Un voyage encombré :
En séance nous avons proposé chacune deux objets à emporter (une brosse à cheveux, une brosse à dents, un béret, une cravate, deux livres, un appareil photo , un carnet, un stylo, du chocolat, une boussole, des tongs)
Nous avons alors proposé des destinations et nous en avons tiré une au sort chacun.
Chacun raconte un bout de voyage
Voyage encombré à Saint-Vincent Le Paluel
Saint-Vincent le Paluel. Comme si j’avais envie d’aller à St V le P.
Quel idiot d’avoir participé à ce pari stupide. Il fallait tirer au sort une destination parmi celles proposées par les copains.
Tu parles d’une destination de rêve. J’ai évidemment tiré la plus pourrie.
Aussi je vais prendre le strict nécessaire pour partir dans ce trou.
Un havre de paix me prédit Internet, comme si je voulais avoir la paix.
Il m’est aussi proposer de pêcher dans l’Enéa. Le nom est joli.
Voyons :
Ma Brosse à cheveux, ma brosse à dents.
Quand même essayons de rester propre.
Ensuite, l’appareil photo ? Il parait qu’il y a 2 châteaux. Donc je le prends, au bénéfice du doute. Un des châteaux aurait servi de décor pour le film « Le tatoué » avec Jean Gabin et Louis de Funès en 1968.
Un cahier et un stylo : je ne pars jamais sans les mettre dans mon sac.
Au fond de la besace, une cravate oubliée à mon retour du week-end à Neuilly va aussi m’accompagner. Elle ne prend pas de place et sait-on jamais si je rencontre une dulcinée sensible à mon charme de dandy. Rêver ne coûte rien.
Mon stylo fait aussi boussole si je vais chercher les champignons dans la forêt, il ne faudrait pas que je m’égare. Le béret de Tonton Lucien va compléter l’équipement du parfait campagnard. A côté de mon lit, mes tongs me lancent un appel désespéré pour faire partie du voyage. Au point où j’en suis, autant boire le vin jusqu’à la lie.
Après tout, elles sont assorties à ma cravate. Ça en jette, vous ne croyez pas ?
Encore un peu de place, quelques plaques de chocolat pour m’aider à supporter les soirées. Elles viennent de chez Bovetti, notre célèbre chocolatier ; je ne fais jamais dans l’ordinaire ou le médiocre.
Ah ! J’allais oublier. Un livre : il me faut du consistant presque comme si je partais sur une île déserte. Proust dans l’Edition de la Pléiade peut-être.
Je vais aussi emporter un livre de voyage qui me donnera l’impression de partir beaucoup plus loin. J’aime bien relire « Pieds nus à travers la Mauritanie » d’Odette de Puigaudeau. Comme moi, elle était partie presque sans bagages.
Maintenant, il faut que je trouve un covoiturage pour partir là-bas et ce n’est pas gagné. Je ne conduis pas. Pas de bus, pas de train pour aller là-bas.
Donc si ça ne marche pas, vous ne m’en voudrez pas de rester chez moi avec ma besace à mes pieds, prêt pour un voyage autour de ma chambre.
C’est aussi ce que vous faites en ce moment, n’est-ce pas ?
Ddou
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