feuilleton 23/24 le manuscrit volé chapitre 6

Chapitre 6

Journal de Joséphine

Le 3/01/2024 10h40

Mon cher journal, je suis complètement effondrée !

Je reçois à l’instant une lettre d’Aldo qui pense que j’ai un amant, il ne manquait plus que çà….et de surcroît un japonais.

Voilà que mon enquête vient interférer dans ma vie privée ! Ce n’était pas prévu !

Et comment continuer à cacher à Aldo ma deuxième activité ? J’aurais préféré le lui dire dans d’autres circonstances mais vu la tournure que prend les événements, je ne peux plus me taire au risque d’entraver notre relation. Et je ne veux pas le perdre !

Je vais lui téléphoner dès demain, j’aurais mieux digéré la nouvelle et bien réfléchi à l’idée de l’inviter chez moi le soir même et je lui révélerai tout.

Et s’il ne peut pas j’irai à Toulouse ce week-end. D’ailleurs, pourquoi ne viendrait-il pas, Albi n’est qu’à un soixantaine de km de Toulouse et çà me permettra de lui concocter un bon petit repas aux chandelles pour me faire pardonner.

Je ne sais pas comment il va réagir !

Après tout, il n’y a rien de grave de mon côté, je n’ai pas menti, j’ai juste omis de dire…..

Alors que lui ! Il a fait preuve d’une jalousie excessive en fouillant dans mes affaires. J’espère toutefois que cette jalousie ne devienne maladive car je pourrais en souffrir : à surveiller !

En attendant, grâce à sa jalousie, j’ai la réponse à propos de mon inconnu.

Il est bien évident qu’il ne peut s’agir que de Paul

Voilà donc un point résolu, mais le plus gros reste à faire.

Le 3/01/2024 18h

La situation devenant un peu complexe à mon goût, J’ai décidé de m’inspirer des policiers que l’on voit dans les séries télé : comme je n’ai pas de tableau, j’ai utilisé le mur de mon bureau et avec des punaises j’ai mis des post it avec le nom de tous les protagonistes de mon affaire et j’ai utilisé ma ficelle de cuisine pour les relier, les positionner, les arranger. J’ai ajouté, enlevé, organisé les feuillets pour mieux peaufiner les relations entre eux…..

Bref, il en est sorti que j’étais au point mort, donc une seule issue s’imposait à moi.

Il fallait impérativement rencontrer Emile pour avoir une conversation sérieuse tous les deux.

Et sur l’heure, j’ai téléphoné au service des archives leur demandant de vouloir bien me passer Emile qui a accepté de me voir à 10h demain dans la salle de lecture.

Je t’assure journal, je suis très excitée car demain est un grand jour, je le sens, je le sais.

A 9 h sans faute j’appelle Aldo puis je fonce au Centre des Archives pour 10 h et j’aurais toute l’après-midi pour faire des courses et assurer ma soirée avec Aldo car je suis sûre qu’il va accepter ma proposition et j’aurais le temps de te raconter ma visite avec Emile après les courses : il me tarde d’être à demain.

Le 4/01/2024 15h

Oh mon cher journal, comme j’avais hâte de te raconter ma rencontre avec Emile ! C’est une histoire bien rocambolesque qu’il m’a confiée et pleine de rebondissements.

Du coup nous allons travailler discrètement main dans la main sans en informer nos clients respectifs car figure toi que nous sommes tous les deux détectives en dehors de notre activité principale et nos affaires sont étrangement liées.

Emile travaille pour le compte d’une Alice Denver dont le nom de jeune fille est Tréville. Elle est une descendante de la lignée de Geoffroy Tréville, gascon émérite de la région de Bayonne encore sous la domination des anglais. Celui-ci était un chevalier très renommé engagé dans l’armée médiévale anglo-gasconne sous les ordres du capitaine Talbot pendant la Guerre de cent ans. Il a fini sa carrière à la Bataille de Castillon en 1453 (bataille qui a mis fin à cette longue guerre)

Continuer la lecture de « feuilleton 23/24 le manuscrit volé chapitre 6 »

Feuilleton : le village le plus moche chapitre 6

Chapitre 6

Depuis la réunion de travail, Lulu ne dormait plus, sa tension montait dangereusement et le médecin du village qui l’avait vu naître et ne trouvait pas de remplaçant avait tenté de le raisonner… en vain, il naviguait entre enthousiasmes, amertumes et interrogations.

On avait vite fait de soupçonner Cépignac et Truffignac d’avoir organisé les raids de ravalement du village, mais l’accusation restait générale et Luvina, sa première adjointe, avait semé le trouble en arguant que le ver était peut-être dans le fruit. Il avait beau tourner et retourner toutes les informations en sa possession, il n’avançait pas.

Il avait quelques réconforts : lorsqu’il se rendait à pied à la mairie, il constatait avec satisfaction la barricade déjà taguée qui fermait la toute nouvelle déchetterie entre l’église et l’école fermée depuis déjà quatre ans, les dégradations, les déchets épars , les platebandes dénudées, les broussailles qui avaient repris leurs droits. Presque partout, parce que les jeunes avaient pris l’initiative de continuer à entretenir leur terrain de jeu …mais il fallait bien leur pardonner. L’ensemble du complexe sportif n’avait toujours rien d’attrayant. De plus, Mazet, un des trois derniers agriculteurs du village, avait remonté du penchant de la Caroube où il était allé faire du bois, quelques éléments de moteurs et autres pièces de ferraille qu’il avait déposés dans son potager en face de chez Lucette. Il avait concédé un carburateur de tracteur à Chassagne qui l’avait mis en évidence dans sa cour. Ce que Lulu n’avouerait cependant jamais, c’est qu’il était chagriné des éclaboussures de boue sur le beau crépi jaune de Sa mairie.

Il ruminait ainsi, ce matin-là, lorsqu’il aperçut deux camionnettes noires équipées d’une parabole devant la mairie : c’était une équipe de télévision qui venant en repérage pour la préparation du concours. Le tournage était prévu en décembre et on était tout juste fin octobre. Une fine couche de brouillard enveloppait le village et lui donnait un air mystérieux presque agréable. Lulu était contrarié mais il n’en laissa rien voir. Il lissa sa grosse moustache grisonnante , ajusta sa veste de velours sur son ventre rebondi, se présenta :  « Lucien, Treignac, Maire de cette charmante bourgade »,et , avec son large sourire franc, il fit entrer obligeamment tout le monde à l’intérieur pour discuter de la suite des opérations.

C’est alors que retentit une joyeuse musique dans la pièce sombre.

– «  Lulu song », vous avez de l’humour, à ce que je vois , Monsieur le Maire,c’est charmant. s’exclama la reportrice avec une pointe d’ironie.

Lui , qui venait de réaliser qu’il s’agissait d’une nouvelle sonnerie du téléphone, ne riait pas du tout de cette nouvelle provocation inexplicable en décrochant .

– Pourrais-je parler à Monsieur le maire ?

– C’est moi

– Treignac ? Ici Sanchez de Cépignac. J’espère que tu es seul, j’ai une information très désagréable…

– Justement, j’ai une équipe de télévision dans mon bureau. Je te rappelle dés que je peux.

Il raccrocha, blême, puis il sentit le rouge lui monter aux oreilles et aux joues ; il crut que son cœur allait lâcher.

Heureusement, le repérage se déroula pour le mieux, même si Lulu inquiet, restait bougon. Le café de Lucette était, comme toujours innommable et Chassagne très inspiré avait fait une déclaration tout à fait inappropriée. Lorsqu’ils sortirent, la brume s’était levée le ciel s’était assombri et ils furent surpris par une courte mais violente averse qui fit claquer les volets et déversa au milieu des ruelles un flot boueux vite chargé des immondices abandonnés dans les caniveaux. Au niveau de la déchetterie les bacs à ordures débordants étaient occupés par la bande des chats errants. Leur chef, un vieux chat borgne, efflanqué, à moitié pelé, particulièrement laid, que le maire qualifia de « mascotte » du village, agressa le cameraman qui s’approchait de trop prés. Tout le monde se replia chez Lucette, dont le bourguignon cramé n’avait rien à envier au café du matin. L’équipe ne jugea pas utile de s’attarder.

Lulu eut enfin le loisir de retourner à la mairie pour avoir le fin mot de l’histoire du matin. Il rappela aussitôt la mairie de Cépignac, mais ce qu’il entendit l’obligea à s’asseoir et le laissa sans voix :

– je tiens les coupables,assena le maire avec une voix guillerette. Nous sommes dans le même bateau et je crois qu’il faut n’en parler à personne : c’est donc notre petit couple infernal, celui que forment nos deux enfants à Limoges, oui, votre Lucile et mon Luchio, comme vous le savez. Ils auraient voulu vous réveiller , ils…

Lulu avait raccroché, sidéré. La secrétaire finit par s’inquiéter de son immobilité et ne put rien tirer de lui. Elle courut chez Lucette où , à cette heure-là, elle était sûre de trouver Fernand et Marcel qui pourraient lui venir en aide. Le temps qu’ils arrivent, le maire avait décampé.

Arrivé chez Lui, lulu s’était effondré, en larmes. Entre deux hoquets sa femme l’entendait murmurer … « non, non, pas ma fille…, pas mon bébé… pas ma toute belle, mon petit… » Sa femme crut le pire. Elle secoua Lulu sans ménagement pour qu’il s’explique. Il répéta les paroles du maire de Cépignac et la colère remplaça l’hébétement. Sa fille, sa chère fille l’avait trahi, elle avait trahi son projet, elle l’avait trahi en tant que père, en s’acoquinant avec Luchio, le fils de Sanchez, son ennemi politique numéro1… Il devait être le seul à ne pas le savoir… Et si elle, sa femme était déjà au courant, il la reniait aussi.

Malgré son habitude des colères de son mari, elle eut beaucoup de mal à le calmer et à le contraindre à appeler directement sa fille au téléphone pour en avoir le cœur net.

Après avoir subi les jérémiades et accusations de son père, Lucile ne nia rien. Il était tellement impliqué dans son projet qu’il avait été impossible de lui parler. Comment pouvait il s’enorgueillir d’avoir le village le plus moche de France ? Comment s’enorgueillir d’une insulte. Elle voulait l’aimer, Son village, celui de tous ses souvenirs d’enfance. Elle reconnaissait qu’elle avait profité de ses accointances avec certains Cépignaquois qui n’attendaient que le moment de se moquer un peu de leur voisin, pour mettre en œuvre son opération d’embellissement du village . Elle connaissait assez bien son père pour savoir qu’il serait sensible au ravalement de la mairie. Elle n’avait pas voulu le blesser, seulement attirer son attention…

Curieusement Lulu l’avait laissée parler…

Feuilleton 22 23 Le village le plus moche Chapitre 5

Chapitre 5

Lulu n’était pas très heureux à l’idée de collaborer avec les 2 maires des communes voisines. Toutefois son envie de gagner le concours du village le plus moche de France l’emportait sur sa fierté. Selon lui il valait mieux faire une alliance temporaire avec de petits ennemis car remporter la guerre était plus important que remporter une petite bataille. Et puis après tout, peut être que les maires de Truffignac et de Cépignac auront quelques astuces à lui apprendre. Lulu était bien content pour une fois d’avoir un projet à mener. Dans sa commune où il se passait pas grand chose, il se faisait souvent chier comme un rat mort il faut le reconnaître. Alors ce projet où les habitants semblaient s’investir un petit peu tombait à pic. Toutefois, bien qu’il ait décidé de donner du crédit à ses ennemis en acceptant ce regroupement de villages moches, Lulu voulait faire cela bien comme il faut. Il fallait donc découvrir à tout prix qui s’amusait à embellir le Chataignac. Après tout ses deux alliés n’avaient plus aucun intérêt à gâcher leur chance de gagner le concours car ils étaient dans le même bateau désormais.

Lulu décida donc de convoquer un conseil de dernière minute pour parler stratégie. Il y convia cette fois ci tout le monde, à savoir Lucette, le Père Chassagne, Fernand et Marcel ainsi que ces deux nouveaux alliés momentanés ainsi que Luvina. A son grand soulagement, tout le monde répondit présent. C’est ainsi qu’on les retrouva un samedi matin à la salle des fêtes de la commune.

Continuer la lecture de « Feuilleton 22 23 Le village le plus moche Chapitre 5 »

Feuilleton, chapitre 6

Chapitre 6

Et voilà, j’y suis, la voiture roule vers la Mairie. Sur le siège arrière dans ma robe de mariée, mon bouquet à la main, je tremble un peu. Le chauffeur me regarde dans le rétroviseur et me sourit.

Je vais me marier !

Tout s’est passé si vite ! La galère, ma rencontre avec Mikaël et sa mère, l’inscription à l’émission, le coup de téléphone de la production, les préparatifs…

J’ai une boule au ventre grosse comme une balle ce golf. Ah non pas ça ! Ça me fait trop penser à mon père, pas lui ! S’il savait…Je l’entends d’ici : « Ma pauvre petite fille, tu ne feras jamais rien de bon… »

Je peux encore reculer, dire non s’il ne me plaît pas, ou si moi je ne lui plais pas c’est peut-être lui qui dira non. Alors retour à la case départ… Continuer la lecture de « Feuilleton, chapitre 6 »