Lu en janvier 2023, coups de coeur, la peur :Le fantôme de Canterville (1887), Oscar Wilde

Le fantôme de Canterville (1887), Oscar Wilde

Un ministre américain et sa famille achètent à Lord Canterville son château et tout ce qu’il contient… fantôme compris. Mais la famille Otis n’a vraiment pas peur des fantômes. Alors, lorsqu’un spectre qui a l’habitude de terroriser tout le monde se trouve confronté à deux jumeaux qui ne pensent qu’à lui jouer de mauvais tours, il est plus que déconcerté.

Ici la peur change de camp.

Humour anglais au programme ! Oscar Wilde s’en donne à coeur joie en décrivant les malheurs d’un spectre qui ne sait que faire pour effrayer une famille qui lui offre de l’huile pour lubrifier ses chaînes : le bruit empêche tout le monde de dormir ! 

Dominique Dou.

lu en janvier 2023, coups de cœur, la peur:Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (1952), Stig Dagerman

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (1952), Stig Dagerman

Stig Dagerman, écrivain suédois est fils d’une famille modeste et abandonnée par sa mère très jeune. Il commence sa carrière littéraire en 1941 d’abord comme journaliste. En 1943, il épouse Annemarie Götze, fille de réfugiés allemands.

En 1945, paraît son premier roman Le serpent où le thème du suicide est prépondérant et devient le porte-drapeau de la nouvelle vague littéraire suédoise. Mais en 1949, Dagerman se trouve dans l’incapacité d’écrire. Il divorce d’Annemarie en 1950 et se remarie en 1953. Pourtant, Dagerman plonge peu à peu dans la folie et la dépression, persuadé de ne pas être à la hauteur des espoirs que le public avait mis sur lui. Dans la plupart de ses œuvres on retrouve les thèmes suivants : la moralité et la conscience, la sexualité, la philosophie sociale, l’amour, la compassion et la justice. Il décèdera à 31 ans en se suicidant en 1954 dans le garage de sa résidence en banlieue de Stockholm.

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, paraît en 1952 dans un magazine suédois. C’est un court essai où l’auteur y développe ses réflexions sur le sens de l’existence, la mort, le suicide (précurseur de son propre suicide ?). Le ton est maitrisé, grave et souriant à la fois, alternativement sombre et lumineux, mais ne verse jamais dans l’excès. Le style d’écriture crépusculaire, témoigne de l’état des réflexions de l’auteur peu avant son suicide. Ses pensées se débarrassent du superflu pour se restreindre à l’équation essentielle de la vie et de la mort. Ayant peur de la vie, Dagerman choisit la mort.

« Je peux m’apercevoir que cette terre est une fosse commune où le roi Salomon, Ophélie et Himmler reposent côte à côte. Je peux en conclure que le bourreau et la malheureuse jouissent de la même mort que le sage, et que la mort peut nous faire l’effet d’une consolation pour une vie manquée. Mais quelle atroce consolation pour celui qui voudrait voir dans la vie une consolation pour la mort ! ».

Lu en janvier 2023, coups de cœur, la peur: Les combattantes (2022), Adeline Fleury

Les combattantes (2022), Adeline Fleury

Ce livre est une novélisation (un roman adapté d’un film ou d’une série) tirée de la série Les combattantes de TF1, diffusée en septembre 2022.

Résumé extrait du site Babelio : « Le livre adapté de la série évènement ! Septembre 1914, depuis six semaines la guerre fait rage. Dans les Vosges, les forêts sont le terrain de sanglantes batailles. Face à l’afflux incessant de blessés, quatre femmes que tout oppose sont réunies au sein d’un couvent transformé en hôpital de campagne pour leur porter secours. Agnès, la mère supérieure, Marguerite, une prostituée sur les traces de son passé, Caroline, l’épouse d’un riche industriel, propulsée à la tête de ‘entreprise familiale, et Suzanne, jeune infirmière recherchée pour meurtre… Toutes quatre ont chacune à leur façon, avec leurs armes et leurs histoires, un rôle à jouer dans cette folie menée par des hommes. Elles sont la deuxième ligne, de redoutables combattantes contre l’ennemi allemand et la société patriarcale qui les oppresse. »

Malgré que la première guerre mondiale ait ici une place importante (description de scènes de combats entre autres), l’intrigue se centre davantage sur nos quatre héroïnes. L’autrice met l’accent sur la vie des femmes la vie des femmes dans la société du XXème siècle et comment elles ont dû et su remplacer les hommes partis au front. Ce livre ferait presque office de documentaire tant le réalisme de l’histoire y est pertinent.

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Lu en janvier 2023, coups de cœur: la peur: L’intempérie, Pedro Mairal

L’intempérie (2005), Pedro Mairal

Pedro Mairal est un auteur contemporain argentin. J’aime son humour noir acide pour dépeindre la société argentine (Une nuit avec Sabrina Love, Salvatierra, Uruguayenne). L’intempérie est une œuvre à part où il prend le lecteur à bras le corps, le malmène et ne le laisse pas respirer ; la peur s’installe, le malaise ; le livre obsède.

C’est une dystopie qui présente l’Argentine dans une situation apocalyptique.

Le pays est victime d’une intempérie qui n’est jamais décrite (ce qui accroît le sentiment d’insécurité) ; mais on en vit les conséquences : elle laisse derrière elle le désert, désorganise la société et fait régresser les humains.

La narratrice, Maria Valdes Reynal témoigne de ce tourbillon dans lequel elle est engloutie et où elle nous entraîne.

La population du pays, chassée par l’Intempérie se concentre à Buenos Aires :

« Les avis étaient partagés. On discutait de savoir si ce que nous vivions était le siège de la capitale ou s’il s’agissait seulement de gens qui avaient migré vers les rues du centre pour fuir l’intempérie et mendier la nourriture. Les uns disaient qu’il fallait sortir, les autres qu’il fallait rester à l’intérieur »

La ville est donc victime du cataclysme : immeubles qui effondrent, d’autres qui se barricadent, nouveaux réseaux de circulation par des tunnels qui relient quelques bâtiments ou permettent l’accès aux supermarchés, la rue étant devenue un territoire sans droit. La ville devient un labyrinthe inextricable. Tous les repères s’effacent Les hommes et les femmes pris dans cette tourmente se replient dans un état individualiste, régressif et violent.

L’écart entre les riches et les pauvres devient abyssal et les premiers attachés à sauver leur peau abandonnent les autres ; des mouvements révolutionnaires très violents subissent une répression encore plus féroce, la plupart des humains se replient dans leur communauté originelle dont ils retrouvent la langue, les habitudes, niant les droits des autres et par-dessus tout ceux des femmes.

Ce cataclysme est une allégorie de la grande crise économique qui a secoué l’Argentine dans les années 2000, mais elle peut, plus largement englober toutes les crises climatiques, économiques et sociales à venir.

C’est un livre étouffant, sans échappatoire, difficile à supporter car la réalité n’est pas loin.

Dominique Dor.

lu en Décembre 2023, coups de cœur : la peur: la servante écarlate, Margaret Atwood

La servante écarlate (1985), Margaret Atwood

Margaret Atwood est née en 1939 et est canadienne. Elle est autrice, poétesse, critique littéraire et enseignante. Elle a commencé à écrire dès l’âge de 6 ans. Elle écrit à la fois des poèmes, des nouvelles, de la littérature jeunesse et des romans.

Son premier livre de poésie, Double Persephone ; a été publié en 1961 pour lequel elle reçoit la médaille E. J. Pratt. En 1996, son roman Captive raconte l’histoire vraie d’Alias ​​Grace condamnée à mort pour le meurtre de ses employeurs. L’autrice se fait également remarquée par sa trilogie débutée en 2003 avec Le dernier homme, L’année du déluge (2009) et MaddAddam (2013).

La servante écarlate constitue l’une de ses œuvres majeures. C’est un roman dystopique écrit en 1985 qui remporte différents prix : prix du Gouverneur général pour les romans et nouvelles en 1985, prix du livre du Los Angeles Times en 1986 ou encore Arthur C. Clarke en 1987.

L’intrigue se déroule dans la République de Gilead, anciennement les États-Unis. Cette République particulière, installée après un coup d’État militaire, est un régime sectaire totalitaire sous un groupe d’élite d’hommes appelés Commandants. La société est strictement hiérarchisée : les femmes sont soumises et peu d’entre elles ont un rôle en dehors du foyer. Elles n’ont aucun droit, pas de compte en banque, pas de travail. Une grande partie de la population de Gilead est infertile et les femmes qui ont eu des enfants hors d’un premier mariage sont après une période d’endoctrinement vouées à donner naissance à des enfants pour les couples de statut élevé sans enfant. Ces femmes sont appelées les Servantes. La narratrice Defred est une servante. On va suivre ses péripéties dans ce huis-clos. Elle décrit sa vie quotidienne, son ancienne vie où elle s’appelait encore June avec son mari Luke et sa fille. Elle nous raconte la fameuse « Cérémonie » où elle est régulièrement violée par son commandant avec l’aide de Serena la femme de celui-ci. Afin d’échapper à ce destin funeste, elle va s’engager dans une organisation secrète appelé Mayday afin d’immigrer au Canada, pays frontière où les femmes sont libres. Defred parviendra-t-elle à s’enfuir ?

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