Atelier d’écriture 16 Octobre 2020 exercices courants

ATELIER D’ECRITURE – ALT

Vendredi 16 Octobre2020 

Centre Culturel Terrasson 20 h. 15

Nouveau feuilleton : secret de famille

En séance on a pris connaissance des personnes présentes sur une photo de famille. On ne sait rien de l’une d’entre elles… Les autres si.

Chacun d’entre vous est un des personnages et donne ou pas sa version de l’histoire

en octobre : Hélène L. sera Tante Adèle

LES ABSENTS A LA SEANCE FERONT LEUR CHOIX POUR OCTOBRE

Jeu 1 Bouts rimés

En séance on a proposé des mots et on leur a trouvé une rime.

A chacun de construire son poème : Procrastination / inaction ; Balançoire / passoire;promenade /tambourinade ; maison/raison ; parade / charade ; edelweiss /gneiss; mal / animal

jeu 2 :Gonflage de texte

Il s’agit l’augmenter par 4 ou 5 un texte en introduisant progressivement de nouvelles parties au texte, en respectant l’ordre des mots. Le premier et le dernier mots sont ceux du texte de départ. Une nouvelle ponctuation peut être introduite. Le sens de l’histoire peut être entièrement modifié

3 phrases au choix tirées de « la condition pavillonnaire » de Sophie Divry

–  «  François fut si bouleversé par cette rencontre qu’il se coucha en laissant la vaisselle déborder de l’évier, contrairement à ses habitudes de garçon propre. »

–  «  Dans les rues les plus calmes, les vieux avaient sorti les chaises et discutaient tranquilles. »

– « Il y eut ce repas pour lequel tu t’étais donné tant de mal et avais refusé la charitable ingérence de ta mère »

exemple : Longtemps je me suis couché de bonne heure (Proust)

Longtemps je suis restée derrière la vitre. Je je me suis laissée envoûter par la tempête qui a tordu les arbres, cassé les branches, couché les blés, arraché les tuiles de la grange. Cela a duré une bonne heure.

Atelier d’écriture Juin 2020 jeu 2 : ainsi soit-il/elle

Jeu 2 : ainsi soit il(elle)

Il arrive qu’on traite une personne d’un nom d’animal : rat, loup, cafard, chien, vipère, mouton… (vous pouvez en trouver d’autres)

C’est en général pour souligner un défaut. Imaginez que cette personne se réveille un jour dans la peau de cet animal. Décrivez alors son comportement venant corroborer (ou pas) le qualificatif reçu.


Longtemps j’en ai voulu à mon père pour les prénoms qu’il m’avait donné. J’aurai aimé me prénommer Gotama (l’homme du choix), Vidya (celui qui possède la force), Bishen ‘(l’homme qui bondit) que sais-je encore mais mon père avait choisi je ne sais pas pourquoi un prénom français « Léon » et le prénom d’un animal sacré Tohr (le paon).

Survivre à l’école avec de tels prénoms était un supplice de chaque jour. Dans la cour les uns après les autres des élèves passaient à côté de moi en braillant Léon, Léon…ou encore ils faisaient la roue en virevoltant sur les mains.

Un soir de dépression profonde je me couchais en décidant de ne plus me réveiller.

Je ne saurais jamais quel Dieu comprit ma détresse mais si le corps finit dans les flammes d’un bucher, le karma est immortel et chacun renait dans l’humanité sous une forme ou une autre : homo sapiens, animal ou même insecte ou plante.

Je me réveillais debout sur le toit de l’école mais j’étais réincarné en un magnifique paon au plumage étincelant.

En Inde le paon est un animal sacré car il est le seul à oser attaquer le cobra et à le vaincre. Le profond respect, mêlé de crainte, qu’inspire le paon expliquait pourquoi les élèves présents dans la cour ce jour-là s’étaient agenouillés, les mains jointes sur la poitrine et la tête baissée.

Alors, de ma voix la plus forte, écartant mes plumes comme on écarte un éventail pour qu’elles fassent une roue multicolore ornée de cent yeux perçants comme des flèches, je paonnais un « Léon » à faire trembler les vitres de tout le quartier et clouer au sol ceux qui avaient, quand je n’étais qu’un enfant ,ridiculisés le magnifique animal sacré pour les indiens et pour les grecs.

JZ

En cette période de violences j’ai préféré parler d’un qualificatif plus gentil envers une personne…Toute petite un de mes oncles m’appelait toujours la grenouille d’une part parce que je ne m’arrêter pas de bouger et de sauter partout, de patauger dans la mer mais aussi de parler tout le temps et de saouler tout le monde: «- arrête de jacasser »me disait-il… lamentable erreur !!!! Le terme « coasser » aurait été plus approprié. Plus tard, c’est lui qu’on a surnommé tonton grenouille et quand il est mort j’ai eu beaucoup de peine et j’ai très mal dormi. Je me suis réveillée le matin dans la peau d’une grenouille fatiguée et toute ridée juste capable de sauter de son lit pour aller se plonger dans une baignoire pleine d’eau … pas de nénuphars , quel drame ! vite au frigo , flute des épinards !et vas y que je saute partout, je descends les marches pour aller à la mer , mais où est elle ? Déçue, je vais voir les copines dans l’étang voisin qui m’invitent à participer à un spécial show de l’été : enfin un vrai récital pour me sortir de ma torpeur et je me mis à parler, coasser, jacasser, chanter, parler, coasser , jacasser , chanter parler, coasser , jacasser , chanter….çà vous saoule non ?

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Atelier d’écriture de Juin 2020: jeu 1 fulgurance du souvenir

jeux 1 : la fulgurance du souvenir :

Une odeur, un son, une sensation réveille un souvenir…

La truite fraîchement pêchée…

Lorsqu’un pêcheur me rapporte une truite, la sort de son panier et la passe sous l’eau en la vidant, je me retrouve instantanément aux Laupies, en pleine Cévennes, dans la maison de mes grands parents, où un petit évier de pierre accueillait la pêche d’Elisée, mon cher « bon papa », fervent pêcheur qui traquait les « grosses mémères », comme il les appelait, dans les eaux claires de la Dourbie. Comment exprimer ce parfum de fougères coupées au fond du sac, mêlé à celui de ces belles truites fario, lisses et ornées de petits pois noirs et rouges, enveloppées d’un gel fin ? Entre effluves de fougère, d’amande, d’herbe et de bois, ruissellement de l’eau claire, dans l’évier, je sens une indescriptible odeur qui fait surgir les plus anciens souvenirs de ma petite enfance, gravés dans un coin profond de ma mémoire… C’est comme une grotte dans l’espace-temps de ma petite existence où demeurent éternellement vivantes de pures sensations auréolées de confiance, en un temps où le monde rayonnait de tranquillité sage, tant était souveraine la garantie qu’y apportaient les gestes et le savoir-faire bien rodé de mes grands parents… Bientôt mamie prenait sa poêle, et bon papa savait qu’elle les ferait cuire parfaitement « au bleu » et  l’on mangerait les filets bien détachés et fondants de ses belles « mémères », sublimées par le goût du beurre encore finement crémeux…

SD

J’ai acheté une nouvelle lessive aux huiles essentielles de jasmin et lorsque j’ai étendu mon linge je me suis sentie emportée 60 ans en arrière quand je m’amusais à passer entre les draps humides que venait d’étendre ma mère, cela me permettait de me rafraichir et braver ainsi le sirocco qui me brulait la peau. .. Quel délicieux parfum de mon enfance !

J’ai gardé un instant les yeux fermés pour capter et ressentir intensément cette fragrance omniprésente en Algérie : « oui, je me souviens … dès le matin quand j’ouvrais ma fenêtre, j‘étais littéralement envahie par le parfum envoutant du jasmin ! Alors même que cette mémoire olfactive déclenche en moi une indicible émotion réveillant les souvenirs de cette enfance insouciante j’ai la tristesse de constater que je ne supporte plus cette odeur, elle me provoque une crise d’asthme sans précédent. Mais pourquoi ? pourquoi cette allergie soudaine ? Pourquoi après m’être plongée dans mon passé, je sens les souvenirs qui s’éloignent de plus en plus ? Je dois me rendre à l’évidence, mon corps refuse de se prêter à cette mascarade et je lui en veux terriblement car je voudrais me souvenir de ces si beaux moments que mes parents disparus ne sont plus là pour me les rappeler.

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Atelier d’écriture 11septembre 2020

ATELIER D’ECRITURE – ALT

Vendredi 11 septembre 2020 

Centre Culturel Terrasson 20 h. 15

Supposons que la vie pourra recommencer ainsi que nos activités avec retrouvailles en chair et en os. Voici donc deux petits jeux pour ne pas rouiller

Jeu 1 Si on me demandais… je répondrais

– Soit vous proposez une réponse à une des questions existentielles du professeur Froeppel puisées dans le texte de Tardieu et « les œuvres posthumes du professeur Froeppel » (1978, Gallimard)

1 Étant donné un mur, que se passe-t-il derrière ?

2 Prolongez une ligne droite à l’infinie : qu’est-ce que vous trouverez au bout ?

3 Prenez un mot usuel. Posez le sur une table, bien en évidence et décrivez- le : de face, de dos et de profil.

4 Où la Seine se jetterait-elle si elle prenant sa source dans les Pyrénées ?

5 Comment faites-vous pour surprendre les personnages indésirables qui se glissent dans vos pensées ? Énumérez divers procédés »

soit vous posez un autre problème existentiel sur ce modèle et lui apportez une réponse

jeu 2 : dans leur tête

Et si vous étiez dans la tête d’un de ces personnages de Sempé, que nous raconteriez vous ?

atelier d’écriture de juin 2020 en terrasse


ATELIER D’ECRITURE – ALT

Juin 2020 

 

 

 

jeux 1 : la fulgurance du souvenir :

Une odeur, un son, une sensation réveille un souvenir…

Jeu 2 : ainsi soit il(elle)

Il arrive qu’on traite une personne d’un nom d’animal : rat, loup, cafard, chien, vipère, mouton… (vous pouvez en trouver d’autres)

C’est en général pour souligner un défaut. Imaginez que cette personne se réveille un jour dans la peau de cet animal. Décrivez alors son comportement venant corroborer (ou pas) le qualificatif reçu.

Lu en Mars 2020 -journaux et mémoires- Pierre Bergounioux Carnet de notes 1980 1990

Pierre Bergounioux, Carnet de notes (1980-1990, Ier tome)

Envoûtant, écrit d’une façon magistrale est addictif, ce journal, répétitif, est celui d’une vie « ordinaire » :

« Ce cahier parce que je sens que s’effacent, à peine posées, les touches légères qui confèrent aux heures de notre vie leur saveur, leur couleur. Il ne subsiste plus, avec l’éloignement, que des blocs de quatre ou cinq années teintés grossièrement dans la masse ».

Au-delà de ce quotidien de professeur de collège en ZEP de banlieue parisienne, jeune père de famille, de grandes lignes de la personnalité de Pierre Bergounioux de dégagent.

L’angoisse du temps : ne pas en maîtriser le souvenir (voir plus haut) mais aussi de ne pas avoir celui de connaître et comprendre le monde (il est hanté par la maladie et la crainte de disparaître). Lorsqu’il est en région parisienne, il passe le plus clair de sa vie à lire pour comprendre ; cela avec une exigence de dépassement de soi extrême, un corps à corps que l’on retrouve dans toutes les composantes de sa vie. Et il a la même exigence pour son entourage, d’où des jugements très durs parfois vis-à-vis de son fils aîné auquel à d’autres moment il montre un profond attachement. Continuer la lecture de « Lu en Mars 2020 -journaux et mémoires- Pierre Bergounioux Carnet de notes 1980 1990 »

Lu en mars 2020- journaux et mémoires- Paul Fournel poils de cairote

 Paul Fournel, Poils de cairote (2004)

Paul Fournel, né en 1947, a exercé quelques années la profession d’éditeur dans différentes maisons d’édition et a notamment travaillé en tant qu’attaché culturel au sein de l’ambassade de France au Caire en Égypte, de 2000 à 2003. Il est l’auteur de nombreux romans, dont certains destinés à la jeunesse.

Le livre qui nous intéresse est Poils de cairote, écrit en 2004 et inspiré de ses trois années passées en Égypte. Ce roman a la particularité de se présenter sous la forme d’un journal épistolaire, mais il ne s’agit pas d’un échange de lettres. Paul Fournel, en souvenir de son passage dans ce pays, a décidé d’envoyer des nouvelles quotidiennement à un ami différent, 98 au total. Continuer la lecture de « Lu en mars 2020- journaux et mémoires- Paul Fournel poils de cairote »

lu en mars 2020 -journaux et mémoires- Marie Mc lane Que le diable m’emporte

Mary MacLane, Que le diable m’emporte (1902)

Mary MacLane (1881-1929) est une auteure américaine, originaire du Canada. Elle a grandi à Butte, ville minière du Montana, et se destine très tôt à l’écriture. Elle devient rédactrice du journal de son école en 1898 et, quatre ans plus tard, alors âgée de 19 ans, elle publie son autobiographie, Que le diable m’emporte. Le livre est très controversé alors que c’est un best-seller, se vendant à plus de 100 000 exemplaires le premier mois. Continuer la lecture de « lu en mars 2020 -journaux et mémoires- Marie Mc lane Que le diable m’emporte »

Lu en mars 2020 – journaux et mémoires- Annie Ernaux l’atelier noir

 Annie ERNAUX, L’Atelier noir (2011)

Les lectrices de cet ouvrage apprécient l’œuvre de cette autrice qui « apporte une pierre à l’édifice du féminisme et de la libération des femmes » (nous lui avions consacré une séance entière du Cercle de lecture il y a plusieurs années). Par contre plusieurs n’ont pas accroché à la lecture de L’Atelier noir qui est l’expression de la genèse de cette œuvre : « C’est un journal de peine, de perpétuelle irrésolution entre des projets, entre des désirs. Une sorte d’atelier sans lumière et sans issue dans lequel je tourne en rond à la recherche des outils » alors que d’autres ont au contraire été vivement intéressées et touchées par cette plongée qu’elle nous fait partager.

Effectivement ce livre est composé de fragments du carnet de notes et de réflexion sur sa vie et ses recherches qui l’accompagnent sauf en période d’écriture, quand l’œuvre est mûre où elle l’abandonne. Continuer la lecture de « Lu en mars 2020 – journaux et mémoires- Annie Ernaux l’atelier noir »

Lu en Mars 2020 – journaux et mémoires – Saint Simon

 Saint-Simon, Mémoires (1829)

Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, fut l’un des favoris de la cour de Louis XIV. Grand seigneur, il eut le privilège de loger à Versailles et d’y observer les intrigues de palais. Durant plus de trente ans, Saint-Simon va être l’historiographe du roi et de la cour. Ses Mémoires, œuvre colossale de plusieurs milliers de pages, ne sont pas une entreprise autobiographique, il s’agit en fait d’une gigantesque fresque historiographique. Le titre des Mémoires est trompeur. Saint-Simon en avertit son lecteur : « Je ne parle pas du cœur, dont ce n’est pas ici le lieu. (…) Ces Mémoires ne sont pas faits pour y parler de moi ». Il précise : « J’écris une histoire particulière (…) celle du temps et du pays où on vit ». Une histoire donc et non une autobiographie : les Mémoires sont rédigés à la première personne, mais une personne se postant discrète et anonyme, comme une caméra cachée, dans les couloirs de Versailles et les allées de son jardin. De là, on assiste, spectateur comblé, voyeur patenté, au défilé impressionnant des courtisans intéressés et aux tableaux vivants des gens de cour. À la mort du Grand Dauphin en 1712, Saint-Simon se plaît à « croquer » tout ce beau monde qui « méditait profondément aux suites d’un événement si peu attendu, et bien davantage sur eux-mêmes ». Tels sont les Mémoires de Saint-Simon, drôles, vivants, scrutateurs, une somme incomparable sur les mœurs politiques de son temps.

Un style spontané, vivant, piquant, mêlant grande et petite histoire. Pourtant, Saint-Simon lui-même disait « ne pas savoir écrire ». Continuer la lecture de « Lu en Mars 2020 – journaux et mémoires – Saint Simon »