

Chère Meg,
Je me retrouve là, au milieu de nulle part, dans la poussière.
Je commence à t’écrire dans ma tête pour fuir toute cette laideur. Je coucherai mes mots sur le papier ce soir, quand je pourrai me retirer sur cette vieille couverture qui me sert de matelas.
Mes rêves se sont vite brisés. J’étais si lasse de cette vie artificielle à l’arrière du saloon, avec nos spectacles approximatifs et notre public plus avide d’alcool que de musique de qualité. Je pensais qu’en partant de ma petite ville, ma vie allait grandir comme le village que nous devions construire. Je me suis bien trompée. Tout est étriqué et mesquin ici.
Nous travaillons comme des bêtes de somme pour arracher notre subsistance à une terre ingrate. Les femmes se détestent et s’observent en chiens de faïence. Tom semble ignorer ma souffrance. Je ne résisterai pas longtemps et songe déjà à rentrer tête basse et poches vides. Tant pis si Tom ne me suit pas.
A bientôt, ton amie Bess.
DDou
















