plupart d’entre nous passerait sans les voir, tellement cette suite de traces est ténue sur la pierre blonde . Alternent, en vis à vis, orientés dans la même direction, à quelques dizaines de centimètres les unes des autres, des traits fourchus, en Y tordus et des triangles pleins dont la base présente quatre barbules. Il y a des millions d’année, quand cette dalle calcaire était une plage dégagée par la marée basse, un ptérosaure a marché en s’appuyant successivement sur les griffes situées au pli de ses ailes géantes et sur ses pattes arrières palmées. Il se dirigeait vers la mer en quête de quelque pitance. La vase déposée par la marée suivante a figé ses empreintes . La découverte de ces traces furtives nous rendent sa présence.

D.Dor

Il est passé par ici…

Julie accompagnée de Paul son mari pousse la lourde porte de la maison familiale. Les parents de Julie et Marie sont morts depuis plus d’un an déjà dans un accident de la circulation. Julie n’a pas eu de nouvelles de sa sœur depuis le drame. Celle-ci n’a pas assisté aux obsèques et a disparu sans laisser d’adresse.

Julie frissonne en pénétrant dans le couloir étroit et sombre de la maison endormie. Un sentiment étrange l’envahit, elle a peur tout à coup,. Quelqu’un s’est introduit dans la maison qui paraît habitée, pense-t-elle. Elle en a la confirmation en pénétrant dans la cuisine où règne un désordre récent. Des assiettes sales sont empilées dans l’évier, la table est encombrée des albums de famille posés là comme surgis d’un passé lointain. Elle pousse un cri, son cœur bat la chamade, elle étouffe et sent la colère monter en elle. Marie est revenue, elle s’est installée dans la maison et n’a pas cherché à la joindre. Pourquoi ? Que s’est-il passé en ce jour funeste du mois de mai ? Ces questions se bousculent dans sa tête, elle ne comprend pas.

Elle se dirige lentement vers la chambre de sa sœur et découvre pêle-mêle, jetés en vrac sur le lit un tas de vêtements qu’elle reconnaît mais certains lui sont inconnus. Les jeans et les tee-shirts de son adolescence côtoient les tailleurs chics et chers d’une femme qui a réussi sa vie. Trois paires de tennis défraîchies et informes sont posées à côté de cinq paires de chaussures à haut talon, de couleurs différentes qui révèlent l’élégance et le raffinement de celle qui les porte. Julie ne reconnaît pas le style de sa sœur. Elle doute que ces vêtements lui appartiennent. Marie n’aurait jamais porté ce genre de vêtements auparavant, espère-t-elle.

Elle pénètre dans la salle de bain et aperçoit des bijoux de grande valeur posés négligemment au-dessus du lavabo. Le doute l’envahit. Ce n’est pas Marie mais une inconnue qui s’est introduit dans leur maison. Julie en est persuadée au vu de ce qu’elle découvre. Elle continue intriguée son lent périple à travers les différentes pièces de la maison et s’arrête avec appréhension devant la chambre de ses parents. A travers l’entrebâillement de la porte, la chambre plongée dans la pénombre est déserte. Troublée elle se dirige vers sa chambre d’adolescente qu’elle n’a pas revue depuis son départ à 18 ans. Elle ouvre avec précaution la porte qui émet un léger bruit et regarde médusée sa petite sœur paisiblement endormie, un doux sourire flottant sur ses lèvres entrouvertes. Elle a revêtu sa robe préférée, rouge à fleurs blanches, qu’elle aimait porter lorsqu’elle sortait le soir en cachette rejoindre son amoureux. Elle est belle dans son sommeil et Julie pense que rien n’a changé, que la vie va reprendre son cours normal. Soudain sa vue se brouille et elle s’évanouit.

DL

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