Lu en Avril 2022 Coup de cœur: Ton absence n’est que ténèbres (2022),Jon Kalman Stefansson

Ton absence n’est que ténèbres (2022),Jon Kalman Stefansson

« Etranges lectures » nous avait déjà permis de découvrir et d’apprécier cet auteur islandais aux romans et au style puissants.

L’histoire proposée ici se déroule sur 4 générations avec des destins imbriqués et passe d’une époque à une autre avec des thèmes comme l’écologie, le destin, la quête du bonheur…

Un homme se retrouve dans une église, quelque part dans les fjords de l’ouest, sans savoir comment il est arrivé là, ni pourquoi. C’est comme s’il avait perdu tous ses repères. Quand il découvre l’inscription « Ton absence n’est que ténèbres » sur une tombe du cimetière du village, une femme se présentant comme la fille de la défunte lui propose de l’amener chez sa sœur qui tient le seul hôtel des environs. L’homme se rend alors compte qu’il n’est pas simplement perdu, mais amnésique : tout le monde semble le connaître, mais lui n’a aucune souvenir ni de Soley, la propriétaire de l’hôtel, ni de sa sœur Runa, ou encore d’Aldis, leur mère tant regrettée.

Petit à petit, se déploient alors différents récits, comme pour lui rendre la mémoire perdue, en le plongeant dans la grande histoire de cette famille, du milieu du XIXème siècle jusqu’en 2020.

Cette fresque romanesque originale et puissante est écrite dans un style coloré comme des images de cinéma.

Lu en septembre 2019, Europe du Nord :Audur Ava Olafsdotir – Ör (2018)

Audur Ava Olafsdotir – Ör (2018)

 Comme à chaque fois, cette auteure islandaise nous plonge dans une histoire originale, bien différente des précédentes mais tout aussi bien accueillie par notre groupe. Il est important de rappeler que Ör a été lauréat du Prix périgourdin Étranges Lectures 2019.

Le personnage de cette intrigue, Jónas Ebeneser, 50 ans, en a assez de la vie qu’il mène. Il ne s’entend plus avec sa femme, sa fille (dont il vient d’apprendre qu’il n’est pas le père biologique) est partie vivre sa vie de jeune adulte. Il n’a plus qu’une seule obsession : mettre fin à ses jours. Pour cela, il prévoit tout, afin que sa famille ne se retrouve pas désemparée. Il rend une dernière fois visite à sa mère en maison de retraite, revoit son seul ami dans l’intention de lui prendre son fusil. Il range impeccablement son appartement et achète un billet sans retour pour un pays en guerre, que l’on suppose être la Syrie (tant qu’à faire, autant mourir dans un endroit où il ne sera qu’un homme tué parmi tant d’autres !). Il emmène avec lui une boîte à outils : pourquoi ? En tout cas, elle ne va pas lui servir pour ce qu’il s’imaginait.

Dans ce livre qui débute pourtant par une idée assez sombre, le suicide, nous retrouvons beaucoup d’humour ainsi que de l’espoir. Le personnage se rend compte que ses problèmes de famille sont dérisoires à côté de ce qui se passe dans un pays en guerre, où chacun se bat pour sa survie.