Ecrit en février 2023, jeu 3, dans la peau d’un autre

0Jeu 3 dans la peau d’un autre

Décrire un humain à hauteur de fourmi, d’araignée , de fleur ou bien d’arbre

A hauteur de fourmi...

Le sol tremble, un truc monstrueux avance, ça fait un bruit d’enfer, un dôme de cuir brun, sa chaussure de marche pied gauche et l’autre au pied droit propulsent le géant tout habillé d’un jean et d’un blouson de cuir…Il sifflote, une herbe entre les dents , ce doit être sa tête là haut, coiffée d’un bonnet de laine sombre…Garez-vous c’est un écraseur! Danger il vient vers nous, toutes aux abris, pourvu qu’il n’explose pas notre fourmilière d’un coup de pied, tenez-vous au fond, soutenez les galeries pleines d’œufs!

S.D.

pour l’étourdie de service : à hauteur de chat

Une ombre vient occulter le soleil qui chauffe délicieusement ma croupe . Elle a été précédée d’un bruit sourd et répétitif qui m’a mise en alerte. Une masse noire couronnée de rouge, presque aussi grosse que moi me frôle dangereusement. Au dessus, des piquets géants et un ballon qui se promène autour en larges vagues qui assombrissent mon espace. L’ombre s’élargit et une main démesurée aux allures de pieuvre s’approche de moi. Je bande mes muscles et m’aplatis au sol pour échapper à son emprise. A l’odeur, j’ai bien reconnu ma maîtresse , la plupart du temps inoffensive, même s’il lui est arrivé de m’écraser sauvagement la queue. Quand elle est déployée, elle m’inquiète même si je l’accompagne maintenant pour qu’elle remplisse ma gamelle de croquettes fraîches. Ça me contrarie profondément d’avoir à mendier ma nourriture, mais elle ne laisse pas de paquets à ma libre-discrétion et chasser est beaucoup trop fatiguant. Je préfère ma maîtresse assise, ou même couchée. Alors ses proportions deviennent tolérables , son visage est à hauteur de ma truffe ; c’est moi qui décide, j’occupe ses genoux, son ventre, j’écarte son livre, je sollicite la caresse de la main géante mais douce… Malgré tout, je reste vigilant ; le moindre geste brusque me met en alerte, un changement de position peut menacer mon espace vital. Je suis prêt à bondir.

DDor

Dans l’écorce d’un autre : un chêne

La petite fille a trouvé mon fruit, qui avait commencé à germer et à faire fleurir de jolies petites feuilles vertes, dans la pente de la propriété de sa famille. C’était en Mai 2000, elle allait faire 7 ans le mois d’après. Sa grand-mère était avec elle, et l’a aidée, armée d’un pic, à faire un trou dans la terre un peu sablonneuse. La petite fille m’a déposé dans le trou, avec toutes les précautions dont elle était capable. Elle devait faire 1m20 de plus que moi et me contemplait de toute sa hauteur, mais je n’avais pas peur. Sa grand-mère est allée remplir l’arrosoir au jardin, puis l’a tendu à la petite. Elle m’a arrosé pour la première fois. Par la suite, je l’ai vue inquiète. Elle m’a parlé. Les chiens de sa famille l’inquiétaient : ils avaient la mauvaise habitude de faire des trous dans la terre pour débusquer des taupes… Ils risquaient de me déterrer, je risquais de mourir, sans racines ancrées dans la terre. Elle a eu une idée : installer un grillage tout autour de moi, bien enterré dans la terre lui aussi. Et j’ai grandi. La petite fille est devenue une adolescente, sa grand-mère vieillissait, mais elle était chargée de venir prendre soin de moi pendant l’école. Le 1er mai est devenu mon anniversaire : ainsi, la jeune fille serait toujours là pour venir me rendre visite et célébrer notre rencontre. Le mois d’après, elle venait et à mon tour je lui souhaitais, à ma manière, son anniversaire. Cela a duré des années. Je grandissais à vue d’œil. Le plus beau moment a été celui où j’ai atteint sa taille. J’ai vu la fierté dans ses yeux, et la joie de me voir m’épanouir à l’endroit où elle avait choisi de me planter : notre endroit, qui surplombait la campagne Landaise, les champs de maïs et les forêts en contrebas. Chaque année, mon tronc s’épaississait, je prenais encore plus racine. Elle a pris l’habitude de m’enserrer dans ses bras pour constater les centimètres gagnés dans le temps. Jusqu’au jour où ses doigts n’ont plus pu se rejoindre : j’étais devenu trop gros pour ses petits bras. Ca ne l’empêchait pas de venir se blottir contre mon écorce, j’étais devenu son refuge, elle était mon repère. Elle est devenue une jeune femme, elle venait toujours me confier ses secrets, moins souvent mais notre lien était toujours là. Mes branches lui ont ensuite apporté de l’ombre, je la dominais de toute ma hauteur mais toujours dans une extrême bienveillance. Sa grand-mère s’émouvait de ce tel lien, et elles ont souvent parlé de moi, de mon évolution et de ma vigueur. Un jour, j’ai produit mes premiers glands. Toutes les deux en ont ramassé et se sont regardées : j’étais devenu un adulte à mon tour, elles avaient accompli leur mission. Je les en remercie encore aujourd’hui.

L.D.

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A écrire pour le 17 02 2023

ATELIER D’ECRITURE ALT

vendredi17 Février 2023

Centre Culturel Terrasson  20h15

Feuilleton nouveau : Un village très ordinaire ?

L’idée de D.Dou a été retenue : le village le plus moche de France

Chataignac ? Vous connaissez ? Non, bien sûr que non.

C’est bien parce que ce village n’est pas du tout connu que son conseil municipal a décidé de participer au Concours du Village le plus moche de France.

Résumé : tout concourt à rendre ce village inhospitalier, ses rues sombres , ses maisons délabrées, son absence d’entretien, son café vieillot et pas très propre. Pour parfaire le tableau, une conseillère municipale a proposé l’installation de la déchetterie en plein centre. Le village est sélectionné et s’apprête à fêter l’évènement quand une entreprise de sabotage vient ruiner les espoirs : en trois nuits, la mairie est repeinte, les rues nettoyées , les plate-bandes replantées et le stade défriché. Il faut résister grâce aux propositions des villageois et mener l’enquête. Celle-ci conduit aux maires de deux villages voisins jaloux du projet, d’autant qu’ils n’ont rien à envier à Chataignac . Les négociations aboutissent à une candidature collective. Une première réunion a lieu pour mettre en place une politique commune : le premier souci est d’identifier précisément l’auteur des travaux de ravalement inopinés de Chataignac et Luvina sème le doute en évoquant la possibilité d’une « trahison » interne

Chapitre 7


jeu 1 Faits divers :

Voici 4 faits divers :

– Rentrée tard chez elle une fillette de dix ans invente de toutes pièces son enlèvement avec une camarade âgée de cinq ans pour éviter les réprimandes.

– Un avion s’écrase volontairement près du parlement à Berlin. A son domicile, la police découvre un cadavre de femme caché sous un tas de charbon.

– Au rond point de l’entrée dans la ville de T. Un automobiliste a eu la mauvaise surprise de voir, au dernier moment , surgir un cerf. Le jeune homme n’a pu l’éviter. Il souffre de quelques côtes cassées et sa voiture est bonne pour la cas

– Après 10 ans de guerre, à Troie, Agamemnon rentre rentre chez lui , à Mycènes où sa femme Clytemnestre l’assassine dans son bain : elle se venge ainsi du sacrifice de leur fille Iphigénie, et de l’assassinat de son premier mari Tantale avec son premier fils.

Retenir l’un d’entre eux et en proposer une de ces trois versions au choix :

– au ralenti

– à rebours

– avec des si (comment l’histoire aurait-elle pu tourner)

Jeu 2 : Amplification

-Voici un quatrain de Verhaeren (les heures du soir) :

Dès ce matin, par mes grand’routes coutumières

Qui traversent champs et vergers,

Je suis parti clair et léger,

le corps enveloppé de vent et de lumière

Écrire quatre quatrains composés de trois premiers vers inventé, le quatrième étant un vers du poème de Verhaeren. On respecte l’ordre du poème.

Jeu 3 dans la peau d’un autre

Décrire un humain à hauteur de fourmi, d’araignée , de fleur ou bien d’arbre