Ecrit en novembre 2019 : la musique / les objets parlent 4

les objets parlent

Ecrire la confession un objet lié à la musique.

 

 

 

L’accordéon et l’éventail

 

Dans un grenier d’aristos

Chez des gens de la France d’en haut

Pointaient d’un immense fatras,

Toujours mignonnet un éventail

Monté sur de riches écailles,

Et fort bruyant dans ce gros tas

Un guilleret accordéon.

L’accordéon, diatonique,

A peine terni pour son âge,

Gonflait son soufflet asthmatique

Actionné encore avec rage,

Sans solfège et manquant d’élan

Il n’émettait qu’un braiment

Qui gênait fort son entourage. .

Les objets ont parfois une âme,

Celle des gens qui les possèdent,

L’éventail n’aime pas les gammes

De l’accordéon qui l’obsèdent.

Il exhale le sentiment qui l’habite

Et s’adresse à l’accordéoniste,

Je t’en supplie Valéry

Cesse de jouer de l’accordéon

Il n’y a que toi qui en rit !

Ton aïeul aimerait d’autres sons.

Est de règle chez notre violoneux,

Président, il n’a pas de complexe

Mais d’entendre ces propos il se vexe,

De son instrument il étire

Tant et tant le soufflet

Qu’il le crève et le mal est pire.

Souvent, tout n’est que du vent.

JG

Ecrit en novembre 2019 : la musique / les objets parlent 3

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Ecrire la confession un objet lié à la musique.

 

 

 

 

Si petit, il m’a perdu souvent. Avant chaque concert, il s’installe, panique : où l’ai-je mis?Il bouscule les partitions, fouille dans la boîte, tâte ses poches. Où l’ai-je mis?ah ! Le porte-monnaie et là, au milieu des pièces, d’un billet, je lui souris. Soulagé, il m’essuie, m’astique sur sa chemise, et enfin il me prend entre son pouce et son index. Là je gratte, je pince les cordes, je vibre, je danse, j’exulte. Je suis son médiator, son indispensable onglet

MPou

Ecrit en novembre 2019 : la musique / les objets parlent 2

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Confession d’une flûte à bec

Mon calvaire est fini. La flûte à bec, instrument pourtant très noble, n’est plus au programme du cours de musique au collège depuis 2014. Pourquoi ? Je crois être la mieux placée pour vous donner une explication. Vous ne pouvez pas imaginer l’horreur que c’était d’être abusée de ces élèves plein d’acné ! Imaginez leurs doigts maladroits se poser au hasard sur mes trous, leur haleine fétide souffler à plein poumons dans mon bec, sans tenir compte de ce que leur professeur, dépassé, leur a enseigné. Ces imbéciles se fichaient bien de savoir me jouer, me considérant comme la bête noire avec laquelle ils se ridiculisaient devant leurs petits camarades. Alors en avant les fausses notes, en veux-tu en voilà ! Je ne vous dis pas l’état de mes tympans ! Pourtant, ce cours de musique du collège était ma seule raison d’être, d’exister. Quatre ans, de la 6e à la 3e, parfois plus si l’élève redoublait (mais était-ce vraiment une chance ?). Après cela, j’étais définitivement rangée – oubliée – au fond d’un tiroir. Salie de n’avoir pu émettre que des fausses notes durant ma courte existence. Le Ministère de l’Éducation Nationale a-t-il eu pitié des flûtes à bec, ou pire, estime-t-il que les collégiens soient devenus inaptes à l’apprentissage de la musique ?

L.

Ecrit en novembre 2019 : musique /les objets parlent 1

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Les objets parlent/Confession d’un objet lié à la musique/Lully et sa baguette

J’ai accompagné mon maître dans son ascension, depuis l’orchestre de la Grande Mademoiselle jusqu’au chevet du Roi et, jusqu’à la mort de Lully, mort dont je suis hélas, indirectement responsable. Voici ce qui s’est produit ; en 1687, nous sommes donc à Versailles et mon maître, Jean Baptiste Lully a 54 ans ; il est coiffé d’une grande perruque, a revêtu un habit de soie et répète un Te Deum pour la guérison du Roi. Je lui sers à marquer le rythme et n’en suis pas peu fière. Je suis une longue canne recouverte d’argent et mon pommeau est finement sculpté et enrubanné. A mon extrémité, un morceau de fer permet de « sonner »  sur le sol. Le rythme s’accélère et Lully m’agite de haut en bas mais je suis lourde et malencontreusement, Lully me plante dans son pied. Il hurle de douleur. Je vais provoquer, à mon grand désespoir, une infection dont mon maître décèdera quelques jours plus tard. Je serai alors abandonnée dans un coin de sa chambre, avant d’être jetée avec les immondices car tenue pour responsable de cette mort accidentelle qui a aussi entraîné la mienne.

Ddou