La servante écarlate (1985), Margaret Atwood

Margaret Atwood est née en 1939 et est canadienne. Elle est autrice, poétesse, critique littéraire et enseignante. Elle a commencé à écrire dès l’âge de 6 ans. Elle écrit à la fois des poèmes, des nouvelles, de la littérature jeunesse et des romans.
Son premier livre de poésie, Double Persephone ; a été publié en 1961 pour lequel elle reçoit la médaille E. J. Pratt. En 1996, son roman Captive raconte l’histoire vraie d’Alias Grace condamnée à mort pour le meurtre de ses employeurs. L’autrice se fait également remarquée par sa trilogie débutée en 2003 avec Le dernier homme, L’année du déluge (2009) et MaddAddam (2013).
La servante écarlate constitue l’une de ses œuvres majeures. C’est un roman dystopique écrit en 1985 qui remporte différents prix : prix du Gouverneur général pour les romans et nouvelles en 1985, prix du livre du Los Angeles Times en 1986 ou encore Arthur C. Clarke en 1987.
L’intrigue se déroule dans la République de Gilead, anciennement les États-Unis. Cette République particulière, installée après un coup d’État militaire, est un régime sectaire totalitaire sous un groupe d’élite d’hommes appelés Commandants. La société est strictement hiérarchisée : les femmes sont soumises et peu d’entre elles ont un rôle en dehors du foyer. Elles n’ont aucun droit, pas de compte en banque, pas de travail. Une grande partie de la population de Gilead est infertile et les femmes qui ont eu des enfants hors d’un premier mariage sont après une période d’endoctrinement vouées à donner naissance à des enfants pour les couples de statut élevé sans enfant. Ces femmes sont appelées les Servantes. La narratrice Defred est une servante. On va suivre ses péripéties dans ce huis-clos. Elle décrit sa vie quotidienne, son ancienne vie où elle s’appelait encore June avec son mari Luke et sa fille. Elle nous raconte la fameuse « Cérémonie » où elle est régulièrement violée par son commandant avec l’aide de Serena la femme de celui-ci. Afin d’échapper à ce destin funeste, elle va s’engager dans une organisation secrète appelé Mayday afin d’immigrer au Canada, pays frontière où les femmes sont libres. Defred parviendra-t-elle à s’enfuir ?
Les thèmes récurrents sont :le viol, le féminisme, le patriarcat, l’esclavagisme sexuel et le totalitarisme. Le style est clair, minutieux, aucun mot ne semble être choisi au hasard. L’environnement est oppressant : enfermement de Defred dans sa chambre, son quotidien monotone et régulier. Ce livre fait peur surtout sur le fait que les droits des femmes sont acquis certes mais peuvent du jour au lendemain être réfutés.
En 2019, l’autrice publie Les testaments qui est annoncé comme étant la suite de La servante écarlate. Ça se déroule 15 ans après les faits du premier livre à travers le regard de trois femmes : tante Lydia, une jeune femme vivant au Canada et une autre vivant à Gilead.
La servante écarlate a suscité des adaptations au cinéma notamment en 1990 par Volker Schlöndorff et en série. Dès 2017, la série La servante écarlate fait son entrée sur la chaine Hulu Us et rencontre le succès. Seul la saison 1 adapte le roman. En 2023, la sixième et ultime saison va sortir.
Extrait qui décrit la cérémonie : « Serena Joy serre mes mains comme si c’était elle, et non pas moi, qui se faisait baiser, comme si elle trouvait la chose agréable, ou douloureuse, et le commandant baise, à un rythme régulier de pas, cadencé, une, deux, sans relâche, comme un robinet qui goutte. Il est absorbé comme un homme qui fredonne sous la douche sans se rendre compte qu’il fredonne ; comme un homme qui a d’autres chaises en tête. […] Mais n’est-ce pas le rêve érotique de tout homme ? deux femmes à la fois ? C’est ce que l’on disait. Excitant, disait-on. Ce qui se passe dans cette chambre sous le baldaquin argenté de Serena n’a rien d’excitant. Cela n’a aucun rapport avec la passion, ni l’amour, ni le romantisme, ni avec aucune des autres idées qui nous servaient à nous émoustiller. Cela n’a rien à voir avec le désir sexuel, du moins pour moi, et certainement pas pour Serena. »
Amandine

