Ecrit en septembre 2020: si on me demandait…je répondrais 4

Si on me demandait… je répondrais

– Soit vous proposez une réponse à une des questions existentielles du professeur Froeppel puisées dans le texte de Tardieu et « les œuvres

4 Où la Seine se jetterait-elle si elle prenant sa source dans les Pyrénées ?


SR

Elle irait vite vite se jeter du côté espagnol, elle grossirait l’Ebre et finirait en Méditerranée.

FV

Si la Seine prenait sa source dans les Pyrénées ? Ben c’est pas compliqué : elle serait tellement désespérée qu’elle se saoulerait avec une bonbonne de liqueur jaune et ensuite elle se jetterait dans le premier fleuve venu : la Garonne ou bien le Rhône. Auquel cas elle prétendrait s’appeler la Saône et en profiterait pour vider au passage les caves de ce délicieux vin jaune du Jura avant de s’attaquer à la route des vins de Bourgogne et continuer par les côtes du Rhône pas seulement les côtes d’ailleurs ouais elle s’installerait carrément dans le lit du Rhône la coquine jusqu’à la côte où elle finirait vomissant tripes et boyaux dans la Méditerranée qu’est déjà bien trop dégueulasse… quand on sait tout ça on comprend mieux pourquoi les géographes disent qu’elle prend sa source au mont Gerber des Jaunes. Hic !.. Patron ! Y a Paulot qu’arrête pas de me poser des questions idiotes ce matin ça donne soif ! Remettez-nous ça ! Ben oui la même chose : deux beaujolpifs, Paulot prétend que le Beaujolais a un petit goût de piment d’Espelette cette année, il faut qu’on tire ça au clair…

Ecrit en septembre 2020: si on me demandait…je répondrais3

Jeu 1 Si on me demandait… je répondrais

– Soit vous proposez une réponse à une des questions existentielles du professeur Froeppel puisées dans le texte de Tardieu et « les œuvres posthumes du professeur Froeppel » (1978, Gallimard)

3 Prenez un mot usuel. Posez le sur une table, bien en évidence et décrivez- le : de face, de dos et de profil.

– soit vous posez un autre problème existentiel sur ce modèle et lui apportez une réponse


FV

Sur la table, le mot chien ne mord pas, de même, posé sur la table, on me murmure que le mot mur mure rien et que de plus il rapporte quasiment rien au scrabble

SR

Soleil

– De face, il m’éblouit.
– De dos, il me crame la peau.
– De profil, il me fait de l’ombre Continuer la lecture de « Ecrit en septembre 2020: si on me demandait…je répondrais3 »

Ecrit en septembre 2020 Si on me demandait…je répondrais 2

Jeu 1 Si on me demandait… je répondrais

– Soit vous proposez une réponse à une des questions existentielles du professeur Froeppel puisées dans le texte de Tardieu et « les œuvres posthumes du professeur Froeppel » (1978, Gallimard)

2 Prolongez une ligne droite à l’infinie : qu’est-ce que vous trouverez au bout ?


LD

Que trouverais-je si je prolongeais une ligne droite à l’infini ?

Cette question m’a pris, un jour que je regardais attentivement mon globe terrestre, faisant office de lampe. Comme il n’était pas assez précis, j’ai décidé d’investir dans un planisphère. Mon point de départ serait Terrasson. Plus précisément la Départementale 6089, depuis le parking de la Place de la Libération. J’irai en direction de l’Ouest, toujours. J’ai ensuite pensé que j’aurai besoin des cartes IGN de tous les endroits où je passerai. Celles du Monde entier. Car il est absolument certain que je rencontrerai des obstacles : immeubles, étendues d’eau, terrains privés, autoroutes et j’en passe. À 13€ la carte IGN, j’ai pensé qu’il était préférable d’économiser, le plus tôt possible. Comment j’irai, me demanderez-vous ? À pied, à vélo ou en voiture, tous les moyens sont bons, du moment que je ne m’éloigne pas trop de cette ligne droite à l’infini. J’expliquerai mon projet aux personnes que je croiserai sur mon chemin, et elles auront la gentillesse de me prêter ces moyens de locomotion lorsque j’en aurai besoin. Jusque-là, aucune difficulté. Cela va se corser lorsque j’arriverai en Gironde, dans la ville de Blaye, d’après mon tracé. Il va me falloir d’abord franchir l’estuaire de la Gironde avant d’atteindre la ville de Saint-Laurent-Médoc, puis traverser encore de l’eau : le Lac d’Hourtin. Arrivé au bord de l’Atlantique, ma ligne imaginaire doit me mener en Nouvelle-Écosse. Moi qui étais persuadé d’atterrir aux États-Unis ! Je réalise que Terrasson est sur la même ligne que le Canada, quelle aventure ! Mais il y a un couac : les grands bateaux reliant l’Europe à l’Amérique n’ont pas des tracés qui me permettent de respecter les consignes de mon défi… J’ai pensé louer un canoë, ou un pédalo ? Mais je risque de me fatiguer, un bateau à moteur me semble plus judicieux ; je ferai des réserves de carburant. Je m’arrête là pour la réflexion sur mon parcours : je vous raconterai la suite lorsque je serai en Nouvelle-Écosse !

SR

Rien, juste ma tête qui tourne et mon poignet qui attrape une tendinite à tracer cette ligne. Continuer la lecture de « Ecrit en septembre 2020 Si on me demandait…je répondrais 2 »

Ecrit en septembre 2020 Si on me demandait..je répondrais 1

Jeu 1 Si on me demandait… je répondrais

– Soit vous proposez une réponse à une des questions existentielles du professeur Froeppel puisées dans le texte de Tardieu et « les œuvres posthumes du professeur Froeppel » (1978, Gallimard)

1 Étant donné un mur, que se passe-t-il derrière ?


JZ:

Voilà une question bien banale, sans grand intérêt car derrière un mur il ne se passe rien, ou pas grand-chose .Pourtant, à la réflexion au cours des millénaires les hommes ont élevé d’innombrables murs et les innombrables riens ont formé un tout, une sorte de puzzle dont les facettes permettent de suivre l’évolution de notre humanité.

Lorsque  » homo sapiens  » a remplacé la chasse et la cueillette par l’élevage et l’agriculture il s’est sédentarisé .Pour protéger les membres de son clan des bêtes sauvages extérieures il s’est enfermé avec son bétail dans des enclos, c’est-à-dire qu’il a élevé des palissades puis des murs.

Peu à peu ces murs ont séparé les clans, les villages et les villes, puis les régions, des territoires.et enfin des nations. De chaque côté de ces murs les hommes se sont posé la même question : que se passe-t-il de l’autre côté ?

C’est à coup de trompettes que selon Josué les prêtres avaient résolu ce problème à Jéricho. Mais en général les murs étaient défensifs et plus résistants. Celui d’Hadrien interdisait l’accès des Bri gantes (anglais actuels) sur le territoire romain de l’époque qui s’étendait jusqu’au nord de l’Angleterre. La grande muraille interdisait l’avancée des barbares (mongols) en Chine, partout dans le monde des châteaux forts s’élevaient sur des pics rocheux, et partout des hommes cherchaient des moyens pour savoir ce qui se passait à l’intérieur de l’autre côté des murs et vice versa ceux qui de l’intérieur cherchaient à s’échapper et voulaient savoir ce qui se passait à l’extérieur de leurs murs.

Ces recherches sont toujours d’actualité. Nous avons connu le mur de l’Atlantique, le mur de Berlin, le mur d’Israël et tout récemment le mur de Trump entre les Etats – Unis et le Mexique et de chaque côté de ces murs chacun surveillait l’autre en se posant toujours la même question.

Un jour ou l’autre tous ces murs sont tombés ou tomberont, seuls deux résistent encore aux recherches des hommes : le mur du le bing bang (ce qui s’est passé avant le point zéro de l’espace-temps) et le mur de Planck (ce qui se passe en deçà de l’infiniment petit dans l’espace-temps quantique) Deux murs qu’il est aujourd’hui impossible de traverser afin de connaitre ce qui se passe de l’autre côté.

FV

 Derrière le mur, on croit toujours que de l’autre coté ce sera mieux, que l’herbe y est plus verte : on sera libre, en démocratie, on boira du Coca Cola, ou bien on échappera à la vie misérable sans espoir dans laquelle ceux qui ont construit le mur veulent nous maintenir. Alors on tente de faire le mur ou on attend la chute du mur ou bien on affrète à prix d’or une coquille de noix sur laquelle on s’embarque pour traverser le mur méditerranée par exemple. Derrière le mur, cette balafre sur le visage autrefois avenant d’une planète de moins en moins bleue, beaucoup s’indignent,s’inquiètent, alertent, disant qu’on est au pied du mur cette fois, quand d’autres, toutes trompes hurlantes, accélèrent et foncent droit dans le mur !

SR

Rien, une immense plage de sable blanc s’étire jusqu’à l’horizon, battue par les roulis des vagues océanes

Atelier d’écriture Juin 2020 jeu 2 : ainsi soit-il/elle

Jeu 2 : ainsi soit il(elle)

Il arrive qu’on traite une personne d’un nom d’animal : rat, loup, cafard, chien, vipère, mouton… (vous pouvez en trouver d’autres)

C’est en général pour souligner un défaut. Imaginez que cette personne se réveille un jour dans la peau de cet animal. Décrivez alors son comportement venant corroborer (ou pas) le qualificatif reçu.


Longtemps j’en ai voulu à mon père pour les prénoms qu’il m’avait donné. J’aurai aimé me prénommer Gotama (l’homme du choix), Vidya (celui qui possède la force), Bishen ‘(l’homme qui bondit) que sais-je encore mais mon père avait choisi je ne sais pas pourquoi un prénom français « Léon » et le prénom d’un animal sacré Tohr (le paon).

Survivre à l’école avec de tels prénoms était un supplice de chaque jour. Dans la cour les uns après les autres des élèves passaient à côté de moi en braillant Léon, Léon…ou encore ils faisaient la roue en virevoltant sur les mains.

Un soir de dépression profonde je me couchais en décidant de ne plus me réveiller.

Je ne saurais jamais quel Dieu comprit ma détresse mais si le corps finit dans les flammes d’un bucher, le karma est immortel et chacun renait dans l’humanité sous une forme ou une autre : homo sapiens, animal ou même insecte ou plante.

Je me réveillais debout sur le toit de l’école mais j’étais réincarné en un magnifique paon au plumage étincelant.

En Inde le paon est un animal sacré car il est le seul à oser attaquer le cobra et à le vaincre. Le profond respect, mêlé de crainte, qu’inspire le paon expliquait pourquoi les élèves présents dans la cour ce jour-là s’étaient agenouillés, les mains jointes sur la poitrine et la tête baissée.

Alors, de ma voix la plus forte, écartant mes plumes comme on écarte un éventail pour qu’elles fassent une roue multicolore ornée de cent yeux perçants comme des flèches, je paonnais un « Léon » à faire trembler les vitres de tout le quartier et clouer au sol ceux qui avaient, quand je n’étais qu’un enfant ,ridiculisés le magnifique animal sacré pour les indiens et pour les grecs.

JZ

En cette période de violences j’ai préféré parler d’un qualificatif plus gentil envers une personne…Toute petite un de mes oncles m’appelait toujours la grenouille d’une part parce que je ne m’arrêter pas de bouger et de sauter partout, de patauger dans la mer mais aussi de parler tout le temps et de saouler tout le monde: «- arrête de jacasser »me disait-il… lamentable erreur !!!! Le terme « coasser » aurait été plus approprié. Plus tard, c’est lui qu’on a surnommé tonton grenouille et quand il est mort j’ai eu beaucoup de peine et j’ai très mal dormi. Je me suis réveillée le matin dans la peau d’une grenouille fatiguée et toute ridée juste capable de sauter de son lit pour aller se plonger dans une baignoire pleine d’eau … pas de nénuphars , quel drame ! vite au frigo , flute des épinards !et vas y que je saute partout, je descends les marches pour aller à la mer , mais où est elle ? Déçue, je vais voir les copines dans l’étang voisin qui m’invitent à participer à un spécial show de l’été : enfin un vrai récital pour me sortir de ma torpeur et je me mis à parler, coasser, jacasser, chanter, parler, coasser , jacasser , chanter parler, coasser , jacasser , chanter….çà vous saoule non ?

SM Continuer la lecture de « Atelier d’écriture Juin 2020 jeu 2 : ainsi soit-il/elle »

Atelier d’écriture de Juin 2020: jeu 1 fulgurance du souvenir

jeux 1 : la fulgurance du souvenir :

Une odeur, un son, une sensation réveille un souvenir…

La truite fraîchement pêchée…

Lorsqu’un pêcheur me rapporte une truite, la sort de son panier et la passe sous l’eau en la vidant, je me retrouve instantanément aux Laupies, en pleine Cévennes, dans la maison de mes grands parents, où un petit évier de pierre accueillait la pêche d’Elisée, mon cher « bon papa », fervent pêcheur qui traquait les « grosses mémères », comme il les appelait, dans les eaux claires de la Dourbie. Comment exprimer ce parfum de fougères coupées au fond du sac, mêlé à celui de ces belles truites fario, lisses et ornées de petits pois noirs et rouges, enveloppées d’un gel fin ? Entre effluves de fougère, d’amande, d’herbe et de bois, ruissellement de l’eau claire, dans l’évier, je sens une indescriptible odeur qui fait surgir les plus anciens souvenirs de ma petite enfance, gravés dans un coin profond de ma mémoire… C’est comme une grotte dans l’espace-temps de ma petite existence où demeurent éternellement vivantes de pures sensations auréolées de confiance, en un temps où le monde rayonnait de tranquillité sage, tant était souveraine la garantie qu’y apportaient les gestes et le savoir-faire bien rodé de mes grands parents… Bientôt mamie prenait sa poêle, et bon papa savait qu’elle les ferait cuire parfaitement « au bleu » et  l’on mangerait les filets bien détachés et fondants de ses belles « mémères », sublimées par le goût du beurre encore finement crémeux…

SD

J’ai acheté une nouvelle lessive aux huiles essentielles de jasmin et lorsque j’ai étendu mon linge je me suis sentie emportée 60 ans en arrière quand je m’amusais à passer entre les draps humides que venait d’étendre ma mère, cela me permettait de me rafraichir et braver ainsi le sirocco qui me brulait la peau. .. Quel délicieux parfum de mon enfance !

J’ai gardé un instant les yeux fermés pour capter et ressentir intensément cette fragrance omniprésente en Algérie : « oui, je me souviens … dès le matin quand j’ouvrais ma fenêtre, j‘étais littéralement envahie par le parfum envoutant du jasmin ! Alors même que cette mémoire olfactive déclenche en moi une indicible émotion réveillant les souvenirs de cette enfance insouciante j’ai la tristesse de constater que je ne supporte plus cette odeur, elle me provoque une crise d’asthme sans précédent. Mais pourquoi ? pourquoi cette allergie soudaine ? Pourquoi après m’être plongée dans mon passé, je sens les souvenirs qui s’éloignent de plus en plus ? Je dois me rendre à l’évidence, mon corps refuse de se prêter à cette mascarade et je lui en veux terriblement car je voudrais me souvenir de ces si beaux moments que mes parents disparus ne sont plus là pour me les rappeler.

SM Continuer la lecture de « Atelier d’écriture de Juin 2020: jeu 1 fulgurance du souvenir »

Jeu d’écriture par temps de confinement- 49- carte postale

10 05 2020

Jeu d’écriture par temps de confinement – 49 – Cartes postales

(contraintes de Perec et Mallarmé)

Tout d’abord, selon les contraintes de Georges Perec qui en a écrit 243 différentes, rédigez 2 cartes postales :

– les 5 entrées propres à tout message inscrit sur une carte postale écrite dans les règles de l’art : LOCALISATION – CONSIDERATIONS – SATISFACTIONS – MENTIONS – SALUTATIONS

– à leur tour combinées avec un triple choix : 

Ville

Région

Hôtel

Météo

Sieste

Bronzage

Nourriture

Plage

Bien-être

Insolation

Activités

Rencontres

Bisous

Pensées

Retour

Exemple : « Un petit mot de Quimperlé ! On se dore au soleil. Fruits de mer à gogo. J’ai appris à faire les crêpes. Mille pensées » 

«  Vacances à Narbonne. Calme divin, cassoulet maison. Un peu de pétanque pour garder la ligne. Baisers »

  • Ensuite, selon un procédé de utilisé par Mallarmé, vous rédigerez une adresse en vers même si je doute que la poste actuelle distribuerait ce courrier:

    exemple : Monsieur Monnet que ni
    L’été ni l’hiver ne leurre
    habite en peignant Giverny
    Sis près de Vernon dans l’Eure
    ou encore : A toutes jambes, facteur, chez l’
    Editeur de la Décadence
    Léon Vannier, quai Saint Michel,
    Dix-neuf, gambade, cours et danse


Repos forcé à La Borie Basse.

Lecture, écriture et cuisine sont les 3 mamelles du confinement.

Rencontres très limitées et de hasard.

Baisers confinés qui ne demandent qu’à s’envoler.

 

Dominique Dorgambide

Amie d’Euripide

Atelier d’Ecriture

Qu’il perdure

Centre Culturel

Rue Marcel Michel

Terrasson

Sans façons

Avec saucisson

Et Jurançon.

DDou

Un petit coucou de Terrasson, dans cette si belle région du Périgord. Il fait un temps superbe en ce mois d’avril, il fait soleil quasiment tous les jours. Je fais beaucoup de bains de soleil… Sur mon balcon. J’ai pris un de ces coups de soleil, au moins ça me donne l’impression d’être en vacances ! Je vous fais de gros bisous, j’espère vous revoir lors de prochaines (vraies) vacances, espérons cet été ?

Monsieur et Madame Évasion

Cyprès de la Liberté

Au cœur des Landes

LD

Cher.es ami.es,

Bien arrivée à bon port. Je vous remercie pour toutes ces pages, sous forme de proses et de vers. J’espère bien partager de futurs châteaux de sables maintenant que les plages sont rouvertes. Ou presque. Je vous espère en pleine forme.

Des pensées pour vous depuis cette toulou-saine ville.

 

Ami facteur, hâte le pas

adresses tu trouveras

de Domi écoute les consignes

boîtes aux lettres et merveilles

sur le chemin te feront signes

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Jeu d’écriture par temps de confinement – 48- la langue de l’entreprise

9 mai 2020

Jeu d’écriture par temps de confinement – 48 -la langue de l’entreprise

Parmi ses marottes, demander à leurs salariés de décrire leur activité avec le plus de précision possible. Les verbes sont employés de préférence à l’infinitif ou au participe présent ; ils peuvent être conjugués à la troisième personne du singulier, sans mentionner le pronom personnel.

Thierry Beinstingel a rédigé ainsi tout un roman : CENTRAL dont voici un extrait :

« Donnant en face de la porte d’entrée, le bureau des agents des dérangements, rarement présents en pleine journée. Un casier de bois avec les noms pour le courrier. Le matin, les entendre trimbaler du matériel, commenter les notes : pas possible, pas réaliste, pondu par un chef n’y connaissant rien… Jurant, plaisantant. Une petite pièce jouxtant leur salle, encombrée d’outils, de câbles, de Taxiphones démontés, le terme précis étant « cannibalisés ». Imaginer ces boîtes de ferrailles se jetant l’une sur l’autre pour s’entre-dévorer. »

Décrire ainsi, au choix :

  • La visite d’une exposition.
  • Une sieste
  • les courses au super marché
  • L’achat du journal
  • Une séance de lèche-vitrines
  • Une séance au cinéma
  • Une séance au théâtre
  • Un repas en famille
  • Autre…

Il n’y a rien de plus délicieux que d’être allongé ,aux heures les plus chaudes de la journée  , dans une pièce , plongée dans un clair-obscur et d’écouter le froissement des rideaux volant , le cri strident des mouettes , le tumulte étouffé des enfants s’amusant , au loin , sur la plage et de sentir les fragrances iodées de cette ambiance marine ; paressant rêveusement dans une bulle intime , indolente et engourdie

HT

Ces petites réunions de famille, souvent, ayant lieu le dimanche midi. Tout le monde étant en repos, petits et grands.

Toujours féliciter l’hôte pour son bel accueil. Trinquer d’abord avec lui, puis avec les autres convives. L’apéritif sur la terrasse ensoleillée n’en finissant plus et commençant à tourner des têtes. Conversations de plus en plus animées. Engloutir des cacahuètes ou des biscuits beaucoup trop salés, et penser que l’on n’aura plus beaucoup de place dans l’estomac pour le repas gargantuesque qui va suivre. Se lever et s’attabler ensuite à la grande table du salon, où les petits plats dans les grands nous attendent. Table d’ailleurs superbement bien dressée, nous ouvrant l’appétit (malgré ces fichues cacahuètes addictives). Verres de vin (rouge, rosé, blanc, au choix) pour les grands, eau plate pour les petits (ou bien ce soda tant apprécié, si difficile à leur refuser en ce jour spécial). Conversations croisées, brouhaha général. Certains monopolisant la parole, d’autres essayant de la prendre en vain. Sujets de conversation banals, sérieux, captivants ou bien ennuyeux parfois. Grands éclats de rire suscités par certains autres ; le vin n’étant peut-être pas étranger à cela. Ventre se gonflant au fur et à mesure des plats, s’ouvrir le bouton du pantalon discrètement pour être plus à l’aise. Le dessert, étape attendue et redoutée à la fois. Le café ensuite, pour faire semblant de digérer mieux. Les conversations se faisant plus rares. Certains proposant ensuite une petite marche digestive, d’autres préférant se vautrer sur le canapé devant un match de rugby. Nouveau café en fin d’après-midi. Puis se dire au revoir, se dire que l’on va remettre ça, chez un autre hôte. Car se retrouver en famille étant si bon.

 

LD

Auchan,par temps de confinement

Attendre à un mètre de distance l’un de l’autre dans la file ,à l’extérieur,en réajustant son masque.

Reconnaître une copine du jardin partagé:faire monter la température entre la bouche et le nez en parlant, baisser  le masque,le remonter.

Se désoler pour les semis,la récolte des fèves et des petits pois.

Réfléchir à réparer la pompe.

Avoir soupçonné des pesticides dans la mare.

Puis,à l’intérieur de la grande surface:

-oublier le mètre entre les clients

-prendre du papier toilette mais pas trop

-dire des pardon,pardon dans chaque allée

-foncer vers tous les produits « bio »,en pensant au virus

Passer à la caisse:

-entendre la caissière épatée par le prix exorbitant de la vitre

-très contente d’avoir eu la prime de 1000 euros en plus de la prime de Noèl

-ne pas comprendre une revalorisation par le salaire

Sortie:

-acheter le « Sans Logis »:

-apprendre la montée des divorces

-apprendre l’égoisme des enfants nés dans un milieu religieux/ceux nés dans un milieu laic(enquête de la fondation John Templeton,organisation  chrétienne.

Retour à la maison:

-« bonjour madame (91 ans),un peu d’aide?Non,moi pas besoin!

-« bonjour madame(92 ans),un peu d’aide?Non,moi pas besoin!

-poignée de la porte lustrée avant d’entrer.

-achats aspergés dans la baignoire

Assise:ouf!

BH

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Jeu d’écriture par temps de confinement- 47- avec trois tableaux de Manet, nouvelle livraison

Paris , le 11 mai 1869

                                                           Cher Maître,

Nous sommes allés Pierre et moi voir vos deux grandes toiles au Salon. J’ai adoré Le déjeuner dans l’atelier et Le Balcon, bien aimé aussi vos cinq eaux-fortes. Vous faites sensation ! Le Balcon est une magnifique peinture, où vous avez osé un vert exceptionnel de luminosité, c’est très fort et nous serions heureux de vous voir dûment reconnu par le prix cette année. Cependant, c’est un tableau un peu énigmatique, et je ne peux vous taire mon sentiment au retour de notre longue contemplation….J’ai en effet, outre l’étrange atmosphère qui se dégage de vos trois sujets dont chacun regarde ailleurs, ressenti un petit pincement au cœur en me voyant si discrète et presque terne et en retrait, avec ce parapluie maladroitement tenu sous le bras et mes mains affairées de leurs gants…Comparée à Berthe, au regard de braise et au portrait très flatteur, qui semble attendre et chercher en rêve quelqu’amour passant au hasard dans la rue, je trouve que vous m’avez un peu vieillie et m’avez donné avec cette coiffe ronde et fadement fleurie, l’air effacé d’une pâle innocente empruntée…Pardonnez ma franchise, je ne me permettrais pas de vous ouvrir ainsi mon cœur si je n’avais passé tant d’heures à poser pour vous, avec tout le dévouement que vous savez…Je ne comprends pas que vous m’ayez traitée de la sorte en me faisant intervenir sans me l’avoir dit dans ce tableau…Certes, il est exposé et je me doute que vous n’y pouvez plus rien changer, je souhaiterais sincèrement que vous m’éclairiez sur les intentions que vous aviez en nous plaçant ainsi à ce balcon Berthe et moi…Que n’avez-vous choisi de me faire porter mon violon plutôt que ce piquant parapluie vert? Vouliez-vous indiquer par là les mauvais jours, les temps de pluies et d’orages qui ne manquent pas d’altérer nos existences ? Le personnage de l’homme, qui semble être à l’évidence le peintre Antoine Guillemet, plastronne, lui, avec une franche jovialité…Que voulez-vous lui faire dire auprès de ces deux femmes ? J’aimerais beaucoup que vous fassiez de moi un portrait au violon, plus enjoué et plus conforme à ma nature, pourtant si bien connue de vous…puis-je oser vous le demander ?

Je vous écrit sans en avoir dit mot à Pierre, merci de bien vouloir garder secrets, s’il vous plaît, cette délicate requête et ces ressentis, que je vous avoue non sans me sentir fort gênée…

En espérant une réponse de votre part, je vous prie de recevoir l’expression de mon intense admiration ainsi que de mes sentiments respectueux et dévoués,

                                                                                            Fanny

jeu d’écriture par temps de confinement 47 Avec 3 tableaux de Manettab

08 05 2020

Jeux d’écriture par temps de confinement – 47 – Avec 3 tableaux de Manet

3 possibilités :

  • Vous imaginez une histoire qui parte d’un des tableaux et aboutisse à un des autres.
  • Soit vous racontez la scène du point de vue d’un des objets ou des personnages du tableau

– Soit vous écrivez, en tant que modèle d’une de ces œuvres une lettre au peintre pour vous plaindre du sort qui vous est réservé


traversée du dessert

 

 quelle étrange situation

je suis bien là au premier plan

invisible

edgar l’a dit il y a peu

lettre volée

vase

non la vase

ça c’est pour eux

vase sociale

vase et des roses

plutôt pour moi

de toutes les façons

c’est pas elles qui comptent non plus

le pas de côté est plus intéressant

l’appât est à droite

moi au centre

finalement

entre alcool

et alcools

guillaume n’est pas encore arrivé

morte nature

autour d’un dessert

MS

Très Cher,

Autant te le dire tout de suite. Je suis un peu fâchée. Dans ton tableau « Le Balcon » que je viens de voir enfin terminé et exposé au Salon, je suis assise au premier plan et c’est la première fois que j’apparais dans tes peintures. Tu aurais peut-être dû attendre encore un peu et t’imprégner davantage de ma personnalité avant de prendre tes pinceaux.

As-tu vraiment regardé comment tu m’as traitée ?

J’ai un air perdu, ce qui pourrait passer pour le comble du romantisme, certes mais

le regard : Soit il y a quelque chose que j’ai mal digéré ou je viens de rencontrer mon pire ennemi.

La robe, la coiffure, rien n’est seyant.

Cham le caricaturiste a raison de conseiller « Fermez les volets ».

 

Mon amie Fanny ne s’en sort pas mieux que moi. Ces robes blanches, (façon tarte à la crème), sur ce foncé, agressent le regard. Mon teint est blafard, comme au sortir d’une longue maladie.

Et ce balcon vert, mais enfin, quelle idée !

Finalement, seules les fleurs ont l’air de vraies fleurs dans leur joli pot.

Lorsque j’aurai peint mon autoportrait, je t’inviterai pour te montrer quelles couleurs

m’auraient plus avantagée. Tu sais pourtant combien j’affectionne les teintes douces

qu’apporte l’aquarelle.

Mon Bon, je ne te retire pas mon affection pour cela et j’espère que la prochaine fois que apparaîtrai sur une de tes toiles, je serai plus à mon avantage. Si je peux me permettre de te donner un conseil d’amie plus que d’artiste, peins-moi   dans la nature, cela convient mieux à mon teint. Ton tableau est très novateur, sans doute trop pour être déjà apprécié.

Ta presque sœur,

 

Berthe

Ddou Continuer la lecture de « jeu d’écriture par temps de confinement 47 Avec 3 tableaux de Manettab »