5 mai 2020
Jeu d’écriture par temps de confinement – 44- Caviardage
Il s’agit de prélever quelques éléments de ce poème , en les gardant dans le même ordre pour inventer une forme très courte
À Dora Maar
Je vois les champs la mer couverts d’un jour égal
Il n’y a pas de différences
Entre le sable qui sommeille
La hache au bord de la blessure
Le corps en gerbe déployée
Et le volcan de la santé.
Je vois mortelle et bonne
L’orgueil qui retire sa hache
Et le corps qui respire à pleins dédains sa gloire
Je vois mortelle et désolée
Le sable qui revient à son lit de départ
Et la santé qui a sommeil
Le volcan palpitant comme un cœur dévoilé
Et les barques glanées par les oiseaux avides
Les fêtes sans reflet les couleurs sans écho
Des fronts des yeux en proie aux ombres
Des rires comme des carrefours
Les champs la mer l’ennui tours silencieuses tours sans fin
Je vois je lis j’oublie
Le livre ouvert de mes volets fermés.
Extrait de Paul Eluard « Voir »
Un jour égal
Qui sommeille
Qui respire
Palpitant comme un cœur
Dévoilé
Les couleurs sans écho
Des yeux ombres
Des rires
Je vois.
Mpou
champs retournés
à pleines blessures
dans corps émus
en boule
versés dans le sommeil
de la vie
mornes proies
éreintées
étreintes
yeux fermés
MS
Je vois les champs la mer couverts d’un jour égal
le sable sommeille au bord de la blessure
je vois l’orgueil qui respire sa gloire
je vois le sable qui revient à son point de départ
qui a sommeil
palpitant comme un coeur dévoilé
et les barques avides
les fêtes les couleurs sans écho
des yeux des rires tours silencieuses
je vois le livre de mes volets fermés .
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