lu en janvier 2023, coups de cœur, la peur:Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (1952), Stig Dagerman

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier (1952), Stig Dagerman

Stig Dagerman, écrivain suédois est fils d’une famille modeste et abandonnée par sa mère très jeune. Il commence sa carrière littéraire en 1941 d’abord comme journaliste. En 1943, il épouse Annemarie Götze, fille de réfugiés allemands.

En 1945, paraît son premier roman Le serpent où le thème du suicide est prépondérant et devient le porte-drapeau de la nouvelle vague littéraire suédoise. Mais en 1949, Dagerman se trouve dans l’incapacité d’écrire. Il divorce d’Annemarie en 1950 et se remarie en 1953. Pourtant, Dagerman plonge peu à peu dans la folie et la dépression, persuadé de ne pas être à la hauteur des espoirs que le public avait mis sur lui. Dans la plupart de ses œuvres on retrouve les thèmes suivants : la moralité et la conscience, la sexualité, la philosophie sociale, l’amour, la compassion et la justice. Il décèdera à 31 ans en se suicidant en 1954 dans le garage de sa résidence en banlieue de Stockholm.

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, paraît en 1952 dans un magazine suédois. C’est un court essai où l’auteur y développe ses réflexions sur le sens de l’existence, la mort, le suicide (précurseur de son propre suicide ?). Le ton est maitrisé, grave et souriant à la fois, alternativement sombre et lumineux, mais ne verse jamais dans l’excès. Le style d’écriture crépusculaire, témoigne de l’état des réflexions de l’auteur peu avant son suicide. Ses pensées se débarrassent du superflu pour se restreindre à l’équation essentielle de la vie et de la mort. Ayant peur de la vie, Dagerman choisit la mort.

« Je peux m’apercevoir que cette terre est une fosse commune où le roi Salomon, Ophélie et Himmler reposent côte à côte. Je peux en conclure que le bourreau et la malheureuse jouissent de la même mort que le sage, et que la mort peut nous faire l’effet d’une consolation pour une vie manquée. Mais quelle atroce consolation pour celui qui voudrait voir dans la vie une consolation pour la mort ! ».